vendredi 28 novembre 2014

Ghosts of Mars

                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de John Carpenter. 2001. U.S.A. 1h38. Avec Natasha Henstridge, Ice Cube, Jason Statham, Clea DuVall, Pam Grier, Joanna Cassidy, Richard Cetrone.

Sortie salles France: 21 Novembre 2001. U.S: 24 Août 2001

FILMOGRAPHIE: John Howard Carpenter est un réalisateur, acteur, scénariste, monteur, compositeur et producteur de film américain né le 16 janvier 1948 à Carthage (État de New York, États-Unis). 1974 : Dark Star 1976 : Assaut 1978 : Halloween, la nuit des masques. 1979: Le Roman d'Elvis. 1980 : Fog 1981 : New York 1997 1982 : The Thing 1983 : Christine 1984 : Starman 1986 : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin 1987 : Prince des ténèbres 1988 : Invasion Los Angeles 1992 : Les Aventures d'un homme invisible 1995 : L'Antre de la folie 1995 : Le Village des damnés 1996 : Los Angeles 2013 1998 : Vampires 2001 : Ghosts of Mars 2010 : The Ward.


Échec commercial d’autant plus injustement discrédité par une frange de la critique de l’époque, Ghosts of Mars incarne l’œuvre maudite à réhabiliter. Un western futuriste d’une redoutable efficacité, constamment captivant par son flot d’action, de mystères (toute la première partie éthérée) et de rebondissements, tout en distillant, en sous-texte, une diatribe acerbe contre le colonialisme américain.

Synopsis: En 2076, Mars est exploitée par une colonie de mineurs afin d’être rendue habitable. Deux femmes flics, Helena Braddock et Mélanie Ballard, sont chargées de récupérer un dangereux criminel responsable de la mort de six travailleurs à Shining Canyon. Sur place, elles découvrent une cité étrangement désertée, à l’exception de Desolation Williams et de quelques prisonniers erratiques, confinés dans une cellule. Mais à l’extérieur, une menace bien plus vicieuse et délétère s’apprête à lancer son offensive.

Si l’on peut reprocher à Carpenter de recycler certaines situations de siège déjà explorées dans Assaut ou The Thing, il est impossible de nier l’efficacité implacable de cette guérilla homérique, aussi barbare que belliqueuse. En s’appuyant sur une dynamique de groupe minée par la discorde avant de converger vers une cohésion salvatrice, les survivants finissent par s’allier à des marginaux pour affronter une tribu de guerriers sanguinaires.

La scénographie rutilante d’un Mars inquiétant participe pleinement au dépaysement, immergeant le spectateur dans un environnement aussi hostile que tangible. À l’image de cette menace invisible - une poudre rouge - qui s’empare des corps humains pour les posséder un à un, fédérant une hiérarchie révolutionnaire. Affublés de peintures tribales et de piercings couvrant leurs visages, ces fantômes issus d’une biologie indigène, libérés de leur caveau, deviennent une métaphore limpide du sort réservé aux peuples indiens lors de la conquête américaine. Leur vengeance s’accomplit ici sur Mars, pour repousser une fois encore l’envahisseur.

Au-delà du caractère jouissif de séquences d’action rigoureusement chorégraphiées et d’idées subversives - l’ingestion de drogue devient ici un rempart contre l’emprise de l’entité indigène - Ghosts of Mars brille aussi par la prestance burnée de comédiens en roue libre, affublés d’un look fétichiste. L’audace de Carpenter réside également dans le choix d’un personnage féminin pour incarner l’autorité : une jeune mannequin blonde, révélée dans la très sympathique série B La Mutante, parfaitement crédible, pour ne pas dire magnétique, en lieutenant inflexible, tout aussi loyale lorsqu’elle coopère avec un anti-héros difficilement domptable. Secondé par Ice Cube, celui-ci livre sans retenue l’un de ses rôles les plus marquants, incarnant un délinquant inébranlable sur la réserve, longtemps stigmatisé par sa couleur de peau, désormais mû par un héroïsme rédempteur.


"Invaders from Mars." 
Porté par le score électro de Carpenter et les percussions hard rock d’Anthrax, Ghosts of Mars illustre l’excellence d’une série B de samedi soir menée avec maîtrise, efficacité et subversion. On s’attache à ces protagonistes au caractère bien trempé, symboles d’une escorte solidaire placée sous le signe de la bravoure et du sacrifice, quelles que soient les différences et les appartenances sociales. Un spectacle régressif, aussi savoureux qu’atmosphérique, traversé d’émotions furibondes et d’accalmies anxiogènes, sourdement envoûtantes. Le mépris qu'il essuie depuis sa sortie me parait donc disproportionné, voir imbitable, surtout venant de la part d'amateurs éclairés du maître. 

— le cinéphile du cœur noir 🖤

4èx. 4K. Vost


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