mardi 1 juillet 2014

RESERVOIR DOGS

                                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de Quentin Tarantino. 1992. U.S.A. 1h39. Avec Harvey Keitel, Tim Roth, Michael Madsen, Steve Buscemi, Chris Penn, Lawrence Tierney, Quentin Tarantino.

Sortie salles France: 2 Septembre 1992. U.S: 21 Janvier 1992

FILMOGRAPHIE: Quentin (Jérome)Tarantino est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain, né le 27 Mars 1963 à Knoxville dans le Tennessee.
1992: RĂ©servoir Dogs. 1994: Pulp Fiction. 1995: Groom Service (segment: The Man from Hollywood). 1997: Jacky Brown. 2003: Kill Bill 1. 2004: Kill Bill 2. 2007: Boulevard de la Mort. 2009: Inglorious Basterds. 2012: Django Unchained.


En 1992, un petit film indĂ©pendant au succès commercial modeste va bousculer le paysage du polar noir et rouge et lui permettre de redorer son blason. AurĂ©olĂ© d'un bouche Ă  oreille Ă©logieux et de critiques enthousiastes, RĂ©servoir Dogs va imposer au fil des ans son statut de film culte et asseoir la rĂ©putation d'un cinĂ©phile enragĂ©, Quentin Tarantino. A la suite d'un braquage de bijouterie ayant mal tournĂ©, une poignĂ©e de gangsters se rĂ©fugient au point de rencontre d'un vieil entrepĂ´t. PersuadĂ© qu'ils ont Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©s par un membre des leurs, ils vont tenter de dĂ©masquer la taupe en attendant l'arrivĂ©e de leur boss. Polar sanguin habitĂ© par la paranoĂŻa, la suspicion et la traĂ®trise, Reservoir Dogs est un concentrĂ© de violence sardonique oĂą la suggestion prend souvent le pas sur l'ostentatoire. Car si le sang s'avère continuellement prĂ©sent Ă  l'Ă©cran, Quentin Tarantino ne nous en illustre que la rĂ©sultante, les consĂ©quences dramatiques d'un braquage ratĂ© auquel des malfrats en costard se sont malencontreusement frottĂ©s. 


Observer en intermittence l'agonie d'un malfrat grièvement blessĂ© Ă  l'abdomen s'avère une expĂ©rience rigoureuse lorsqu'elle est traitĂ©e avec autant de verdeur dans son rĂ©alisme. Baignant dans la mare de son propre sang, la victime livide s'avère d'autant plus impuissante qu'elle risque de succomber Ă  tous moments Ă  ses blessures, quand bien mĂŞme ses collègues anxieux essaient de se disculper de leur culpabilitĂ© ! Et pour en rajouter dans le grotesque improvisĂ©, un maniaque au rasoir va notamment prendre son pied Ă  torturer l'oreille d'un flic otage sur un tube musical de Stealers Wheel ! Cette sĂ©quence anthologique s'avère d'autant plus percutante que Tarantino utilise habilement le hors champs, la camĂ©ra dĂ©viant subitement de quelques centimètres sur la gauche afin de se diriger sur l'inertie d'une façade ! Le fait inopinĂ© que le spectateur se retrouve inexplicablement confrontĂ© Ă  un dĂ©cor aussi trivial renforce l'impression de malaise, alors que les supplices de la victime se font Ă©cho sur une bande rock dĂ©contractĂ©e guinchĂ©e par le tueur ! EmaillĂ© de flash-back sporadiques afin de mieux connaĂ®tre les identitĂ©s des malfrats et afin de savoir comment ils ont pu approcher leur patron, Reservoir Dogs ne cesse de surprendre par son accumulation de revirements alĂ©atoires, Ă  l'instar de l'Ă©chappĂ©e des gangsters (en mode dĂ©chronologique !) après leur dĂ©faite du braquage. Outre la construction iconoclaste de l'intrigue et la virtuositĂ© de la camĂ©ra, le film tire notamment parti de la rĂ©partie des dialogues ciselĂ©s que Tarantino se dĂ©lecte souvent Ă  parodier ! Alternant l'humour noir et aussi la truculence comportementale de gangsters cools (vĂŞtus de costards et lunettes noires, ils sont fĂ©rus de pop-culture et de malbouffe !), le rĂ©alisateur s'Ă©panche par exemple sur leur goĂ»ts musicaux d'un tube de Madonna ou sur leur statut moral Ă  offrir ou refuser le pourboire d'une serveuse. 


En privilĂ©giant l'Ă©tude psychologique d'antagonistes en remise en question, communĂ©ment confrontĂ©s Ă  leur instinct de perspicacitĂ© pour comprendre les aboutissants de leur dĂ©route, Quentin Tarantino brosse une galerie de gangsters hilarants tout en fignolant l'aspect rĂ©aliste de leur situation de crise vouĂ©e Ă  l'hĂ©catombe. Sardonique et jouissif, Reservoir Dogs baigne autant dans une violence insupportable (mais jamais outrĂ©e !) que dans une "cool attitude" gĂ©nĂ©rĂ©e par ses braqueurs faussement compĂ©tents !  

Bruno Matéï
3èx


1 commentaire:

  1. Le Tarantino que je préfère... Comme quoi les premières oeuvres, malgré quelques faiblesses, sont souvent les meilleures!

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