jeudi 6 août 2026

Cyberpunk: edgerunners créé par Rafal Jaki. 2022. Japon/Pologne. 10 épisodes de 25'.

(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
"Cyberpunk: Edgerunners : L'âme et le cœur de Night City."

Découverte ces derniers jours de Cyberpunk: Edgerunners, série d'animation japonaise en dix épisodes produite par Netflix en 2022 en collaboration avec la Pologne, que mon neveu m'avait chaleureusement conseillée. Je viens d'en achever le dernier épisode aujourd'hui à 13h et je me suis pris une véritable claque émotionnelle, comme peu de séries sont parvenues à me le faire.

 
J'avoue que je suis loin d'être un familier du manga. Mon regard est et restera avant tout celui d'un cinéphile aguerri, spécialiste des univers irréels. Or, cette œuvre indépendante est parvenue à attiser ma curiosité et à me captiver dès les premières minutes en m'entraînant dans un univers dystopique absolument fascinant, où le jeune David Martinez voit son existence basculer après un drame personnel qui le conduit à rejoindre une bande de mercenaires évoluant dans la mégalopole de Night City.

Résumer l'intrigue irracontable serait finalement assez réducteur. Ce qui fait la grandeur de Cyberpunk: Edgerunners, ce n'est pas tant son scénario (parfois décrié pour son côté conventionnel) que l'incroyable attachement que l'on éprouve envers ses personnages. David, Lucy, Maine, Dorio, Kiwi, Pilar, Rebecca ou encore Falco (pour les derniers épisodes) composent une galerie de marginaux profondément humains, tentant de survivre dans un monde où règne la loi du plus fort. Tous possèdent une véritable épaisseur et l'on s'attache rapidement à leur destinée, malgré leurs imperfections et leurs choix souvent discutables. Et c'est justement ce qui fait le sel de cette série politiquement hétérodoxe. Comme le souligne notamment les méchants traitres (symbolisés par les corporations Arasaka et Militech), lâches, cruels et sans vergogne.

 
La relation qui se noue entre David et Lucy constitue d'ailleurs le pilier émotionnel de la série. À mesure que David multiplie les implants cybernétiques, au risque de sombrer dans la cyberpsychose, leur histoire gagne en intensité et en mélancolie jusqu'à devenir profondément bouleversante.
 
Visuellement, la série est une véritable splendeur à chaque plan. Night City explose de couleurs saturées, de néons flamboyants et d'architectures futuristes qui évoquent aussi bien Blade Runner, Strange Days, Tetsuo ou encore Matrix, et j'en passe. Or, loin de n'être qu'un assemblage d'influences prestigieuses, Cyberpunk: Edgerunners affirme une identité visuelle qui lui est propre. Chaque épisode regorge d'idées de mise en scène, tandis que la seconde moitié de la série déploie des scènes d'action d'un souffle homérique qui laissent pantois.
 

La musique joue également un rôle essentiel. Tantôt énergique, tantôt d'une infinie mélancolie (comme l'iconise chaque générique de fin), elle accompagne les moments les plus dramatiques avec une délicatesse dépouillée, sans sombrer dans le pathos (on reste dans un univers machiste hardcore). La violence, n'est pas gratuite (au grand dam de dommages collatéraux générés par certains membres de l'équipe de mercs): elle participe au contraire à la cruauté de cet univers où chaque action et prises de décision convergent vers une issue incertaine. 
 
Mais la plus grande réussite de la série réside sans doute dans son refus de céder aux codes de la bienséance. Sans rien dévoiler de son dénouement, Cyberpunk: Edgerunners ose emprunter une voie aussi courageuse que profondément émouvante. Si bien que le final fait très mal. Et lorsque le générique de fin apparaît, il ne reste qu'un immense sentiment de vide, comme si l'on venait de quitter des êtres en berne devenus incroyablement proches.
 

Je ne m'attendais pas du tout à vivre une telle expérience singulière devant une série d'animation aussi alchimique dans la manipulation de nos sentiments des créateurs de la série. Cyberpunk: Edgerunners m'a aussi rappelé que, quel que soit le médium employé, seules comptent la force d'une histoire (même si le schéma reste classique), la richesse de ses personnages (rêvant d'un monde meilleur, notamment parmi l'expérience virtuelle de la DS) et surtout les émotions qu'elle est capable de susciter. Et de ce point de vue, Cyberpunk est une réussite extraordinaire qui est parvenue à m'achever par son intensité dramatique inconsolable.
 
— Celui du cœur noir des images 🖤 

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