jeudi 20 juin 2013

Vorace / Ravenous

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site mymediawelt.de

de Antonia Bird. 1999. U.S.A/Angleterre. 1h41. Avec Guy Pearce, Robert Carlyle, Jeffrey Jones, David Arquette, Jeremy Davies, John Spencer, Stephen Spinella.

Sortie salles France: 7 Juillet 1999. U.S: 19 Mars 1999

FILMOGRAPHIE: Antonia Bird est une réalisatrice et productrice anglaise, né en 1959 à Londres.
1994: PrĂŞtre. 1995: De l'amour Ă  la folie. 1997: Face. 1999: Vorace. 2006: The Meat Trade

 
"La Faim des Hommes".
Échec commercial Ă  sa sortie, d’autant plus mĂ©sestimĂ© par une partie de la critique, Vorace est un ovni incongru Ă  la douce folie furieuse. Sous couvert de western au vitriol, le film d’Antonia Bird ose braver ce genre acadĂ©mique en l’infusant d’une horreur pure. Une audace rare, d’autant plus couillue qu’elle s’attaque Ă  un tabou peu explorĂ© Ă  l’Ă©cran : le cannibalisme.

Ă€ partir d’une lĂ©gende indienne profondĂ©ment ancrĂ©e dans le folklore nord-amĂ©ricain, la rĂ©alisatrice s’inspire du Wendigo pour justifier les capacitĂ©s surnaturelles que certains protagonistes dĂ©veloppent — se rĂ©gĂ©nĂ©rer, survivre, affronter frontalement l’ennemi.

Pitch: Durant la guerre amĂ©ricano-mexicaine de 1867, le capitaine John Boyd, dĂ©corĂ© pour sa bravoure, est mutĂ© dans un fort isolĂ©. Sur place, recueilli par le colonel Hart et quelques comparses, il tente de se reconstruire. Jusqu’au jour oĂą surgit Colqhoun, Ă©trange rescapĂ© d’un groupe de voyageurs piĂ©gĂ©s par l’hiver. Il affirme que ses compagnons, acculĂ©s par la faim, ont sombrĂ© dans le cannibalisme… avant qu’un leader autoritaire ne les dĂ©vore tous. Colqhoun prĂ©tend avoir fui juste Ă  temps.

DotĂ© d’un scĂ©nario original, dense et constamment imprĂ©visible, Vorace est une farce macabre, horriblement sarcastique, une parabole cruelle sur l’addiction, le vampirisme et la mĂ©galomanie de l’homme broyĂ© par une sociĂ©tĂ© individualiste. Tour Ă  tour oppressant, terrifiant, haletant, Antonia Bird nous entraĂ®ne dans la chute d’un capitaine rongĂ© par le remords, mais prĂŞt Ă  reconquĂ©rir sa dignitĂ©. ÉreintĂ© par une guerre belliqueuse, ce survivant, qui jadis avait feint la mort pour Ă©chapper Ă  l’ennemi, devra cette fois affronter une menace plus retorse : l’anthropophage.

Dans un climat anxiogène, pesant, Vorace convoque une peur viscĂ©rale — celle d’ĂŞtre mangĂ© par l’homme. Car ici, comme une drogue irrĂ©sistible, celui qui goĂ»te Ă  la chair humaine est condamnĂ© Ă  l’addiction. Telle une philosophie hĂ©doniste dĂ©tournĂ©e, ce cannibalisme devient un art de vivre monstrueux. StoĂŻque, athlĂ©tique, dĂ©vorĂ© par une Ă©nergie carnassière, le cannibale, possĂ©dĂ©, se laisse emporter dans une quĂŞte sanglante vers l’omnipotence. Assassiner les pèlerins, boire leur sang, se repaĂ®tre de leur corps : il ne sait plus vivre autrement.

Cette atmosphère hostile et dĂ©lĂ©tère, Antonia Bird la sculpte Ă  la lame. Sa mise en scène acĂ©rĂ©e, son casting de premier ordre achèvent de cristalliser l’horreur. Robert Carlyle excelle en cannibale cynique, dĂ©nuĂ© de la moindre vergogne, littĂ©ralement habitĂ© par le Mal — son jeu glacĂ© sature l’air d’une tension malsaine. En face, Guy Pearce incarne un capitaine hĂ©sitant, hantĂ©, qui trouvera dans l’Ă©preuve la constance et la rage. Leur affrontement, brutal, devient l’axe incandescent du rĂ©cit, jusqu’Ă  un dernier baroud d’honneur d’une rare sauvagerie.

 
"Cannibale, Mon Frère".
PortĂ© par une partition musicale en contrepoint, troublante et entĂŞtante, et par des paysages naturels Ă  couper le souffle, Vorace accède aujourd’hui au rang de film culte. Son intensitĂ©, sa densitĂ© psychologique, sa noirceur sardonique nous happent dans un western horrifique d’une rare singularitĂ©.

Dédicace à Christophe Cosyns
20.06.13. 3èx
Bruno 

INFO WIKIPEDIA: Définition de Wendigo:

Le wendigo (pluriel : wendigowak / wendigos) est une crĂ©ature surnaturelle, malĂ©fique et cannibale, issue de la mythologie des AmĂ©rindiens algonquiens du Canada, qui s'est Ă©tendue Ă  tout lefolklore d'AmĂ©rique du Nord. Cette lĂ©gende est partagĂ©e par plusieurs tribus amĂ©rindiennes et peut dĂ©signer la transformation physique d'un humain après la consommation de viande humaine comme une possession spirituelle. Le wendigo a aussi renforcĂ© le tabou autour de la pratique du cannibalisme chez ces peuples. Les wendigowak (wendigos) vivent dans les profondeurs de la forĂŞt et apparaissent dans des contes oĂą le surnaturel cĂ´toie des choses inhumaines et atroces. Parmi les histoires qui circulent, ils sont solidement ancrĂ©s dans les lĂ©gendes amĂ©rindiennes oĂą ils tiennent une place importante. De nombreux lieux et lacs portent ce nom, tel le parc national du wendigo, et de nombreuses Ĺ“uvres modernes s'en inspirent dans la littĂ©rature comme au cinĂ©ma, bien que ces wendigowak puissent avoir des caractĂ©ristiques diffĂ©rentes de ceux des lĂ©gendes originelles.


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