mardi 24 février 2015

ANGEL

                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site discreetcharmsandobscureobjects.blogspot.co

de Robert Vincent O'Neill. 1984. U.S.A. 1h34. Avec Donna Wilkes, Cliff Gorman, Susan Tyrrell, Dick Shawnn Rory Calhoun.

FILMOGRAPHIE: Robert Vincent O'Neill est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain. 1969: Like mother like daughter. 1970: The Psycho Lover. 1970: Blood Mania. 1973: Wonder Women. 1976: Paco. 1984: Angel. 1985: Angel 2 (The Avenging angel).


Gros succès à sa sortie, tant en salles US que chez nous sous support VHS, Angel surfe sur l'exploitation des Vigilante Movies en vogue au début des eighties. Par le profil ombrageux du tueur et son ambiance nocturne d'une jungle urbaine hantée de détraqués et excentriques en tous genres, cette série B peut évoquer l'excellent Vice Squad de Sherman ou encore le non moins épatant New-York, 2 heures du matin de Ferrara. D'ailleurs, le film eut une telle renommée auprès du public que deux autres volets ont été mis en chantier en 85 et en 88. Ce dernier opus étant réalisé par Tom De Simone, un spécialiste du WIP à qui l'on doit Les Anges du Mal 2, Quartiers de Femmes, Chained ou encore Hell Night dans un domaine autrement horrifique. Le pitch se résume à la descente aux enfers d'une jeune collégienne, Angel, 16 ans, contrainte de se prostituer la nuit faute de démission parentale. En prime, un dangereux psychopathe commence à sévir dans le boulevard de Los-Angeles auquel elle pratique ses activités puisque l'une de ses amies est retrouvée sauvagement assassinée. Alors que la police enquête afin de le démasquer, le lieutenant Andrews s'intéresse d'un peu plus près aux activités illégales d'Angel logeant à l'enseigne d'un immeuble miteux et fréquentant des laissés pour compte.


B movie entièrement bâti sur le concept ludique d'un thriller horrifique menĂ© tambour battant (poursuites et fusillades sanglantes Ă  l'appui !), Angel rĂ©ussit Ă  susciter l'enthousiasme, notamment grâce Ă  son habile dosage de cocasserie, de tendresse et de dramaturgie. Le rĂ©cit assez efficace ne cessant de tĂ©lescoper comportements loufoques de marginaux Ă©pris d'amitiĂ© pour Angel, tendresse poignante impartie Ă  sa solitude existentielle, compassion d'un flic indulgent, et dĂ©ambulation nocturne du serial-killer aux pulsions meurtrières erratiques. Si le film fait preuve d'un charme envoĂ»tant dans sa photogĂ©nie insĂ©curisante d'un Los Angeles illuminĂ© de nĂ©ons flashy, il doit Ă©galement beaucoup de son attrait Ă  la prĂ©sence extravagante des seconds-rĂ´les (un travelo gaillard, un retraitĂ© camouflĂ© en Buffalo Bill, une garçonne braillarde), quand bien mĂŞme Angel mène la danse avec fragilitĂ© et un sang froid toujours plus inflexible. Donna Wilkes se prĂŞtant Ă  merveille dans la peau d'une midinette Ă  couettes bientĂ´t submergĂ©e par sa rancoeur expĂ©ditive. A ce stade, il faut la voir manier de ses petites mains du gros flingue et courser sur un boulevard bondĂ© de citadins un serial-killer dĂ©guisĂ© en hindouiste pour mieux duper la police. Sur ce dernier point, et dans un jeu entièrement mutique, John Diehl compte sur la neutralitĂ© de son regard diaphane pour nous retransmettre l'expression dĂ©rangĂ©e d'un Ă©tat d'âme sexuellement refoulĂ©.


Thriller horrifique dĂ©complexĂ© par ses moult circonstances pittoresques, sa violence parfois cartoonesque (le carnage dans le commissariat, la poursuite urbaine au final homĂ©rique !) et ces instants de tendresse pour la caractĂ©risation dĂ©munie d'une prostituĂ©e au grand coeur, Angel remplit aisĂ©ment son contrat de produit d'exploitation dans une facture bisseuse irrĂ©sistiblement attractive. A l'instar de son score aux percussions stridentes et des trognes de secondes zone se prĂŞtant au jeu avec une bonhomie communicative. Pour parachever, on ne manquera pas non plus de se rĂ©jouir de la stature pugnace d'une Bronson en jupe courte et de l'esthĂ©tisme rutilant d'un Los-Angeles noctambule livrĂ© aux meurtres et au racolage. 
A découvrir d'urgence pour tous les amoureux de Vigilante Movies, en attendant (avec une certaine crainte) les opus 2 et 3 !

Toute mon affection Ă  CONTREBANDE VHS
Bruno Matéï

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire