jeudi 15 décembre 2022

The Fabelmans. Prix du Public, Toronto, 2022.

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site  Imdb.com

de Steven Spielberg. 2022. U.S.A. 2h31. Avec Gabriel LaBelle, Michelle Williams, Seth Rogen, Paul Dano, Julia Butters, Sam Rechner, Gabriel Bateman, Chloe East, Oakes Fegley.

Sortie salles France: 22 Février 2023

FILMOGRAPHIE: Steven Allan Spielberg, Chevalier de l'Ordre national de la LĂ©gion d'honneur est un rĂ©alisateur, producteur, scĂ©nariste, producteur exĂ©cutif, producteur dĂ©lĂ©guĂ© et crĂ©ateur amĂ©ricain, nĂ© le 18 dĂ©cembre 1946 Ă  Cincinnati (Ohio, États-Unis). 1971: Duel , 1972: La Chose (tĂ©lĂ©-film). 1974: Sugarland Express, 1975: Les Dents de la mer, 1977: Rencontres du troisième type, 1979: 1941, 1981: les Aventuriers de l'Arche Perdue, 1982: E.T. l'extra-terrestre , 1983: La Quatrième Dimension (2è Ă©pisode), 1984: Indiana Jones et le Temple maudit, 1985: La Couleur pourpre, 1987: Empire du soleil, 1989: Indiana Jones et la Dernière Croisade. 1989: Always, 1991: Hook, 1993: Jurassic Park, La Liste de Schindler, 1997: Le Monde Perdu, Amistad, 1998: Il faut sauver le soldat Ryan Saving Private Ryan, 2001: A.I., 2002: Minority Report, ArrĂŞte-moi si tu peux, 2004: Le Terminal , 2005: La Guerre des Mondes, 2006: Munich, 2011 : Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne. 2011 : Cheval de guerre. 2012 : Lincoln. 2015 : Le Pont des Espions. 2016 : Le Bon Gros GĂ©ant. 2017 : Pentagon Papers. 2018 : Ready Player One. 2021 : West Side Story. 2022 : The Fabelmans. 


"Les films sont des rêves mon chéri que tu n'oublies jamais. J'te promets que quand ce s'ra terminé tu auras un grand sourire sur ton visage !".
RĂ©cit autobiographique dĂ©crivant 2h30 durant la jeunesse de Steven Spielberg (ici Ă©galement co-scĂ©nariste parmi Tony Kushner) quand bien mĂŞme lorsque le fondu au noir final apparait, on se surprend dĂ©jĂ  de voir dĂ©filer le gĂ©nĂ©rique sous un score tranquille, The Fabelmans touche en plein coeur le spectateur et le cinĂ©phile (main dans la main, une fois n'est pas coutume) de par son intensitĂ© Ă©motionnelle Ă  la fois Ă©prouvante, capiteuse, gracieuse. Tant et si bien que passĂ© maĂ®tre dans l'art d'y conter l'histoire, d'y autopsier ses persos dans une vibrante humanitĂ© et d'y styliser ses images plĂ©thoriques (ou poĂ©tiques, c'est selon) au grĂ© d'une sensibilitĂ© innĂ©e que l'on valide sans se poser de question, Steven Spielberg nous bouleverse Ă  nouveau dans l'intime lorsqu'il aborde la douloureuse thĂ©matique du divorce qu'il vĂ©cut lors de son adolescence des annĂ©es 50 Ă  1960. Or, si nous avions dĂ©jĂ  eu un aperçu lors des projos d'E.T et d'A.I, ici il se dĂ©voile Ă  nu avec une rigoureuse franchise de par son souci documentĂ© d'y dĂ©peindre la quotidiennetĂ© bouleversĂ©e de ses personnages tributaires de l'Ă©clatement de la cellule familiale. En particulier les enfants, quoique le point de vue des parents demeurent Ă©galement digne d'intĂ©rĂŞt. 

Quand bien mĂŞme le jeune Sam (Steven donc) se dĂ©couvre une passion pour le cinĂ©ma que Spielberg transcende en juxtaposant illusion et rĂ©alitĂ© avec un art consommĂ© de la poĂ©sie Ă©merveillĂ©e. Mais de par la gravitĂ© de son thème susnommĂ© prenant le pas sur la passion du cinĂ©ma (en forme de mise en abyme), on peut de toute Ă©vidence avouer qu'il s'agit bien de son oeuvre la plus personnelle tant le cinĂ©aste se livre corps et âme Ă  nous dĂ©livrer ses Ă©tats d'âme face Ă  la pudeur d'une camĂ©ra mature esquissant ses profils torturĂ©s Ă  l'aide d'une vĂ©ritĂ© humaine infiniment communicative. Comme s'il s'agissait de notre propre vĂ©cu familial et cette angoisse viscĂ©rale, cette hantise refoulĂ©e de perdre nos parents. Si bien que littĂ©ralement impliquĂ©s par la fragilitĂ© de leurs Ă©motions (chez Spielberg, les protagonistes demeurent profondĂ©ment humains par leur valeur morale), les larmes coulent parfois Ă  travers ses dĂ©chirures de coeur contraintes de subir la sĂ©paration parentale. Les acteurs, magnifiques de pudeur, d'humilitĂ©, de sobriĂ©tĂ© par leurs expressivitĂ©s fulminantes ou dĂ©sespĂ©rĂ©es nous communiquant une moisson d'Ă©motions Ă  la fois troubles, dures, cruelles ou contrairement sages, rassurantes passĂ©es des prises de dĂ©cision rĂ©flĂ©chies. Alors qu'au sein de ce dĂ©sordre conjugal oĂą enfant et ado, en perte de repères, sont pris dans la tourmente de la peur d'ĂŞtre sĂ©parĂ©s, Sam s'efforcera nĂ©anmoins de poursuivre sa vocation cinĂ©matographique de par son amour innĂ© pour l'illusion de la pellicule. Et ce en faisant dĂ©jĂ  la part des choses entre mauvais et vrai cinĂ©ma lors de sa projo de Day Beach face Ă  un public euphorique. Avec en filigrane un hommage tant Ă©mouvant Ă  ces classiques immuables de papa que l'on se remĂ©more avec une nostalgie gratifiante. 


“Le cinĂ©ma est un mĂ©lange parfait de vĂ©ritĂ© et de spectacle.”
Bouleversant Ă  plus d'un titre (pour ne pas dire dĂ©chirant parfois) Ă  travers la profondeur des personnages fouillĂ©s dans l'intimitĂ© d'une quotidiennetĂ© familiale aussi aimante et colĂ©rique qu'extravagante (surtout la mère lunaire) et sĂ©millante, The Fabelmans est une nouvelle Ă©toile stellaire que Spielberg fait vibrer et briller sous l'oeil scrupuleux de sa camĂ©ra prodige. L'oeuvre extrĂŞmement personnelle, onirique, foisonnante, dĂ©pressive, demeurant autant un drame familial charpentĂ©, humble et documentĂ©, qu'un hymne Ă  la chimère du 7è art le plus libĂ©rateur, Ă©clatĂ© (telle une bulle de champagne), vertigineux. Un nouveau chef-d'oeuvre au demeurant que l'on a dĂ©jĂ  envie de redĂ©couvrir sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clos puisque si attristĂ© de quitter ce portrait de famille tout Ă  la fois Ă©corchĂ©, digne et ambitieux. 

*Bruno 

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