lundi 13 avril 2026

Thrash de Tommy Wirkola. 2026. 1h26. U.S.A.

                   (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

Découverte de Thrash - là aussi j'ai un peu hésité - et quelle surprise !

Dès les premières minutes, on est dedans. Ca frappe fort avec un prologue catastrophiste d’une efficacité métronome. Une entrée en matière brutale, immersive, où les effets numériques impressionnent par leur réalisme. On nous plonge immédiatement dans un chaos aquatique aussi spectaculaire qu’oppressant.

Mais au-delà de cette ouverture musclée si prometteuse, Trash évoque surtout une sensation oubliée : celle des séries B des années 80, celles que l’on découvrait ado, en VHS, le samedi soir, dans une excitation liturgique. Le film m'a fait retrouver exactement cette énergie-là. Un plaisir simple, direct, sans chichi - et surtout sans cynisme.


Le récit classique assume pleinement ses codes. Personnages parfois un brin naïfs, situations attendues, archétypes familiers : tout est là. Mais loin d’être un défaut, cette mécanique devient une force ironique, tant le réalisateur joue avec ces conventions avec une sincérité désarmante. Le film ne cherche jamais à se hisser au-dessus de son statut ludique - il l’embrasse, et c’est précisément ce qui le rend attachant.

La tension, elle, est distillée avec intelligence. Malgré quelques légers temps morts au creux du récit peut-être, l’ensemble m'a paru constamment engageant, notamment grâce à une construction efficace alternant entre deux groupes de survivants: d’un côté, un trio de jeunes livrés à eux-mêmes ; de l’autre, un duo de femmes retranchées dans une maison, dont l’une est sur le point d’accoucher. Deux dynamiques, deux urgences, qui se répondent dans un environnement aquatique devenu hostile, gigantesque aquarium humain teinté de sang.


Car le véritable ennemi n’est pas seulement visible. Certes, les requins - en particulier ces redoutables bouledogues - rôdent sous la surface, prêts à alpaguer. Mais c’est tout un monde aqueux qui semble s’effondrer autour des personnages : tempêtes, eaux montantes, chaos climatique. Une toile de fond apocalyptique remarquablement mise en valeur par une photo parfois étonnamment soignée, surtout en 4K, où certaines images atteignent une vraie puissance visuelle immersive.

Et puis il y a ces moments plus cruels, assez jouissifs. Des scènes-chocs, parfois teintées d’humour noir, où le film n’hésite pas à sacrifier ses figurants avec une brutalité sèche. Une dimension sardonique bienvenue, qui rappelle que derrière le divertissement, il y a aussi cette forme rituelle de malice sanguine, presque enfantine pour mieux nous combler.


Dans cette démarche, Thrash s’impose sans difficulté comme un héritier moderne du cinéma d’exploitation comme l'ont également récemment illustré Primate et Dolly. Mieux encore : il rivalise à mon sens, voire dépasse même par moments, Crawl d'Aja dans sa capacité à conjuguer tension, lisibilité et plaisir immédiat avec un charme innocent.

Sans prétention, efficace, généreux, atmosphérique en diable - Trash remplit parfaitement son contrat de B movie hérité de la sacro sainte VHS. Un pur divertissement joliment emballé, comme on n’en fait plus assez, qui assume son ADN jusqu’au bout et parvient, le temps d’une projo rapide (1h19 sans le générique), à nous replonger dans un plaisir de cinéma régressif. Merci Netflix, tu m'as à nouveau conquis.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

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