Photo empruntée sur Google, appartenant au site rhinoshorror.com
de Leigh Janiak. 2014. U.S.A. 1h27. Avec Rose Leslie, Harry Treadaway, Ben Huber, Hanna Brown
Sortie US uniquement en Vod:
12 Septembre 2014
FILMOGRAPHIE:
Leigh Janiak est un réalisateur et scénariste américain.
2014:
Honeymoon

Première réalisation de Leigh Janiak après sa sélection officielle à Gérardmer 2015, Honeymoon relate la lune de miel d'un couple d'amoureux dans un chalet champêtre.
En plein milieu de la nuit, Paul surprend sa compagne Bea égarée dans la forêt. Prétextant une crise de somnambulisme, le couple tente d'oublier cet étrange incident. Mais, au fil des jours, Paul commence à suspecter l'humeur versatile de son épouse, notamment ses pertes de mémoire inexpliquées.
Production indépendante au budget minimaliste et constituée essentiellement de deux acteurs (si l'on épargne le premier quart d'heure), Leigh Janiak emprunte la voie du huis clos intimiste à partir d'un concept horrifique à l'intersection de la science-fiction (les flashs de lumières aveuglantes que Paul observe depuis la fenêtre de sa chambre en pleine nuit). Accordant toute son importance à la caractérisation humaine des deux protagonistes, Honeymoon puise sa force dans la remise en question de ce couple d'amoureux pris à partie avec une situation improbable et ne cessant de se contredire dans leur quête de vérité.
S'attardant dans un premier temps à souligner leur rapport affectueux à travers des moments intimistes de tendresse et de vivacité, nous nous éprenons inévitablement de compassion pour eux avant que leur déchéance morale ne vienne nous tourmenter, au gré d'une discorde quotidienne toujours plus fébrile.
Autour de ces rapports houleux, un climat anxiogène se fait toujours plus pesant lorsque Paul va rapidement déceler que le comportement farouche de son épouse risque de nuire à son état mental, notamment en raison de sa défaillance cognitive. Grâce au jeu naturel des comédiens, alternant la fraîcheur de leur complicité et la contraction de la méfiance, l'intrigue suggère une inquiétude toujours plus tangible au fil de péripéties de plus en plus pessimistes.
Tout l'intérêt réside dans son suspense latent et dans le climat oppressant qui consiste à observer méticuleusement leur déchéance morale face à une énigme inexpliquée. En prime, par le biais du refus du happy-end et d'un désir jusqu'au-boutiste de confronter ces amants au seuil de la folie, le point d'orgue, cauchemardesque et viscéral (une séquence malsaine pourrait d'ailleurs évoquer aux fans du genre un moment anthologique d'X-tro, sans compter son image finale), risquera d'en dérouter plus d'un.

En dépit d'un final irrésolu, laissé en suspens - une manière autrement audacieuse d'entretenir le mystère - et risquant de diviser une partie du public, Honeymoon s'avère suffisamment captivant, anxiogène et cauchemardesque par l'esthétisme de sa nature en demi-teinte (sérénité et opacité de la flore se confondent pour perdre nos repères), et surtout par sa subtile mise en scène préconisant l'intensité d'un jeu d'acteurs très convaincant, inscrit dans la fougue des sentiments et l'emprise paranoïaque. Une découverte intéressante, honnête échantillon d'un Fantastique éthéré.
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05.09.26. 2èx. Vost
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