Dans le désordre:
Bonus (car n'ayant pas eu l'opportunité de le visionner cette année)
FLOP 2014:
Flop 1:
Flop 2:
Flop 3:
Dans le désordre...
Première incursion dans le genre horrifique pour John Schlesinger, inoubliable réalisateur de Macadam Cowboy et Marathon Man, Les Envoûtés relate la difficile investigation d’un éminent psychiatre venu prêter main-forte à la police après la découverte de sacrifices d’enfants. Selon diverses pistes, les fidèles de la Santeria seraient à l’origine de cette macabre mise en scène.
Pour rappel, cette croyance philosophico-religieuse venue des Caraïbes, héritée en partie de la religion yoruba, s’est principalement développée à Cuba, en Colombie et au Venezuela. Syncrétisme troublant entre catholicisme et rites africains, elle évoque par bien des aspects le vaudou antillais, dans cet alliage opaque de magie, de sorcellerie et de liturgie chrétienne.
Mais l’histoire qui nous intéresse ici s’ancre d’abord dans un deuil. Celui, impossible, d’un père et de son fils, témoins d’un accident domestique foudroyant. Le prologue, d’une brutalité saisissante, impose d’emblée une dramaturgie horrifiée : une mère électrocutée sous les yeux de ses proches, image-cicatrice qui ne cessera de hanter le récit. Exilés à New York, Cal et Chris tentent de survivre à cette perte, jusqu’au moment où ils deviennent les témoins d’un sacrifice d’enfant.
Dès lors, le film s’insinue. Incessamment inquiétant, nourri par un climat surnaturel où le vaudou imprègne chaque recoin de l’image, Les Envoûtés orchestre une lente descente aux enfers. Sans jamais céder à l’esbroufe, John Schlesinger privilégie le mystère, l’opacité, et surtout l’humain : une cellule familiale fragilisée, fissurée, confrontée à une série d’événements aussi macabres qu’inexplicables.
En abordant les thèmes du sacrifice d’enfants, de la superstition, de la quête de pouvoir et des dérives sectaires, le film installe une angoisse rampante. Celle d’un homme rationnel qui, peu à peu, vacille. Au-delà de l’effroi, c’est une réflexion plus large qui s'illustre : celle du sacrifice humain, des enfants martyrs, et des dérives d’une foi dévoyée, où le divin devient prétexte à l’horreur.
Mis en scène avec une sobriété vénéneuse, le film distille un malaise quasi sensoriel. Certaines séquences marquent les esprits - le prologue, le sort de Tom Lopez dans le bar, la séance d’hypnose face aux invités, le rituel de purification, ou encore ce final équivoque, suspendu entre foi et damnation. Martin Sheen, d’une retenue remarquable, incarne un père rationnel lentement contaminé par l’indicible.
Passionnant, Les Envoûtés s’impose alors comme un thriller fantastique d’une grande intensité, où l’angoisse ne cesse de sourdre, de progresser, où le réel se fissure doucement jusqu’à laisser passer l’invisible. Un classique discret, mais tenace, dont le climat démoniaque, palpable autant qu'éthéré, surpasse peut-être celui de L'Emprise des ténèbres de Wes Craven. A revoir urgemment donc, tant les Envoûtés ne m'a jamais autant effrayé et perturbé qu'au 5è visionnage. Et à privilégier en VO, un tout autre métrage beaucoup plus réel et raccord en terme sonore.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
07/04/26. 5è. VostfrPhénomène planétaire, alors que le premier volet avait été boudé par les Américains, Mad Max 2 s’est taillé, au fil des années, la réputation d’archétype du film d’action, ses poursuites et cascades inédites s’enchaînant à un rythme effréné. Revoir Mad Max 2 pour la seconde ou la dixième fois sans éprouver le moindre soupçon de lassitude prouve à quel point le génie de la mise en scène de George Miller reste insurpassable, et que son dosage d’humour, d’action et de violence renvoie au spectacle populaire, malgré ses éclairs de brutalité !
L’impression de vitesse vertigineuse que nous procurent ces bolides échevelés nous laisse les mains moites, dans leurs affrontements routiers à la manière jouissive d’un roller coaster. Sans le recours aux effets numériques, les cascades insensées, jamais vues jusqu’alors, sont transcendées par la vigueur d’un montage à couper au rasoir et le professionnalisme de cascadeurs infaillibles. Les véhicules se pourchassent sans relâche jusqu’au crash improvisé, entre ferrailles et tôles froissées, tandis que certains passagers s’extraient de leur bolide pour bondir sur l’ennemi avec une hargne incontrôlable ! Dans cette offensive sur bitume, les corps calcinés ou déchiquetés sont projetés dans les airs, parfois même piétinés sous les roues !
L’hyperréalisme de ces morceaux de bravoure s’avère d’autant plus incisif que l’orchestration épique de Brian May en marque la cadence, scandant les poussées d’adrénaline ! L’extravagance vestimentaire de la tribu des gladiateurs — cuir noir, fusils, armes médiévales — illustre de façon débridée leur éthique primitive, plongée dans la déshumanisation.
Mais ce lot d’affrontements barbares et de courses automobiles ne verse jamais dans la surenchère : tout est subordonné à un script efficace, où se croisent stratégies d’attaque et de défense, enjeux pétroliers, communication de crise et cohésion humaine au sein d’une communauté pacifiste prise à partie par le clan d’Humungus. Alors que ces derniers cherchent par tous les moyens à s’emparer de l’essence confinée dans la raffinerie, Max, guerrier solitaire, s’improvise sauveur : il propose un marché, échoue dans une bravoure esseulée, puis revient prêter main-forte — en dernier recours.
Dominé par la présence iconique de Mel Gibson, dans la peau de l’ancien flicard meurtri, Max s’impose en héros déchu, hanté par ses démons, avant de retrouver l’humanisme d’un regain d’empathie pour cette communauté loyale.
Condensé en une interminable course-poursuite, Mad Max 2 iconise, sans prétention, l’actionner post-nuke le plus intense et jouissif de l’histoire du cinéma.