samedi 21 mars 2026

Dossier 137 de Dominik Moll. 2025. France. 1h54.

 
                            (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
Hormis une première demi-heure un tantinet laborieuse, enchaînant des auditions répétitives à la limite du rébarbatif, Dossier 137 avance doucement mais surement comme un réquisitoire implacable contre les violences policières injustifiées - et plus encore, contre leur impunité.
 
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pas seulement de faits. Mais de leur effacement. De leur dilution dans un système qui absout plus qu’il ne juge.
 
Malgré une certaine rigidité théâtrale dans la diction des acteurs propre au cinéma français, le film trouve son équilibre grâce à la prestation remarquable de Léa Drucker. D’une justesse saisissante, elle incarne une droiture silencieuse, une force tranquille qui capte immédiatement l’attention. On ne la suit pas seulement : on adhère à son cheminement moral, à ses doutes, à sa persistance face à l’inertie.
 
 
La mise en scène, quant à elle, fait preuve d’une rigueur indéniable. Une fois passée cette entrée en matière un peu trop insistante, le film gagne en précision, en efficacité. Il avance sans détour, porté par une réalisation maîtrisée, presque clinique dans son approche.
 
Et puis il y a cette photographie, limpide, soignée, qui confère à l’ensemble une forme de froide élégance. Plusieurs décors, certains éclairages semblent pensés pour renforcer ce réalisme glacé, tout en apportant une dimension presque stylisée à l’image. Rien n’est laissé au hasard - et cette exigence visuelle participe pleinement à l’immersion.
 
Mais ce qui frappe surtout, c’est ce que le film laisse derrière lui.
 
 
Goût amer. Vide. Frustration sourde.
 
Car son final, aussi marquant que déstabilisant, ne cherche pas à apaiser. Il expose, frontalement, une vérité inconfortable : celle d’une justice qui vacille, qui doute, et parfois… qui renonce. Une justice partiale, dont l’équité semble se fissurer lorsqu’il s’agit de juger ses propres rouages.
 
Dossier 137 n’offre pas de réponse. Il nous laisse impuissant. Il impose une sensation d'injustice. Celle d’un déséquilibre profond quant aux laissés pour compte tuméfiés que symbolise ici la figure des Gillets jaunes. Et c’est précisément ce qui le rend salutaire.
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤

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