vendredi 11 juillet 2025

On ira de Enya Baroux. 2025. France. 1h37.

                                                          (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via Google, provenant du site imdb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives).
                                                             
                                                                                         Top 2025 en tĂŞte de peloton. 

"On ira : partir en douceur, vivre en éclats".
Abordant la polĂ©mique - du moins chez nous - de l’euthanasie Ă  travers le portrait d’une mamie moribonde, atteinte d’un cancer de stade 4 incurable, On ira emprunte le chemin de la comĂ©die dramatique pour nous Ă©pargner la sinistrose avec une grâce que rien ne laissait prĂ©sager.

Impeccablement portĂ© par des comĂ©diens mĂ©connus ou discrets dans notre paysage cinĂ©matographique - Ă  l’exception de l’Ă©patant Pierre Lottin (En Fanfare), en second rĂ´le altruiste au jeu tranquille, littĂ©ralement dĂ©pouillĂ© - On ira est ce genre de pĂ©pite indĂ©pendante surgie de nulle part (il s’agit d’ailleurs de la première rĂ©alisation d’Enya Baroux) qui, in fine, se rĂ©vèle aussi prĂ©cieuse que lumineuse. Chacun des interprètes se glisse dans son rĂ´le sans la moindre affĂ©terie, avec un naturel dĂ©sarmant de vĂ©ritĂ© humaine.

Mention spĂ©ciale Ă  la jeune Juliette Gasquet, prix d’interprĂ©tation mĂ©ritĂ© Ă  la clĂ©, dont le tempĂ©rament explosif irradie l’Ă©cran avec une intensitĂ© brute, troublante de sincĂ©ritĂ©, jusqu'aux larmes.

TruffĂ© d’humour corrosif, de bons sentiments exaltants et d’une tendresse infinie pour ses personnages aussi ordinaires que profondĂ©ment bienveillants, On ira irrigue ce road movie dĂ©tendu d’ondes positives… puis nĂ©gatives, Ă  mesure que les proches familiaux, au fil du pĂ©riple, dĂ©couvrent cette vĂ©ritĂ© funeste, difficile Ă  accepter de prime abord.
 

Hymne Ă  la vie, Ă  la communion fraternelle et familiale - et surtout Ă  la libertĂ© de choisir sa fin dans la dignitĂ© - On ira nous foudroie d’une flèche en plein cĹ“ur, lĂ  oĂą on ne l’attend jamais. Tant la rĂ©alisatrice, profondĂ©ment investie, veille avec dĂ©licatesse sur l’Ă©volution morale de ses protagonistes, moteurs d’un rĂ©cit alarmiste qu’elle maĂ®trise avec une acuitĂ© rare. Elle saisit, avec pudeur et clartĂ©, la contradiction des sentiments - entre le cocasse et le furibond - dans un dĂ©pouillement de ton qui force le respect.

On ira milite Ă©videmment avec luciditĂ© pour le droit Ă  l’euthanasie, tout en questionnant le sens de la mort, que les proches apprennent Ă  approcher puis Ă  accepter, Ă  travers une initiation douce Ă  une maturitĂ© plus lumineuse.

InĂ©vitablement bouleversant, puis dĂ©chirant, On ira s’Ă©lève dans un final anthologique, apothĂ©ose Ă©motionnelle en feu d’artifice cathartique, ciselĂ© dans une pudeur taiseuse. Le film laisse une empreinte terrible au cĹ“ur : celle d’avoir cĂ´toyĂ© - en un temps trop furtif - une famille humble, unie, d’une chaleur humaine bouleversante, jamais complaisante ni outrancière, dans le respect constant d’une thĂ©matique houleuse, ici abordĂ©e avec un tact et une finesse d’âme que l’actrice HĂ©lène Vincent transcende Ă©galement de sa fragilitĂ© stoĂŻque.

"Et si c'était ça, mourir ? !"
Un des plus beaux films français de 2025.
Ă€ moins qu’il ne s’agisse du plus grand, dans une simplicitĂ© autonome. 

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

RĂ©compenses: Prix d'interprĂ©tation fĂ©minine pour HĂ©lène Vincent et Juliette Gasquet au Festival international du film de comĂ©die de l'Alpe d'Huez 2025.

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