(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Troisième révision de La Cérémonie, suspense hitchcockien conjugué au drame psychologique sous la mise en scène du maître du cinéma français, Claude Chabrol.
On peut rappeler que La Cérémonie fut réalisée en 1995 et qu'à cette époque, nous étions encore capables de produire de véritables propositions personnelles, impeccablement maîtrisées. D'autant plus que lorsque l'on a affaire à des actrices aussi réputées que Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert, La Cérémonie ne peut que renforcer le sentiment d'assister à un grand moment de cinéma, tant les deux comédiennes bouffent littéralement l'écran dans leur interprétation saisissante de bonnes à tout faire, à la fois incultes et ignorantes, d'autant plus que Sophie, interprétée par Sandrine Bonnaire, est dyslexique.
On peut rappeler que La Cérémonie fut réalisée en 1995 et qu'à cette époque, nous étions encore capables de produire de véritables propositions personnelles, impeccablement maîtrisées. D'autant plus que lorsque l'on a affaire à des actrices aussi réputées que Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert, La Cérémonie ne peut que renforcer le sentiment d'assister à un grand moment de cinéma, tant les deux comédiennes bouffent littéralement l'écran dans leur interprétation saisissante de bonnes à tout faire, à la fois incultes et ignorantes, d'autant plus que Sophie, interprétée par Sandrine Bonnaire, est dyslexique.
Or, Sophie se retrouve confrontée à une véritable lutte des classes dans la mesure où elle exerce ses fonctions de domestique auprès d'une famille bourgeoise, les Lelièvre, interprétés avec beaucoup de caractère et de prétention par Jean-Pierre Cassel, Jacqueline Bisset, Virginie Ledoyen et le jeune Valentin Merlet.
Ainsi donc, La Cérémonie glace particulièrement le sang au fil d'un récit vénéneux, reptilien, puisque Claude Chabrol accorde toute son attention à la caractérisation psychologique particulièrement fébrile et fragile de Sophie et Jeanne, qui vont peu à peu nourrir une rancune particulièrement tenace et dangereuse envers cette classe bourgeoise que symbolisent les Lelièvre.
Et à elles deux, elles vont progressivement s'adonner à une vengeance expéditive jusqu'à commettre l'irréparable. C'est ce qui fait toute la gravité de cet implacable récit criminel, qui fait franchement froid dans le dos lorsque l'on songe qu'un esprit décervelé, inculte et ignorant pourrait peut-être un jour basculer, comme Sophie et Jeanne, dans une violence meurtrière, faute de pouvoir supporter plus longtemps leur frustration et leur complexe d'infériorité.
Car c'est bien ce complexe qu'elles répugnent à reconnaître et qu'elles finissent par ne plus supporter, au point d'écraser et d'effacer toute une famille qui, elle-même, ne parvient jamais véritablement à comprendre leurs codes, faute de connaître leur situation sociale, leurs frustrations et leur manière d'appréhender le monde.
Et l'on ressent bien, dans La Cérémonie, cet énorme fossé qui sépare Jeanne et Sophie de cette famille altière, incapable de comprendre les us et coutumes de ces deux femmes recroquevillées dans une sorte de divertissement intime et personnel, notamment en s'abreuvant d'émissions futiles à la télévision, auxquelles Claude Chabrol revient fréquemment durant tout le récit.
Le cinéaste se focalise ainsi régulièrement sur ce téléviseur 4:3 reproduisant des émissions de divertissement peu nourrissantes, devant lesquelles Sophie semble hypnotisée par les images qui défilent. Cette télévision devient alors presque le miroir d'un enfermement intellectuel et social, tandis que, de l'autre côté, les Lelièvre évoluent dans un univers où les livres, la musique, l'art et la culture constituent leur environnement naturel.

Au final, La Cérémonie est un grand thriller psychologique de Claude Chabrol, probablement l'un de ses films les plus impactants, les plus saisissants et les plus forts dans la dimension dramatique de cette descente aux enfers et dans la dimension psychologique de cette lutte des classes impitoyable et méprisable, que Claude Chabrol ausculte pourtant avec pas mal d'humour.
Notamment dans ce rebondissement final, très bien vu, bien amené, qui reconsidère une partie du récit vis-à -vis des rapports entre Jeanne et Mélinda, interprétée par la douce et suave Virginie Ledoyen, tout à fait naturelle dans son rôle à la fois affirmé et néanmoins fragile, notamment au prisme de sa relation avec son petit ami.
Notamment dans ce rebondissement final, très bien vu, bien amené, qui reconsidère une partie du récit vis-à -vis des rapports entre Jeanne et Mélinda, interprétée par la douce et suave Virginie Ledoyen, tout à fait naturelle dans son rôle à la fois affirmé et néanmoins fragile, notamment au prisme de sa relation avec son petit ami.
La Cérémonie correspond donc à du vrai cinéma à l'ancienne. Et ne serait-ce que pour l'interprétation sidérante de spontanéité et d'hostilité de Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert, communément effrayantes, c'est à ne rater sous aucun prétexte.
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