vendredi 29 mai 2020

Le Chien des Baskervilles

Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Hound of the Baskervilles" de Terence Fisher. 1959. Angleterre. 1h27. Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee, Marla Landi, David Oxley, Francis De Wolff, Miles Malleson, Ewen Solon, John Le Mesurier, Helen Goss, Sam Kydd...

Sortie France: 23 décembre 1959.  U.S.A: 03 juillet 1959. Royaume-Uni: 4 Mai 1959.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un réalisateur britannique né le 23 février 1904 à Londres (Maida Vale), et décédé le 18 juin 1980 dans la même ville. 1957 : Frankenstein s'est échappé, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein , 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La Malédiction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay , 1960 : Les Maîtresses de Dracula , 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll , 1961 : La Nuit du loup-garou , 1962 : Le Fantôme de l'Opéra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort , 1963 : The Horror of It All, 1964 : La Gorgone , 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'Île de la terreur , 1966 :  Dracula, prince des ténèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein créa la femme , 1968 : Les Vierges de Satan , 1969 : Le Retour de Frankenstein , 1974 : Frankenstein et le monstre de l'enfer.



Conan Doyle chez l'écurie Hammer. 
En 1959, la célèbre société de production anglaise Hammer entreprend d'adapter le fameux roman d'Arthur Conan DoyleLe Chien des Baskerville sous la houlette du grand Terence Fisher. Ce roman publié pour la première fois dans le Strand Magazine en 1901 et 1902 est d'autre part l'aventure la plus connue de Sherlock Holmes. Mais mésestimé dans les pays anglo-saxons (le film ne rencontre pas le succès public) et initialement prévu pour une série de plusieurs longs-métrages portant la signature de Doyle pour la narration, la Hammer dédaigne le projet pour l'abdiquer définitivement. La raison la plus vraisemblable émane que ces récits policiers à suspense se prêtaient assez mal avec le genre Fantastico-gothique que la firme anglaise créa avant tout pour dépoussiérer le bestiaire des classiques de la UniversalLe pitchEn l'an 1790, en Angleterre, un tyran richissime, sir Hugo de Baskerville, fait régner la loi et la terreur auprès de la population locale. Une nuit, après une soirée de beuverie, il décide avec ses chiens de chasse de se lancer à la poursuite d'une paysanne en fuite qu'il eut retenu prisonnière dans son château. C'est dans les landes environnantes que l'homme sanguinaire retrouve sa proie pour la poignarder de sang froid. Mais un mystérieux hurlement raisonnant dans l'opacité de la nuit s'y fait soudainement écho. Quelques secondes plus tard, sir Hugo de Baskerville est mystérieusement dévoré par un animal sauvage. 

                                      

Ainsi, cet illustre prologue s'avère déjà un morceau de bravoure resté dans toutes les mémoires ! De par sa facture irrationnelle à la fois haletante et flamboyante, et sa brutalité se clôturant sur un meurtre d'une surprenante gratuité. Mais le pire est à venir lorsque notre mécréant Hugo de Baskerville se fera déchiqueté (hors-champ !) par ce mythologique monstre surgi de nulle part. Scrupuleusement détaillée en y prenant son temps à nous présenter ses personnages, l'intrigue s'oriente rapidement vers l'investigation policière menée avec charisme dandy par un duo de gentlemans. Peter Cushing se fondant dans la stature scientifique de Sherlock Holmes avec persuasion finaude, sens aiguisé de l'observation et aptitude insolente à provoquer divers suspects afin de mieux résoudre ses énigmes en suspens. Secondé par Christophe Lee, il s'avère un chouilla en retrait pour endosser un lord venu tout droit des Etats-Unis afin d'hériter du manoir. Néanmoins, il reste tout de même imposant et convaincant (notamment auprès de son charisme sombrement distingué) lors de ses interrogations perplexes. Et ce au moment même de céder à l'amour d'une paysanne taciturne asservie par un père psycho-rigide. Ainsi donc, pour épicer le genre, l'enquête policière formellement mise en scène s'octroie d'un esthétisme gothique à tomber à la renverse ! En y privilégiant notamment en intermittence les couleurs rutilantes afin de renforcer la nature horrifico-fantastique de son argument de base savamment mis en place. A l'instar du manoir ensorcelant à l'architecture saillante, de l'immensité de la lande parfois nappée de brume au sein d'une nuit feutrée, de cette mine désaffectée renfermant un danger insidieux, des ruines antiques auquel un sacrifice humain vient d'avoir lieu sur une roche ensanglantée, ou encore de ses sables mouvants éclipsés par des sentiers broussailleux. Bref, le spectacle onirique demeure constamment envoûtant parmi la subtilité d'une intrigue à suspense jouant avec la peur du monstre tapi dans l'ombre.


Le monstre de la Lande. 
Sobrement interprété par nos gentlemens de la Hammer et mis en scène avec une classe épurée auprès d'un Terence Fisher fidèlement impliqué, Le Chien des Baskerville transcende tout en fulgurance formelle son captivant récit autour d'un tortueux enjeu de cupidité punitive. Charnel, sensuel, féerique et inquiétant de par son imagerie occulte à damner un saint, il demeure une réussite flamboyante sous l'impulsion d'une épouvante séculaire suggérant plus qu'elle ne montre. Un parti-pris expectatif afin de mieux nous ébranler lors de sa brutale révélation. Inextinguible donc de par sa pérennité immatérielle, tel le bon vin soigneusement conservé depuis des siècles au fond d'une cave. 

Note: C'est le premier long métrage mettant en scène les aventures de Sherlock Holmes à être filmé en couleur.

*Bruno
13.01.11. 334 v
29.05.20. 4èx

jeudi 28 mai 2020

Critters

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site mauvais-genres.com

de Stephen Herek. 1986. U.S.A. 1h26. Avec Dee Wallace, M. Emmet Walsh, Billy Green Bush, Scott Grimes, Nadine Van Der Velde, Don Keith Opper, Billy Zane.

Sortie salles France: 10 Septembre 1986

FILMOGRAPHIEStephen Herek est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 10 novembre 1958 à San Antonio, au Texas (États-Unis).1986 : Critters. 1989 : L'Excellente Aventure de Bill et Ted. 1989 : L'Enfant au pouvoir merveilleux (téléfilm). 1991 : Panique chez les Crandell. 1992 : Les Petits Champions. 1993 : Les Trois Mousquetaires. 1995 : Professeur Holland. 1996 : Les 101 dalmatiens. 1998 : Mister G. 2001 : Rock Star. 2002 : 7 jours et une vie. 2003 : Young MacGyver (TV). 2005 : Garde rapprochée. 2008 : Picture This (vidéo). 2009 : Dead Like Me: Life After Death (vidéo). 2009 : Bleu d'enfer 2. 2010 : Duo de glace, duo de feu (Téléfilm). 2011 : Le Chaperon. 2015 : La Fabuleuse Gilly Hopkins. 2019 : Same Time, Next Christmas (Téléfilm).


Démarquage bisseux de Gremlins distribué par New Line CinemaCritters assure le divertissement bonnard sous le pilier d'une attachante série B truffée de trognes accortes. Ainsi, si le pitch reprend à peu de choses près le cheminement de Gremlins à travers son huis-clos de survie qu'une famille tente de contrecarrer après avoir été assiégée par des boules de poil sardoniques, Critters pallie sa moisson de clichés de par l'inventivité de situations aussi cocasses qu'extravagantes. Et ce en y incluant également une touche d'anticipation appropriée afin de divertir de manière un peu moins caricaturale de par son influence assumée pour Gremlins. Tant auprès de l'expédition des 2 chasseurs de prime aux visages dysmorphiques explosant tout sur leur passage (et de manière complètement gratuite !) avec leurs armes customisées, de la mobilité torsadée des critters éjectant de leur fourrure des fléchettes empoisonnées sur leurs proies, que du monstre disproportionné lors du final pyrotechnique   

                                     

Qui plus est, de par son casting de seconds-couteaux aux visages familiers, l'aventure horrifique s'alloue d'une réelle empathie pour ces personnages aux valeurs humaines, de par leur unité tant familiale qu'amicale (notamment auprès des rapports amiteux entre Brad et du benêt Charlie en initiation héroïque). On regrette toutefois un tantinet le jeu surjoué de Dee Wallace Stone en maman dépressive un peu trop névralgique lors de ses éclairs de panique. Mais conjuguant de par sa modeste efficacité du budget low-cost humour, tendresse, action et horreur afin de contenter les fans de GremlinsCritters ne serait pas aussi sémillant sans la crédibilité de ses trucages donnant chair à ses boules de poil avec une attention scrupuleuse. Tant et si bien qu'encore aujourd'hui on reste fasciné comme des bambins à contempler leurs pitreries sardoniques par le biais d'une inventivité en roue libre. Stephen Herek parvenant notamment à relancer l'action intrépide en alternant la disparité de ses décors (domestiques et naturels) auquel les personnages divisés en clans finiront par s'unifier pour leur enjeu de survie. 


Dénué d'aucune prétention à travers son climat fantastique aussi léger qu'extravagant appuyé d'un cast vertueux que l'on croirait issu d'un métrage de SpielbergCritters n'a rien perdu de son charme à travers son cocktail vitaminé de genres éclectiques que Stephen Herek est parvenu à mettre en images avec une dérision modestement imaginative.

*Bruno
08.01.20
28.05.20. 4èx 

mercredi 27 mai 2020

The Gate (La Fissure)

                                    Photo empruntée sur Google, appartenant au site lovingmoviesfr.file

de Tibor Takács. 1987. U.S.A. 1h24. Avec Stephen Dorff, Christa Denton, Louis Tripp, Kelly Rowan, Jennifer Irwin.

Sortie salles France: 28 Mai 1987. U.S: 15 Mai 1987

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Tibor Takacs est un réalisateur hongrois né le 11 Septembre 1954 à Budapest (Hongrie). 1978: Metal Messiah. 1982: 984: Prisoners of the Future (télé-film). 1987: The Gate. 1989: Lectures Diaboliques. 1992: The Gate 2. 1996: Sabotage. 1997: Sanctuary. 2001: La Fille du Père-Noel (télé-film). 2003: Rats. 2007: Ice Spiders (télé-film). 2007: Mega Snake (télé-film). 2010: Tempête de météorites (télé-film). 2013: Spiders 3D.


Une curieuse série B horrifique spécialement conçue pour un public ado, à revoir surtout pour le réalisme de ses FX (toujours) aussi funs qu'impressionnants. Dommage que l'intrigue démoniale (un chouilla influencée par Evil-dead ! ?) mette du temps à se mettre en place (patientez 45 minutes) et que la prestance aseptisée des acteurs juvéniles pâti d'un manque de charisme à travers leur timide appréhension (ou désarroi). A revoir d'un oeil distrait exclusivement auprès de la génération 80.

*Bruno
2èx

Récompenses (!!!):
Young Artist Award 1988 : Meilleure jeune actrice dans un film d'horreur pour Christa Denton

mardi 26 mai 2020

Cat's eye

                                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Lewis Teague. 1985. U.S.A. 1h34. Avec Drew Barrymore, James Woods, Alan King, Kenneth McMillan, Robert Hays, Candy Clark, James Naughton.

Sortie salles France: ? U.S: 12 Avril 1985

FILMOGRAPHIE: Lewis Teague (né le 8 mars 1938 à Brooklyn, New-York, Etats-Unis) est un réalisateur, monteur, acteur et directeur de la photographie américain. 1974: Dirty O'Neil. 1979: The Lady in red. 1980: L'Incroyable Alligator. 1982: Fighting Back. 1983: Cujo. 1985: Cat's Eye. 1985: Le Diamant du Nil. 1989: Collision Course. 1990: Navy Seals: les meilleurs. 1991: Wedlock.


Film à sketchs mésestimé et oublié si bien qu'il fut d'ailleurs privé de sortie salles dans l'hexagone, Cat's Eye mérite à être réévalué sous la mainmise de l'habile faiseur Lewis Teague (Cujo, l'Incroyable Alligator, le Diamant du Nil). Car en transposant à l'écran 2 nouvelles de Stephen King tiré de son roman Danse Macabre, et en y créant une 3è histoire spécialement conçue pour le ciné, Cat's Eye fleure bon la série B bonnard à travers son esprit sarcastique dénué de complexe. Le palme du plus fun et loufoque revenant au premier segment endossé par James Wood. Il y joue le rôle d'un fumeur invétéré tentant de stopper son addiction dans un centre de désintox aux méthodes aussi drastiques que démesurées. Doux euphémisme eu égard de l'absurdité d'un concept dictatorial jouant sur l'intimidation et le chantage des proches de leur patient prochainement soumis à une torture à la fois morale et corporel si ce dernier aurait le vice d'en griller une. Débordant d'humour vitriolé et d'inventivité débridée, cette première histoire jouit d'un climat de folie permanent, notamment si je me réfère aux hallucinations hilarantes du patient lors du dîner galant.


Le second sketch relate la terrible vengeance d'un gangster septuagénaire auprès de l'amant de son épouse. Pour ce faire, celui-ci devra opérer le tour de l'immeuble en arpentant la corniche, et ce après avoir négocié un cruel dilemme avec son tortionnaire rupin. Coeurs fragiles réfractaires au vertige, abstenez vous (j'en fais parti !) car Lewis Teague s'y entend habilement pour nous provoquer une frousse viscérale lorsque la victime confinée à haute altitude s'efforce de parfaire son parcours du combattant à travers une série d'épreuves aussi insidieuses que météorologiques. Et si ce dilemme aussi sadique qu'improbable ne convainc qu'à moitié quant au consentement un peu trop facile de la victime, sa grande efficacité émotionnelle nous fait vite omettre son manque de crédibilité, notamment grâce au jeu à contre-emploi de Robert Hays (l'inoubliable luron de Y'a t-il un pilote dans l'avion ?) à la force d'expression résignée.


Enfin l'ultime segment illustre le calvaire d'une fillette amoureuse des chats mais en proie depuis quelques jours à la terrible menace d'un lutin s'efforçant chaque nuit de lui gober son énergie vitale. Alors que les parents ne sont guère enthousiastes à l'idée d'adopter un chat vagabond (cet animal traversa d'ailleurs chaque sketch pour parvenir à l'appel au secours télépathique de la fillette), celui-ci prénommé "général" fera tout pour la protéger de la menace sournoise. Oh combien ludique d'un point de vue strictement formel, cet ultime épisode s'avère aussi fun et réjouissant qu'un Gremlins (ou plutôt qu'un Critters) grâce à la modestie de ces trucages à la fois très efficaces et émoustillants. Tant et si bien que l'on attend avec ferveur l'apparition prochaine du lutin d'autant plus cruel et immoral lorsqu'il souhaite intenter à la vie d'une innocence infantile. A travers le climat féérico-macabre de ses péripéties endiablées, on apprécie le dynamisme du montage lorsque le chat et le lutin se poursuivent dans la chambre lors d'un affrontement épique exploitant habilement ces décors mobiliers. On peut également souligner l'attachante présence de Drew Barrymore de par sa candeur naturelle dénuée de fard et celle de Candy Clark en maman arbitraire quant à l'intrusion (faussement hostile) du chat dans leur demeure.


Série B correctement réalisée et jamais ennuyeuse d'après 3 sketchs bonnards, Cat's Eye remplit modestement le cahier des charges à travers son intégrité de nous tailler un divertissement sans prétention bougrement badin (voir parfois même hilarant quant au 1er segment totalement vrillé). 

*Bruno
2èx

lundi 25 mai 2020

Les Pirates de l'île sauvage

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Nate and Hayes" de Ferdinand Fairfax. 1983. U.S.A/Nouvelle Zélande. 1h40. Avec Tommy Lee Jones, Michael O'Keefe, Max Phipps, Jenny Seagrove, Grant Tilly, Bruce Allpress.

Sortie salles France: 27 Juin 1984. U.S: 18 Novembre 1983

FILMOGRAPHIEFerdinand Fairfax est un réalisateur et scénariste américain né le 1er Aout 1944 à Londres, décédé le 7 Mars 2008. 1983: Les Pirates de l'île sauvage. 1988: The Rescue. 1990: The Secret Life of Ian Fleming (Téléfilm). 1996: True Blue. 1998: Frenchman's Creek (Téléfilm). 1999: In the Name of Love (Téléfilm). 2003: Un amour absolu (téléfilm).
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Un sympathique film d'aventures classiques, dispensable certes, mais efficacement mené et assez fringant quant à la complémentarité solidaire des interprètes. On est tout de même surpris du classicisme du scénario venant de la part de l'illustre cinéaste John Hughes.

*Bruno


Ci-joint la critique de Libellool publiée le 22 décembre 2015 sur Senscritique:
À une lointaine époque où Tommy Lee Jones tournait essentiellement pour la télévision et disposait encore d'un nez normalement proportionné, on peut trouver ce petit film de pirates sans prétention. Mais l'appellation "film d'aventure" est plus correcte, car la trame se déroule aux dernières heures de la piraterie et les bateaux comme les costumes ont beaucoup moins de gueule qu'à l'âge d'or de cette vocation.

L'histoire est très classique, avec une jeune fiancée qui se fait enlever par de vilains pirates et qui sera, à un moment donné, captive de sauvageons (dans une scène copiée dans King Kong). Malgré cette prévisibilité, on passe un bon moment grâce aux paysages exotiques, un rythme qui fonctionne (même si parfois, ce n'est pas trop ça) et quelques bonnes idées.

Je n'aurais jamais imaginé Tommy Lee Jones dans un rôle de ce genre (et surtout si jeune, car je pensais qu'il avait toujours été vieux). Comme quoi avec le cinéma, on n'est jamais au bout de ses surprises...


P.s. : Notons que la saga Pirates des Caraïbes (le premier opus surtout) a dû pas mal s'inspirer de ce film, notamment pour le triangle amoureux et quelques scènes qui se ressemblent méchamment.

Note: 6/10

vendredi 22 mai 2020

Pyromaniac

                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site zonebis.com

"Dont' go in the house" / "The Burning" de Joseph Ellison. 1979. U.S.A. 1h23/1h32 (version Uncut). Avec Dan Grimaldi, Robert Osth, Ruth Dardick, Charles Bonet, Bill Ricci, Dennis Hunt.

Sortie salles U.S: 28 Mars 1980

FILMOGRAPHIEJoseph Ellison est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né en 1948 à Manhattan. 1979: Pyromaniac. 1986: Joey


Auteur de deux uniques longs-métrages, Joseph Ellison marqua au fer rouge une génération de vidéophiles avec son premier essai directement sorti en VHS dans l'hexagone. Car modeste série B centrée sur l'introspection intime d'un schizophrène, Pyromaniac véhicule une fascination morbide auprès du dangereux pyromane de par l'ambiance putride émanant de son pavillon parental jalonné de cadavres momifiés. Le pitchOuvrier dans un atelier de soudure, Donald Kohler sombre dans la folie à la suite d'un grave incident survenu sur l'un de ses collègues de travail. Si bien que par inadvertance, ce dernier s'est retrouvé prisonnier des flammes par la faute d'un combustible explosif. Choqué et fasciné par cet évènement accidentel, Donald part rejoindre son foyer mais découvre horrifié le décès fortuit de sa mère d'une cause naturelle. Enfin libre de la tyrannie qu'elle exerçait sur lui depuis son enfance, il décide d'investir les ruelles malfamées de son quartier pour cautériser les femmes pécheresses. Ce qui interpelle aussitôt le spectateur à la vision de Pyromaniac, c'est sa verdeur employée, la manière à la fois radicale et vériste que le metteur en scène cultive afin de crédibiliser les exactions meurtrières du pyromane sexuellement refoulé. Pour preuve, son homicide intenté à la première victime démunie (elle se retrouve embrigadée, dénudée et enchaînée en interne d'une pièce blindée) s'avère d'un rigoureux sadisme, renforcée d'effets spéciaux plutôt réalistes si bien que nous avions la réelle impression que la victime moribonde se consume littéralement sous nos yeux sous l'embrasement de flammes lui léchant tout le corps ! Ainsi, à l'instar d'un docu vérité, Joseph Ellison s'emploie avec efficacité à nous faire partager la quotidienneté morbide du dangereux schizophrène toujours plus contrarié par ces hallucinations et délires de persécution auprès d'une gente féminine aguicheuse ou railleuse.


L'atmosphère putride régie au sein de sa vaste résidence familiale s'emparant du sens olfactif du spectateur avec une rigueur étouffante. Si bien que ce huis-clos gothique exalte un parfum de renfermé toujours plus factuel eu égard des macchabées disséminés en interne des chambres. Tant à l'étage de la pièce où résidait sa mégère abusive que dans le salon où trois cadavres putréfiés y ont été disposés sur chacun des fauteuils. Qui plus est, de par sa bande-son à la fois ténébreuse et bourdonnante; l'écho d'une voix délétère que seul le tueur perçoit dans sa psyché torturée renforce à merveille le malaise imposé à son état de contrariété. Notamment de par son impuissance à ne pouvoir refréner ses pulsions psychotiques faute de son enfance maltraitée. Si bien que les sévices corporels autrefois infligés sur lui que l'on découvre via l'entremise de flash-back, ainsi que son appel au secours qu'il s'empresse ensuite d'invoquer auprès du prêtre paroissial nous suscitent néanmoins une certaine forme d'empathie, voire même de pitié dans sa solitude démunie ! De manière instinctive, on songe alors à l'illustre Maniac de Lustig à peine sorti quelques mois plus tard dans les salles obscures ! Tant pour le portrait commun imparti à une victime de maltraitance infantile, pour l'aura feutré de son climat poisseux que de son parti-pris documenté à explorer un profil psychotique afin de susciter un malaise cérébral irréfragable. Notamment en se référant à son final tragique à nouveau étrangement similaire au destin de Frank Zitto, si bien que le pyromane, également soumis au délire hallucinatoire, demeure persécuté par la résurrection de cadavres revanchards (là encore, les maquillages mortifères s'avèrent saisissants de réalisme nécrosé !) en guise de rédemption.


A la fois poisseux, malsain, malaisant, inquiétant et étouffant, Pyromaniac y transcende un sentiment d'angoisse permanent pour le spectateur épris de fascination et de répulsion à sonder les arcanes d'un esprit schizophrène. Outre son incroyable ambiance cafardeuse à l'aura macabre perméable, l'interprétation habitée de Dan Grimaldi s'avère aussi saisissante que celle de Joe Spinnel (oui j'ose la comparaison !) en pyromane purificateur partagé entre désir de rédemption et pulsion du châtiment. En l'occurrence, ce chef-d'oeuvre underground (défendu bec et ongle par Mister  Tarantino !), véritable manifeste anti-maltraitance infantile, n'a rien perdu de son acuité olfactive au gré d'une descente aux enfers brillamment dénuée de complaisance (tout l'inverse des dérives graphiques du chef-d'oeuvre de Lustig). Une référence incontournable donc à imprimer dans l'encyclopédie du cinéma horrifique (auteurisant). 

*Donny Kohler
22.05.20. 5èx
14.05.13. 156 v                 

jeudi 21 mai 2020

Darkly Noon

                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site gzhorreurfilmvhs.blogspot.com

"The Passion of Darkly Noon" de Philip Ridley. 1995. Belgique/Allemagne/Angleterre. 1h41. Avec Brendan Fraser, Ashley Judd, Viggo Mortensen, Loren Dean, Lou Myers, Grace Zabriskie.

Sortie salles France: 25 Septembre 1996

FILMOGRAPHIE: Philip Ridley est un réalisateur et scénariste anglais né le 29 Décembre 1964 à Londres. 1990: L'enfant miroir. 1995: Darkly Noon. 2009: Heartless.


"Le fanatisme est l'apanage des ignorants."
Réalisé entre l'Enfant Miroir et Heartless; 2 perles indispensables pour le genre inclassable; Philip Ridley poursuit son bonhomme de chemin auteurisant avec Darkly Noon réalisé en 1995. Probablement son oeuvre la plus difficilement accessible de par son climat austère, ses quelques ruptures de ton et ses personnages modestement attachants s'opposant autour du thème du fanatisme religieux. Le pitch: échappé de l'enfer après avoir été témoin du massacre de ses parents rigoristes, Darkly Noon est hébergé dans la cabane de la douce Callie en plein coeur des bois. En attendant scrupuleusement son amant Clay, elle se lie vite d'amitié avec l'étrange inconnu obsédé par sa foi en Dieu. Mais du fait de l'apparence provocatrice de Cally à la fois sexy et sensuelle, Darkly finit par sombrer dans une expédition punitive faute de son refoulement sexuel inculqué par une caste ultra conservatrice. Cauchemar féerique transplanté dans le cadre d'un douloureux drame psycho, Darkly Noon ne laisse pas indifférent à travers sa mise en scène toute personnelle exploitant une photo surexposée avec souci de stylisme. Ainsi, on reste fasciné par le travail avisé effectué sur sa palette de couleurs incandescentes baignant fréquemment dans un onirisme enchanteur. Le réalisateur façonnant de véritables tableaux expressionnistes à travers une nature désincarnée et à travers les visages innocents. Quand bien même au fil de sa progression dramatique, la couleur rutilante finira par dominer l'écran lors d'un final cathartique d'une âpre violence (en dépit d'un montage maladroit selon moi).


Malgré son rythme sporadique et son épineuse immersion à côtoyer un univers de conte de fée contemporain, Darkly Noon sème avec originalité étrangeté, inquiétude, appréhension, excitation et tendresse. Notamment si je me fie aux rapports étroits entre Cally et Darkly lors de la 1ère partie inscrite dans la chaleur humaine à travers un érotisme naturel. A mon sens la partie la plus abordable et juste du film à travers leur fragilité commune à tenter de s'apprivoiser autour du thème sulfureux de la sexualité que Cally s'efforce de dédramatiser auprès du jeune Darkly en proie à une houleuse timidité. L'intérêt de l'intrigue résidant dans l'évolution psychotique de celui-ci terriblement influençable à céder aux préceptes de Dieu et aux discours de ses parents (qu'il s'imagine à travers ses visions morbides) et d'une étrangère (résidant également seule dans les bois) afin de purger son affres de la luxure. Brendan Fraser, dans un rôle à contre-emploi, s'avérant tout à fait convaincant de fragilité démunie et de complexité névrotique en victime complexée tributaire d'une idéologie obscurantiste. Quand bien même Ashley Judd lui partage la vedette avec une tendre complicité humaine eu égard de son véritable attachement pour sa présence candide dénuée de vice et de méchanceté. Tout du moins c'est une première impression assumée lors de leurs tièdes rapports amiteux qu'elle s'efforce de lui enseigner dans l'échange, le respect, la confiance et la compréhension de l'autre.


Oeuvre baroque à la fois déroutante, tendre, lascive, poétique et horrifiante, Darkly Noon s'efforce de nous proposer une expérience inusitée à travers son refus du conformisme, et ce en y dénonçant avec provocation la schizophrénie du fanatisme religieux. Pour autant, on aurait peut-être préférer une trajectoire narrative un peu plus captivante et passionnante pour le qualifier d'incontournable (à l'instar des splendides L'Enfant Miroir et de Heartless). Mais en l'état il reste néanmoins assez fascinant, impressionnant et inquiétant pour s'y replonger plus tard d'une manière sans doute plus fréquentable et familière.

*Bruno
3èx

mercredi 20 mai 2020

Un homme parmi les loups

                                                 Photo empruntée sur Google, appartenant au site Senscritique.com

Walt Disney Pictures presents: "Never Cry Wolf" de Carroll Ballard. 1983. U.S.A. 1h45. Avec Charles Martin Smith, Brian Dennehy, Zachary Ittimangnaq, Samson Jorah, Tom Dahlgren.

Sortie salles France: 4 Avril 1984. U.S: 27 Janvier 1984

FILMOGRAPHIECarroll Ballard est un réalisateur américain, né le 14 octobre 1937 à Los Angeles. 1979 : L'Étalon noir. 1983 : Un homme parmi les loups. 1986 : Nutcracker: The Motion Picture. 1992 : Wind. 1996 : L'Envolée sauvage. 2005 : Duma.


L'Arctique est victime d'une catastrophe biologique : les troupeaux d'élans que l'on comptait jadis par million ont aujourd'hui disparu. Une étude est en cours pour justifier scientifiquement l'extermination du coupable présumé, une créature décrite dans les légendes comme une bête féroce : canis lupus dit le loup. Etant donné les difficultés extrêmes, aucun scientifique n'a pu observer un loup attaquer et tuer un élan. Le projet Lupus consistait à envoyer quelqu'un dans l'Arctique pour suivre une meute de loups et observer son comportement en détail.

Choc formel d'une émotion à la fois capiteuse et ensorcelante, de par le score envoûtant de Mark Isham et de ses vastes panoramas enneigés auquel subsistent un scientifique et une meute de loups sauvages, Un homme parmi les loups est une expérience naturaliste renouant avec notre instinct de survie. Tant et si bien qu'en observant la coexistence quotidienne de loups livrés à eux mêmes, Tyler témoignera de leur pureté morale à respecter la faune et la flore dans une harmonie autonome. Et ce en dépit de l'hypocrisie de l'homme délibéré à les incriminer depuis la disparition en masse des caribous. Mais dépêché sur les lieux en Arctique, Tyler témoignera de la déférence de ces loups pour autrui (même auprès de l'homme observateur adoptant une similaire ligne de conduite morale au fil de son apprentissage !) si bien que seuls les animaux malades feront les frais d'un sacrifice alimentaire.


Ce sentiment planant de solitude exaltant, cette sensation de dépaysement au sein d'un faste environnement d'un flegme rassurant; Carroll Ballard les transfigurent par le biais de sa mise en scène précisément documentée. Notamment en filmant au plus près des corps les animaux livrés le plus souvent dans l'improvisation afin de ne pas dénaturer leurs conditions de vie sauvages au sein de températures réfrigérantes. C'est dire si Un homme parmi les loups parvient à nous faire oublier sa facture cinégénique pour mieux nous immerger dans une expérience humaine hors du commun. Celle de renouer avec notre instinct de survie et du respect d'autrui au sein d'une nature épurée que Tyler apprivoise entre fascination et curiosité, amour et (immodérée) considération. Ainsi, de par son épreuve de longue haleine à étudier l'animal incriminé et son amour naissant pour lui (respectant qui plus est sa communauté avec une loyauté indéfectible !), Un homme parmi les loups établit un parallèle avec la cupidité de l'homme dit civilisé (en ligne de mire le pilote de Tyler entrevu lors du prologue et de l'épilogue) perdu depuis des millénaires dans son matérialisme et son désir de destruction en y bafouant l'écologie pour des enjeux capitalistes ou pour son propre loisir de chasse.


Réapprendre à survivre et à vivre dans la plus stricte simplicité pour redevenir "homme".
Spectacle enchanteur sans fioriture où le sentiment d'indépendance reprend tous ses droits au sein d'une nature sauvage en harmonie avec sa simplicité existentielle, Un homme parmi les loups se décline en hymne (lyrique) à la flore et la faune à travers l'innocence du loup vivant paisiblement avec lui même grâce à sa dignité auprès de l'équilibre écologique. Quand bien même l'homme oisif, car rendu capricieux par son confort et sa technologie perdurera sa soif de profit de par son arrogance mégalo à exploiter l'animal jusqu'à sa prochaine disparition. Tristement actuel donc pour un chef-d'oeuvre estampillé Disney (!!!???) éclos en 1983. 

*Bruno

Je me souviens
De mes petites aventures
De ces peurs
Qui me paraissaient insurmontables
De ces choses
Que je devais à tous prix atteindre
En fait, une seule chose importe
Cette chose, c'est
De vivre pour voir le jour se lever
Et la lumière inonder la terre
Chant inuit.

mardi 19 mai 2020

Le Faiseur d'Epouvante (Uncut Version)

                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Manitou" de William Girdler. 1978. U.S.A./Canada. 1h43. Avec Tony Curtis, Michael Ansara, Susan Strasberg, Stella Stevens, Jon Cedar, Ann Sothern, Burgess Meredith.

Sortie le 11 Septembre 1985.

FILMOGRAPHIE: William Girdler est un compositeur, producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 22 Octobre 1947 à Louisville, dans le Kentucky aux États-Unis, et décédé le 21 Janvier 1978 à Manille aux Philippines. 1972 : Three on a Meathook. 1974: Quand la ville tremble. Abby. 1975: l'Antre de l'horreur. 1975: Sheba Baby. 1976: Grizzly. Project: Kill. 1977: Day of the Animals. 1978: Le Faiseur d'Epouvantes.


Le Faiseur d'Epouvante est l'ultime oeuvre de William Girdler, réalisateur discret disparu trop tôt, modeste faiseur de série B a qui l'on doit d'autres scripts aussi insensés mettant en scène de féroces agressions animales (GrizzlyDay of the Animals). Le pitch: Karen est une jeune femme de 28 ans sans histoire, jusqu'au jour où une forme inédite de tumeur semble apparaître sur son dos. Après divers examens, cette protubérance serait en faite un foetus humain, la réincarnation d'un médecin sorcier indien surnommé Manitou. Karen, prise de marasme est sur le point d'accoucher ! Planquez vos totems, l'horreur peut commencer ! Redécouvrir aujourd'hui (pour la seconde fois pour ma part) Le Faiseur d'épouvante concocté dans un part-pris ludique s'avère d'autant plus fun et parfois jouissif que ce projet tiré à la base du roman de Graham Masterson serait bâti sur un fait-divers (littéralement improbable) ! Tout du moins c'est que le générique de fin nous averti lorsque en 1969 un jeune garçon natif de Tokyo développa une tumeur à la poitrine qui s'avéra finalement un foetus humain après avoir grossi de manière disproportionnée !!! C'est donc à travers cet argument saugrenu que le réalisateur brode son récit mystico-horrifique fondé sur une légende indienne. Clairement influencé par l'Exorciste et autre Malédiction instaurés lors des Seventies, le Faiseur d'Epouvante  fleure bon la série B dégingandée à travers une pléthore de clichés et situations ubuesques irrésistiblement débridés.


A l'instar du personnage de Mme Gertz subitement transie par l'esprit du Manitou pour gesticuler des rimes satanistes en mode délurée face à Tony Curtis ébaubi de stupeur ! La mamie concourant aux mimiques grimaçantes à travers son simulacre de "danse indienne" pour léviter ensuite au dessus du sol et se projeter violemment contre les barres d'une rampe d'escalier par une force invisible ! Impossible donc de garder son flegme et son sérieux face à cette séquence involontairement parodique de par son sarcasme semi cartoonesque. Quand bien même Tony Curtis se fond dans le corps d'un voyant bonimenteur à travers sa blouse noire de mage imprimée de signes astraux ! Ainsi, à travers sa verve truffée d'ironie assumée (on se croirait presque par moments dans Amicalement Votre !), on ne peut s'empêcher de s'amuser de son tempérament décontractée, quand bien même au fil d'une progression dramatique, il tentera vainement de nous susciter une appréhension en crescendo au fil d'évènement délétères échappant à tout le personnel médical. Les autres seconds-rôles (médecins, infirmières, sorcier indien et victime possédée du manitou) endossant cette similaire sobriété semi parodique dans leur désir de nous transmettre  angoisse et effroi face à une damnation spirituelle à grande échelle. Et à ce niveaude trouillomètre, le final bordélique vaut son pesant de cacahuètes lorsque la victime accouchera finalement du manitou (nabot qui plus est !!!) déployant une armada de pouvoirs surnaturels à travers ses mimiques aussi renfrognées qu'impassibles. Tant auprès du corps médical sévèrement brimé par ses forces occultes que du cadre hospitalier transformé en palais réfrigérant !


Y'a t'il un exorciste indien pour sauver l'hôpital en furie ?
Franchement facétieux à travers sa matière purement ludique flirtant avec le ridicule, le Faiseur d'Epouvante devrait séduire (et enthousiasmer) les amateurs de nanars impayables à travers son pitch à la fois débridé et (parfois même) fascinant, notamment pour converger à un final en fanfare résolument stellaire et déjanté. Quant à l'avenante présence de Tony Curtis (épaulé de sérieux acolytes aussi imperturbables !), on se demande quelle mouche a bien pu piquer le réalisateur pour l'enrôler dans une caricature aussi ironique qu'extravagante ! ? En tous état de cause, son attachante présence rehausse l'attrait bonnard de cette improbable production hollywoodienne surfant sur la démonologie (ici) indienne à l'aide d'FX cheaps grand-guignolesques (estampillés Tom Burman, excusez du peu !.

*Bruno
2èx
05/2020
03/2011. 276 v

lundi 18 mai 2020

L'Immortel

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Marco D'Amore. 2019. Italie. 1h55. Avec Marco D'Amore, Giuseppe Aiello, Salvatore D'Onofrio, Giovanni Vastarella, Marianna Robustelli, Martina Attanasio.

Sortie salles Italie: 5 Décembre 2019

FILMOGRAPHIE: Marco D'Amore est un acteur , réalisateur et scénariste italien, né le 12 Juin 1981 à Caserta. 2019: Gomorrah ( Gomorrah - La série , série TV, 2 épisodes). 2019: L'immortel


“La vie est une tragédie Prends-la à bras le corps.”
Spin-off de la série référence Gomorra créé par Stefano Sollima (nouveau maître en la matière); l'Immortel est un trait-d'union entre la saison 4 et 5 à travers le personnage de Ciro réchappé miraculeusement de la mort (apprendra t'on lors du concis prologue). Accueilli en Lettonie par son ami d'enfance Bruno, il décide de s'associer avec un ponte de la mafia russe, quand bien même au gré de flash-back nous connaîtrons un passage de son enfance douloureuse en compagnie de Bruno et de Stella, la jeune compagne de ce dernier. Réalisé par l'acteur himself Marco D'Amore, l'Immortel ne déçoit nullement pour tous les aficionados de Gomorra. Série mafieuse ultra noire de par son intensité dramatique en crescendo déployant un lyrisme élégiaque, et par son ultra violence escarpée où chacun des personnages peut trépasser à tous moments. Tant et si bien qu'en exploitant ici une intrigue à la fois efficace et charpentée, Marco D'Amore parvient à relancer les enjeux de la sais 4 de Gomorra par l'entremise du récalcitrant Ciro Di Marzio (toujours aussi magnétique de charisme lestement délétère !).


Peut-être l'un des plus grands anti-héros de la TV et (aujourd'hui) du cinéma eu égard de l'empathie inévitable qu'on lui éprouve pour son profil juvénile sobrement dévoilé sous l'impulsion du courage, de la fidélité et de la loyauté. Le réalisateur adoptant un regard à la fois poignant et bouleversant sur les valeurs de l'amitié et de l'amour (sa relation paternelle avec Bruno et celle, sentimentalement improbable avec Stella) et de la famille que Ciro ne peut aujourd'hui cristalliser dans sa condition de corrupteur notoire. D'une intensité émotionnelle aussi aigue que celle de la série à travers son climat mélancolique chamarré d'une partition sensitive, le passé infantile de Ciro refait donc surface notamment pour y révéler un trait d'union avec les évènements actuels décrits sans fioritures. Marco D'Amore allant droit à l'essentiel pour parfaire ses nouveaux personnages véreux et y structurer une intrigue plus subtile quant à la résolution de sa tournure dramatique si je fais référence à un personnage clef de l'histoire.  Ainsi, à travers les thèmes de la trahison, de la concertation et de la corruption, trois éléments indissociables à tous réseaux mafieux; le réalisateur y transfigure son propre portrait véreux avec un humanisme à la fois mortifié, placide et désespéré. Notamment si je me réfère à ses tièdes rapports sentimentaux auprès d'une jeune fille réticente au premier abord mais davantage fascinée pour sa loyauté amicale et son instinct protecteur.


Superbement réalisé par un Marco D'Amore parfaitement inspiré pour y dépeindre 2 passionnantes intrigues afin d'asseoir la nouvelle réputation de Ciro (avec même un bouleversant clin d'oeil au western spaghetti lors de son épilogue à fin ouverte !), l'Immortel baigne dans une ensorcelante acuité mélancolique (belle à en pleurer) pour y tailler (sans effets de manche) le profil d'un salopard récalcitrant aussi équivoque qu'extraordinairement attachant. A ne pas rater pour tous les amoureux d'épopée mafieuse spécialement transalpine.  

*Bruno

vendredi 15 mai 2020

Empreinte de Dracula (l')

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"El Retorno de Walpurgis" de Carlos Aured. 1973. Espagne. 1h24. Avec Paul Naschy, Fabiola Falcón, Maritza Olivares, José Manuel Martín, Eduardo Calvo.

Sortie salles France: 2 Février 1975

FILMOGRAPHIE:  Carlos Aured (Los Alcázares, Murcie, 22 janvier 1937 - Dénia, 3 février 2008) est un réalisateur et scénariste espagnol. 1972 : El espanto surge de la tumba. 1973 : La venganza de la momia. 1973 : El retorno de Walpurgis. 1973 : Los ojos azules de la muñeca rota. 1974 : La noche de la furia. 1974 : Los fríos senderos del crimen. 1977 : Susana quiere perder... eso. 1981 : El fontanero, su mujer y otras cosas de meter. 1981 : Apocalipsis sexual. 1981 : La frígida y la viciosa. 1982 : De niña a mujer. 1982 : Leviatán. 1983 : El hombre del pito mágico. 1983 : El enigma del yate. 1984 : Atrapados en el miedo. 1997 : Se fue. 1997 : Alien Predator.


Endossé par l'inénarrable Paul Naschy; une curiosité ibérique Z à découvrir d'un oeil distrait uniquement pour son esthétisme gothique et sa nature tantôt onirique éclairés d'une jolie photo sépia. Mais le reste s'apparente hélas à de la vacuité. Joli gâchis narcotique donc.

P.S: ne cherchez pas une quelconque empreinte vampirique, il y est question de malédiction lycanthrope démanchée d'un montage catastrophique.

*Bruno
2èx

jeudi 14 mai 2020

The Sorcerers

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Pinterest.com

"La Créature Invisible" de Michael Reeves. 1967. Angleterre. 1h26. Avec Boris Karloff, Catherine Lacey, Ian Ogilvy, Élisabeth Ercy, Victor Heny.

Sortie salles France: 12 (ou 19) Avril 1967

FILMOGRAPHIE: Michael Reeves est un réalisateur, producteur et scénariste anglais né le 17 Octobre à Sutton, Surrey, décédé le 11 février 1969 à Londres. 1968: Le grand inquisiteur. 1967: La créature invisible. 1966: The She Beast. 1964: Le château des morts vivants (non crédité).


Oeuvre culte invisible depuis des lustres que Neo Publishing eut l'aubaine d'éditer en Dvd dans nos contrées, The Sorcerers est un divertissement transgressif d'une perversité franchement couillue. Eu égard du profil peu recommandable d'un couple de personnes âgées s'en prenant à un jeune quidam afin d'exaucer leurs fantasmes les plus licencieux. Et ce à travers leur procédé révolutionnaire de l'hypnose que ceux-ci parviennent à parfaire lorsqu'il s'agit d'exploiter à distance télépathique un pauvre cobaye tributaire de leurs désirs les plus dérogatoires. Mais c'est surtout du point de vue subitement castrateur de l'épouse assaillie de rancune et de colère à travers sa condition sociale précaire que The Sorcerers adopte une tournure littéralement dramatique au point d'y enfanter un climat malaisant en crescendo.


La mégère décatie jubilant à l'idée de se fondre dans le corps du jeune sujet; allant même jusqu'à y commettre des exactions meurtrières irréversibles à travers sa haine misogyne. Quand bien même l'époux (endossé par un Boris Karloff à la mine à la fois confuse et sentencieuse) s'efforce de raisonner cette dernière soudainement habitée de pulsions perverses insoupçonnées. C'est donc une intrigue à la fois efficace, inquiétante et haletante que nous décrit l'illustre Michael Reeves (le Grand Inquisiteur reste dans toutes nos mémoires) à travers sa mise en scène documentée si bien que parfois nous avions la trouble impression d'assister à un reportage expérimental ! D'une violence malsaine lors des séquences les plus cinglantes; The Sorcerers dégage une atmosphère méphitique en la présence de ce couple du 3è âge sombrant dans une dégénérescence morale incontrôlée. Au-delà de toutes ses qualités précitées, on peut toutefois déplorer la pauvreté des décors urbains un peu trop blafards à mon sens ainsi qu'une partition musicale archaïque plutôt en décalage avec l'action décrite.


Rien de bien préjudiciable pour autant si bien que The Sorcerers s'enracine dans nos mémoires pour son propos "mad" à dévoiler librement nos bas instincts du point de vue du 3è âge (tant réputé pour leur nature aussi paisible que docile quant à l'appréhension de leur proche trépas). Et ce en allant jusqu'au bout de son sujet scabreux au point d'y sacrifier l'innocence galvaudée. 

*Bruno
2èx

mercredi 13 mai 2020

Wonder

                                                          Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Stephen Chbosky. 2017. U.S.A. 1h53. Avec Julia Roberts, Owen Wilson, Jacob Tremblay, Izabela Vidovic, Noah Jupe

Sortie salles France: 20 Décembre 2017

FILMOGRAPHIEStephen Chbosky est un écrivain, réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 25 janvier 1970 à Pittsburgh, États-Unis. 1995 : The Four Corners of Nowhere. 2012 : Le Monde de Charlie. 2017 : Wonder.


En avançant vers la scène j'avais l'impression de flotter. Mon coeur battait tellement vite. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi on me donnait une médaille. C'est pas comme si j'avais détruit l'étoile de la mort. Tout ce que j'avais fait, c'était de passer dans la classe supérieure comme les autres. En faite, c'est peut-être justement ça le problème. C'est qu'en vérité je ne suis pas si ordinaire que ça. Mais si on pouvait entrer dans la tête des gens, on se rendrait peut-être compte que personne ne l'est, et qu'on mérite tous une standing ovation. Au moins une fois dans notre vie. C'est le cas de mes amis, mes professeurs, ma soeur qui a toujours été là pour moi, mon père qui essaie toujours de nous faire rigoler, et surtout ma maman qui n'abandonne jamais rien, ni personne, particulièrement moi. Ca illustre un peu le dernier précepte de Mr Browne. "Soyons bons envers autrui car chacun mène un dur combat. Et si vous voulez voir le vrai visage des gens, il vous suffit de les regarder".


De par son casting saillant typiquement hollywoodien et son thème éculé alloué au droit à la différence, Wonder avait de quoi laisser perplexe quant à l'intégrité de son contenu mélodramatique. Un genre qui plus est souvent discrédité (parfois à raison) par les pisse-froids, machistes ou intellos, faute de bons sentiments hyperboliques que certains réalisateurs n'hésitent pas (il est vrai !) à exploiter lors d'une émotion programmée. C'est donc après 2 ans d'hésitation que je me suis enfin défier à me lancer dans l'aventure humaine. Principalement grâce à 2 bouches à oreilles aussi conquises qu'enthousiasmées par sa douce poésie existentielle et sa tendre émotion. Alors que je considère personnellement son précédent métrage comme l'un des plus beaux Teen movies jamais réalisés (le Monde de Charlie est à trôner à proximité de Breakfast Club et de Sprink Breaker), Stephen Chbosky persévère à aborder les thèmes du malaise adolescent. De l'acceptation de soi et des autres, de sa description cruelle sur l'intimidation des plus turbulents et de la difficulté à s'adapter en milieu scolaire en la présence ici d'un étranger physiquement difforme. Dans la mesure où celui-ci souffre depuis sa naissance d'une malformation faciale prénommée le syndrome de Treacher Collins. Si on songe instinctivement au splendide Mask de Peter Bogdanovitch lors de sa première partie initiatique qu'Auggie affronte timidement auprès des cours scolaire et en interne de la cour de récré, Wonder ne se focalise pas uniquement sur ce souffre-douleur infantile.


Car outre l'intérêt de son profil torturé à se disputer sa résilience et son désespoir pour tenir tête à ses adversaires railleurs (tout en apprenant à pardonner certaines trahisons), Stephen Chbosky s'intéresse également à l'évolution morale de son entourage amical (son meilleur ami influent mais également ses ennemis jurés) et familial (sa maman poule, son papa débonnaire et sa soeur attentionnée en conflit avec sa meilleure amie). D'une tendresse et d'une sensibilité à fleur de peau, ces portraits d'ados communément fragiles nous bouleversent facilement. Tant pour leur propre fêlure personnelle, leur remise en question, leur désir de faire souffrir l'autre (conscient ou inconscient) afin d'omettre sa propre douleur, leur remord et leur culpabilité, que leur nouveau regard porté sur un enfant d'apparence disgracieux. Qui plus est, sans se complaire dans les bons sentiments sirupeux, Stephen Chbosky se permet d'y inclure une poésie à la fois naturaliste et stellaire au fil du trajet existentiel d'Auggie, notamment parmi les influences de la saga Star Wars qu'il chérit tant. De par la sincérité indéfectible des comédiens assez mesurés dans leurs expressions émotives (qui plus est Julia Roberts s'avère dénuée de fard !), Wonder touche droit au coeur à travers la simplicité de sentiments à la fois pures, contrariés, candides et/ou philanthropes. Sans compter que le jeune Jacob Tremblay ne sombre jamais dans la complaisance du pathos dans sa condition d'exclusion. Bien au contraire, il insuffle une vérité humaine aussi simple que candide à travers son caractère davantage affirmé.


Initiation mature sous couvert d'une leçon de tolérance et d'humanité à propos de l'apprentissage amical et l'importance du regard à tenter de décrypter les visages familiers, Wonder demeure un vortex d'émotions fructueuses parmi les valeurs d'altruisme, d'amour et de compréhension. Un antidépresseur qui revigore, offrant du baume au coeur, en nous donnant envie de nous plonger dans l'oeil de l'autre de manière beaucoup plus fluide, intime, profonde, intègre. Un hymne à la vie en somme, simple mais efficace et débordant de générosité. 

Dédicace à Matthieu Lemercier et à Jérôme André Tranchant
*Bruno

mardi 12 mai 2020

Libido

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Ernesto Gastaldi et Vittorio Salerno. 1965. Italie. 1h25. Avec Giancarlo Giannini, Dominique Boschero, Luciano Pigozzi, Mara Maryl.

Sortie salles France: 24 Août 1966

FILMOGRAPHIE: Ernesto Gastaldi est un scénariste et réalisateur italien né le 10 Septembre 1934. 1984: La fine dell'eternità. 1981 La force du mal. 1971 La lunga spiaggia fredda. 1968 Pour une poignée de diamants. 1965 Libido (as Julian Berry).
Vittorio Salerno est un réalisateur et scénariste italien, né le 18 Fevrier 1937 à Milan, décédé le 5 Juillet 2016. 1981: La force du mal. 1975 Fango bollente. 1973 No il caso è felicemente risolto. 1965 Libido (as Victor Storff).


Formidable thriller transalpin aussi rare que méconnu (si bien que j'ignorai même son existence jusqu'à ce jour), Libido emprunte clairement la voie du suspense hitchcockien à travers une intrigue efficacement menée, à défaut d'y transcender le genre. Tourné en noir et blanc dans un décor domestique tantôt gothique, tantôt baroque (la salle des miroirs), Libido nous relate l'épineuse réinsertion sociale de Christian après qu'il eut été traumatisé par le meurtre de la maîtresse de son père que ce dernier perpétra 20 ans plus tôt. Délibéré à expurger ses démons en retournant dans la demeure de son enfance en compagnie de sa compagne Hélène, Paul son tuteur puis Brigitte, l'amie de celui-ci, Christian semble céder à une paranoïa psychotique au fil d'évènements inexpliqués suggérant le fantôme de son paternel. S'agit-il d'une machination intentée par son entourage ? De la folie progressive de Christian en perte de repères ? Ou d'une simple cause surnaturelle ? Sans compter que le corps du père de Christian ne fut jamais retrouvé au moment de son suicide en mer !


Sobrement interprété par un quatuor de comédiens au profil aussi suspicieux que rassurant, Libido fait donc naître le doute quant à leurs intentions louables ou délétères au fil d'une progression du suspense davantage alerte et oppressante. Et si la première heure correctement emballée ne dépasse pas le cadre de l'honorable divertissement à travers le côté (faussement) prévisible de sa trajectoire éculée, son ultime demi-heure fertile en rebondissements remet bien les pendules à l'heure pour véritablement nous surprendre au gré d'une tournure dramatique d'une audace aussi nihiliste qu'amorale. L'ensemble des péripéties s'avérant cohérent quant Spoil ! aux mobiles délétères de personnages cupides jouant l'indépendance fin du Spoil, quand bien même Christian est poussé à se remettre en question à travers sa nouvelle posture de présumé coupable ! C'est dire si le duo de réals Ernesto GastaldiVittorio Salerno s'y entend pour y parfaire leur thriller hitchcockien dans un savant dosage de cruauté, de convoitise, d'injustice et de perversité.


Vénéneuse intrigue cupide jalonnée de visions macabres et de détails insolites formidablement judicieux (la complicité sardonique du jouet musical !) au sein d'une demeure archaïque au passé trouble, Libido exploite lestement le thriller hitchcockien sous l'impulsion d'un sobre casting encore  plus convaincant lorsque les masques tombent lors d'un concours de fourberies ! Chaudement recommandé donc. 

Dédicace à Thierry Savastano
*Bruno