"The Spikes Gang" de Richard Fleischer. 1974. U.S.A. 1h36. Avec Lee Marvin, Gary Grimes, Ron Howard, Charles Martin Smith, Arthur Hunnicutt, Marc Smit.
Sortie salles U.S: 1er Mai 1974
FILMOGRAPHIE: Richard Fleischer est un réalisateur américain né le 8 décembre 1916 à Brooklyn, et décédé le 25 Mars 2006 de causes naturelles. 1952: l'Enigme du Chicago Express, 1954: 20 000 lieues sous les mers, 1955: les Inconnus dans la ville, 1958: les Vikings, 1962: Barabbas, 1966: le Voyage Fantastique, 1967: l'Extravagant Dr Dolittle, 1968: l'Etrangleur de Boston, 1970: Tora, tora, tora, 1971: l'Etrangleur de Rillington Place, 1972: Terreur Aveugle, les Flics ne dorment pas la nuit, 1973: Soleil Vert, 1974: Mr Majestyk, Du sang dans la Poussière, 1975: Mandingo, 1979: Ashanti, 1983: Amityville 3D, 1984: Conan le destructeur, 1985: Kalidor, la légende du talisman, 1989: Call from Space.
Hélas méconnu et oublié, Du sang dans la poussière s’impose pourtant comme l’un des plus beaux westerns des années 70. Sans fioriture, Richard Fleischer y retrace la dérive criminelle de trois ados après avoir secouru un braqueur blessé.
Dur, mélancolique, profondément désespéré, le film prend le contrepied du western classique en adoptant un réalisme presque poisseux. Fleischer y dresse le portrait fragile d’une jeunesse en quête d’espoir et de liberté, étouffée par un cadre parental oppressant. À travers Will Young, marqué par la violence d’un père abusif, se dessine le besoin viscéral de fuite, d’émancipation, d’un ailleurs peut-être illusoire.
Mais cette échappée se heurte rapidement à la brutalité du réel.
Sous l’influence d’un criminel aguerri, le trio se fantasme une existence plus vaste, plus libre. Or, au fil des braquages improvisés et des confrontations, leur errance se transforme en spirale funeste. L’inexpérience, l’illusion, et cette camaraderie fragile les précipitent inexorablement vers leur chute.
Porté par des interprétations d’un naturel innocent remarquable - Ron Howard et Charles Martin Smith imposent une sincérité touchante - le film trouve en Gary Grimes une figure bouleversante. Rêveur frondeur, habité par une lumière fragile, il voit peu à peu son regard se ternir, rongé par la peur, la colère et le désenchantement.
Face à eux, Lee Marvin incarne une présence glaçante. D’abord figure presque paternelle, il révèle progressivement un visage minéral, impassible, régi par une logique implacable où toute faiblesse est condamnée. À son contact, les illusions se brisent, laissant place à une vérité sèche : survivre ne dépend que de soi.
D’une noirceur implacable, le film touche par sa cruauté autant que par son humanité. Presque documentaire dans son approche, il capte la dérive d’une jeunesse abandonnée à ses chimères. Fleischer filme cette descente avec une rigueur sèche, laissant affleurer une mélancolie persistante qui frappe l'âme.
Et lorsque le silence retombe, porté par la musique lancinante de Fred Karlin, ne subsiste qu’un goût amer. Celui d’un rêve avorté, consumé trop tôt.
Une œuvre âpre, sans concession, qui hante la mémoire.
Une référence du genre dont on sort vidé, démuni.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
3èx



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