Sortie salles France: 22 Avril 1977. U.S: 3 Novembre 1976
FILMOGRAPHIE: Brian De Palma, de son vrai nom Brian Russel DePalma, est un cinéaste américain d'origine italienne, né le 11 septembre 1940 à Newark, New-Jersey, Etats-Unis. 1968: Murder à la mod. Greetings. The Wedding Party. 1970: Dionysus in'69. Hi, Mom ! 1972: Attention au lapin. 1973: Soeurs de sang. 1974: Phantom of the paradise. 1976: Obsession. Carrie. 1978: Furie. 1980: Home Movies. Pulsions. 1981: Blow Out. 1983: Scarface. 1984: Body Double. 1986: Mafia Salad. 1987: Les Incorruptibles. 1989: Outrages. 1990: Le Bûcher des vanités. 1992: l'Esprit de Cain. 1993: l'Impasse. 1996: Mission Impossible. 1998: Snake Eyes. 2000: Mission to Mars. 2002: Femme Fatale. 2006: Le Dahlia Noir. 2007: Redacted.
AurĂ©olĂ© du Grand Prix Ă Avoriaz un an après sa sortie triomphante (33 millions de dollars de recettes pour un budget de 1 800 000 !), Carrie demeure sans nul doute l’une des plus puissantes adaptations de Stephen King. Un chef-d’Ĺ“uvre du fantastique moderne, d’une rare Ă©motivitĂ© pour un genre traditionnellement vouĂ© Ă terrifier. LittĂ©ralement envoĂ»tĂ© par la prestance iconique de Sissy Spacek, incarnant une souffre-douleur timorĂ©e, Carrie s’affirme avant tout comme un drame psychologique transplantĂ© dans les arcanes d’une Ă©pouvante satanique, orchestrĂ©e par une mĂ©gère fondamentaliste.
Ă€ travers la tragĂ©die de cette lycĂ©enne introvertie, soudainement confrontĂ©e Ă sa pubertĂ© et raillĂ©e par ses camarades, Brian De Palma sonde les abĂ®mes du fanatisme religieux sous l’emprise d’une mère castratrice. Avec une acuitĂ© psychologique bouleversante, il Ă©rige une intrigue baroque, fondĂ©e sur la tĂ©lĂ©kinĂ©sie, que Carrie devra dompter pour exorciser sa colère et accomplir une vengeance dĂ©moniale. Alternant le romantisme fragile de sa relation avec son cavalier et le puritanisme dĂ©ment d’un enseignement maternel dĂ©voyĂ©, De Palma tisse une tension sourde, tiraillĂ©e entre compassion fĂ©brile et angoisse rampante.
Toute cette charge de sentiments contrariĂ©s — compromis entre l’amour pathologique d’une catholique fanatique et la rĂ©volte silencieuse d’une enfant martyrisĂ©e — converge vers un suspense hitchcockien au sein du bal de fin d’annĂ©e… avant l’Ă©ruption sanglante de l’enfer.
Un film d’horreur qui fait pleurer, une fois n’est pas coutume.
SublimĂ© par le score envoĂ»tant de Pino Donaggio et la prĂ©sence gracile, quasi spectrale, de Sissy Spacek, Carrie s’impose comme la quintessence du fantastique contemporain : fusion bouleversante d’Ă©motion meurtrie et d’horreur incandescente, sous le voile d’un fanatisme religieux. MĂ©taphore de la pubertĂ© foudroyĂ©e, tableau cruel de l’adolescence suppliciĂ©e, cette tragĂ©die funèbre s’Ă©lève grâce Ă une mise en scène virtuose, d’une prĂ©cision hitchcockienne. L’anthologique "bal maudit", en particulier, convoque toute la science du suspense de De Palma, exacerbĂ©e par la technique binaire du split screen.
* Bruno
05.03.13. 5èx
Récompense: Grand Prix à Avoriaz et Mention Spéciale pour Sissy Spacek en 1977




Merci pour cette intéressant article sur ce grand film.
RépondreSupprimerRicco
Avec plaisir
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