mardi 12 mai 2020

Libido

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Ernesto Gastaldi et Vittorio Salerno. 1965. Italie. 1h25. Avec Giancarlo Giannini, Dominique Boschero, Luciano Pigozzi, Mara Maryl.

Sortie salles France: 24 Août 1966

FILMOGRAPHIE: Ernesto Gastaldi est un scénariste et réalisateur italien né le 10 Septembre 1934. 1984: La fine dell'eternità. 1981 La force du mal. 1971 La lunga spiaggia fredda. 1968 Pour une poignée de diamants. 1965 Libido (as Julian Berry).
Vittorio Salerno est un réalisateur et scénariste italien, né le 18 Fevrier 1937 à Milan, décédé le 5 Juillet 2016. 1981: La force du mal. 1975 Fango bollente. 1973 No il caso è felicemente risolto. 1965 Libido (as Victor Storff).


Formidable thriller transalpin aussi rare que méconnu (si bien que j'ignorai même son existence jusqu'à ce jour), Libido emprunte clairement la voie du suspense hitchcockien à travers une intrigue efficacement menée, à défaut d'y transcender le genre. Tourné en noir et blanc dans un décor domestique tantôt gothique, tantôt baroque (la salle des miroirs), Libido nous relate l'épineuse réinsertion sociale de Christian après qu'il eut été traumatisé par le meurtre de la maîtresse de son père que ce dernier perpétra 20 ans plus tôt. Délibéré à expurger ses démons en retournant dans la demeure de son enfance en compagnie de sa compagne Hélène, Paul son tuteur puis Brigitte, l'amie de celui-ci, Christian semble céder à une paranoïa psychotique au fil d'évènements inexpliqués suggérant le fantôme de son paternel. S'agit-il d'une machination intentée par son entourage ? De la folie progressive de Christian en perte de repères ? Ou d'une simple cause surnaturelle ? Sans compter que le corps du père de Christian ne fut jamais retrouvé au moment de son suicide en mer !


Sobrement interprĂ©tĂ© par un quatuor de comĂ©diens au profil aussi suspicieux que rassurant, Libido fait donc naĂ®tre le doute quant Ă  leurs intentions louables ou dĂ©lĂ©tères au fil d'une progression du suspense davantage alerte et oppressante. Et si la première heure correctement emballĂ©e ne dĂ©passe pas le cadre de l'honorable divertissement Ă  travers le cĂ´tĂ© (faussement) prĂ©visible de sa trajectoire Ă©culĂ©e, son ultime demi-heure fertile en rebondissements remet bien les pendules Ă  l'heure pour vĂ©ritablement nous surprendre au grĂ© d'une tournure dramatique d'une audace aussi nihiliste qu'amorale. L'ensemble des pĂ©ripĂ©ties s'avĂ©rant cohĂ©rent quant Spoil ! aux mobiles dĂ©lĂ©tères de personnages cupides jouant l'indĂ©pendance fin du Spoil, quand bien mĂŞme Christian est poussĂ© Ă  se remettre en question Ă  travers sa nouvelle posture de prĂ©sumĂ© coupable ! C'est dire si le duo de rĂ©als Ernesto GastaldiVittorio Salerno s'y entend pour y parfaire leur thriller hitchcockien dans un savant dosage de cruautĂ©, de convoitise, d'injustice et de perversitĂ©.


VĂ©nĂ©neuse intrigue cupide jalonnĂ©e de visions macabres et de dĂ©tails insolites formidablement judicieux (la complicitĂ© sardonique du jouet musical !) au sein d'une demeure archaĂŻque au passĂ© trouble, Libido exploite lestement le thriller hitchcockien sous l'impulsion d'un sobre casting encore  plus convaincant lorsque les masques tombent lors d'un concours de fourberies ! Chaudement recommandĂ© donc. 

Dédicace à Thierry Savastano
*Bruno

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