lundi 16 mars 2026

Mirrors d'Alexandre Aja. 2008. U.S.A/Roumanie/Allemagne/France. 1h51.

                   (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

Pour une quatrième révision, Mirrors prouve qu’il s’agit d’un excellent remake, remarquablement conté et mis en image par le Français Alexandre Aja, décidément spécialiste en matière de cinéma horrifique. Même si je n’ai jamais vu l’original, Mirrors s’impose comme une formidable série B : un thriller qui se construit à la fois comme une enquête policière captivante et comme un pur film d’horreur surnaturel, d’une grande originalité, où le mal se tapit derrière le miroir.

Outre le suspense latent, toujours parfaitement entretenu par Aja, le film est porté à bout de bras par Kiefer Sutherland, absolument convaincant dans le rôle d’un ex-flic alcoolique fraîchement sorti d’une cure de désintoxe. En dépit du scepticisme et des interrogations de son entourage, il tente de démêler le vrai du faux et de déceler les tenants et aboutissants de l’énigme tapie derrière les miroirs d’un grand magasin abandonné, brûlé et déserté.
 

Mirrors tient le spectateur en haleine du début à la fin - notamment par son aspect visuel biaisé - et multiplie, vers sa dernière partie, rebondissements et révélations sur la véritable identité du mal. Chaque victime possédant un miroir chez elle ou osant s’y regarder se retrouve en proie à son double maléfique prêt à la traquer et l’assassiner avec une cruauté glaciale.

À cet égard, la séquence de la salle de bain où une jeune victime s’arrache la mâchoire reste une séquence anthologique, viscérale et terriblement impressionnante, même si 2 brefs plans numériques atténuent légèrement le réalisme brutal de cette scène sanglante rigoureusement éprouvante.
 

Tous les autres comédiens sont eux aussi remarquablement justes, notamment la compagne de DaSilva endossée par Paula Patton, parfaitement crédible en épouse sur le qui-vive et en questionnement moral face à l’attitude de plus en plus paranoïaque et véhémente de son ex-mari à deux doigts de chavirer. La caractérisation psychologique des deux adultes s’étend jusqu’aux enfants, dont le naturel physique et moral est convaincant. Le spectateur s’attache à ces personnages sans réserve, vivant avec eux l’enquête aux frontières du surnaturel avec une attention toujours plus angoissée… et fascinée.

Alexandre Aja réussit à rendre l’improbable crédible, transformant un décor inédit et inventif en terrain de jeu horrifique constamment inquiétant. Le film se révèle ainsi une série B d’une belle maîtrise, menée par un Kiefer Sutherland dévorant l’écran, dont la force expressive mêle résignation, dignité et désenchantement.
 

— le cinéphile du cœur noir 🖤
4èx. Vostfr 

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