mercredi 3 janvier 2018

Super Dark Times

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Kevin Phillips. 2017. U.S.A. 1h43. Avec Owen Campbell, Charlie Tahan, Elizabeth Cappuccino, Max Talisman, Sawyer Barth, Amy Hargreaves, Adea Lennox

Sortie salles U.S: 29 Septembre 2017

FILMOGRAPHIE:  Kevin Phillips est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain.
2017: Super Dark Times.


DistribuĂ© par Netflix, Super Dark Times est la première rĂ©alisation de Kevin Philips. Un talent Ă  surveiller au vu de la qualitĂ© de sa mise en scène aussi bien personnelle qu'inventive (notamment parmi l'accord d'une bande-son dissonante et de l'irruption fortuite de visions macabres d'un rĂ©alisme glaçant) lorgnant sans prĂ©tention du cĂ´tĂ© d'un Stand By me vitriolĂ©. Car imbibĂ© d'une ambiance funèbre (en format scope s'il vous plait) qui ne lâchera pas d'une semelle les ados de l'intrigue, Super Darl Times aborde les thèmes de la mort, de l'amitiĂ©, de la sexualitĂ©, de l'amour et du passage Ă  l'âge adulte de manière jusqu'au boutiste, dans le sens pathologique. 

Le Pitch: A la suite d'un tragique accident ayant coĂ»tĂ© la vie Ă  l'un de leur camarade, Josh, Zach et Charlie dĂ©cident d'un commun accord de masquer la vĂ©ritĂ© en cachant le corps dans les bois. Mais rongĂ© par la culpabilitĂ© et le remord de ne pas assumer sa complicitĂ©, Zach sombre dans une paranoĂŻa dĂ©pressive alors que son acolyte Josh se confine dans le mutisme au sein de sa chambre. 


Drame psychologique Ă©prouvant s'il en est, notamment grâce Ă  l'habiletĂ© du rĂ©alisateur Ă  cultiver une intensitĂ© permanente (puis graduelle) autour du cheminement moral de Zach assailli par la peur de la mort et surtout la culpabilitĂ© du mensonge (alors qu'il n'est point l'auteur de l'incident mortel), Super Dark Times manipule nos nerfs avec une efficacitĂ© Ă©tonnamment vĂ©loce auprès d'un premier mĂ©trage. Notamment par le biais d'une direction d'acteur assez nuancĂ©e (les interprètes juvĂ©niles font Ă©galement preuve d'un charisme innocent Ă  la fois Ă©quivoque et affectĂ©) afin de mieux s'immerger dans leurs Ă©tats dĂ©pressifs puisque sĂ©vèrement dĂ©passĂ©s par un Ă©vènement morbide aussi infortunĂ©e. Davantage inquiĂ©tant et cauchemardesque au grĂ© d'un rebondissement alarmiste impromptu, Super Dark times embraye ensuite vers le thriller estomaquant si bien que sa dernière partie d'une grande violence, car d'un rĂ©alisme Ă©moulu; nous plaque au siège avec une Ă©motion assez nĂ©vralgique. Sans dĂ©voiler les tenants et aboutissants moraux d'un des protagonistes, l'intrigue très sombre, soigneusement structurĂ©e, aborde le traumatisme d'un point de vue assez singulier et frontal si je me remĂ©more les oeuvres ayant traitĂ© de la fragilitĂ© de l'adolescence et de la perte de l'innocence de manière autrement plus posĂ©e et prude. Pour autant,  Kevin Phillips ne manque pas non plus Ă  certains moments d'y distiller un climat onirique assez envoĂ»tant au travers de quelques images Ă©purĂ©es en symbiose avec l'innocence de la nature ou parmi la posture songeuse de certains personnages. 


Cauchemardesque, vénéneux et ombrageux sans céder à la facilité ou à la gratuité, notamment grâce au brio de la réalisation radiographiant l'état d'âme torturé d'un des protagonistes avec un humanisme prédominant; Super Dark Times allie le drame et le thriller avec une densité psychologique aussi bien rigoureuse que poignante. Une excellente surprise donc, d'autant plus radicale et escarpée lors de son dernier acte erratique oscillant avec l'émotion fragile d'une innocence sacrifiée. Tout bien considéré; peut-on en sortir indemne ?

* Bruno
16.03.25. 2èx. Vost

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