lundi 17 novembre 2014

La Morte-Vivante

                                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site t411.me

de Jean Rollin. 1982. France. 1h29. Avec Marina Pierro, Françoise Blanchard, Mike Marshall, Carina Barone, Jean-Pierre Bouyxou.

FILMOGRAPHIE: Jean Michel Rollin, Roth Le Gentil est un réalisateur, producteur et scénariste français, né le 3 novembre 1938 à Neuilly-sur-Seine (France), décédé le 15 Décembre 2010.
1958 : Les Amours jaunes, 1961 : Ciel de cuivre, 1963 : L'Itinéraire marin, 1964 : Vivre en Espagne, 1965 : Les Pays loin, 1968 : Le Viol du vampire, 1969 : La Vampire nue, 1970 : Le Frisson des vampires, 1971 : Requiem pour un vampire, 1973 : La Rose de fer, 1974 : Les Démoniaques, 1975 : Lèvres de sang, 1978 : Les Raisins de la mort, 1979 : Fascination,1980 : La Nuit des traquées, 1981 : Fugues mineures (Les Paumées du petit matin), 1981 :Le Lac des morts vivants (sous le pseudonyme de J. A. Lazer), 1982 : La Morte vivante, 1984 :Les Trottoirs de Bangkok, 1985 : Ne prends pas les poulets pour des pigeons (sous le pseudonyme de Michel Gentil), 1989 : Perdues dans New York, 1990 : La Griffe d'Horus(TV), 1991 : À la poursuite de Barbara, 1993 : Killing Car, 1997 : Les Deux Orphelines vampires, 2002 : La Fiancée de Dracula, 2007 : La Nuit des horloges, 2010 : Le Masque de la Méduse.


Dans la mouvance du gore transalpin qui Ă©claboussa les Ă©crans Ă  l’orĂ©e des annĂ©es 80, Jean Rollin profite du filon commercial pour mettre en scène La Morte-Vivante. Une sĂ©rie Z franchouillarde, truffĂ©e de maladresses et d’incohĂ©rences, mais nĂ©anmoins rattrapĂ©e par une thĂ©matique dĂ©jĂ  explorĂ©e avec force par le magnifique Moi, zombie, chronique de la douleur et Le Jour des morts-vivants : la rĂ©surgence d’une conscience Ă  travers le regard d’un zombie.

Synopsis: Après avoir dĂ©posĂ© des fĂ»ts toxiques dans la crypte d’un château, trois hommes rĂ©veillent l’âme de la dĂ©funte Catherine Valmont. LivrĂ©e Ă  sa nouvelle dĂ©chĂ©ance, elle tue de sang-froid les intrus, mue par un instinct sanguinaire. Seule dans le château, Catherine se replie sur ses souvenirs d’enfance, se remĂ©morant HĂ©lène, son amie la plus chère, avec qui elle partageait une complicitĂ© fusionnelle.

Produit commercial surfant sur la vague des zombie movies impulsĂ©e par Fulci, Lenzi, Bianchi et consorts, La Morte-Vivante exploite avant tout l’explicite de ses situations gores, Ă©manant du comportement erratique d’une hĂ©roĂŻne avide de sadisme et de sang frais. Ă€ l’aide de trucages en latex rudimentaires mais efficaces, Rollin ne lĂ©sine pas sur le racolage, filmant en gros plan plaies bĂ©antes et chairs dĂ©chiquetĂ©es. PortĂ© par des comĂ©diens inexpressifs et une rĂ©alisation approximative, le film prĂŞte souvent Ă  sourire par son aspect aussi ridicule que fauchĂ©. Or, la sensibilitĂ© singulière de son auteur finit par capter l’attention, nous entraĂ®nant dans le cheminement indĂ©cis d’une morte-vivante victime de sa condition meurtrière et de son isolement.

Autour de son errance nocturne et de la relation tendre qu’elle renoue avec son amie d’enfance, Ă©mergent les thèmes de l’amour, de la rĂ©miniscence, de l’amitiĂ©, du sacrifice et du sentiment, lovĂ©s dans l’intimitĂ© fragile de deux femmes compromises par une dĂ©rive sanguinaire. Les rĂ´les s’inversent alors : Catherine, gagnĂ©e par une forme de conscience et de sensibilitĂ©, se dĂ©tourne de ses exactions morbides, tandis qu’HĂ©lène persĂ©vère dans l’avilissement, prĂŞte Ă  sombrer pour combler le vide existentiel de sa compagne.


Liens d’amour et de sang
En dĂ©pit de son amateurisme et de ses inĂ©vitables maladresses parfois risibles, La Morte-Vivante parvient Ă  divertir et attendrir, nimbĂ©e d’un romantisme funèbre portĂ© par une zombie livide, vĂŞtue de blanc. Si sa dimension psychologique reste maladroitement exploitĂ©e et que la fadeur des comĂ©diens lui nuit, on s’attache nĂ©anmoins Ă  la destinĂ©e singulière de Catherine, fantĂ´me abandonnĂ© de Dieu comme de la mort. Un film intimiste Ă  rĂ©server aux inconditionnels du cinĂ©ma personnel et imparfait de Jean Rollin.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

26.12.25. 3èx


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