de Narciso Ibanez Serrador. 1976. Espagne. 1h50. Avec Lewis Fiander, Prunella Ransome, Antonio Iranzo, Miguel Narros, Maria Luisa Arias, Marisa Porcel, Juan Cazalilla.
Sortie salles France: 2 Février 1977. Espagne: 26 Avril 1976
FILMOGRAPHIE: Narciso Ibanez Serrador est un scénariste, producteur et réalisateur uruguayen, né le 4 Juillet 1935 à Montevideo (Uruguay).
1969: La Résidence. 1976: Les Révoltés de l'An 2000
La force incisive de ce cauchemar hermĂ©tique Ă©mane de son thème – l’enfance meurtrie – et d’une mise en scène alerte, qui rejette toute gaudriole grand-guignolesque. Ă€ l’image de son gĂ©nĂ©rique abominable, franchement insoutenable jusqu’aux larmes, oĂą dĂ©filent des images d’archives de crimes de guerre perpĂ©trĂ©s contre des enfants. Cette introduction, d’une brutalitĂ© extrĂŞme, illustre ce que l’humanitĂ© peut envisager de pire pour sa propre progĂ©niture en cas de gĂ©nocide. PassĂ©e cette turpitude, le film en extrait une fable contestataire, oĂą des bambins passent Ă l’action du talion contre la cruautĂ© des adultes.
Quoi de plus banal, après tout, qu’un garçonnet innocent batifolant avec ses camarades dans une ruelle ? Sauf qu’ici, leur environnement insulaire est Ă©pargnĂ© de toute prĂ©sence parentale. Serrador tisse alors, avec un sens du suspense latent et un climat de mystère littĂ©ralement permĂ©able, une toile d’araignĂ©e autour de ce couple dĂ©sorientĂ©, pris dans le mutisme pesant des citadins.
Et c’est Ă travers le tĂ©moignage de deux survivants qu’ils prendront la mesure du danger. Car ici, les bambins fripons Ă la bouille angĂ©lique tuent, sans la moindre hĂ©sitation, tout Ă©tranger majeur. Aucune justification n’est donnĂ©e pour leurs exactions vengeresses — si ce n’est l’hypothèse d’une haine transmise par tĂ©lĂ©pathie. Ce refus d’explication rationnelle renforce d’autant plus le malaise diffus que perçoit le spectateur, happĂ© dans une impuissance de plus en plus dĂ©sespĂ©rĂ©e.
L’enjeu de survie auquel le couple est confrontĂ© devient alors d’autant plus malsain que la rigueur du rĂ©cit les pousse Ă riposter par une violence intolĂ©rable. Mais que dire des enfants goguenards, capables d’exercer des sĂ©vices indĂ©cents contre l’Ă©tranger ? Le vieillard battu Ă mort Ă coups de bâton, le jeu de la serpe, la dĂ©funte dĂ©shabillĂ©e par des enfants ricanants, le lynchage du père provoquĂ© par sa propre fille… Par son rĂ©alisme âpre et une dimension psychologique terrassante, Ibáñez Serrador orchestre une impitoyable descente aux enfers pour la frĂŞle destinĂ©e de ses hĂ©ros. Ă€ l’image de son final nihiliste, d’une intensitĂ© dramatique sans compromis, jusqu’au malaise moral.
Et si un jour leur rĂ©volte avait lieu… serions-nous capables d’enrayer pareille menace planĂ©taire ? Visionnaire au possible, cette date de l’horreur reste d’une maturitĂ© indĂ©fectible.
Note : En raison de sa violence jugée insupportable, le film fut interdit en Finlande et en Islande.
*Bruno
23.07.24. 4èx. Version anglaise
La critique de Mathias Chaput: http://horrordetox.blogspot.fr/2011/07/les-revoltes-de-lan-2000-de-narciso.html
La critique deThierry Carteret: http://www.arkepix.com/kinok/DVD/SERRADOR_Narcisso/dvd_revoltesan2000.html

















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