jeudi 24 août 2023

Blade

                                      
                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com
 
de Stephen Norrington. 1998. U.S.A. 2h00. Avec Wesley Snipes, Stephen Dorff, Kris Kristofferson, N'Bushe Wright, Donal Logue, Udo Kier, Traci Lords, Sanaa Lathan, Arly Jover, Matt Schulze.

Sortie salles France: 18 novembre 1998 (int - 12 ans). U.S: 21 Août 1998

FILMOGRAPHIE: Stephen Norrington, nĂ© en 1964 Ă  Londres, est un acteur, scĂ©nariste, rĂ©alisateur et spĂ©cialiste des effets spĂ©ciaux. 1994 : Death Machine. 1998 : Blade. 2001 : The Last Minute. 2003 : La Ligue des gentlemen extraordinaires. 

ConsidĂ©rĂ© aujourd'hui comme culte, Blade n'a pas volĂ© sa rĂ©putation d'actionner horrifique optimal tant Stephen Norrington s'efforce de soigner sa sĂ©rie B fastueuse sous le pilier de Wesley Snipes habitĂ© par son personnage infortunĂ©. Tant et si bien qu'il s'agit sans conteste du rĂ´le de sa vie tant il s'investit corps et âme avec un charisme crĂ©pusculaire aussi distinguĂ© que monolithique. Ainsi, Ă  la revoyure 25 ans plus tard; et pour la 4è fois, je reste stupĂ©fiais par la rĂ©jouissance des sĂ©quences d'action chorĂ©graphiĂ©es avec un art consommĂ© du montage ultra dynamique. Si bien que la pyrotechnie (tant auprès des corps Ă  corps que des gunfights) s'avère toujours lisible pour le plaisir du spectateur fascinĂ© par les talents (super)hĂ©roĂŻques de notre vampire high-tech. Car outre la simplicitĂ© de son scĂ©nario Ă  la fois parfaitement charpentĂ©, efficace, inventif, surprenant parfois mĂŞme, Blade demeure plus subtil, consistant qu'il n'y parait si on y gratte son vernis. Tant auprès des rapports de Blade avec sa mère (chut pour ne pas spoiler !), de sa relation vĂ©nĂ©neuse (beaucoup plus Ă©troite qu'elle n'y parait) avec Frost que de son profil sobrement torturĂ© puisque partagĂ© entre la plus-value de sa malĂ©diction afin de mieux combattre le Mal sur le point de parfaire leur prophĂ©tie (celle de redonner vie au Dieu des vampires) et son dĂ©sir irrĂ©pressible de redevenir humain avec l'appui du docteur Karen Jenson avec qui il entame une relation fraternelle au grand dam de la romance escomptĂ©e Ă  notre surprise. 

Si bien que Blade carbure à l'adrénaline d'une violence décomplexée ne laissant que peu de places aux sentiments. Même la mort d'un des personnages est brièvement dépeinte avec une surprenante froideur, ce qui n'est guère péjoratif car le film se distingue par sa facture badass tout en y instillant un climat fascinatoire d'une modernité gothique. A l'instar de sa splendide photo chrome désaturée, nuancée parfois de couleurs saillantes afin d'afficher une facture formelle aussi personnelle que contemporaine. Et si on peut sans conteste déplorer aujourd'hui la médiocrité de certains FX en CGI (l'aspect cartoon fait tâche), l'action demeure si jouissive, exubérante et surtout homérique pour pardonner assez facilement ses artifices sous l'impulsion d'une musique techno évidemment punchy. D'ailleurs son prologue anthologique confiné dans une boite de nuit ensanglantée est resté dans toutes les mémoires des fans, tant auprès de son effet de surprise que pour l'attrait fulgurant de son horreur redoutablement épique, débridée, décomplexée. On peut enfin saluer les aimables présences de nos vétérans Udo Kier et Kris Kristofferson dans des seconds-rôles assez denses et expressifs, ce qui renforce la carrure élitiste de ce métrage unissant ancienne et nouvelle génération avec une expansivité toute à la fois provocatrice (les vampires juvéniles) et responsable (d'autres vampires ascendants puis nos héros redresseurs de tort).

Gros film d'action mené sans temps morts alors qu'il affiche une durée substantielle de 2h00, Blade dégage une énergie et une insolence contagieuses sans jamais se vautrer dans la facilité de règlements de compte itératifs eu égard de l'habileté de son pitch faisant notamment honneur à ses personnages clinquants. Quant à Wesley Snipes, il vampirise l'écran en mastard ténébreux quasi indestructible si bien que jamais plus il ne retrouvera cette aura ensorcelante lors de ses futurs projets mainstream.
 
*Bruno
4èx

Ci-joint la chronique de Blade 2http://brunomatei.blogspot.fr/2012/10/blade-2.html

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