(Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Hier, j’ai dĂ©couvert - ou redĂ©couvert, tant le doute persiste - Joshua de George Ratliff, et la surprise fut totale. Une de ces Ĺ“uvres que l’on croyait mineures, et qui ressurgissent avec une force insidieuse, quasi vĂ©nĂ©neuse.
Je ne m’attendais pas Ă un mĂ©trage d’une telle tenue. Ratliff orchestre ici une lente dĂ©sagrĂ©gation, une perte progressive de toute emprise, Ă travers un drame familial d’un malaise profondĂ©ment diffus. Rien n’est frontal. Tout est d’abord larvĂ©, presque imperceptible (on observe sans vraiment s'inquiĂ©ter), avant de s’infiltrer, de contaminer chaque recoin du rĂ©cit, jusqu’Ă faire basculer l’ensemble dans une progression dramatique de plus en plus Ă©touffante, poisseuse, irrĂ©mĂ©diable. Et la prouesse, c'est qu'on ne voit rien arriver tant l'hypocrisie y est souveraine.
Je ne m’attendais pas Ă un mĂ©trage d’une telle tenue. Ratliff orchestre ici une lente dĂ©sagrĂ©gation, une perte progressive de toute emprise, Ă travers un drame familial d’un malaise profondĂ©ment diffus. Rien n’est frontal. Tout est d’abord larvĂ©, presque imperceptible (on observe sans vraiment s'inquiĂ©ter), avant de s’infiltrer, de contaminer chaque recoin du rĂ©cit, jusqu’Ă faire basculer l’ensemble dans une progression dramatique de plus en plus Ă©touffante, poisseuse, irrĂ©mĂ©diable. Et la prouesse, c'est qu'on ne voit rien arriver tant l'hypocrisie y est souveraine.
Et pourtant, aucune effusion. Aucun choc visuel. Pas une goutte de sang ne vient troubler cette mise en scène de la suggestion. Or, la violence est bien lĂ - sourde, tapie, d’autant plus insupportable qu’elle touche Ă l’intime, Ă l’innommable : la cellule familiale. Certaines sĂ©quences, notamment autour de la maltraitance, frappent avec une brutalitĂ© sèche, presque impensable aujourd’hui. Non pas par leur cruditĂ© graphique - elles restent concises, contenues - mais par ce qu’elles impliquent, par ce qu’elles rĂ©vèlent d’un basculement moral terrifiant.
Et au cĹ“ur de ce malaise : l’enfant.
Et au cĹ“ur de ce malaise : l’enfant.
Jacob Kogan incarne un Joshua d’une froideur indicible. Un visage fermĂ©, un regard vide, presque minĂ©ral qui tente parfois d'amadouer avec timiditĂ©. Une prĂ©sence monolithique, opaque, qui ne cherche pas Ă sĂ©duire (en dĂ©pit de rares occasions), ni mĂŞme Ă effrayer frontalement. Il est lĂ , simplement, il observe puis s'efface, constamment. Et c’est prĂ©cisĂ©ment cette neutralitĂ© qui met toujours plus mal Ă l'aise. Plus le rĂ©cit avance, plus son inertie semble menaçante, jusqu’Ă faire naĂ®tre une vĂ©ritable rĂ©pulsion qu'on a honte de s'avouer. Ă€ cĂ´tĂ© de lui, les figures enfantines malĂ©fiques du cinĂ©ma - Ă l'instar d'une certaine Esther beaucoup plus rebelle et reconnue - paraissent presque dĂ©monstratives.
Mais Joshua ne serait rien sans l’effondrement progressif de ses parents. Sam Rockwell et Vera Farmiga livrent des performances d’un naturel dĂ©sarmant, capturant avec une justesse troublante la dĂ©rive d’un couple Ă l'agonie, impuissant face Ă une menace qu’il ne parvient ni Ă nommer, ni Ă contenir, ni Ă invectiver. Ratliff filme cette chute avec une cruautĂ© feutrĂ©e, transformant peu Ă peu le foyer en un espace exigu de suffocation morale qui dĂ©teint sur nous.
Car tout est lĂ : dans l’attente. Dans cette peur suspendue qui ne demande qu’Ă Ă©clore. L’attente de la peur, bien plus que la peur elle-mĂŞme. Celle oĂą on imagine le pire Ă venir.
Joshua est de ces films intelligents oĂą l’horreur vĂ©ritable ne rĂ©side pas dans le spectaculaire, mais dans ce qui ronge, dans ce qui s’installe, dans ce qui ne se voit pas immĂ©diatement, dans ce qui se trame dans l'ombre.
Thriller domestique, drame psychologique, horreur intime, fantastique mystique (en relation avec les momies aztèques !) - peu importe l’Ă©tiquette. Cette sĂ©rie B s’impose comme une Ĺ“uvre mature, maĂ®trisĂ©e, vraiment dĂ©rangeante quand on est face Ă une menace infantile intouchable.
Joshua est de ces films intelligents oĂą l’horreur vĂ©ritable ne rĂ©side pas dans le spectaculaire, mais dans ce qui ronge, dans ce qui s’installe, dans ce qui ne se voit pas immĂ©diatement, dans ce qui se trame dans l'ombre.
Thriller domestique, drame psychologique, horreur intime, fantastique mystique (en relation avec les momies aztèques !) - peu importe l’Ă©tiquette. Cette sĂ©rie B s’impose comme une Ĺ“uvre mature, maĂ®trisĂ©e, vraiment dĂ©rangeante quand on est face Ă une menace infantile intouchable.
Une perle maudite en somme. Ă€ rĂ©habiliter d’urgence. Sans doute l’un des meilleurs films contemporains consacrĂ©s Ă l’enfance dĂ©viante, aux cĂ´tĂ©s de Esther et The Children. Tant l'inconfort prĂ©domine avec ces composantes du non-dit et d'un sens de suggestion dĂ©vastateurs.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
02.03.11. 28.03.26. Vostfr
Récompenses: Gen Art Film Festival 2007 : Gen Art Chicago Grand Jury Prize
Sitges - Catalonian International Film Festival 2007 :
Best Actor : Sam Rockwell,
Special Mention : George Ratliff
Sundance Film Festival 2007 : Cinematography Award
Sitges - Catalonian International Film Festival 2007 :
Best Actor : Sam Rockwell,
Special Mention : George Ratliff
Sundance Film Festival 2007 : Cinematography Award





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