lundi 30 mars 2026

Les Bidasses en Folie de Claude Zidi. 1971. France. 1h24.

                   (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

7 460 911 entrées ! Une dinguerie absolue pour ce succès improbable à la révision. Et pourtant, tout est vrai : Les Bidasses en folie a explosé le box-office français en décembre 71, alors que Claude Zidi n’en était qu’à ses balbutiements derrière la cam - parfois improvisée, au milieu de badauds soixante-huitards.

À la révision, quelques décennies plus tard, on se rend compte que Les Bidasses en folie dégage quelque chose qui relève de l’hallucination comique, dans son format de série Z qu’on affilie volontiers au nanar (non péjoratif dans ma bouche, même si le terme reste trivial). Porté par l’énergie incontrôlable des Charlots - en totale roue libre (euphémisme !) - le film aligne, sans le moindre filtre, une avalanche de gags (parfois à la seconde près !) parmi les plus absurdes qui soient, flirtant en permanence avec une crétinerie pleinement assumée.

Et pourtant… c’est précisément là que réside son charme insensé. Dans cette ultra-bêtise revendiquée, au ras des pâquerettes. Dans cette mécanique du rire qui ne cherche jamais la finesse, mais avance à un rythme infernal, comme un moteur lancé à pleine vitesse, naviguant à vue.

Les situations s’enchaînent avec une spontanéité désarmante, et les Charlots, fidèles à eux-mêmes, injectent une énergie brute, instinctive, qui finit par emporter l’adhésion.

Comédie débile jusqu’au bout des ongles, le film devient peu à peu une sorte de rêve éveillé - un délire continu où le rocambolesque flirte avec l’abracadabrantesque sans jamais s’excuser d’exister.
Oui, c’est d’une idiotie atypique. C’est souvent lourd. Parfois même musical, lors d’un concert “Peace and Love” (où l’on croise Martin Circus, Triangle, et les Charlots eux-mêmes, un régal auditif !)… mais étrangement irrésistible par sa dinguerie nonsensique, et par le fait que tous ces personnages lunaires existent à l’écran avec une soif de vivre totalement désinhibée.

C’est tellement nul, tellement navrant, que ça en devient constamment hilarant.
On s’amuse autant qu’eux - et avec eux.
Ce bonheur de vivre expansif qu'ils nous communiquent s'inscrit dans chaque plan. 

Il faut le voir pour le croire.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

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