de Harold Becker. 1989. 1h53. Avec Al Pacino, ,Ellen Barkin, John Goodman, Michael Rooker, Richard Jenkins, John Spencer, Paul Calderon, William Hickey.
Sortie salles France: 10 janvier 1990. U.S : 15 septembre 1989.
FILMOGRAPHIE: Harold Becker est un réalisateur et producteur américain né le 25 septembre 1928 à New York, dans l'État de New York (États-Unis). 1972 : The Ragman's Daughter. 1979: Tueurs de flics. 1980 : The Black Marble. 1981: Taps. 1985: Vision Quest. 1987: La Gagne. 1988: État de choc. 1989: Mélodie pour un meurtre. 1993: Malice. 1996: City Hall. 1998: Code Mercury. 2001: L'Intrus.
Le pitch : Après avoir répondu à une annonce de rencontres, deux hommes sont retrouvés sauvagement assassinés dans leur chambre, dans une posture soumise. Fraîchement divorcé, l’inspecteur Frank Keller se fait passer pour un cœur à prendre via les annonces locales afin d’appréhender la potentielle misandre.
Alternant suspense criminel et romance passionnelle avec une alchimie redoutablement efficace, Mélodie pour un meurtre se transforme en jubilatoire jeu de dupes et de manipulation lorsqu’un flic alcoolique tente d’alpaguer l’assassin après s’être laissé séduire par la présumée coupable. Gaffeur et littéralement compromis par ses propres sentiments, Frank Keller ne sait bientôt plus où donner de la tête, sombrant dans une paranoïa progressive pour tenter de déceler l’intégrité ou la culpabilité de sa partenaire à travers des indices souvent préjudiciables.
Jouant constamment sur l’éventuelle responsabilité de cette ardente aguicheuse, l’intrigue parvient jusqu’à sa dernière partie à nous faire douter de sa véritable identité, au rythme d’une mélodie entêtante. Pour renforcer la crédibilité de ce couple fusionnel, le réalisateur Harold Becker prend le temps de nous familiariser avec leur interaction sentimentale à travers le regard dubitatif de ce flic contrarié, tentant à moult reprises de se racheter une conduite après ses appréhensions paranoïaques.
Totalement impliqué dans son rôle de faux dragueur en filature, Al Pacino porte le film sur ses épaules avec une spontanéité indéfectible. Sa présence magnétique crève littéralement l’écran à chaque seconde, notamment dans la maladresse de ses sentiments contradictoires. Mais l’électrisante Ellen Barkin lui dispute la vedette avec une force d’esprit et un raffinement lubrique absolument ensorcelants. À l’instar de leurs deux étreintes charnelles que Becker filme lestement avec une sensualité audacieusement sulfureuse.
Outre cette passionnante étude de caractères que Pacino et Barkin transfigurent avec une évidente implication, Mélodie pour un meurtre n’oublie jamais d’insuffler une pointe d’humour pour détendre une atmosphère souvent anxiogène et crépusculaire. New York, souvent filmée de nuit, devient d’ailleurs un personnage à part entière. Becker en magnifie la scénographie urbaine avec un réalisme magnétique rappelant par instants le cinéma de Abel Ferrara - toutes proportions gardées. Quant aux situations parfois cocasses issues des échanges tendus entre les personnages, elles renforcent souvent la posture angoissée de Frank, incapable de brider ses émotions lorsqu’il croit se rapprocher du véritable assassin.
Sous couvert d’un thriller à suspense solidement mis en scène, magnifiquement photographié et merveilleusement interprété, Mélodie pour un meurtre greffe également une romance passionnelle électrisante où paranoïa, suspicion, trahison et jalousie viennent constamment balloter le couple avant la révélation finale. Un des meilleurs thrillers des années 80, qui aura notamment permis de relancer la carrière du monstre sacré Al Pacino - incontestablement l’un des plus grands acteurs au monde.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
4èx . 09.03.26. Vostfr




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