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de Rob Zombie. 2007. U.S.A. 1h50. Avec Scout Taylor-Compton, Malcolm McDowell, Tyler Mane, Danielle Harris, Kristina Klebe, Daeg Faerch, Brad Dourif, Sheri Moon Zombie, Hanna Hall, Dee Wallace Stone.
Sortie salles France: 10 Octobre 2007. U.S: 31 Août 2007
FILMOGRAPHIE: Rob Zombie est un chanteur, musicien et réalisateur américain, né le 12 Janvier 1965 à Haverhill, dans le Massachusetts. 2003: House of 1000 Corpses. 2005: The Devil's Rejects. 2007: Werewolf Women of the S.S. (trailer). 2007: Halloween. 2009: Halloween 2. 2012: The Lords of Salem.
Deux ans après sa horde sauvage contemporaine (The Devil’s Rejects), Rob Zombie s’attelle, en 2007, Ă la conception d’une prĂ©quelle/remake du chef-d'Ĺ“uvre inoxydable Halloween. En s’attardant sur l’enfance meurtrie de Michael Myers dans la première partie, il transcende le portrait glaçant d’un psychopathe juvĂ©nile, dĂ©nuĂ© de conscience et de morale, enfant avortĂ© d’une cellule familiale corrompue. Ă€ coups d’ultraviolence tranchante, Zombie adopte une dĂ©marche explicite : figurer les exactions d’un enfant raillĂ©, molestĂ©, dĂ©terminĂ© Ă passer Ă l’acte vindicatif — le premier meurtre, commis sur un camarade de classe, en reste une preuve Ă©prouvante. Le jeune Daeg Faerch, avec sa bouille innocente et son regard de marbre, impressionne par un jeu diaphane : prestance austère, alternance d’accalmies et de fulgurances, sans logique apparente. Son fĂ©tichisme des masques, pour renier sa propre humanitĂ©, est une idĂ©e brillamment exploitĂ©e. Quant au Dr Loomis, incarnĂ© par Malcolm McDowell : s’il n’atteint pas l’aura hantĂ©e de Donald Pleasence, il insuffle une prĂ©sence solide, vacillante — psychologue indĂ©cis, incapable de saisir le cĹ“ur du mal, il se rĂ©sout Ă l’abstraire : Michael devient symbole pur, entitĂ© du Mal.
Ă€ contre-courant de l’horreur suggĂ©rĂ©e et du suspense latent magnifiĂ©s dans le modèle initial, cet Halloween 2007 opte pour l’action cuisante, les pĂ©ripĂ©ties Ă©chevelĂ©es, la rage frontale. Sans concession, avec un dĂ©sir assumĂ© de heurter le spectateur, Zombie rĂ©invente le mythe dans une veine crue, crapoteuse, hyperrĂ©aliste. Si la première partie convainc pleinement en exposant l’enfance saccagĂ©e de Michael, la seconde retombe dans une mĂ©canique plus conventionnelle, reproduisant fidèlement les jalons du film original. ÉvadĂ© de sa cellule, Myers, devenu adulte, poursuit l’obsession de renouer avec sa sĹ“ur. On bascule alors dans un psycho-killer dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, enchaĂ®nant les meurtres fulgurants Ă cadence soutenue, avec une sauvagerie sèche qui n’aurait pas dĂ©plu Ă Massacre Ă la tronçonneuse, que Zombie convoque ouvertement. En assumant cette provocation — pied de nez au classicisme clinique de Carpenter — le film tĂ©tanise par la vigueur de sa mise en scène, la prĂ©sence terrifiante du molosse inĂ©branlable, et l’impact foudroyant des assassinats, lâchĂ©s en roue libre. Ă€ noter, geste singulier : ici, Michael ne cherche pas Ă tuer sa sĹ“ur — il tente de la prĂ©server, de la garder pour lui, comme une ultime attache brisĂ©e.
Impitoyable, nihiliste, enragĂ© et terrifiant dans ses deux segments oĂą le Mal semble nous fixer droit dans les yeux, Halloween 2007 dĂ©livre, avec une maĂ®trise certaine, des sĂ©quences de terreur sèche et incisive, aux confins du vĂ©risme. D’une audace dĂ©complexĂ©e Ă dĂ©sacraliser la figure mythique de Michael Myers — bourreau du Mal des temps modernes — Rob Zombie façonne un cauchemar ultra-violent, furibond, insolent. Une relecture Ă rebrousse-poil, en totale contradiction avec le matĂ©riau d’origine, mais qui redessine, dans le sang, la silhouette d’un Mal autrement bestial, mortifère et primitif.
*Bruno
09.03.25. 3èx. Vost
15.07.13.




FAN !
RépondreSupprimerLes deux opus sont évidemment à voir dans leurs versions director's cut...