(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Le Retour de Martin Guerre : une histoire d'amour sincère placée sous le signe du doute.
Il n'est jamais trop tard pour découvrir un grand film. J'ai donc découvert hier soir Le Retour de Martin Guerre, réalisé par Daniel Vigne en 1982, sur les recommandations de mon ami Jean-Marc Micciche. Une très belle découverte que ce remarquable drame historique inspiré de la véritable affaire Martin Guerre, survenue au XVIᵉ siècle.
Après neuf années d'absence, Martin Guerre réapparaît dans son village natal. Mais est-il réellement celui qu'il prétend être, ou un imposteur ayant usurpé son identité ? C'est là toute la force du film : Daniel Vigne entretient un suspense latent et de plus en plus tendu, notamment lors des séquences du passionnant procès, au point que le doute finit par gagner le spectateur lui-même avant le couperet final.
Il n'est jamais trop tard pour découvrir un grand film. J'ai donc découvert hier soir Le Retour de Martin Guerre, réalisé par Daniel Vigne en 1982, sur les recommandations de mon ami Jean-Marc Micciche. Une très belle découverte que ce remarquable drame historique inspiré de la véritable affaire Martin Guerre, survenue au XVIᵉ siècle.
Après neuf années d'absence, Martin Guerre réapparaît dans son village natal. Mais est-il réellement celui qu'il prétend être, ou un imposteur ayant usurpé son identité ? C'est là toute la force du film : Daniel Vigne entretient un suspense latent et de plus en plus tendu, notamment lors des séquences du passionnant procès, au point que le doute finit par gagner le spectateur lui-même avant le couperet final.
Il faut d'abord saluer l'incroyable reconstitution du XVIᵉ siècle, réalisée avec des moyens pourtant extrêmement minimalistes. Costumes, chaumières, paysages boueux, gestes du quotidien, paysans hyper charismatiques affublés de tâche de terre sur tous les vêtements : tout est réuni pour nous faire effectuer un véritable bond dans le temps. Le réalisme est si documenté, sans une once de fioriture, que l'on a véritablement le sentiment de pénétrer dans ce monde rural.
Mais le film, soigneusement raconté, doit également énormément à son formidable duo d'acteurs d'une jeunesse éternelle de par la magie du cinéma. Gérard Depardieu est magistral, jouant avec une justesse imparable sur l'ambiguïté de son identité et une force de persuasion qui nous laisse constamment dans le doute. Il magnétise l'écran sans l'ombre d'une prétention en dépit de sa spontanéité verbale tant affirmée. Plus belle que jamais dans sa douceur de miel qu'elle suggère dans le non-dit, Nathalie Baye lui tient admirablement tête dans le rôle de Bertrande, femme taiseuse à la fois candide, sensible et d'une grande beauté naturelle à faire fondre les coeurs, dont la tendresse envers celui qu'elle croit être son époux rend la situation encore plus troublante.
À eux deux, ils forment un couple vibrant mais ambigu, dont la relation évolue progressivement vers une véritable histoire d'amour, que l'on ne voit pas vraiment venir. Et c'est là que Le Retour de Martin Guerre dépasse le standard du drame historique pour devenir une réflexion passionnante sur l'amour, les liens du mariage, l'abandon et les choix qui peuvent bouleverser une existence bâti sur le simulacre.
Car derrière cette incroyable histoire d'imposture se dessine une interrogation qui nous parle à tous et à toutes : peut-on réellement retrouver une vie conjugale après neuf années d'absence ? Les sentiments peuvent-ils survivre au temps par rapport à la négligence et au détachement ? Et surtout, que se passe-t-il lorsque l'on comprend enfin notre échec alors qu'il est déjà trop tard pour revenir en arrière ?
C'est cette notion d'irréversibilité, renforcée par la justice implacable de l'époque et la question (oh combien actuelle !) de la peine de mort, qui confère au film toute sa dimension tragique.
Le Retour de Martin Guerre demeure donc un fabuleux récit romanesque, torturé, passionnel, sciemment confus dans les échanges verbaux et frappé d'amertume, porté par un duo Gérard Depardieu-Nathalie Baye magistral. Une œuvre forte, dense, ambiguë et surtout profondément humaine, que Daniel Vigne imprime sur pellicule avec souci du détail historique dans sa reconstitution plus vraie que nature du 16è siècle au fin fond de la France rurale.
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