vendredi 11 octobre 2013

DESPUES DE LUCIA. Prix Un Certain Regard, Cannes 2012

                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ciudadanonoodles.blogspot.com

de Michel Franco. 2012. Mexique/France. 1h43. Avec Tessa La, Hernan Mendoza, Gonzalo Vega Sisto, Tamara Yazbek Bernal, Paco Rueda, Paloma Cervantes.

Sortie salles France: 3 Octobre 2012

FILMOGRAPHIE: Michel Franco est un réalisateur, scénariste et producteur mexicain.
2009: Daniel et Ana. 2012: Despues De Lucia. 2013: A Los Ojos (to the eyes).


Récompensé à Cannes du Prix Un certain regard en 2012, Despues de Lucia est un drame éprouvant que le réalisateur mexicain Michel Franco retranscrit avec souci de réalisme et rythme monotone. L'âpre descente aux enfers d'une adolescente, souffre-douleur de ses camarades de classe après que l'un de ses petits amis ait divulgué une vidéo de leurs ébats au sein du lycée. Alors que son père se remet difficilement de la mort accidentelle de sa femme Lucia, ce dernier décide de lui cacher la vérité et emménage dans une nouvelle banlieue à Mexico. C'est dans son nouvel établissement scolaire que la jeune fille va devenir la cible de ses camarades railleurs qui n'hésiteront pas à lui infliger sévices et humiliations, jusqu'aux viols collectifs. Film choc dont on se remet difficilement et qui provoque chez le spectateur un marasme progressif, Despues de Lucia joue la carte de l'hyper réalisme pour dénoncer sans concession le malaise des adolescents quand ils sont victimes de maltraitance scolaire. A travers le calvaire incessant d'Alejandra, Michel Franco nous assène un cri d'alarme et de désespoir face à la responsabilité parentale où le manque de communication peut s'avérer un préjudice lourd de conséquences pour la victime désignée. Le réalisateur aborde ce phénomène sociétal avec lucidité et refus de fioriture pour mettre en exergue la cruauté démesurée de ces mineurs insouciants totalement en décalage avec la réalité des exactions lâchement commises. Alors que l'on présage la destinée tragique du supplice d'Alejandra, Michel franco surprend dans la trajectoire inopinée de sa narration et nous plonge dans l'abyme d'un cauchemar où personne ne sortira indemne.


Dans un rôle difficile d'adolescente candide et introvertie mais curieuse des premiers émois amoureux, Tessa La livre une prestation bouleversante dans sa fragilité meurtrie de victime soumise, incessamment martyrisée. La compassion inévitable que l'on accorde à son égard est d'autant plus douloureuse qu'elle se refuse à provoquer une rébellion devant la dictature de ses oppresseurs. C'est donc avec une crainte de plus en plus prégnante que nous redoutons un suicide rédempteur, juste avant que le réalisateur relance son intrigue SPOILER !!! dans une réflexion sur la vengeance lourde de répercutions Fin du SPOILER. Dans celui du père aimant et attentif mais contrarié par le brutal décès de son épouse, Hernan Mendoza compose un personnage laconique plutôt discret dans les rapports intimes avec sa fille bien que débordant d'amour et d'inquiétude. Epris d'un accès de colère impulsif (l'altercation avec un conducteur obtus), l'acteur extériorise soudainement un tempérament colérique à la violence incontrôlée, reflet de son affliction sévèrement mise à mal par le deuil conjugal.


Avec sa photo naturaliste, sa mise en scène hyper maĂ®trisĂ©e et le jeu criant de vĂ©ritĂ© des comĂ©diens, Michel Franco s'implique en auteur rigoureux pour nous assĂ©ner de plein fouet le portrait sordide d'une jeunesse irresponsable incapable de mesurer la gravitĂ© de leurs actes. Il en ressort un tĂ©moignage terrifiant car nihiliste et sans concession pour cette jeunesse esseulĂ©e de dĂ©mission parentale. Pour rajouter le cĂ´tĂ© pathĂ©tique de ce fait-divers actuel, le nihilisme de son Ă©pilogue nous achève SPOILER !!! par son sens du dĂ©sespoir imparti Ă  la loi du talion. Fin du SPOILER

Dédicace à Jenny Winter
11/10/13
Bruno Matéï


jeudi 10 octobre 2013

Le Jour du Dauphin (The Day of the Dolphin)

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemotion.com

de Miche Nichols. 1973. U.S.A. 1h44. Avec George C. Scott, Trish Van Devere, Paul Sorvino, Fritz Weaver, Jon Korkes, Edward Herrmann.

Sortie salles U.S: 19 Décembre 1973

FILMOGRAPHIE: Mike Nichols, de son vrai nom Michael Igor Peschkowsky, est un rĂ©alisateur amĂ©ricain, d'origine allemande, nĂ© le 6 Novembre 1931 Ă  Berlin. 1966: Qui a peur de Virginia Woolf ? 1967: Le LaurĂ©at. 1970: Catch 22. 1971: Ce Plaisir qu'on dit charnel. 1973: Le Jour du Dauphin. 1975: La Bonne Fortune. 1984: Le Mystère Silkwood. 1985: La BrĂ»lure. 1988: Biloxi Blues. 1989: Working Girl. 1990: Bons baisers d'Holywood. 1991: A Propos d'Henry. 1994: Wolf. 1996: The Birdcage. 1998: Primary Colors. 2000: De quelle planète viens-tu ? 2001: Bel Esprit. 2003: Angels in America. 2004: Closer. 2007: La Guerre selon Charly Wilson.


Drame écolo aux confins de la science-fiction, Le Jour du Dauphin avait ému une génération de spectateurs lorsqu'il fut diffusé sur la Cinq au tout début des années 80. Œuvre maudite car aujourd'hui délaissée par une poignée de cinéphiles et ignorée du jeune public, ce superbe récit d'aventures est une déclaration d'amour pour la cause des dauphins, un hymne à l'océan et une réflexion sur la connexion amicale entre l'homme et l'animal.

Sur une île, un chercheur féru de passion pour les dauphins réussit à communiquer le langage de la parole à l'un d'eux. Mais une poignée d'hommes d'affaires sans scrupule décident de tirer profit de cette nouvelle révolution.

Si l'intrigue peut paraître au premier abord prévisible, sa structure adopte une démarche plutôt inopinée au fil de son cheminement alarmiste et accentue par la même occasion un vrai suspense. Mike Nichols, illustre réalisateur du Lauréat et de Qui a peur de Virginia Woolf ?, s'inspire d'un roman de Robert Merle, Un animal doué de raison, pour mettre en scène ce récit d'aventures d'une émotion pudique dans la tendre relation que se partagent deux dauphins et une équipe de biologistes. La sobriété du propos avec laquelle cette histoire fascinante nous est contée et le jeu circonspect des comédiens sont si persuasifs qu'il ne fait aucun doute pour le spectateur de croire à la communication entreprise entre l'homme et le mammifère. Avec la beauté de ces images maritimes, Mike Nichols élabore parfois des séquences poétiques d'une pudeur sensuelle lorsque deux dauphins s'enlacent au fond d'un bassin sous une musique mélancolique de Georges Delerue. L'émotion pure qui en émane provoque chez le spectateur un sentiment d'abandon total de notre réalité car nous nous immergeons comme par enchantement dans la conscience candide des cétacés.

Toutes les séquences d'éducation au cours desquelles le biologiste en chef lie une complicité indéfectible avec Alpha, le dauphin surdoué, s'avèrent d'autant plus crédibles et attachantes que l'éminent Georges C. Scott se prête au jeu avec un naturel confondant. Attentionné et studieux dans son rôle à contre-emploi de scientifique érudit, l'acteur dégage une densité psychologique et humaniste, désireux de sauvegarder coûte que coûte l'espèce animale compromise par la stratégie de malfrats perfides.

C'est lors de cette seconde partie retorse que Le Jour du Dauphin surprend par son refus des conventions avec un scénario plus finaud qu'il n'y paraît. Réquisitoire contre la cupidité de l'homme avide d'exploiter la cause animale, Mike Nichols fait intervenir espionnage et terrorisme pour mettre en exergue la nature délétère de l'homme mégalo. Son point d'orgue haletant, course contre la montre et la mort pour la survie de nos dauphins, culmine dans une conclusion bouleversante où l'émotion sera mise à rude épreuve pour le public sensible.


Poème lyrique proféré à l'amour des dauphins, témoignage de tolérance pour la cause animale et sa libre indépendance, aventure haletante insufflant en dernier recours un suspense intense, Le Jour du Dauphin est d'autant plus convaincant qu'il est rehaussé d'une interprétation au cordeau (jusqu'aux seconds rôles) et que la mise en scène de Mike Nichols élude toute niaiserie. Une œuvre magnifique d'une humilité bouleversante, à redécouvrir d'urgence.


Dédicace à Goon et au Pharmacien de garde
10.10.13
Bruno Matéï

                                       

mercredi 9 octobre 2013

Prisoners

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lyricis.fr

de Denis Villeneuve. 2013. Québec. 2h33. Avec Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis, Maria Bello, Terrence Howard, Melissa Leo, Paul Dano, Dylan Minnette.

Sortie salles France: 9 Octobre 2013. U.S: 20 Septembre 2013

FILMOGRAPHIE: Denis Villeneuve est un scĂ©nariste et rĂ©alisateur quĂ©bĂ©cois, nĂ© le 3 octobre 1967 Ă  Trois-Rivières. 1996: Cosmos. 1998: Un 32 AoĂ»t sur terre. 2000: Maelström. 2009: Polytechnique. 2010: Incendies. 2013: An Enemy. 2013: Prisoners.


Multi récompensé avec ses derniers métrages et considéré dans son pays comme un nouveau maître du cinéma d'auteur, le québécois Denis Villeneuve s'expatrie aux États-Unis pour le projet d'un thriller noir de triste actualité (les enlèvements infantiles). Avec l'appui des valeurs montantes Hugh Jackman (son rôle le plus dur et viscéral) et Jake Gyllenhaal, Prisoners oscille entre drame psychologique et polar à suspense autour d'un dédale machiavélique. Par le judicieux prétexte d'une énigme insoluble jonchée de maigres indices, le réalisateur brosse scrupuleusement le portrait de deux hommes entêtés, déterminés à résoudre une douloureuse histoire de disparition.

Le Pitch : Deux familles sont déchirées par la disparition soudaine de leurs enfants. Alors que l'inspecteur Loki s'évertue à rechercher les fillettes et à retrouver un potentiel coupable, l'un des pères de famille décide d'employer une justice individuelle.

                                       

Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-mĂŞme.

Thriller éprouvant d'une efficacité optimale, à tel point que ses 2h30 abolissent toute notion temporelle, Prisoners joue la carte de l'émotion ardue en privilégiant l'aspect psychologique d'un script filandreux et le ressort d'un suspense exponentiel toujours plus acéré. Ainsi, à travers son énigme dérangeante inspirée des faits-divers morbides de ces dernières années, Denis Villeneuve nous plonge dans le désarroi familial, véritable épreuve de force pour des familles accablées, entre attentes fébriles et craintes insupportables pour la survie de leurs rejetons, tandis qu'un flicard indécis et un père renfrogné mettront tout en œuvre pour retrouver les disparues et leur coupable.

Du point de vue du père irascible, délibéré à martyriser le présumé coupable, Denis Villeneuve met de prime abord en exergue une réflexion sur la vengeance et la justice individuelle. Si bien que ce lynchage interminable éprouve et émeut lorsque nous sommes contraints d'assister à l'affliction d'une sentence barbare. Partagé entre le désir de savoir s'il s'agit bien du véritable assassin ou d'un simple innocent, Prisoners met à mal nos pulsions vindicatives face à notre instinct inhumain, aveuglé par la colère de l'iniquité. Il nous dévoile avec un réalisme brut mais sans complaisance la face cachée de notre rancœur, capable d'extérioriser des exactions d'une rare cruauté, alors que les preuves de culpabilité émises contre le coupable restent infondées.

Et donc, en éprouvant autant d'empathie pour le père haineux, rongé à vif de douleur pour sa fille disparue, que pour le potentiel coupable, simplet mutique incapable de prononcer une syllabe, le drame qui se noue lentement déstabilise notre jugement, en espérant trouver refuge vers une issue plus favorable avec l'autorité d'un flic estimable. C'est lors de sa seconde partie, davantage focalisée sur la remise en question de l'inspecteur hésitant, sévèrement mis à mal par les parents et la déveine, que le film redouble d'intensité dans son suspense éprouvant, en confrontant un autre présumé coupable bien plus probant. Alternant fausses pistes, indices géographiques et rebondissements fortuits, la traque inlassable culmine vers l'inévitable résolution du meurtrier ainsi qu'une course contre la montre désespérée.

Si tu plonges longuement ton regard dans l'abîme, l'abîme finit par ancrer son regard en toi...

Dominé par les prestations pugnaces de Hugh Jackman (saisissant de hargne en justicier intolérable) et de Jake Gyllenhaal (flegmatique et boiteux en flic studieux mais toujours plus endurant), Prisoners renouvelle les codes du thriller avec brio grâce à une mise en scène au cordeau, l'intelligence de ses thématiques et sa dimension humaine poignante. La mécanique de son suspense infaillible nous éprouve les nerfs avec une intensité d'autant plus fragile qu'elle traite d'un thème d'actualité inquiétant : la disparition d'enfants et le sort qui leur est réservé. Cafardeux, hypnotique et bouleversant, Prisoners ne vous laisse pas une seconde de répit jusqu'à son ultime image elliptique.

— Celui du cĹ“ur noir des images đź–¤

09.10.13


mardi 8 octobre 2013

La Belle et la BĂŞte. Prix Louis Delluc, 1946

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jean Cocteau. 1946. France. 1h34. Avec Jean Marais, Josette Day, Michel Auclair, Mila Parély, Nane Germon, Marcel André, Raoul Marco, Jean Cocteau, Christian Marquand.

Sortie salles France: 29 Octobre 1946. U.S: 23 Décembre 1947

FILMOGRAPHIE: Jean Cocteau est un rĂ©alisateur, dessinateur, poète, graphiste, dramaturge français, nĂ© le 5 Juillet 1889 Ă  Maisons-Laffitte, dĂ©cĂ©dĂ© le 11 Octobre 1963. 1930: Le Sang d'un Poète. 1946: La Belle et la BĂŞte. 1948: l'Aigle a 2 tĂŞtes. 1948: Les Parents Terribles. 1950: OrphĂ©e. 1960: Le Testament d'OrphĂ©e.

 
"Lorsque vous lui ouvrez la porte, la magie est partout."
Chef-d’Ĺ“uvre mythique du cinĂ©ma français,
La Belle et la BĂŞte fut d’abord inscrit au panthĂ©on des contes lĂ©gendaires sous la plume de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, dans son classique homonyme publiĂ© en 1757. Par l’ambition formelle du poète Jean Cocteau, cette transposition cinĂ©matographique se joue des trucages de prestidigitation et du maquillage afin de matĂ©rialiser une histoire d’amour fĂ©erique entre une bĂŞte humaine et une belle candide.

Le pitch : afin de sauver son père d’une sentence inĂ©vitable, une jeune fille est contrainte de partir Ă  la rencontre de la BĂŞte, seigneur mi-homme mi-animal vivant reclus dans un immense château. Celui-ci tombe subitement amoureux de la Belle. Peu Ă  peu, une relation affectueuse se noue entre eux.

Conte universel sublimant la virginitĂ© de l’âme, le droit Ă  la diffĂ©rence, la duperie des apparences et la rĂ©demption par l’amour,
La Belle et la BĂŞte conserve intact son pouvoir ensorcelant, dĂ©ployant un onirisme baroque sous la houlette d’un cinĂ©aste Ă  son apogĂ©e. Technicien circonspect, Jean Cocteau croit si profondĂ©ment Ă  la puissance de ses images picturales qu’une aura fantasmatique en Ă©mane inĂ©vitablement.

Si la candeur de ces plages poĂ©tiques atteint une telle intensitĂ© irrĂ©elle, elle le doit notamment Ă  l’interprĂ©tation transie de fragilitĂ© de Jean Marais. L’acteur endosse un triple rĂ´le, incarnant des figures contradictoires dans leur autoritĂ© Ă  conquĂ©rir une dulcinĂ©e. Mais c’est dans la peau de la BĂŞte que Marais transcende une charge Ă©motionnelle en demi-teinte, portĂ©e par un amour vouĂ© Ă  la Belle. DĂ©bordant d’affection pour cette inconnue, mais prisonnier de son apparence monstrueuse, le personnage attend la rĂ©ponse de sa bien-aimĂ©e dans un espoir Ă©lĂ©giaque d’une rare puissance expressive.

BeautĂ© pastel incarnant la douceur la plus tĂ©nue, Josette Day lui offre la rĂ©plique avec l’Ă©lĂ©gance sensuelle d’une âme innocente. D’abord rĂ©ticente face Ă  cette proposition insensĂ©e - un mariage contre la vie de son père -, la Belle apprend peu Ă  peu Ă  connaĂ®tre la BĂŞte, Ă  comprendre sa fougue et son dĂ©sarroi sentimental, en faisant fi de sa laideur corporelle. Leur destin incroyable se condense alors dans l’acuitĂ© d’un amour capable d’amadouer l’agressivitĂ© du monstre le plus indomptable.


Il Ă©tait une fois…
Baignant dans un esthĂ©tisme monocorde Ă  l’architecture baroque,
La Belle et la BĂŞte fait figure d’ovni intemporel, variation cathartique sur l’amour apte Ă  mĂ©tamorphoser l’ĂŞtre le plus impĂ©nĂ©trable. Au-delĂ  de son imagerie foisonnante, oĂą la fĂ©erie atteint une dimension hors norme, le duo maudit formĂ© par Jean Marais et Josette Day demeure, sans nul doute, l’un des couples les plus beaux - et les plus Ă©tranges - de l’histoire du cinĂ©ma. Et rien que pour leur prĂ©sence irrĂ©elle et fantasmagorique, La Belle et la BĂŞte mĂ©rite d’ĂŞtre vu et revu, afin d’en saisir toute l’essence, si difficile Ă  enfermer dans les mots.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
 
La critique d'un autre ovni aussi fantasmatique : http://brunomatei.blogspot.fr/2012/11/la-belle-et-la-bete-panna-netvor-prix.html

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Le Blu-ray est un miracle formel !

lundi 7 octobre 2013

THE WAY, LA ROUTE ENSEMBLE

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site aceshowbiz.com

de Emilio Estevez. 2010. U.S.A/Espagne. 2h01. Avec Martin Sheen, Emilio Estevez, Deborah Kara Unger, Yorick van Wageningen, James Nesbitt.

Sortie salles France: 25 Septembre 2013. Canada: 10 Septembre 2010. U.S: 7 Octobre 2011. Espagne: 19 Novembre 2010

FILMOGRAPHIE: Emilio Estevez est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 12 Mai 1962 à New-York.
1986: Wisdom. 1990: Men at Work. 1996: The War at home. 2000: Classé X. 2005: Culture Clash in AmeriCCa. 2006: Bobby. 2010: The Way.


Venant d'apprendre la mort de son fils durant un pèlerinage, un père dĂ©cide d'accomplir le mĂŞme trajet de dĂ©votion afin de justifier son dĂ©cès. 

RĂ©cit initiatique sur l'accomplissement de soi, l'espoir et la foi en l'âme, The Way est une odyssĂ©e humaine inscrite dans la plĂ©nitude. Une randonnĂ©e pĂ©destre de 800 kms parcourue par quatre pèlerins Ă  travers la France et l'Espagne. Acteur notoire de second rĂ´le dans les annĂ©es 80, Emilio Estevez (fils de Martin Sheen) endosse la fonction de rĂ©alisateur pour mettre en exergue ce projet personnel qui lui tenait Ă  coeur. Mettre en scène son propre père alors que Martin Sheen avait dĂ©jĂ  effectuĂ© un pèlerinage en compagnie de son petit fils. C'est d'ailleurs Taylor Estevez, fortement marquĂ© par ce pĂ©riple spirituel, qui lança l'idĂ©e Ă  son père d'en concrĂ©tiser un long-mĂ©trage.
C'est avec une grande simplicité qu'Emilio Estevez nous retrace l'odyssée mystique d'un père endeuillé, profondément marqué par la disparition soudaine de son fils de 40 ans. Souvent sujet à des opinions de divergence, les deux hommes entretenaient peu de rapports courtois. Aujourd'hui accablé par la douleur, Thomas Avery décide à son tour de reprendre le même cheminement après avoir récupérer les cendres de son fils pour les déposer au lieu-dit. Au fil de son long voyage, cet ophtalmologiste un peu bourru va parcourir nombre de kms parmi l'entremise de trois autres pèlerins tout aussi méditatifs et indécis.


Leçon de vie, hymne à la beauté immaculée de la nature, The Way s'érige en aventure cosmopolite durant ces rencontres fortuites avec son lot de citadins éclectiques. Une longue marche pédestre émaillée d'improvisations, quiproquos et déboires auquel quatre aventuriers vont tenter de regagner leur dignité. Avec pudeur et bonhomie sincère, Emilio Estevez réussit à rendre attachante cette quête initiatique sans pathos et avec l'intégrité de protagonistes perfectibles.
Outre le jeu dépouillé des comédiens, c'est bien évidemment la présence notable de Martin Sheen qui prodigue le souffle lyrique octroyée à cette randonnée. A travers ses yeux renfrognés de paternel vieillissant, le comédien insuffle une humanité fragile davantage gagnée par la conviction de son engagement mais aussi la fraternité de ces camarades.


Vivre libre
EntrecoupĂ© de tubes mĂ©lodiques, The Way surprend par le ton de sa simplicitĂ© et l'Ă©motion qu'il finit par engendrer au fil de son cheminement spirituel. Parfois touchĂ© par une grâce cĂ©leste (l'incroyable sĂ©quence de recueillement dans la cathĂ©drale de Saint-Jacques-de-Compostelle nous Ă©branle le coeur par son improvisation Ă©motionnelle !) et privilĂ©giĂ© par un quatuor de comĂ©diens attachants, The Way est une Ă©popĂ©e qui rassemble, Ă©loge humaniste Ă  la tolĂ©rance et au respect de soi. 
Beau Ă  en pleurer.

A mon frère de coeur Pascal...
07.10.13
Bruno Matéï

La critique de mon ami Gilles Rolland http://www.onrembobine.fr/critiques/critique-the-way-route

vendredi 4 octobre 2013

BERBERIAN SOUND STUDIO. Prix Spécial du Jury, Prix de la Critique à Gérardmer, 2013

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wildside.fr

de Peter Strickland. 2012. Angleterre. 1h32. Avec Toby Jones, Tonia Sotiropoulo, Susanna Cappellaro, Cosimo Fusco.

Sortie salles Royaume-Uni: 28 Juin 2012

RĂ©compenses: 2013: Prix spĂ©cial ex-æquo du Jury au Festival du film fantastique de GĂ©rardmer.
2013: Prix de la critique au Festival du film Fantastique de GĂ©rardmer.
2012: Mention spĂ©ciale du jury au Festival international du film de Catalogne.
2012: British Independent Film Award du meilleur film, du meilleur acteur pour Toby Jones, meilleure production, meilleur technicien
2013: London Film Critics Circle Awards: Film britannique ou irlandais de l'annĂ©e, Acteur britannique de l'annĂ©e
2013: Evening Standard British Film Awards: Meilleur acteur pour Toby Jones

FILMOGRAPHIE: Peter Strickland est un réalisateur et scénariste anglais, né en 1973 à Reading, Berkshire, en Angleterre.
2009: Katalin Varga. 2012: Berberian Sound Studio.


Comment Ă©tablir une opinion objective quand on se retrouve confrontĂ© Ă  une expĂ©rience imbitable ? Mise en abyme du milieu du cinĂ©ma, Peter Strickland souhaite rendre hommage Ă  ces bruiteurs de films d'exploitation Ă  travers le portrait d'un sexagĂ©naire timide et introverti, venu exercer auprès d'un studio prĂ©caire de l'Italie. De toute Ă©vidence, le rĂ©alisateur est indĂ©niablement nostalgique de l'Ă©poque des annĂ©es 70 oĂą fleurissaient les premiers giallos et l'ascension d'un Argento en pleine expĂ©rimentation avec son opĂ©ra lyrique Suspiria. Pour preuve, le film se situe Ă  cette pĂ©riode charnière oĂą les tueurs gantĂ©s violaient les femmes Ă  l'aide d'un couteau acĂ©rĂ© et se focalise sur un pitch occulte Ă  base de sorcières et de prĂŞtres inquisiteurs. Fourmillant de dĂ©tails techniques sur la manière dont les bruitages sont façonnĂ©s par les ingĂ©nieurs du son et oĂą les actrices nĂ©ophytes tentent de doubler des hurlements stridents, Berberian Sound Studio dĂ©voile l'envers du dĂ©cor Ă  l'instar d'un livre de cuisine. Puisqu'ici, les lĂ©gumes y occupent une place Ă©loquente, comme le fait de simuler Ă  l'aide d'un chou-fleur ou d'une pastèque le son d'une lame de couteau pĂ©nĂ©trant la chair humaine. Au milieu de cette hiĂ©rarchie destructurĂ©e par des cinĂ©astes vĂ©reux et lubriques, notre bruiteur Gilderoy semble dĂ©boussolĂ© Ă  Ă©laborer tous ces bruitages hostiles. Au fil des synchronisations, leur intonation horrifique s'avère si dĂ©rangeante et rĂ©currente qu'il commence Ă  perdre pied avec la rĂ©alitĂ©. Victimes d'hallucinations (ou d'une machination exercĂ©e par une troupe de techniciens perfides), Gilderoy semble se fondre avec l'illusion de la toile blanche pour se perdre Ă  jamais dans l'abyme du silence.


Si un bonne partie du public risque de décrocher devant cette expérience hermétique, languissante, voire rébarbative, le soin alloué à sa mise en scène travaillée, le jeu des éclairages contrastant avec une superbe photo sépia, la reconstitution rétro du studio et l'alchimie inquiétante des comédiens inconnus nous rappellent les beaux jours d'un cinéma pragmatique épris de singularité. Qui plus est, à travers cette scénographie peu exploitée au cinéma, une ambiance lourde s'y détache avec une aura insolite prégnante où fiction et réalité succombent à s'uniformiser !


A vous de juger si Berberiand Sound Studio mĂ©rite les louanges qu'il a pu recevoir dans certains festivals et si cette leçon de cinĂ©ma impartie Ă  la synchronisation du doublage et des bruitages s'avère aussi adroite et dialectique. De toute Ă©vidence, un second visionnage devrait ĂŞtre fructueux (du moins pour mon compte personnel !) afin de mieux dĂ©celer les tenants et aboutissants du cinĂ©aste auteurisant. Au cas oĂą, je revendrais plus tard avec une opinion plus tranchĂ©e...

04.10.13
Bruno Matéï

mercredi 2 octobre 2013

3096

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinebel.be

de Sherry Hormann. 2012. Allemagne. 1h51. Avec Thure Lindhardt, Antonia Campbell-Hughes, Amelia Pidgeon, Trine Dyrholm, Vlasto Peyitch.

Sortie salles Autriche: 25 Février 2013. Allemagne: 28 Février 2013

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sherry Hormann est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né en 1960 à Kingston, New-York, U.S.A.
1994: Frauen sind was Wunderbares. 1996: Fête des pères. 1998: Widows. 1998: Die Cellistin. 2001: Private Lies (télé-film). 2002: My Daughter's Tears. 2003: Le Merveilleux Noël de Lena (télé-film). 2004: Männer wie wir. 2007: Helen, Fred et Ted (télé-film). 2009: Fleur du Désert. 2012: Anleitung zum Unglücklichsein. 2013: 3096



Récit authentique du célèbre kidnapping de Natascha Kampusch, jeune fille autrichienne enlevée par un ravisseur à l'âge de 10 ans, puis épargnée de son calvaire après 3096 jours de captivité, ce drame éprouvant est transposé ici avec refus de voyeurisme dans sa volonté de retransmettre sans complaisance l'affliction d'une victime juvénile soumise à un sociopathe. Dans une chronologie elliptique, le réalisateur décrit avec réalisme blafard le calvaire de Natascha dès le jour de son enlèvement, c'est à dire le 2 mars 1998, jusqu'à sa liberté retrouvée à sa majorité le 23 Août 2006. Se raccrochant au témoignage de la véritable Natascha Kampusch répertorié dans son livre autobiographique, le film s'évertue à fidèlement reconstituer ses écrits en insistant sur les rapports étroits (parfois même amicaux !) que le couple finissait par entretenir.


Ce qui frappe d'entrĂ©e avec ce huis-clos aussi Ă©touffant que dĂ©rangeant, c'est la rigueur de sa mise en scène Ă©purĂ©e rĂ©futant la moindre fioriture pour coller au plus près de la rĂ©alitĂ©, renforcĂ©e par la sobriĂ©tĂ© des comĂ©diens Ă©tonnants de vĂ©ritĂ©. Superbement dessinĂ©s, Sherry Hormann leur accorde une attention circonspecte afin de mettre en exergue les rapports dysfonctionnels de la victime et du bourreau. Pour incarner la fragilitĂ© d'une adolescente famĂ©lique soumise Ă  l'humiliation, le viol et les châtiments corporels, Antonia Campbell-Hughes retransmet avec fragilitĂ© son dĂ©sarroi quotidien Ă  devoir se rĂ©fugier dans un cachot en tolĂ©rant l'autoritĂ© castratrice d'un misogyne sexuellement refoulĂ©. Avec son regard glaçant d'austĂ©ritĂ© et sa posture impassible, Thure Lindhardt incarne un tortionnaire avide de prĂ©pondĂ©rance afin de rĂ©duire Ă  l'asservissement sa victime dĂ©munie. LittĂ©ralement transi de frustration irascible face Ă  la gente fĂ©minine, l'acteur insuffle un jeu cynique d'autoritĂ© sadienne afin de mieux dissuader sa proie Ă  s'Ă©chapper. Enfin, durant son 1er acte d'embrigadement, il faut souligner l'incroyable justesse de la petite Amelia Pidgeon, endossant avec un naturel impressionnant celle d'une fillette candide livrĂ©e Ă  une claustration de longue haleine. Ces châtiments intentĂ©s tels que la privation de nourriture et la violence punitive nous plongent dans une dĂ©rive psychologique difficilement supportable.


En jouant la carte de l'Ă©motion prude et du refus du sensationnalisme, 3096 s'Ă©rige en tĂ©moignage bouleversant pour retracer le calvaire inlassable d'une adolescente aussi dĂ©couragĂ©e (sa tentative de suicide afin de mettre un terme Ă  son isolement) que combative (ses tentatives d'Ă©vasion). Les rapports troubles qu'elle entretenait avec son ravisseur rajoute une aura insolite Ă  cette sĂ©questration auquel le jeu subtil des comĂ©diens puise toute sa force Ă©motionnelle. 
Pour clore, si quelqu'un peut m'expliquer pour quelle raison ce tĂ©moignage fidèlement respectueux, approuvĂ© par la vĂ©ritable Natascha Kampusch, s'est honteusement retrouvĂ© banni de nos Ă©crans français !

La critique de Loic Bugnon: http://www.grimmovies.com/2013/10/20/3096-sherry-hormann-2012/

Dédicace à Jenny Winter
02.10.13
Bruno Matéï

mardi 1 octobre 2013

OVER THE TOP (le Bras de Fer)

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dbcovers.com

de Menahem Golan. 1987. U.S.A. 1h33. Avec Sylvester Stallone, Robert Loggia, Susan Blakely, Rick Zumwalt, David Mendenhall, Chris McCarty.

Sortie salles France: 8 Avril 1987. U.S: 13 Février 1987

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Menahem Golan est un producteur, réalisateur, scénariste et acteur israélien, né le 31 Mai 1929 à Tibériade (Palestine mandataire).
1977: Operation Thunderbolt. 1984: Over the Brooklyn Bridge. 1986: Delta Force. 1987: Over the Top. 1990: Mack the Knife. 2006: Rikod Mesokan.


1987 est une annĂ©e dĂ©clinante pour la star notoire Sylvester Stallone car après son modeste succès commercial Cobra, Over the Top se solde comme le plus sĂ©vère Ă©chec de sa carrière. Un an plus tard, le 3è volet de Rambo suit la mĂŞme pente rĂ©gressive (Razzie Award Ă  l'appui !) mĂŞme si on s'Ă©loigne du fiasco antĂ©cĂ©dent. RĂ©alisĂ© par Menahem Golan, spĂ©cialiste de l'actionner bourrin dĂ©cĂ©rĂ©brĂ© (Delta Force), affiliĂ© Ă  son cousin producteur Yoran Globus, Over the Top fait surtout la part belle aux bons sentiments dans les rapports conflictuels entre un routier divorcĂ© et son jeune fils dont la garde lui a Ă©tĂ© soutirĂ© par un grand-père cupide. Après 10 ans d'absence, sous la recommandation de son ex femme mourante, Lincoln Hawk doit renouer les liens familiaux avec Michael Cutler, rejeton capricieux et impĂ©tueux couvĂ© par une existence bourgeoise. En parallèle, notre routier s'envisage de concourir au championnat de bras de fer afin de pouvoir acquĂ©rir un camion mais aussi prouver Ă  son jeune fils qu'il n'est pas le ratĂ© que l'aĂŻeul avait toujours prĂ©tendu.


A grand renfort de clichés sirupeux, de morale bien pensante et de cabotinage d'acteurs, Over the Top tente de nous émouvoir avec cette cohésion parentale entretenue entre un prolétaire au grand coeur et son jeune fils plein d'orgueil. Afin de ne pas occulter les fans de l'illustre star du cinéma d'action des eighties, Menahem Golan et Stallone himself (puisque notamment assisté au poste de co-scénariste), imaginent la trouvaille originale d'une compétition de bras de fer afin d'enchérir encore vers le milieu sportif où la rivalité des affrontements (dialogues impayables à l'appui !) culmine sa trajectoire vers un dernier combat plutôt intense.
Et le miracle de se produire ! Car grâce Ă  la bonhomie irrĂ©sistiblement attachante de Sly, cette sĂ©rie B triviale rĂ©ussit avec modeste efficacitĂ© Ă  se dĂ©pĂŞtrer d'une intrigue prĂ©visible pour mettre en valeur les les rapports humanistes de la filiation parentale. A l'aide de chansons entraĂ®nantes et du score rĂ©tro de Gorgio Moroder, Over the Top attise donc la sympathie dans son dosage d'action et d'Ă©motion, tout en vĂ©hiculant les valeurs sociales fondĂ©es sur la volontĂ© de la rĂ©ussite et le dĂ©sir de transcender ses doutes. Si le marmot aux yeux bleux cabotine Ă  n'en plus finir dans ses crises de colère intolĂ©rantes, Sylvester Stallone rĂ©ussit Ă  lui imposer son autoritĂ© avec l'Ă©thique d'un père imparfait mais dĂ©vouĂ© Ă  enseigner le privilège de la victoire.


Real steel
Terriblement naïf, désuet et bourré de bons sentiments, Over the Top est l'exemple type du divertissement calibré, préalablement conçu sur la notoriété de son icône d'action. Sauvé par la présence pleine d'humilité de Sylvester Stallone, cette odyssée humaine insuffle abondamment une émotion candide et rehausse l'intensité des enjeux vers un point d'orgue spectaculaire.

01.10.13. 3èx
Bruno Matéï

    vendredi 27 septembre 2013

    UN ETE POURRI (The Mean Season). Grand Prix Ă  Cognac.

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

    de Philip Borsos. 1985. U.S.A. 1h44. Avec Kurt Russel, Mariel Hemingway, Richard Jordan, Richard Masur, Richard Bradford, Joe Pantoliano, Andy Garcia, William Smith.

    Récompenses: Grand Prix spécial TF1 à Cognac, 1986
    Prix du Public, 1986

    Sortie salles France: 24 Juillet 1985. U.S: 15 Février 1985

    FILMOGRAPHIE:  Philip Borsos est un rĂ©alisateur, acteur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 5 Mai 1953 Ă  Hobart (Australie), dĂ©cĂ©dĂ© le 2 FĂ©vrier 1995 Ă  Vancouver (Canada).
    1976: Cooperage. 1977: Spartree. 1979: Nails. 1982: The Grey Fox. 1985: Un Eté pourri. 1985: One Magic Christmas. 1990: Bethune: The Making of a Hero. 1995: Loin de la maison.


    Thriller occultĂ© de nos jours alors qu'il fut en 1986 couronnĂ© du Grand Prix et celui du Public Ă  Cognac, Un EtĂ© pourri est le seul film reconnu en France par le cinĂ©aste Philip Borsos. DĂ©cĂ©dĂ© en 1995, ce jeune rĂ©alisateur laisse derrière lui un petit thriller retors rondement menĂ© auquel l'interprĂ©tation de Kurt Russel, en journaliste susceptible, et celle de Richard Jordan, en serial killer aussi patibulaire que goguenard, doivent beaucoup au caractère intense de leur confrontation.
    Un journaliste devient l'instrument d'un serial-killer afin que ce dernier puisse accĂ©der Ă  une certaine notoriĂ©tĂ© auprès des mĂ©dias et du public. 


    D'après le roman In the Heat of the Summer de John Katzenbach, Un EtĂ© Pourri est Ă©rigĂ© sous le moule de la sĂ©rie B avec sagacitĂ© dans son scĂ©nario Ă©quivoque mettant en exergue les rapports troubles qu'un jeune journaliste doit entretenir avec un tueur en mal de renommĂ©e. RĂ©flexion sur la quĂŞte de cĂ©lĂ©britĂ© et le rapport cynique du journalisme Ă  sensations, Philip Borsos confronte un duel haletant entre deux rivaux contraints de collaborer sous les feux des projecteurs. Alors que ce reporter commence Ă  gagner une popularitĂ© grandissante auprès des mĂ©dias, le tueur inconsidĂ©rĂ© dĂ©cide de prendre sa revanche sur son orateur afin de pouvoir renouer avec sa cĂ©lĂ©britĂ©. Face Ă  cette trahison, quoi de plus perfide que de mettre en place une une stratĂ©gie accès sur l'esprit de provocation et le rapt d'un otage. Dans ce jeu de duperie auquel leur rapport malsain est toujours plus Ă©troit, c'est une course poursuite endiablĂ©e que le journaliste va devoir finalement entamer afin de retrouver ATTENTION SPOILER sa femme en vie. FIN DU SPOILER. Efficacement rĂ©alisĂ© et surtout interprĂ©tĂ© avec dextĂ©ritĂ© par deux comĂ©diens inflexibles, Philip Borsos alterne Ă©tude de caractères, meurtres en sĂ©rie et action trĂ©pidante dans une dernière partie riche en rebondissements. Avec un certain rĂ©alisme et l'effet de suggestion, il n'oublie pas de renforcer le caractère crapuleux de son intrigue vis Ă  vis des crimes lâchement exĂ©cutĂ©s par un tueur sans vergogne. A l'image de cette sĂ©quence Ă©prouvante auquel un bĂ©bĂ© en larmes est retrouvĂ© aux abords d'une forĂŞt sous une pluie torrentielle alors que sa mère vient d'ĂŞtre dĂ©coupĂ©e en morceaux !


    En privilĂ©giant la psychologie ambivalente de deux adversaires confrontĂ©s Ă  l'ascension de la popularitĂ©, Philip Borsos redouble d'efficacitĂ© pour mettre en exergue leur rivalitĂ© possessive. DominĂ© par la prĂ©sence indĂ©fectible de Kurt Russel, ce solide thriller est notamment pourvu d'une atmosphère blafarde (la ville de Miami risque Ă  tous moments d'ĂŞtre balayĂ©e par un ouragan !) que n'aurait pas reniĂ© Seven

    27.09.13. 3èx
    Bruno Matéï


    jeudi 26 septembre 2013

    Isolation. Grand Prix, Gérardmer 2006.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

    de Billy O'Brien. 2005. Irlande/Angleterre/U.S.A. 1h35. Avec John Lynch, Essie Davis, Ruth Negga, Sean Harris, Marcel Lures, Crispin Letts, Stanley Townsend.

    Sortie salles France: 7 Juin 2006

    FILMOGRAPHIE: Billy O'Brien est un réalisateur irlandais.
    2005: Isolation. 2014 : Scintilla (The Hybrid). 2016 : I Am Not a Serial Killer


    Premier long-mĂ©trage du rĂ©alisateur irlandais Billy O'Brien, Isolation sort vainqueur de GĂ©rardmer en remportant le prestigieux Grand Prix et celui de la critique. InfluencĂ© par Alien et The Thing, mais sans jamais prĂ©tendre les plagier, cette sĂ©rie B horrifique redouble d'efficacitĂ© dans une structure narrative imparable alliant suspense anxiogène, intensitĂ© Ă©prouvante, terreur diffuse. Le Pitch: Dans une ferme, un agriculteur et son ex femme sont confrontĂ©s Ă  une menace biologique d'un genre nouveau. Celle d'une mutation gĂ©nĂ©tique fĂ©condĂ©e par l'une de leur vache. Huis-clos Ă©touffant rĂ©gi en interne d'une ferme isolĂ©e, Isolation ne perd pas de temps pour immerger le spectateur lors d'une sĂ©quence d'accouchement aussi dĂ©rangeante qu'ultra rĂ©aliste. Si bien qu'un agriculteur et une vĂ©tĂ©rinaire tentent dĂ©sespĂ©rĂ©ment d'extraire du ventre de sa mère un veau. Mais suite Ă  des manipulations gĂ©nĂ©tiques expĂ©rimentĂ©es par l'homme, cette gĂ©nisse y enfante un foetus difforme. Et ce dernier de produire Ă  son tour 6 nouveaux embryons dans l'estomac de sa mère ! Ainsi, dans un climat Ă  la fois humectĂ© et insalubre oĂą le peu de clartĂ© s'avère ternie par la nuit, nos 2 fermiers, un scientifique et un jeune couple en escapade tenteront de se dĂ©barrasser d'une crĂ©ature belliqueuse particulièrement insidieuse. Or, le problème avec cette nouvelle menace inconnue c'est qu'elle grossit rapidement après s'ĂŞtre nourrie de sang auprès de son hĂ´te et qu'elle rĂ©ussit par la mĂŞme occasion Ă  se dĂ©multiplier afin de propager une contamination. 


    Pire encore, l'embryon est capable de corrompre des cellules humaines Ă  partir d'une simple morsure et ainsi provoquer une future mutation chez l'homme ! Ce scĂ©nario catastrophe alarmiste, Billy O'Brien le retransmet avec souci de vĂ©ritĂ© et du dĂ©tail scientifique. EpaulĂ© de la sobriĂ©tĂ© de comĂ©diens Ă  la dimension humaine en dĂ©sarroi (pour ne pas dire dĂ©pressive), Isolation distille une angoisse infiniment oppressante (juqu'au malaise viscĂ©ral) face Ă  des situations inopinĂ©es toujours plus embarrassantes. Sa rĂ©alisation habile exploitant parfaitement les recoins glauques de son dĂ©cor industriel (notamment un jeu contrastĂ© d'Ă©clairage limpide) et la manière pertinente dont le rĂ©alisateur structure l'embryon provoquant inĂ©vitablement l'effroi proprement dĂ©rangeant pour le spectateur incommodĂ© par tant de visions Ă  la fois horrifiantes, cauchemardesques, fĂ©tides. Sa morphologie indescriptible et son instinct de survie Ă  se planquer dans les recoins insalubres distillant un suspense mĂ©tronome auquel l'intensitĂ© des enjeux progressera d'un Ă©chelon vers son point d'orgue crucial. Sans esbroufe, le film joue donc la carte de l'ultra rĂ©alisme clinique en suscitant une apprĂ©hension anxiogène car il fait notamment appel Ă  la peur contemporaine des manipulations gĂ©nĂ©tiques. C'est Ă  dire le fait d'oser intĂ©grer des gènes Ă©trangers, animaux ou vĂ©gĂ©taux, dans le corps d'un membre d'une espèce distincte, ou encore d'y altĂ©rer les gènes d'un organisme afin de l'amĂ©liorer et de le rendre plus rentable.

     
    Un mutant Ă  la ferme
    A partir d'un canevas Ă©culĂ©, Billy O'Brien rĂ©invente le huis-clos claustro et la menace animale avec une efficacitĂ© effroyablement implacable. Le caractère parano des protagonistes livrĂ©s Ă  une Ă©preuve de force impitoyable accentuant le cĂ´tĂ© docu-vĂ©ritĂ© de cette horreur viscĂ©rale auquel un monstre hybride aura dĂ©cidĂ© d'annihiler notre monde. Sa physionomie squelettique, sorte de lombric Ă©laborĂ© Ă  partir d'os broyĂ©s et de viscères y transcende une oeuvre littĂ©ralement glauque, inquiĂ©tante, cauchemardesque de par la puissance de ses images crapoteuses terriblement dĂ©rangeantes... ad nauseam. Surtout lorsque l'on a affaire Ă  une horreur Ă©colo impartie Ă  la cause bovine soumise Ă  la mĂ©galomanie de l'homme vĂ©nal.  
    Pour Public averti.

    *Bruno

    26.09.13.
    04.08.23. 3èx

    RĂ©compenses: Grand Prix Ă  GĂ©rardmer, 2006
    Prix de la Critique à Gérardmer, 2006

    Screamfest 2006 :

    Meilleur film

    Meilleure actrice Essie Davis

    Meilleur réalisateur Billy O'Brien

    mercredi 25 septembre 2013

    Deadgirl

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

    de Marcel Sarmiento et Gadi Harel. 2008. U.S.A. 1h41. Avec Shiloh Fernandez, Noah Segan, Michael Bowen, Candice Accola, Andrew DiPalma, Eric Podnar, Nolan Gerard Funk, Christina Blevins

    Sortie salles France: 31 Janvier 2009 (DTV). U.S: 19 Septembre 2008

    FILMOGRAPHIE: Marcel Sarmiento est un rĂ©alisateur, acteur, producteur, scĂ©nariste amĂ©ricain. 2003: It's better to be wanted for murder than not to be wanted at all. 2007: Toi, moi... et mon chien. 2008: Deadgirl.  2012: The ABCs of Death. Gadi Harel est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste israĂ©lien, nĂ© le 16 Mai 1971. 2002: Operation Midnight Climax. 2008: Deadgirl (Co-rĂ©alisateur)

     
    Teen movie au vitriol sorti directement en DTV dans nos contrĂ©es, Deadgirl est un ovni putrescent, difficilement digĂ©rable par son absence totale d’empathie envers ses protagonistes et cette provocation jusqu’au-boutiste distillant un malaise poisseux avec une irresponsabilitĂ© dĂ©sarmante. Pour l’anecdote, le film est tirĂ© d’un scĂ©nario de Trent Haaga, ancien membre de l’Ă©curie dĂ©jantĂ©e Troma, Ă  qui l’on doit notamment Toxic Avenger 4 et de nombreux camĂ©os dans diverses productions de la firme.

    Le pitch. Dans les sous-sols d’un hĂ´pital abandonnĂ©, deux adolescents dĂ©couvrent un cadavre dĂ©vĂŞtu. Surgie de nulle part, cette femme en voie de putrĂ©faction s’avère ĂŞtre une zombie enchaĂ®nĂ©e sur une table d’opĂ©ration. Comment est-elle arrivĂ©e lĂ , par qui, et depuis quand ? On ne le saura jamais. Pas plus que l’origine de ce chien-cerbère surveillant les alentours, comme vouĂ© Ă  la protĂ©ger. L’un des deux Ă©tudiants dĂ©cide alors de la violer, sombrant aussitĂ´t dans un culte de la perversion.

    Ă€ la sortie de la projo, il est presque indĂ©cent de dĂ©voiler ses impressions tant l’expĂ©rience amorale semble dĂ©nuĂ©e de raisonnement, prisonnière des motivations putassières d’une bande de teenagers dĂ©complexĂ©s. Avec la volontĂ© Ă©vidente de choquer le spectateur et de l’entraĂ®ner dans un bad trip inĂ©dit (la sĂ©questration d’un cadavre mourant restant un cas d’Ă©cole dans les annales du zombie movie), Marcel Sarmiento et Gadi Harel n’hĂ©sitent jamais Ă  renchĂ©rir dans le sordide, nous immergeant dans leurs exactions sexuelles.

    Gang bang volontiers Ă©mĂ©tique Ă  travers les Ă©changes avec une esclave zombie. ÉpaulĂ© par une photographie blafarde et des dĂ©cors rubigineux, Deadgirl instille un malaise persistant en Ă©talant les Ă©tats d’âme vĂ©reux d’ados Ă©cervelĂ©s, galvanisĂ©s par les penchants nĂ©crophiles de leur leader. Seul son acolyte restera l’Ă©lĂ©ment le moins corruptible, parce que plus sensĂ©, bien qu’incapable d’affirmer son refus ou d’extĂ©rioriser ses remords. Vivant reclus dans un foyer fracturĂ©, entre l’absence de sa mère et la prĂ©sence inhospitalière d’un beau-père alcoolique, Rickie rĂŞve de conquĂ©rir une lycĂ©enne inaccessible, dĂ©jĂ  engagĂ©e auprès d’une “terreur” du lycĂ©e. EmbarquĂ© dans cette sordide spirale et incapable d’imposer une autoritĂ©, il se rĂ©fugie dans les bas-fonds de l’hĂ´pital pour assister aux abus nĂ©crophiles. Le climat nausĂ©eux, l’ambiance de claustration, cette pièce calfeutrĂ©e oĂą les lycĂ©ens s’embrigadent, convoquent un sentiment d’impuissance et de voyeurisme malsain. Sans issue, les rĂ©alisateurs prolongent l’Ă©preuve de force immorale avec parfois une ironie sardonique dĂ©concertante (la tentative grotesque d’enlèvement d’une fille stoĂŻque sur un parking), jusqu’Ă  une conclusion nihiliste, refusant la rĂ©demption de l’amour. On sort de l’expĂ©rience incongrue aussi Ă©trangement fascinĂ© qu’Ă©prouvĂ©, avec l’amertume d’avoir participĂ© Ă  un dĂ©lire scabreux dĂ©nuĂ© d’Ă©thique.

    L’Amour Ă  mort.
    Sous couvert de frustration sexuelle, de remise en question morale et d’Ă©moi amoureux, Marcel Sarmiento et Gadi Harel dissèquent le malaise adolescent avec un parti pris aussi radical que profondĂ©ment dĂ©rangeant. Deadgirl s’apparente alors Ă  un teen movie nĂ©crosĂ©, vĂ©ritable cauchemar existentiel d’une jeunesse dĂ©pravĂ©e, totalement larguĂ©e par la dĂ©cence de la tendresse sentimentale. Quoi qu’on en dise, l’expĂ©rience a le mĂ©rite de rĂ©futer les conventions de l'entertainment pour revendiquer son constat immoral, nous plongeant dans les abysses d’une horreur fĂ©tide difficilement oubliable.

    À découvrir avec précaution.

    — le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
    25.09.13. 
    15.01.24. 3èx

    mardi 24 septembre 2013

    CURSE OF CHUCKY

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site bloody-disgusting.com

    de Don Mancini. 2013. U.S.A. 1h33. Avec Brad Dourif, Fiona Dourif, Danielle Bisuttin, A Martinez, Brennan Elliott, Chantal Quesnelle, Kevin Anderson.

    Sortie salles France: 1er Novembre 2013 (DTV). U.S: 8 Octobre 2013 (DTV)

    FILMOGRAPHIE: Don Mancini est un scénariste, producteur et réalisateur américain, né le 25 Janvier 1963.
    2004: Le Fils de Chucky
    2013: Curse of Chucky



    9 ans ! C'est le temps qu'il aura fallu à Chucky pour remonter les marches et se refaire une santé vers nos salles obscures, ou plutôt devant la lucarne de notre téléviseur puisque Curse of Chucky est directement passé par la trappe DTV ! Au vu du résultat désastreux du produit, on comprends aisément qu'une exploitation au cinéma aurait été une sacré prise de risque, voir un suicide commercial imparable. Alors pourquoi ce Dtv réalisé par le scénariste attitré de la saga, Don Mancini, (déjà responsable de l'excellent l'opus précédent, le Fils de Chucky), se vautre dans la banalité avec une telle insignifiance ? A cause d'un scénario inepte affligeant de bêtise, de comédiens stéréotypés dénués de toute psychologie et se situations rebattues de plus en plus lassantes.


    Si le prologue futilement plaisant et son générique techniquement retors annonçait une éventuelle série B sympathique, la suite des évènements va prendre une tournure toujours plus conventionnelle quand Don Mancini tente de distiller un suspense lattent avant d'escompter les prochaines exactions de notre poupée de sang ! (la séquence du souper empoisonné s'avère un bon exemple pour la science de son intensité attendue !).
    En guise de deuil, et avec l'aimable présence d'un prêtre, un trio d'amants vient rendre visite à Nica, jeune célibataire impotente vivant recluse parmi l'assistance de sa mère. Mais un mystérieux colis laissé par le facteur va transformer leur paisible existence en canular cauchemardesque !
    Durant 45 minutes, on tente de s'attacher à nos personnages dans le huis-clos restreint de cette demeure familiale auquel une soeur cupide tente de négocier à son aînée handicapée la revente de la maison familiale depuis le décès accidentel de leur mère. Pour accentuer le côté manipulateur de la mégère, celle-ci fornique avec une femme de ménage topless ATTENTION SPOILER !!! alors que son mari suspicieux a déniché une trouvaille ingénieuse pour la surveiller (planquer une mini caméra dans la poche de vêtement de Chucky !). FIN DU SPOILER
    Ce genre d'idĂ©es inutiles, Curse of Chucky en regorge, Ă  l'instar de l'Ă©troite relation que le rĂ©alisateur souhaite raccorder avec le premier volet de la saga initiĂ©e par Tom Holland. Avec une certaine prĂ©tention et refus d'ironie mordante, le rĂ©alisateur improvise une filiation parentale afin de justifier les nouvelles motivations vindicatives de Chucky, mais aussi dĂ©mystifier l'handicap corporel de notre hĂ©roĂŻne. Et Ă  se prendre trop au sĂ©rieux, ce Dtv trivial est donc plombĂ© par une quasi absence de dĂ©lire sardonique et la fadeur de quelques meurtres routiniers, Ă  deux exceptions près ! (ATTENTION SPOILER !!! la mort du prĂŞtre et celle du mari FIN DU SPOILER). MĂŞme son Ă©pilogue Ă  tiroirs, clins d'oeil caustiques aux deux rĂ©cents Ă©pisodes, ne fait preuve d'aucune originalitĂ© pour tenter de nous surprendre avec l'apparition d'une icone sexuelle ! Sans vouloir faire preuve de mauvaise foi, j'ajoute enfin que notre poupĂ©e molle du genou fait ici pâle figure car elle semble fatiguĂ©e Ă  daigner commettre ses nouveaux forfaits (le caractère haletant des dernières altercations est dĂ©nuĂ© de toute intensitĂ©) tout en tentant d'inculquer sa doctrine auprès d'une fillette (le rejeton docile de la soeur infidèle).  


    Out of order
    Par son absence totale de suspense, d'originalité, de terreur et de rythme alerte, Curse of Chucky s'avère le plus mauvais épisode de la saga, d'autant plus desservi par une facture télévisuelle blafarde (la plupart des séquences se déroulant le plus souvent dans une lumière nocturne). Et il faudra sans doute faire preuve d'indulgence pour trouver l'ensemble distrayant.

    24.09.13
    Bruno Matéï