vendredi 23 janvier 2015

Les Yeux du Mal / The Godsend

                                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fredanderson.typepad.com

de Gabrielle Beaumont. 1980. U.S.A. 1h26. Avec Malcolm Stoddard, Cyd Hayman, Angela Pleasance, Patrick Barr, Wilhelmina Green.

Sortie salle France: 16 Mars 1983. U.S: 11 Juin 1980

FILMOGRAPHIE: Gabrielle Beaumont est une rĂ©alisatrice, productrice, scĂ©nariste et actrice anglaise, nĂ©e le 4 Juillet 1942 Ă  Londres (Royaume-Uni). 1980: Les yeux du Mal. 1981: Meurtre d'une crĂ©ature de rĂŞve (tĂ©lĂ©-film). 1983: Secrets of a Mother and Daughter (tĂ©lĂ©-film). 1984: Gone are the Dayes (tĂ©lĂ©-film). 1987: He's my Girl. 1993: Fatal Inheritance. 1993: Riders (tĂ©lĂ©-film). 1996: Dar l'Invincible 3 (tĂ©lĂ©-film). 1998: Diana, princesse du peuple (tĂ©lĂ©-film).

Mea culpa ! 4 visionnages il m'eut fallu pour enfin l'apprĂ©cier. 

ExploitĂ© sous l’Ă©tendard Ă©toilĂ© d’Hollywood Video, Les Yeux du Mal fit fantasmer toute une gĂ©nĂ©ration de fantasticophiles de vidĂ©oclubs avec sa jaquette flamboyante, hĂ©ritĂ©e de La MalĂ©diction et de L’Exorciste. Une rutilante affiche crĂ©pusculaire, dans la droite lignĂ©e d’Une si gentille petite fille, des Tueurs de l’Ă©clipse ou encore de De si gentils petits monstres. Des plaisirs innocents, redoutablement ludiques, pour qui sait savourer les bisseries dĂ©complexĂ©es au dĂ©lire assumĂ©.

PrimĂ© au Festival Fantastique de Paris — dixit la jaquette française — Les Yeux du Mal embrasse le genre horrifique au premier degrĂ©, Ă  travers l’affrontement psychologique d’un père et d’une mère se disputant l’autoritĂ© sur leur enfant adoptif, depuis la disparition de sa mère biologique. La petite Wilhelmina Green s’impose d’ailleurs par une photogĂ©nie troublante : ce regard noir, Ă  la fois perçant et rigide, presque figĂ©. Son inexpressivitĂ© sert parfaitement le climat d’Ă©trangetĂ© qui l’entoure, entre mutisme et postures ambiguĂ«s, le rĂ©cit misant Ă  fond sur la suggestion, l’interrogation sans rĂ©ponse, l’ambiguĂŻtĂ© morale.

Et c’est ce qui renforce l’aspect captivant, envoĂ»tant (nappe musicale inquiĂ©tante Ă  l’appui) des Yeux du Mal : cette exploration des liens paternels en dĂ©liquescence, gangrenĂ©s par les disparitions infantiles qui ravagent une famille dĂ©jĂ  lourdement endeuillĂ©e. Une impuissance dĂ©sespĂ©rĂ©e, mais teintĂ©e de colère sourde.
On retiendra aussi deux sĂ©quences assez chocs, malsaines, inattendues : le sort d’un bambin violemment sacrifiĂ©, ou cette scène dĂ©rangeante oĂą la petite Bonnie embrasse son père sur la bouche, Ă  deux reprises, durant son sommeil.
Pour les amateurs de curiositĂ©s oubliĂ©es des annĂ©es 80, Les Yeux du Mal saura encore sans doute sĂ©duire les collectionneurs incorrigibles de films d’horreur bisseux, soigneusement contĂ©s, atmosphĂ©riques au possible et interprĂ©tĂ©s. Ă€ voir impĂ©rativement en VO — le jour et la nuit face Ă  une VF certes maladroite, mais non dĂ©nuĂ©e d’un certain charme Ă  travers ses inflexions familières.

Un divertissement intelligent, qui repousse tout effet racoleur pour miser sur le dĂ©veloppement de personnages meurtris. Et puis, il y a Angela Pleasence (oui, la fille de Donald), dont la froideur glaçante impressionne dès le prologue, et jusque dans un Ă©pilogue sans rĂ©ponse, venu mieux encore tourmenter l’esprit de cette Ă©ventuelle damnation occulte. 

*Bruno
18.05.25. VF

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