lundi 30 décembre 2013

LES EVADES DE LA PLANETE DES SINGES (Escape from the Planet of the Apes)

                                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site sci-fimovieposters.co.uk

de Don Taylor. 1971. U.S.A. 1h38. Avec Roddy McDowall, Kin Hunter, Bradford Dillman, William Windom, John Randolph, Eric Braeden. 

Sortie salles France: Août 1971. U.S: 21 Mai 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Don Taylor est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, né le 13 Décembre 1920 à Freeport, Pennsylvanie (Etats-Unis), décédé le 29 Décembre 1998 à Los Angeles (Californie)
1969: 5 hommes armés. 1971: Les Evadés de la Planète des Singes. 1973: Tom Sawyer. 1977: L'île du Docteur Moreau. 1978: Damien: la malédiction 2. 1980: Nimitz, retour vers l'enfer.


Troisième opus de la saga rĂ©alisĂ© par Don Taylor (habile faiseur de sĂ©ries B responsable de L'Ă®le du Dr Moreau, La MalĂ©diction 2 et Nimitz, retour vers l'enfer), les EvadĂ©s de la Planète des singes reprend le concept du voyage temporel en inversant cette fois-ci le rĂ´le des protagonistes. 
Le docteur Milo, Cornelius et sa compagne Zira rĂ©ussissent Ă  embarquer dans la navette spatiale du capitaine Taylor afin d'Ă©chapper Ă  la destruction de la terre. Suite Ă  une dĂ©faillance, ils se retrouvent projetĂ©s 2000 ans avant leur règne, c'est Ă  dire en 1973. 


SĂ©rie B modestement rĂ©alisĂ©e, de par son budget deux fois moindre que son modèle, les EvadĂ©s de la Planète des singes se focalise aujourd'hui sur la destinĂ©e prĂ©caire du couple Cornelius/Zira, pris Ă  parti avec l'orgueil de notre civilisation moderne. D'abord accueilli avec courtoisie et curiositĂ© par le gouvernement, nos deux chimpanzĂ©s ne vont pas tarder Ă  se confronter Ă  l'hostilitĂ© du Dr Otto Hasslein. En effet, suite aux dĂ©clarations prĂ©monitoires sur leur prochaine ascension et après avoir avouĂ© leurs travaux de dissection autrefois pratiquĂ©s sur les ĂŞtres humains, le gouvernement aura dĂ©cidĂ© de s'en dĂ©barrasser afin de sauvegarder l'Ă©ventuelle extinction de la race humaine. Comme dans le premier volet, nos hĂ©ros vont pouvoir compter sur le soutien humaniste de deux mĂ©decins chargĂ©s de leur trouver une planque afin d'Ă©chapper Ă  leur sentence, et se rapprocher auprès d'un directeur de zoo, tĂ©moin capital pour leur postĂ©ritĂ©. A l'instar de son prĂ©lude (l'escale des chimpanzĂ©s affublĂ©s de combinaisons de cosmonautes !), Don Taylor ne manque pas de distiller certains moments de cocasserie lorsque Cornelius et Zira sont contraints de comparaĂ®tre devant un tribunal en s'exprimant avec l'art du langage. En sous texte social, on peut aussi dĂ©celer un rĂ©quisitoire contre la vivisection lorsque les chimpanzĂ©s sont confrontĂ©s Ă  leur responsabilitĂ© morale d'avoir osĂ© dissĂ©quer des ĂŞtres humains au nom de la science. A travers les allĂ©gations de Cornelius (comment les chats et les chiens ont fini par disparaĂ®tre pour laisser place aux singes !), le rĂ©alisateur ironise Ă©galement sur notre instinct possessif envers la domestication animale dans le but de nous tenir compagnie et de nous divertir. Enfin, il souligne notre rapport masochiste face au divertissement du sport (en l'occurrence, la boxe chorĂ©graphiĂ©e dans toute sa violence !) et notre goĂ»t immodĂ©rĂ© pour l'action du spectacle ! La dernière partie, beaucoup plus sombre et brutale, joue la carte du suspense et ne manque pas de provoquer une Ă©motion poignante quand au sort rĂ©servĂ© Ă  nos deux hĂ©ros. 


Si Les Ă©vadĂ©s de la planète des singes se rĂ©serve de surpasser son modèle, il se tire honorablement de la redite par une pirouette scĂ©naristique retorse en privilĂ©giant avec humilitĂ© la dimension romantique du couple Cornelius/Zira. Un 3è opus attachant et efficacement menĂ©, surpassant aisĂ©ment son antĂ©cĂ©dente sĂ©quelle. 

Bruno Matéï  

vendredi 27 décembre 2013

Fondu au Noir / Fade to black. Prix de la Critique, Avoriaz 1981

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site colonelmortimer.blogspot.com

de Vernon Zimmerman. 1980. U.S.A. 1h40. Avec Dennis Christopher, Tim Thomerson, Linda Kerridge, Mickey Rourke, Eve Brent.

Sortie salles France: 20 Mai 1981. U.S: 14 Octobre 1980.

FILMOGRAPHIE: Vernon Zimmerman est un réalisateur et scénariste américain.
1964: The college (Documentaire). 1972: Deadhead miles. 1972: Unholy rollers. 1980: Fondu au noir
1995: Chuck and Wally on the Road (court-mĂ©trage)


Sorti en salles dans l'indiffĂ©rence mais aurĂ©olĂ© du Prix de la Critique Ă  Avoriaz en 1981, Fondu au Noir s'est notamment attribuĂ© d'une certaine renommĂ©e dans les rayons des vidĂ©os club au point de devenir culte chez une poignĂ©e de cinĂ©philes (Pascal Laugier le considère d'ailleurs comme l'un de ses films de chevet). RĂ©alisateur mĂ©connu uniquement responsable de trois longs-mĂ©trage, Vernon Zimmerman  nous traite ici un cas de schizophrĂ©nie du point de vue d'un cinĂ©phile infaillible.

Le pitch: Passionné de cinéma, Eric vit reclus dans son foyer en compagnie de sa mère bigote. Pour pallier sa solitude, il visionne inlassablement ses films préférés qu'il connaît par coeur. Un jour, dans un bar, il tombe amoureux du sosie de Marilyn Monroe. Le soir même, il lui propose un rencart en ville pour une séance ciné mais la jeune fille étourdie oublie de le rejoindre. Dépité, il rentre chez lui et se replonge illico dans un vieux classique de film noir. Gagné par une rancune incontrôlée depuis que sa mère osa pénétrer dans sa chambre pour y détruire une bobine de pellicule, Eric finit par sombrer dans la folie.


Oeuvre insolite Ă  la lisière du drame, de la romance et de l'horreur, Fondu au Noir se dĂ©cline en hommage au cinĂ©ma de genre par le truchement d'un cinĂ©phile dĂ©rangĂ©. PlongĂ© en apnĂ©e dans son dĂ©sarroi de la solitude, faute d'une mĂ©gère incapable de lui porter regain d'amour maternel, Eric est d'autant plus contraint de supporter les railleries de ses confrères et l'intolĂ©rance d'un patron draconien. Son seul rĂ©confort, il le retrouve donc dans les films qu'il se repasse en boucle du fond de sa chambre. Connaissant par coeur chaque sĂ©quence et rĂ©plique culte, Ă  l'instar de la filmographie des acteurs et rĂ©alisateurs, il s'est taillĂ© depuis une rĂ©putation de cinĂ©phile incollable. Mais sa dĂ©tresse et sa colère d'ĂŞtre systĂ©matiquement dĂ©nigrĂ© aux yeux des autres finissent par le faire sombrer dans une vendetta irrĂ©versible. 
L'originalitĂ© du sujet est ici traitĂ© de manière dĂ©bridĂ©e afin de rendre hommage au 7 art mais surtout pour y dĂ©noncer ses effets pervers sur l'emprise de l'image. Car afin de se permettre une raison d'exister et d'accomplir sa vengeance, notre cinĂ©phile finit par s'inventer une nouvelle identitĂ©, Ă  la manière du dĂ©doublement de personnalitĂ©, pour pĂ©nĂ©trer dans la peau de ses personnages favoris du cinĂ©ma. Travesti en vampire, cow-boy, momie ou gangster, Eric sème la panique et la mort autour de lui sous ses grotesques panoplies. 
Si les rĂ©fĂ©rences et les clins d'oeil aux classiques du cinĂ©ma pullulent dans Fondu au Noir, c'est notamment pour y dĂ©noncer l'influence que peuvent nourrir certaines images chez des esprits fragiles ou dĂ©rangĂ©s jusqu'Ă  ne plus pouvoir distinguer rĂ©alitĂ© et fiction. En l'occurrence, l'intensitĂ© de la violence au cinĂ©ma que notre hĂ©ros se remĂ©more dans sa fascination maladive afin d'extĂ©rioriser sa rage meurtrière.


L'homme aux 1000 visages
Avec une tendresse indĂ©niable pour ce personnage Ă  l’Ă©motivitĂ© vacillante, parfois dĂ©chirante, Vernon Zimmerman transcende le portrait d’un cinĂ©phile Ă©garĂ© dans les mĂ©andres de ses chimères et de sa dĂ©sillusion existentielle. Victime silencieuse, rongĂ©e par la solitude et l’indiffĂ©rence d’une sociĂ©tĂ© avide, il s’accroche Ă  l’icĂ´ne Marilyn — mirage d’un idĂ©al fĂ©minin et passerelle illusoire vers une cĂ©lĂ©britĂ© fantasmĂ©e, reflet d’un acteur que le monde a dĂ©jĂ  oubliĂ©.
Sous la fragile Ă©lĂ©gie du thème musical, portĂ© par le jeu Ă  vif de Dennis Christopher, Fondu au noir s’impose comme une Ĺ“uvre inclassable, dĂ©rangeante, d’une beautĂ© trouble, hantĂ©e par un sentiment d’amertume irrĂ©vocable.
Film magnifique, profondĂ©ment singulier, Fondu au noir laisse une trace indĂ©lĂ©bile : un vertige Ă©motionnel capiteux, frĂ©nĂ©tique et dĂ©sabusĂ© — une dĂ©claration d’amour tragique au cinĂ©ma, et Ă  ceux qu’il abandonne sur le bord du rĂŞve.

*
Eric Binford
27.12.13. 
29.07.24. 6èx. VF

Récompense: Prix de la Critique à Avoriaz, 1981


jeudi 26 décembre 2013

Le Bal des Vampires / The Fearless Vampire Killers or pardon me, but your teeth are in my neck

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site moviepostershop.com

de Roman Polanski. 1967. U.S.A/Angleterre. 1h48. Avec Jack MacGowran, Roman Polanski, Sharon Tate, Alfie Bass, Jessie Robins, Ferdy Mayne, Iain Quarrier.

Sortie salles France: 1er Avril 1968. U.S: 13 Novembre 1967. Angleterre: Février 1967

FILMOGRAPHIE: Roman Polanski est un réalisateur, producteur, comédien, metteur en scène de théâtre et d'opéra et scénariste franco-polonais américain. Il est né le 18 Août 1933 à Paris.
1962: Le Couteau dans l'eau. 1965: Répulsion. 1966: Cul de sac. 1967: Le Bal des Vampires. 1968: Rosemary's Baby. 1971: Macbeth. 1972: Week-end of a champion. 1972: Quoi ? 1974: Chinatown. 1976: Le Locataire. 1979: Tess. 1986: Pirates. 1988: Frantic. 1992: Lunes de fiel. 1994: La Jeune fille et la mort. 1999: La 9è porte. 2002: Le Pianiste. 2005: Oliver Twist. 2010: The Ghost Writer. 2011: Carnage. 2013: La Vénus à la fourrure.

 
"Le Bal des Ombres Rieuses".
Chef-d'Ĺ“uvre parodique, Le Bal des Vampires conserve intact son pouvoir ensorcelant grâce Ă  l’esthĂ©tisme gothique hĂ©ritĂ© de la Hammer et Ă  l’excentricitĂ© de personnages baignĂ©s dans la maladresse ou la mesquinerie. En confrontant l’horreur Ă  la comĂ©die, Roman Polanski orchestre une satire dĂ©licieusement ludique, tout en respectant les codes sacrĂ©s du puriste cinĂ©phile. Ă€ travers ses paysages enneigĂ©s aux teintes immaculĂ©es, ses architectures dĂ©caties et sa forteresse en clair-obscur, Le Bal des Vampires devient une invitation au dĂ©paysement — un voyage au bout de la nuit sous l’allĂ©geance du comte Krolock. LĂ  mĂŞme oĂą s’organise un bal annuel, danse macabre Ă  laquelle une assemblĂ©e de morts-vivants s’extirpe lentement de ses cercueils, rĂ©pondant Ă  l’invitation comme Ă  un rite ancestral.

Sur un scĂ©nario Ă©culĂ© — un professeur et son assistant tentent de sauver une jeune femme des griffes d’un vampire — Polanski Ă©chappe Ă  la redite grâce Ă  la verve insolente d’une succession de gags, dont les situations dĂ©bordent d’audace : drague homosexuelle improvisĂ©e, stratĂ©gies coquines d’un aubergiste incapable de rĂ©primer ses pulsions, et cet Ă©pilogue sardonique annonçant froidement la propagation du Mal Ă  travers le monde.

C’est surtout dans les mĂ©saventures de ses deux hĂ©ros que le film dĂ©clenche une sympathie irrĂ©sistible. Abronsius, congelĂ© par deux fois, se retrouve coincĂ© dans l’embrasure d’une fenĂŞtre menant Ă  la crypte, tandis qu’Alfred, Ă©ternel Ă©tourdi, peine Ă  affronter Krolock et son fils Herbert. L’aventure gagne en dĂ©mesure Ă  travers la galerie des seconds rĂ´les hauts en couleur : l’aubergiste juif, tiraillĂ© entre une midinette nocturne et sa femme bedonnante ; Herbert, vampire effĂ©minĂ© improvisant une lecture poĂ©tique pour sĂ©duire Alfred ; ou l’attardĂ© Koukol, bossu au rictus large, fidèle larbin du maĂ®tre. En comte Krolock, Ferdy Mayne se rĂ©gale Ă  parodier Christopher Lee avec une Ă©lĂ©gance amusĂ©e.

Et puis il y a cette bonhomie des deux chasseurs de vampires, malhabiles mais profondĂ©ment unis dans une complicitĂ© presque filiale, et le charme Ă©trangement sensuel de Sarah — Sharon Tate y dĂ©gage un magnĂ©tisme troublant. Le Bal des Vampires embrasse une forme d’hĂ©roĂŻsme cocasse, presque absurde, pour enrayer la menace vampirique.

"Le Château aux Rires Maudits".
Merveille esthĂ©tique de tous les instants, rappelant les plus beaux fleurons de la Hammer, Le Bal des Vampires insuffle aussi une charge Ă©rotique, discrète mais tenace, en la personne lumineuse de Sharon Tate. En parodiant le mythe du vampire avec tendresse et irrĂ©vĂ©rence, Polanski rend hommage au genre avec drĂ´lerie, mais aussi avec une infinie douceur pour ses personnages — comme ce moment suspendu oĂą Alfred, transi, ose enfin dĂ©clarer sa flamme Ă  Sarah, au cĹ“ur du bal costumĂ©. Un classique inoxydable Ă  la fraĂ®cheur exaltante.


*Bruno

26.12.13. 4èx

mercredi 25 décembre 2013

FRUITVALE STATION. Grand Prix du Jury, Sundance, 2013

                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site notrecinema.com

de Ryan Coogler. 2013. U.S.A. 1h29. Avec Michael B. Jordan, Melonie Diaz, Octavia Spencer, Kevin Durand, Chad Michael Murray.

Sortie salles France: 1er Janvier 2014

RĂ©compenses: Grand Prix du JuryPrix du Public, Sundance 2013
Prix de la révélation Cartier pour Ryan Coogler, Prix du Public à Deauville
Prix de l'avenir, un certain regard, Cannes 2013
National Board of Review Awards 2013: Meilleure Actrice pour Octavia Spencer
Meilleure révélation masculine pour Michael B. Jordan
Meilleur premier film pour Ryan Coogler
New-York Film Critics Circle Awards 2013: Meilleur premier film pour Ryan Coogler.
Africain-American Film Critics Association Awards 2013: Meilleur film indépendant.

FILMOGRAPHIE: Ryan Coogler est un réalisateur et scénariste américain, né le 23 Mai 1986 à Oakland, Californie.
2013: Fruitvale Station. Prochainement: Creed


Auréolé du Grand prix du Jury à Sundance 2013, Fruitvale Station est la reconstitution d'un fait-divers tragique survenu le 1er Janvier 2009 dans la station de métro Fruitvale à San Francisco. Auparavant, le film relate avec souci de vérité proche du documentaire la journée d'Oscar qui a précédé son arrestation musclée. Jeune black de 22 ans, ancien taulard condamné pour deal de came, Oscar est aujourd'hui père d'une petite fille et partage sa vie avec Sophina dans l'espoir d'une réinsertion sociale. Confronté au chômage, il tente de récupérer son job de vendeur dans un supermarché contre la réticence de son ancien patron. Livré à sa solitude et son désarroi (à l'instar de son appel à l'aide pour porter secours à un chien renversé par une voiture en fuite !), il décide de revendre un peu de came aux junkies du coin avant de se raviser.


Avec rĂ©alisme intimiste, Ryan Coogler tient Ă  mettre en exergue l'errance quotidienne d'un ancien dĂ©linquant tributaire de ses pulsions irascibles mais nĂ©anmoins rattachĂ© Ă  sa valeur paternelle et Ă  l'amour conjugal. Son rĂ©confort et son soutien, il les retrouvent notamment auprès de ses grands-parents et d'une maman autoritaire. Durant une heure, le rĂ©alisateur insiste Ă  dĂ©crire avec pudeur ces liens familiaux qui unifient Oscar afin d'afficher son caractère humaniste et l'environnement Ă©quilibrĂ© auquel il appartient. Avec l'impact saisissant d'une authentique vidĂ©o d'archive prĂ©alablement apposĂ©e en prologue, on imagine le drame inĂ©luctable qui se dessine lentement autour du personnage lorsqu'il dĂ©cide d'emprunter le mĂ©tro avec Sophina et quelques amies pour cĂ©lĂ©brer un feu d'artifice. Durant son dĂ©placement urbain, une certaine tension sous jacente nous accapare au fil des bavardages amicaux entretenus avec ces amis et des inconnus du compartiment. Jusqu'Ă  la confrontation inopinĂ©ment brutale qui basculera le destin d'Oscar dans la tragĂ©die accidentelle. Cette dernière demi-heure, d'une grande puissance Ă©motionnelle, nous confine dans un malaise au bord de l'asphyxie. Le rĂ©alisme acerbe qui dĂ©coule de l'altercation avec les dĂ©linquants Ă©mĂ©chĂ©s et de l'opposition policière qui s'ensuit nous saisit Ă  la gorge jusqu'au drame impardonnable. Sans pathos ni apitoiement, le rĂ©alisateur rend hommage Ă  la victime avec une pudeur humaniste bouleversante tout en dĂ©nonçant froidement l'autoritĂ© zĂ©lĂ©e de flics avides d'oppression !


A la modestie humaine prĂ©servĂ©e dans sa première heure se succède une violence aussi soudaine 
qu'incontrĂ´lĂ©e pour retransmettre sans rĂ©pit la banalitĂ© du fait-divers dramatique. A partir de cet incident majeur oĂą la haine raciale n'est pas pointĂ©e du doigt, Fruitvale Station dĂ©livre le portrait dĂ©chirant d'un ancien dĂ©linquant qui ne demandait qu'Ă  cristalliser ses nouveaux espoirs. Son tĂ©moignage se porte notamment en Ă©tendard pour la communautĂ© noire rĂ©gulièrement stigmatisĂ©e par le motif quelconque d'une police intransigeante. Un Ă©lectro-choc dont il est difficile d'en sortir indemne. 

25.12.13
Bruno Matéï

mardi 24 décembre 2013

La Marque du Diable / Mark of the Devil / Hexen bis aufs blut gequält

                                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmundo.de

de Michael Armstrong et Adrien Hoven. 1970. Angleterre/Allemagne. 1h37. Avec Udo Kier, Herbert Lom, Olivera Vuco, Reggie Nalder, Herbert Fux, Michael Maien, Gaby Fuchs, Ingeborg Schöner, Adrian Hoven.

FILMOGRAPHIE: Michael Armstrong est un réalisateur et scénariste anglais, né le 24 Juillet 1944 à Bolton, Lancashire, Angleterre.
1969: The Haunted house of horror. 1970: La Marque du Diable. 1986: Screamtime

Avertissement: Il s'agit de la version intĂ©grale inĂ©dite en France mais disponible aujourd'hui grâce Ă  l'enseigne The Ecstasy of Films ! (la Vhs d'Ă©poque de RenĂ© Chateau Ă©tant cut !)


"Ă€ vomir et Ă  pleurer : La Marque du Diable".
Deux ans après le chef-d’Ĺ“uvre inĂ©galĂ© Le Grand Inquisiteur de Michael Reeves, une production germano-britannique s’approprie Ă  nouveau ce concept historique, avec une volontĂ© fĂ©roce de surenchĂ©rir dans l’horreur sanglante. Pour preuve ultime : un sac Ă  vomi Ă©tait distribuĂ© Ă  chaque spectateur, Ă  l’entrĂ©e, pour flatter son instinct voyeur. 

Pitch: Dans une bourgade autrichienne, sous le joug de l’Inquisition, l’Ă©vĂŞque Albino fait rĂ©gner la terreur, perpĂ©tuant sa chasse aux sorcières avec une soif de sadisme inextinguible. Mais l’arrivĂ©e du juge Cumberland et de son jeune apprenti, Christian, vient troubler la quiĂ©tude de ses exactions. TĂ©moignant, mĂ©dusĂ©, de ces rituels barbares, le candide Christian finit par s’Ă©prendre d’une villageoise.

SĂ©rie B d’horreur dĂ©viante, avant-coureuse du Torture Porn, La Marque du Diable s’Ă©rige en Ă©tendard d’un genre en pleine mue dans cette dĂ©cennie charnière. Michael Armstrong y livre une orgie putassière presque inĂ©dite pour l’Ă©poque. Une plongĂ©e jusqu’au-boutiste dans l’enfer des tortures ancestrales, oĂą des instruments rubigineux rivalisent d’ingĂ©niositĂ© pour briser l’hĂ©rĂ©tique. Sans rĂ©pit, Armstrong (Ă©paulĂ© de Adrian Hoven) Ă©tale, Ă  intervalles rĂ©guliers, toute une panoplie de sĂ©vices corporels, au nom hypocrite du clergĂ©. Avec une volontĂ© historique de dĂ©noncer le fanatisme religieux et la corruption des notables (le juge lui-mĂŞme cède Ă  ses pulsions meurtrières et lubriques), il offre un constat fĂ©roce d’une sociĂ©tĂ© gangrenĂ©e par la superstition. MĂŞme les villageois, ivres de vengeance, n’hĂ©sitent pas Ă  sacrifier un innocent pour abattre les sbires du dogme.


Si La Marque du Diable souffre parfois d’une mise en scène triviale — ces zooms insistants sur des trognes vicieuses, ce montage heurtĂ© —, il prĂ©serve une densitĂ© dramatique, tant pour les faits exposĂ©s que pour la romance contrariĂ©e de Christian et Vanessa. Le rĂ©alisme sordide, presque malsain, des supplices atteint une intensitĂ© Ă©motionnelle rare : l’arrachage de langue, Ă  lui seul, retourne les entrailles et prĂ©cipite le spectateur dans un gouffre de cruautĂ© pure.

CĂ´tĂ© interprĂ©tation, le film s’en tire avec panache : l’apparence burinĂ©e de l’immense Reggie Nalder, baron pervers pĂ©tri de bestialitĂ©, hante la rĂ©tine, tout comme le juge endossĂ© par Herbert Lom, massif et tĂ©nĂ©breux, qui laisse suinter la pourriture de son âme. Udo Kier, en apprenti placide, peut agacer, mais son physique d’ange damnĂ© irradie un magnĂ©tisme troublant et arrache l’empathie, surtout dans sa romance blessĂ©e avec Vanessa — pulpeuse, frĂ©missante de rĂ©volte et d’injustice.


"Orgie inquisitoriale : le supplice selon Armstrong".
Sommet d’horreur craspec, faux tĂ©moignage mais vraie dissection de la barbarie inquisitoriale, La Marque du Diable conserve intacte sa morsure graphique et nous entraĂ®ne dans une chute vertigineuse, portĂ©e par la caresse d’une mĂ©lodie lascive. Ruggero Deodato reprendra d'ailleurs cette note Ă©lĂ©giaque pour distiller le malaise maladif de Cannibal Holocaust.

Dédicace à Christophe Cosyns
24.12.13. 3èx
Bruno Matéï 

lundi 23 décembre 2013

Le Secret de la Planète des Singes / Beneath the Planet of the Apes

                                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site notrecinema.com

de Ted Post. 1970. U.S.A. 1h35. Avec James Franciscus, Kim Hunter, Maurice Evans, Linda Harrison, Paul Richards, Victor Buono, James Gregory.

Sortie salle France: Juin 1970. U.S: 26 Mai 1970

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Ted Post est un réalisateur, scénariste et acteur américain, né le 31 Mars 1918 à Brooklyn, New-York, décédé le 20 Août 2013 à Santa Monica.
1956: The Peacemaker. 1959: The Legend of Tom Dooley. 1968: Pendez les haut et court. 1970: Le Secret de la planète des singes. 1973: The Harrad Experiment. 1973: Magnum force. 1975: Whiffs. 1978: Le Merdier. 1978: Le Commado des Tigres noirs. 1980: Nightkill. 1992: The Human Shield. 1999: 4 Faces. 2000: Old Pals.


Deuxième opus d'une franchise Ă  succès (il totalise rien qu'en France 1 163 547 entrĂ©es), le Secret de la Planète des Singes dĂ©nonce Ă  nouveau avec une certaine originalitĂ© inattendue la folie de l'arme atomique derrière la thĂ©matique du fanatisme religieux. En jouant la carte du simple divertissement soigneusement illustrĂ©, cette dĂ©clinaison a Ă©galement le mĂ©rite de ne jamais ennuyer de par sa rĂ©alisation efficace, son atmosphère baroque particulièrement Ă©trange et immersive et la prestance virile d'un nouveau venu rĂ©solument convaincant: James Franciscus. µ

Le PitchAprès avoir débarqué sur terre en l'an 3955, l'astronaute John Brent découvre la cité des hommes-singes par l'entremise de Nova, compagne mutique du capitaine Taylor aujourd'hui porté disparu. Rapidement embrigadés par les gorilles, ils réussissent à s'échapper grâce à la complicité des deux chimpanzés, Zira et Cornelius. Réfugiés vers la zone interdite, ils parviennent à découvrir une étrange confrérie religieuse vouée à l'adoration de l'ère atomique.


A travers cet Ă©trange postulat, Ted Post tente de jouer la carte de l'originalitĂ© avec l'iconisation d'une menace encore plus dĂ©lĂ©tère que celle des hommes-singes, une communautĂ© de prĂŞtres tĂ©lĂ©pathes adeptes de l'arme nuclĂ©aire. De par son thème religieux imparti au sectarisme, c'est une nouvelle guerre aux enjeux destructeurs que nous impose ce second opus efficacement contĂ©, si bien que les singes, davantage influencĂ©s par l'Ă©thique belliqueuse des gorilles, ont dĂ©cidĂ© d'investir les fouilles de la zone interdite afin d'imposer leur mainmise. Au prĂ©alable, Ă  travers quelques souvenirs laissĂ©s sur notre ancienne civilisation, l'astronaute Brent dĂ©couvre la vĂ©ritĂ© sur l'extinction de la Terre et doit endurer une sĂ©rie d'Ă©preuves psychologiques que des religieux vont lui soumettre afin de connaĂ®tre la stratĂ©gie militaire des singes. On s'Ă©tonne d'ailleurs de leur apparence vestimentaire et de leur pouvoir psychique capable d'y tyranniser l'ennemi par la pensĂ©e (Ă  l'Ă©coute d'un son inaudible, la victime est Ă©prise d'une folie meurtrière incontrĂ´lĂ©e pour tuer son adversaire !). En prime, ils n'ont pas besoin de gesticuler la moindre syllabe pour se faire entendre puisque nous sommes capables de discerner leur parole Ă  travers l'acuitĂ© d'un son. Enfin, Ted Post tente de nous surprendre Ă  travers leur vĂ©ritable apparence corporelle allouĂ©e Ă  la mutation et relance en dernier acte un affrontement entre clans Ă  la fois spectaculaire et incroyablement couillu parmi l'entremise inopinĂ©e du capitaine Taylor !


Etonnamment soignĂ© et inspirĂ© de la part d'une suite, interprĂ©tĂ© avec conviction par un James Franciscus aussi impliquĂ©, et entrecoupĂ© de scènes d'actions nerveuses, le Secret de la Planète des singes demeure un excellent divertissement Ă  la fois ludique, inquiĂ©tant et sans concession. A l'instar de son hallucinant final encore plus nihiliste que son prĂ©dĂ©cesseur si bien que l'on en reste bouche bĂ©e au moment du gĂ©nĂ©rique (lestement) mutique. Une sĂ©quelle encore plus attachante aujourd'hui exploitant notamment un esthĂ©tisme mystique absolument dĂ©lirant (la bombe atomique est Ă  l'effigie du Christ ! ) autour de dĂ©cors dĂ©vastĂ©s fortement dĂ©paysants. 

18.11.24. 4èx. Vostfr
23.12.13. 

vendredi 20 décembre 2013

LES AMANTS DU TEXAS (Ain't Them Bodies Saints)

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site insidemovies.ew.com

de David Lowery. 2013. U.S.A. 1h40. Avec Casey Affleck, Rooney Mara, Ben Foster, Rami Malek, Keith Carradine, Nate Parker.

Sortie salles France: 18 Septembre 2013. U.S: 16 Août 2013

FILMOGRAPHIE: David Lowery est un réalisateur américain.
2005: Deadroom. 2009: St Nick. 2013: Les Amants du Texas



Sélectionné à Sundance et couronné du prix de la meilleure photographie, Les Amants du Texas est tout à fait représentatif du métrage indépendant privilégiant les ambiances latentes au sein d'un drame intime tout en élégie. A la suite d'un braquage, Bob et Ruth sont contraint de se retrancher dans leur ferme prise d'assaut par la police. L'homme se rend devant la police et se dénonce afin d'épargner sa dulcinée. Incarcéré en prison, il réussit à s'échapper quatre ans plus tard après plusieurs tentatives. Sa seule aspiration est de retrouver sa femme et l'enfant qu'il n'a jamais pu connaître. Mais la police à l'affût veille sur son inévitable retour dans une contrée mutique du Texas.


Western contemplatif et drame romantique se tĂ©lescopent pour dĂ©peindre une idylle passionnelle conçue sur l'attente des retrouvailles. Avec son ambiance feutrĂ©e et l'expression aigre de ces personnages, Les Amants du Texas demande un certain effort d'adaptation au spectateur afin d'assumer un rythme languissant oĂą les regards lamentĂ©s insufflent un climat de douceur diffus. D'une manière intimiste, David Lowery dĂ©peint la remise en question d'une femme rĂ©duite Ă  la solitude, partagĂ©e entre le remord d'un passĂ© marginal et son expectative du retour de son amant. Car depuis quatre annĂ©es d'espĂ©rance, Ruth se retrouve aujourd'hui dĂ©munie, Ă©puisĂ©e Ă  l'idĂ©e de renouer contact avec un malfaiteur en fuite. Pendant son Ă©ducation maternelle auprès de sa fille, un shĂ©rif fouineur mais attentionnĂ© se rapproche de son dĂ©sarroi avec une empathie toujours plus affectueuse. De son cĂ´tĂ©, si Bob rĂ©ussit Ă  se planquer chez un comparse, un gang de malfrats lancĂ©s Ă  ses trousses s'empressent de lui faire la peau. Dans une mise en scène circonspecte privilĂ©giant la psychologie meurtrie du couple en dĂ©clin, David Lowery accorde beaucoup d'importance Ă  ausculter leur Ă©tat d'âme avec une sensibilitĂ© prude. A l'instar de sa nature crĂ©pusculaire oĂą les visages marquĂ©s par la tristesse sont discrètement Ă©clairĂ©s par quelques rayons de soleil. TraversĂ© de quelques Ă©clairs de violence fulgurantes, Les Amants du Texas met notamment en Ă©vidence l'anxiĂ©tĂ© du danger et celle de la mort, la prescience redoutĂ©e d'un destin fatalement tragique.


Les amants du regret 
Superbement interprĂ©tĂ© par des comĂ©diens au charisme austère valorisant avec humanisme l'amertume du regret et l'espoir du bonheur conjugal, Les Amants du Texas est inscrit dans la pudeur d'une romance impossible. Un western poĂ©tique dĂ©diĂ© Ă  la mise en scène atmosphĂ©rique car rehaussĂ© d'un climat envoĂ»tant et d'une partition monocorde poignante. Au public de juger et de se laisser happer par sa grâce docile ou, Ă  contrario, de s'en dĂ©tacher, faute d'un rythme monotone qui ne pourra plaire Ă  tous.  

RĂ©compensePrix de la meilleure photographie au Festival de Sundance, 2013

* Bruno

FLOP 15, 2013



1) 

2)


3)

Dans le dĂ©sordre: 














BONUS ! 



jeudi 19 décembre 2013

The Body / El Cuerpo. Prix du Jury au Festival de Paris, 2012

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dreadcentral.com

de Oriol Paulo. 2012. Espagne. 1h48. Avec Aura Garrido, Belén Rueda, Hugo Silva, José Coronado, Miquel Gelabert.

Sortie salles France: Prochainement. Espagne: 21 Décembre 2012

FILMOGRAPHIE: Oriol Paulo est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol, nĂ© en 1975 Ă  Barcelone, Catalogne, Espagne. 2006: Ecos (tĂ©lĂ©-film). 2012: The Body.


Ne révélez pas la fin du film: nous n'en n'avons pas d'autres !
Par le scénariste de l'excellent giallo Les yeux de Julia, The Body est le premier long-métrage de l'espagnol Oriol Paulo. Un thriller hitchcockien à la mécanique de suspense si infaillible qu'on en sort groggy après avoir été ébranlé par son ultime coup de théâtre !

Le Pitch: Après avoir été victime d'un infarctus, une femme déclarée morte disparaît mystérieusement de la morgue. Rapidement, le mari est suspecté puisque dans sa poche est retrouvé un flacon toxique, le TH-16. Cette cardiotoxine extraite des fluides de certains reptiles provoque un arrêt cardiaque 8 heures après ingestion sans laisser de traces ! L'enquête commence !


Thriller vertigineux au scĂ©nario retors bourrĂ© d'indices, rebondissements et fausses pistes, The Body est un jeu de manipulation auquel le spectateur plonge tĂŞte baissĂ©e dans les eaux troubles du faux semblant. Avec le jeu dĂ©lĂ©tère de protagonistes toujours plus mesquins pour tromper l'adversaire, cette investigation de longue haleine vĂ©hicule un suspense exponentiel en jouant avec les nerfs du spectateur sur l'Ă©ventuelle apparition d'un cadavre rĂ©calcitrant. Farce macabre concoctĂ©e par une experte en blagues goguenardes, The Body est un film piège oĂą chacun des protagonistes extĂ©riorise leur personnalitĂ© avec l'appui de persuasion et du subterfuge. OĂą est la part de vĂ©ritĂ© dans ce qu'Ă©nonce le potentiel coupable et surtout oĂą se planque le cadavre de Mayka Villaverde et de quelle aide externe aurait-elle pu bĂ©nĂ©ficier ? Ainsi, Ă  travers divers flash-back explicatifs, Oriol Paulo nous remĂ©more Ă©galement la liaison conjugale qu'entretenait le mari avec une Ă©pouse adepte de blagues sardoniques afin de mieux l'asservir. On nous dĂ©voile ensuite sa liaison d'adultère qu'il entretenait avec une jeune Ă©tudiante jusqu'au fameux crime envisagĂ© pour se dĂ©barrasser de sa femme. La suite n'est qu'une succession de vicissitudes, un jeu de provocation que le mari endurera avec la perspicacitĂ© d'un cadavre maĂ®tre chanteur. Toute l'intrigue adroitement distillĂ©e est d'autant mieux charpentĂ©e que les comĂ©diens charismatiques s'avèrent sobrement persuasifs dans leur carrure austère. 


Le crime était parfait
Mis en scène avec rigueur Ă  travers son sens hitchcockien au service d'un scĂ©nario en trompe-l'oeil et fort du jeu hermĂ©tique des comĂ©diens, The Body est un thriller palpitant Ă  l'esprit manipulateur infaillible car ne cessant de jouer au simulacre avec une pernicieuse intelligence ! 

19.12.13
Bruno 

Récompense: Paris International Fantastic Film Festival 2012 : Prix du jury.