Ici, la frontière entre le bien et le mal se dissout, lorsque trois hommes vont se retrouver accusés à tort d’un braquage de diligence. Dès lors, le mal ne naît pas d’un choix, mais d’un concours de circonstances. Et cela suffit à condamner.
Le prologue sec, presque documentaire, est établi du point de vue des véritables gangsters, que Monte Hellman installe sans emphase, avant que les bons et les méchants ne fassent plus qu'un lors de leurs rencontres aléatoires.
Cette violence n’est pas spectaculaire : elle est moche, radicale, elle est froide.
Dans cet univers aride, désertique, où la loi du plus fort semble régner, le film raconte surtout les ravages d’une justice aveugle, mécanique de l'ordre, incapable de discerner l’innocence. Et c’est là que L’ouragan de la vengeance devient plus moderne que les autres: il ne parle pas de héros, mais d’hommes ordinaires broyés.
Le film devient alors un jeu de miroirs troublant, une confrontation psychologique comme si chacun luttait contre ce qu’il est en train de devenir.
Et dans cette dérive, Jack Nicholson et Cameron Mitchell portent le film avec une belle intensité. Leur humanité vacille, résiste, puis s’effrite - dans une ambiguïté constante entre dignité, réserve et instinct de survie.
L’ouragan de la vengeance est un western personnel, presque austère, qui dissèque les fêlures humaines avec une sécheresse poignante quelque part. Un film profondément intime où l’humanisme subsiste, fragile, au bord de l’effondrement.
Et puis il y a cette lumière… Ces décors naturels splendides...
Ces plaines infinies, sublimées par une photographie aux teintes poussiéreuses, sépia, qui enveloppe le film d’une chaleur étouffante, comme si le monde lui-même participait à l’écrasement des hommes.
Un western âpre, contemplatif, d’une modernité saisissante pour 1966.
Une œuvre nonchalante à redécouvrir, absolument.












































