jeudi 21 mai 2026

Les 8 Diagrammes de Wu-Lang de Lau Kar-Leung. 1983. Hong-Kong. 1h34.

  (Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
"La vengeance est atroce... mais elle est aussi irrésistiblement grisante."

Hier, redécouverte du monstrueux, décadent et complètement délirant Les 8 Diagrammes de Wu-Lang, réalisé par Lau Kar-leung (Liu Chia-liang).

On a affaire ici à un film d’action totalement halluciné retraçant la vengeance d’un des fils Yang, unique survivant - avec son frère devenu fou - d’une bataille sanglante opposant leur famille aux envahisseurs mongols dans un royaume chinois médiéval.
Deux hommes échappent alors au massacre : le sixième fils, qui sombre dans la démence, et le cinquième, qui décide de se réfugier dans un monastère bouddhiste afin de tenter de canaliser la violence qui le consume.
 

On peut d’ailleurs rappeler que le tournage du film fut lui-même frappé par un triste drame, puisque l’un des acteurs principaux, Alexander Fu Sheng, trouva tragiquement la mort dans un accident de voiture en pleine production. Le scénario dut alors être remanié afin de poursuivre le récit malgré sa disparition brutale.

Et il faut également souligner que le point de départ du film possède une dimension historique, puisque l’histoire s’inspire de la célèbre famille Yang ayant réellement existé sous la dynastie Song, connue en Chine pour avoir résisté aux invasions étrangères durant le Moyen Âge. Ce contexte avait déjà d'ailleurs été abordé au cinéma avec Les 14 Amazones, également produit par la Shaw Brothers.
 

Mais ici, Lau Kar-leung choisit de suivre le destin du cinquième fils Yang, partagé entre spiritualité bouddhiste et désir irrépressible de vengeance, incapable finalement d’éteindre la haine qui le ronge contre les bourreaux de sa famille. Et c’est précisément cette contradiction intérieure qui nourrit toute la folie du film. Euphémisme j'vous dit tant on en prend plein les mirettes jusqu'au vertige !

Car Les 8 Diagrammes de Wu-Lang est une Å“uvre d’action complètement cintrée par ses outrances visuelles, flirtant parfois avec le cartoon live tant ses débordements sanguinolents et son hystérie martiale sont pleinement en roue libre.
 

Mais ce qui fait surtout le sel, l’intensité et la puissance phénoménale du film réside dans ses combats absolument sidérants de chorégraphie. À plusieurs reprises, on a quasiment l’impression d’assister à un ballet opératique ultra-violent, tant les corps semblent entrer dans une danse furieuse et irréelle. Et durant 1h30, le film ne relâche quasiment jamais la pression, avançant avec une énergie métronomique à la fois épuisante et euphorisante.

Vanté depuis longtemps par Quentin Tarantino - qui lui rendra d’ailleurs hommage dans Kill Bill: Volume 1 notamment à travers la présence de Gordon Liu - Les 8 diagrammes de Wu-Lang demeure aujourd’hui un authentique chef-d’Å“uvre du cinéma d’action asiatique. Si bien que face à certaines séquences de combat littéralement hallucinantes, on a véritablement l’impression d’assister à quelques-uns des affrontements martiaux les plus sidérants jamais filmés sur un écran. 
 

C’est dire à quel point ce gigantesque divertissement baroque et sanguinaire provoque, d’un bout à l’autre, une euphorie de tous les diables.
 
— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤

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