vendredi 2 juin 2017

Life: origine inconnue

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Daniel Espinosa. 2017. U.S.A. 1h44. Avec Jake Gyllenhaal, Rebecca Ferguson, Ryan Reynolds, Hiroyuki Sanada, Ariyon Bakare, Olga Dihovichnaya.

Sortie salles France: 19 Avril 2017. U.S: 24 Mars 2017

FILMOGRAPHIEDaniel Espinosa est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur suĂ©dois, nĂ© le 23 mars 1977 Ă  Transgund (Stockholm, Suède).  2017: Life: Origine inconnue. 2015: Enfant 44. 2012 SĂ©curitĂ© rapprochĂ©e. 2010 Easy Money. 2007 Uden for kærligheden. 2004 Babylonsjukan.

Bâti sur le mĂŞme schĂ©ma narratif que l’illustre saga Alien, Life surprend dès son jeu sardonique du chat et de la souris, menĂ© sans rĂ©pit, hormis cette inĂ©vitable impression de dĂ©jĂ -vu. L’Ă©quipage d’une station spatiale doit affronter une crĂ©ature hostile venue de Mars, dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  les exterminer un Ă  un. Sorte de pieuvre extraterrestre polymorphe, sa taille, d’abord minimaliste, croĂ®t au fil de ses exactions criminelles, ne laissant aucune Ă©chappatoire Ă  ses victimes.

Au sein de ce huis-clos spatial, nos astronautes redoublent de courage et de pugnacitĂ© pour l’Ă©radiquer, dans un enjeu de survie si intense qu’ils se dĂ©placent en apesanteur dans les corridors de la station — une touche bienvenue d’originalitĂ© influencĂ©e par Gravity. Sous le moule d’une sĂ©rie B de luxe, nantie d’Ă©poustouflants FX et de dĂ©cors naturels et technologiques plus vrais que nature - la Terre vue de l’espace et la station richement dĂ©taillĂ©e n’ont rien Ă  envier Ă  la scĂ©nographie stellaire de Gravity - Life insuffle une efficacitĂ© perpĂ©tuelle, portĂ©e par des sĂ©quences-chocs littĂ©ralement terrifiantes, au service de la narration.

Nos protagonistes, jamais neuneus, alternent stratĂ©gies de dĂ©fense et d’attaque avec un courage vulnĂ©rable, tandis que la crĂ©ature, extrĂŞmement retorse et sournoise, demeure d’une diabolique agilitĂ© pour agripper et Ă©touffer ses proies. Sans outrance ni esbroufe, Life se montre d’autant plus sincère en rĂ©exploitant une trame convenue, grâce Ă  l’intelligence d’une ossature narrative Ă©voluant selon les choix pĂ©rilleux des personnages, parfois vouĂ©s au sacrifice.

Angoissant et franchement terrifiant par ses situations horrifiques dĂ©sespĂ©rĂ©es, Daniel Espinosa, rĂ©alisateur suĂ©dois avisĂ©, conjugue adrĂ©naline et claustrophobie avec une vĂ©ritable intensitĂ© dramatique. Les comĂ©diens, unis dans la cohĂ©sion fraternelle, affichent une dimension humaine poignante, d’abord en assistant aux dĂ©routes de chacun, puis dans leur bravoure de dernier ressort pour Ă©vincer le monstre hors de la station. Le rĂ©alisateur ne leur laisse aucune concession, Ă  l’instar de Ridley Scott dans le premier Alien, quand bien mĂŞme l’on redoute Ă  chaque instant le prochain subterfuge criminel de la crĂ©ature, sensiblement photogĂ©nique dans son design anatomique. 

RĂ©alisĂ© avec un savoir-faire technique indiscutable et dĂ©nuĂ© de prĂ©tention, Life demeure Ă  mon sens l’un des meilleurs ersatz de la saga Alien, notamment grâce Ă  la sobriĂ©tĂ© des comĂ©diens, jamais dans la surenchère, et au pouvoir de fascination imputĂ© Ă  une “chose” n’ayant rien Ă  envier Ă  son homologue. On est d’ailleurs plus près de The Thing que de l’Ĺ“uvre de H. R. Giger, quant Ă  sa morphologie tentaculaire. Une excellente surprise, rondement menĂ©e, haletante en diable et souvent tendue, quand bien mĂŞme on apprĂ©ciera d’autant plus le pessimisme de son dĂ©nouement cauchemardesque, taillĂ© dans le nihilisme. 

Une référence du genre, ni plus ni moins.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

23.02.26. 4K. Vostfr 

2 commentaires:

  1. Très gros fan d'Alien, ce film vu "comme ça" a réveillé mon plaisir.
    Prometheus et Covenant me laissant perplexe (Plus qu'un film et on arrive chronologiquement Ă  Ripley !!)

    Il a sû me faire dire en plein film "Ca, c'est 'Alien(s) et c'est très bon !"

    J'ai beaucoup aimé même si j'ai tiqué sur le mode de déplacement par moment de Calvin alors qu'il était en apesanteur (et donc pas d'air...)

    Final terrible mĂŞme si, vu la narration, on s'y attendait.

    Très très bonne surprise !!

    Tom

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  2. Merci de ton comm Tom , d'ailleurs on a vu le mĂŞme film !

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