mardi 8 août 2017

LES VIERGES DE SATAN

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site kinoscript.com

"The Devil Rides Out" de Terence Fisher. 1968. Angleterre. 1h35. Avec Christopher Lee, Charles Gray, Nike Arrighi, Leon Greene, Patrick Mower, Gwen Ffrangcon Davies.

Sortie salles Angleterre: 20 Juillet 1968. Inédit en salles en France.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un réalisateur britannique né le 23 février 1904 à Londres (Maida Vale), et décédé le 18 juin 1980 dans la même ville. 1957 : Frankenstein s'est échappé, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein , 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La Malédiction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay, 1960 : Les Maîtresses de Dracula, 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll , 1961 : La Nuit du loup-garou, 1962 : Le Fantôme de l'Opéra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort, 1963 : The Horror of It All, 1964 : La Gorgone , 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'Île de la terreur , 1966 : Dracula, prince des ténèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein créa la femme, 1968 : Les Vierges de Satan, 1969: Le Retour de Frankenstein, 1974 : Frankenstein et le monstre de l'enfer.


Enième réalisation de l'éminent Terence Fisher pour le compte de la Hammer, Les Vierges de Satan exploite les thèmes en vogue (la même année sort Rosemary's Baby !) du satanisme, de la magie noire et de l'hypnotisme avec une efficacité symétrique. Car en dépit d'un pitch minimaliste ne cessant d'alterner stratégies d'attaque et contre-attaques entre survivants reclus dans leur vaste demeure et un redoutable sorcier féru de sacrifice, les Vierges de Satan s'avère formidablement ludique sous l'autorité d'un cinéaste coordonnant quelques séquences-chocs particulièrement intenses. Je songe particulièrement à l'acuité psychologique des séances d'hypnose que le détestable Mocata exerce sur ses victimes en état catatonique.


Par le biais de cet antagoniste perfide, on peut notamment compter sur le charisme sĂ©ducteur du comĂ©dien Charles Gray se fondant dans la peau d'un mĂ©crĂ©ant sous l'impĂ©riositĂ© de son regard azur subtilement ensorcelant. Ce qui l'amène Ă  ne jamais adopter la fâcheuse posture du "mĂ©chant" cabotin si bien que sa prĂ©sence prĂ©gnante Ă  l'Ă©cran ne nous indiffère jamais. Outre les seconds-rĂ´les tous aussi impliquĂ©s dans leur fonction autrement prĂ©caire mais nĂ©anmoins vaillante (la troublante Nike Arrighi, Patrick Mower et Leon Greene forment un trio fraternel bipolaire du fait de l'emprise spirituelle que Mocata exerce sur eux !), Christopher Lee campe le duc de Richleau avec une autoritĂ© aussi classieuse que dĂ©pouillĂ©e. Les affrontements cĂ©rĂ©braux qu'il perpĂ©tue Ă  distance auprès de son ennemi donnant lieu Ă  des sĂ©quences aussi bien inquiĂ©tantes que fascinantes. Et ce en dĂ©pit de quelques trucages gentiment dĂ©suets (l'araignĂ©e gĂ©ante) mais pour autant poĂ©tiques (l'apparition du cheval et du chevalier masquĂ© Ă  proximitĂ© de nos hĂ©ros blottis dans leur cercle de protection, le regard pĂ©nĂ©trant de Tanith lors d'une sĂ©quence clef), voir parfois mĂŞme dĂ©rangeants (l'homme Ă  la tĂŞte de bouc, le nègre au regard globuleux et au rictus sournois).


Jeu de survie d'une poignĂ©e d'aristocrates mutuellement confrontĂ©s aux forces invisibles du Mal, les Vierges de Satan adopte une facture kitch (la dĂ©froque criarde des fidèles de Satan autour de leur traditionnel sabbat) non disgracieuse grâce au jeu mature de sa distribution dandy et Ă  la mise en scène avisĂ©e de Fisher dĂ©ployant en intermittence quelques sĂ©quences horrifiques oĂą l'intensitĂ© de la suggestion prime le plus souvent. Un excellent divertissement dont on reconnait bien la patte Hammer tentant ici de rajeunir avec plus ou moins de succès le thème du satanisme.

Bruno Matéï
2èx

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