Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com
de Kevin Smith. 2011. U.S.A. 1h28. Avec Michael Parks, Melissa Leo, John Goodman, Kyle Gallner, Stephen Root.
Commercialisé en blu-ray et dvd en France le 26 Juin 2012
FILMOGRAPHIE: Kevin Smith est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain né le 2 Août 1970 à Red Bank, dans le New-Jersey (Etats-Unis).
1994: Clerks, 1995: Les Glandeurs, 1997: Méprise Multiple, 1999: Dogma, 2001: Jay et Bob contre-attaquent. 2004: Père et Fille. 2006: Clercks 2. 2008: Zack et Miri font un porno. 2010: Top Cops. 2011: Red State. 2014 : Tusk. 2016 : Yoga Hosers. 2016 : Holidays - segment Halloween. 2019 : Jay et Bob contre-attaquent… encore (Jay and Silent Bob Reboot). 2022 : Killroy Was Here. 2022 : Clerks 3 (Clerks III). 2024 : The 4:30 Movie.
Kevin Smith, trublion habitué aux comédies noires décalées vire sa cuti avec Red State. Un drame implacable d'une violence réaliste âpre et rugueuse, réquisitoire contre le fanatisme religieux le plus criminel derrière une offensive policière corruptible. Comme le démontre avec effroi l'antagoniste Abin Cooper; pasteur homophobe endossé par Michael Parks vivant son rôle plus qu'il ne le joue. KevinSmiths'étant inspiré du révérend Phelps, fondateur de l'église baptiste de Westboro réputé pour sa haine réac contre les pécheurs.
Synopsis: Suite à une adresse du net, 3 ados prennent rendez vous avec une quadragénaire résidant dans une caravane à proximité d'un terrain forestier. Sur place, après avoir bu de la bière frelatée, ces derniers sont appréhendés pour être emprisonnés en interne d'une église régie par le père Cooper. Un intégriste réfractaire aux homosexuels et à la luxure, prônant une justice expéditive envers des innocents kidnappés par ces disciples. Or, aujourd'hui rien ne se déroulera comme prévu. .
Vendu comme un film d'horreur, Red State n'est en rien le divertissement standard concocté pour nous offrir notre lot de sueurs froides à travers un pitch canonique. Réalisé avec brio pour son réalisme littéralement épique épaulé d'une caméra mobile agressive lors des moments les plus alarmistes, la narration stigmatise avec verdeur le fondamentalisme d'une secte religieuse édifiée par le pasteur Cooper. Un sexagénaire intégriste inculquant à ses ouailles une justice aussi aveugle qu'expéditive auprès des pêcheurs érotomanes ou gay.
Le prologue débute comme un classique teen-movie lorsque trois jeunes lurons batifolent avec une femme mature adepte de l'échangisme. Cette situation tranquille va cependant brusquement virer de ton lorsque ceux-ci vont se retrouver piégés par la mégère au sein d'une paroisse catholique. Or, ce qui interpelle à la vue de ce pamphlet anti-religieux, c'est sa froideur glaçante, son réalisme rugueux insupportable dépendant de la caractérisation de personnages à la limite de la démence car d'une violence primale lorsqu'ils exercent leur action punitive en guise de sacrifice. D'ailleurs, le premier meurtre incongru perpétré à l'intérieur du huis-clos pastoral est d'une intensité dramatique intolérable si bien qu'il nous suscite gêne, malaise, dégoût, l'effroi le plus inconfortable. Quand bien même ces bourreaux convaincus de leurs méfaits purificateurs laisse transparaître une satisfaction malsaine d'autant plus perverse dans leur idéologie anti gay.
Quand aux séquences d'action filmées caméra à l'épaule ou en vue subjective lors du siège à la folie furieuse contagieuse, elles offrent des moments de bravoure à clouer au siège accentués d'une bande-son cinglante afin d'exacerber l'impact stridant du carnage dénué de raison. Les rivaux en proie à la peur et la panique mais inévitablement stoïques s'adonnant au baroud d'honneur. Or, pas de héros dans ce récit âpre et d'une extrême brutalité évaluée sans compromis. Plutôt un sentiment désabusé de défaite sociale (mais aussi policière en dépit des apparences) pour ces rivaux sous effigie de l'orgueil le plus putassier à travers leur idéologie fasciste. Sachant que les flics eux mêmes corrompus vont employer le subterfuge pour se débarrasser d'une bavure impardonnable. Dans celui du prédicateur prêchant la piété dans une éthique despotique, Michael Parks est terrifiant de cynisme à travers sa tranquillité rassurante. Il crève l'écran en dégageant une aura malsaine qui inondera toute l'intrigue. John Goodman en impose autant en leader policier convaincu de braver sa déontologie afin de sortir vainqueur du terrorisme religieux. La séduisante et gracile Melissa Leoinsuffle une poignante empathie dans celle d'une mère repentie osant bafouer sa doctrine conservatrice pour l'enjeu de sa postérité.
Avec sa mise en scène âpre et studieuse parfois proche du docu-vérité et la sobriété des interprètes littéralement dérangés, Red State redouble d'efficacité pour illustrer avec vigueur (parfois insupportable) un pamphlet édifiant sur les pratiques extrémistes d'adorateurs de Dieu radicalisés par une figure du Mal. Son point d'orgue explosif enfonçant le clou d'une dérision caustique de par son revirement divin particulièrement amer et grinçant. Un film choc dont on sort groogy.
*Bruno
17.10.11.
05.02.25. Vost
Récompenses:
2011 : Meilleur film au festival international du film de Catalogne.
. de Terrence Malick. 2010. U.S.A. 2h18. Avec Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain, Hunter McCracken, Joanna Going, Fiona Shaw, Laramie Eppler, Tye Sheridan, Jessica Fuselier, Nicolas Gonda, Will Wallace.
Sortie en salles en France le 17 Mai 2011. U.S: 8 Juillet 2011.
FILMOGRAPHIE: Terrence Mallick est un réalisateur, scénariste et producteur américain né le 30 Novembre 1943 à Ottawa (Illinois).
1973: La Ballade Sauvage.
1978: Les Moissons du Ciel
1998: La Ligne Rouge
2005: Le Nouveau Monde
2011: The Tree of Life
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La Palme d'Or 2011 est vraiment, vraiment rebutante !
J'ai fini par endiguer le film au bout d'1H30 (sur 2H20) tant il s'étire inlassablement dans son ambiance religieuse et nonchalante pour illustrer son thème métaphysique sur le sens de la vie terrestre. Les images fastes, limpides, immaculées, sont magnifiques, la mise en scène expérimentale use et abuse du maniement d''une caméra toujours en mouvement (un parti pris qui m'a beaucoup irrité) et les comédiens sont quelques peu déroutants, comme envoûtés par ce qu'ils ressentent et traversent. Au final, j'ai eu l'impression que l'émotion ne perçait jamais. C'est fort dommage.
A revoir peut-être car j'ai comme l'impression que ce trip existentiel est aussi réussi que raté. .
. Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...
d'Alfred Hitchcock. 1963. Angleterre. 2h00. Avec Tippi Hedren, Rod Taylor, Jessica Tandy, Suzanne Pleshette, Veronica Cartwright, Ethel Griffies, Charles McGraw, Ruth McDevitt, Lonny Chapman.
Sortie en salles en France le6 Septembre 1963. U.S: 28 Mars 1963.
FILMOGRAPHIE:Alfred Hitchcock est un réalisateur, producteur et scénariste anglo américain, né le 13 Août 1899, décédé le 29 Avril 1980.
1935: Les 39 Marches. 1936: Quatre de l'Espionnage. Agent Secret. 1937: Jeune et Innocent. 1938: Une Femme Disparait. 1939: La Taverne de la Jamaique. 1940: Rebecca. Correspondant 17. 1941: Soupçons. 1942: La 5è Colonne. 1943: l'Ombre d'un Doute. 1944: Lifeboat. 1945: La Maison du Dr Edward. 1946: Les Enchainés. 1947: Le Procès Paradine. 1948: La Corde. 1949: Les Amants du Capricorne. 1950: Le Grand Alibi. 1951: L'Inconnu du Nord-Express. 1953: La Loi du Silence. 1954: Le Crime était presque parfait. Fenêtre sur cour. 1955: La Main au Collet. Mais qui a tué Harry ? 1956: l'Homme qui en savait trop. Le Faux Coupable. 1958: Sueurs Froides. 1959: La Mort aux Trousses. 1960: Psychose. 1963: Les Oiseaux. 1964: Pas de Printemps pour Marnie. 1966: Le Rideau Déchiré. 1969: l'Etau. 1972: Frenzy. 1976: Complot de Famille.
"C’est peut-être le film le plus terrifiant que j’ai jamais tourné." — Alfred Hitchcock
Trois ans après Psychose, Sir Alfred Hitchcock se résout, après mûre réflexion, à adapter une nouvelle de Daphné Du Maurier, The Birds. Le scénario, entièrement réapproprié par lui-même et Evan Hunter, était à l’origine destiné à la série Alfred Hitchcockprésente. Mais après avoir lu que de véritables attaques de volatiles s’étaient produites dans son pays, le maître pressent qu’il tient là un nouveau tour de force d’épouvante, taillé pour le grand écran. Les Oiseaux nécessitera trois ans de préparation — en priorité pour les effets spéciaux et les maquettes — tant sa complexité technique exigea pas moins de 370 scènes truquées. Pour mesurer l’obsession maniaque du cinéaste, la seule séquence finale nécessita 32 prises, et Hitchcock la désignera comme l’un de ses tournages les plus éprouvants.
À Bodega Bay, Melanie Daniels, jeune femme mondaine, croise Mitch Brenner, avocat charmé par sa prestance. Pour l’anniversaire de sa sœur Cathy, il souhaite offrir un couple d’inséparables. Vexée par son ironie cavalière, Melanie s’empresse de les acheter elle-même, puis décide de les lui livrer... en personne. En chemin, alors qu’elle rejoint son domicile en barque, elle est brutalement attaquée par une mouette.
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Clef de voûte de l'épouvante moderne, Les Oiseaux impressionne par son audace : faire naître l’effroi à partir de simples volatiles subitement saisis d’une rage meurtrière. La première partie du récit, tout en suggestion, esquisse une romance contrariée : celle de deux amants freinés par la jalousie opaque d’une mère possessive. Hitchcock, manipulateur masochiste, nous attache d’abord à ce triangle sentimental, distillant un suspense latent, tapi dans l’ombre. Il introduit les oiseaux non comme une menace, mais sous une forme docile, encagée, presque ludique. Leur présence se fait de plus en plus insistante, jusqu’à ce premier incident : Melanie, isolée sur sa barque, est frappée au visage par une mouette surgie de nulle part.
Puis l’envol. Et le cauchemar.
Sans se jeter dans l’action effrénée, Hitchcock retarde patiemment l’embrasement. Les oiseaux passent à l’attaque plus de 25 minutes après cette première escarmouche, déclenchant une seconde partie hallucinée. Leur violence, absurde et inexplicable, sidère. Nulle justification ne viendra : ni scientifique, ni surnaturelle. Juste une révolte animale aussi brutale qu’opaque. Et lorsque la furie s’abat, Hitchcock ne fait aucune concession : chaque agression devient une scène d’anthologie, d’un réalisme glaçant. Attaque sauvage d’enfants fuyant leur école. Déferlement sanglant sur Bodega Bay réduite à feu et cendres. Siège d’une maison de campagne, barricadée à la hâte. Chaque scène pousse l’intensité jusqu’au vertige, appuyée par un design sonore dissonant, où cris perçants, battements d’ailes frénétiques et silences lourds composent une partition de terreur viscérale.
Le duo Rod Taylor / Tippi Hedren fonctionne à merveille : lui, viril et faussement arrogant, tente d’apprivoiser cette muse au charme hautain ; elle, gracile mais volontaire, dévoile une chaleur inattendue, notamment dans ses tentatives pour amadouer une belle-mère méfiante. Jessica Tandy incarne cette dernière avec une mélancolie farouche, bouleversante dans sa peur de perdre l’amour exclusif de son fils.
. Dénué de musique, pour mieux ancrer le cauchemar dans une réalité nue, Les Oiseaux demeure, plus de 65 ans après sa sortie, un film terrifiant, d’une efficacité redoutable. Malgré quelques plans vieillissants, la mise en scène virtuose transcende les effets datés par une montée en tension millimétrée, une violence sèche et dérangeante. L’idée, folle et géniale, d’une revanche de la nature — ces oiseaux refusant de se nourrir, comme s’ils conspiraient — nous hante longtemps après le générique. Les Oiseaux est sans doute l’un des films les plus oppressants et excentriques de son auteur, croisement inouï entre romance contrariée et apocalypse ornithellique, dans une tension psychologique constamment parasitée par l’ombre d’une mère dévorante.
de Brian De Palma. 1978. U.S.A. 1h57. Avec Kirk Douglas, John Cassavetes, Carrie Snodgress, Charles Durning, Amy Irving, Fiona Lewis, Andrew Stevens, Carol Eve Rossen, Rutanya Alda, Joyce Easton.
Sortie en salles en France le 4 janvier 1979. U.S: 10 Mars 1978.
FILMOGRAPHIE: Brian De Palma, de son vrai nom Brian Russel DePalma, est un cinéaste américain d'origine italienne, né le 11 septembre 1940 à Newark, New-Jersey, Etats-Unis.
1968: Murder à la mod. Greetings. The Wedding Party. 1970: Dionysus in'69. Hi, Mom ! 1972: Attention au lapin. 1973: Soeurs de sang. 1974: Phantom of the paradise. 1976: Obsession. Carrie. 1978: Furie. 1980: Home Movies. Pulsions. 1981: Blow Out. 1983: Scarface. 1984: Body Double. 1986: Mafia Salad. 1987: Les Incorruptibles. 1989: Outrages. 1990: Le Bûcher des vanités. 1992: l'Esprit de Cain. 1993: l'Impasse. 1996: Mission Impossible. 1998: Snake Eyes. 2000: Mission to Mars. 2002: Femme Fatale. 2006: Le Dahlia Noir. 2007: Redacted.
Deux ans après Obsession et Carrie réalisés successivement la même année, Brian De Palma renoue avec le thème de la parapsychologie dans Furie. Un film fantastique diaboliquement ficelé, conjuguant avec bonheur espionnage, action, suspense et épouvante traditionnelle, saupoudré d'une pointe de cocasserie en début d'intrigue. Entouré d'acteurs de renom (Kirk Douglas, John Cassavetes, Charles Durning, Amy Irving), ce film sous-estimé est à réhabiliter à sa juste valeur tant il exploite avec beaucoup d'efficacité et de maîtrise technique une intrigue aussi haletante que surprenante. Doué de pouvoirs paranormaux, un jeune garçon se fait kidnapper par l'agence du gouvernement de son père. Après avoir manqué de trépasser dans un odieux traquenard commandité par un ami de longue date, le paternel décide de partir à sa recherche. Au même moment, une jeune fille, Gillian, possédant également des dons exceptionnels,communique par télékinésie avec son fils.
En s'appropriant une nouvelle fois du thème de la télékinésie préalablement établi avec l'envoûtantCarrie, Brian De Palma s'inspire d'un roman de John Farris pour nous concocter un prodigieux spectacle dans ses genres disparates. On est d'ailleurs surpris du ton ironique des premières séquences lorsque Peter Sandza est contraint de trouver des vêtements en pénétrant par effraction chez un coupe de sexagénaires décontenancés par son apparence demi-nue ! Ou encore la présence risible de ces deux policiers pris en otage par notre héros affublé d'un costume de vieillard et craignant que leur nouvelle carrosserie de fonction ne soit sévèrement cabossée lors de courses poursuites engagées contre des espions. Paradoxalement, après que ne soit intervenu une séquence d'action trépidante particulièrement intense, on pouvait craindre que notre réalisateur se vautre dans le ridicule en y mêlant successivement ce genre de situations cocasses proprement hilarantes.
Néanmoins, l'humour omniprésent des vingts premières minutes va peu à peu s'occulter pour exacerber l'action des enjeux avec l'intervention d'un nouveau personnage caractérisé par la ravissante Amy Irving (déjà remarquée dansCarrie). Cette jeune fille profondément accablée par son pouvoir surnaturel est incapable de contrôler ses émotions au moindre contact humain, provoquant chez le sujet une hémorragie impossible à maîtriser. C'est dans une clinique spécialisée que notre témoin va être contrainte de tenter de canaliser son pouvoir alors que des visions hallucinogènes et prémonition vont lui être administrées par l'influence télékinésique de Robin, le fils martyrisé par une confrérie gouvernementale sans vergogne. D'ailleurs, la narration menée avec maîtrise technique assidue (la séquence d'anthologie entièrement filmée en "slow motion" illustrant avec minutie la fuite de Gillian à travers rues contre les ravisseurs de l'odieux Ben Childress) doit beaucoup à la prestance de cette comédienne d'une justesse psychologique admirable. Elle peut même se targuer de voler carrément la vedette à nos héros principaux incarnés par les briscards Kirk Douglas et John Cassavettes ou encore le juvénile Andrew Stevens. C'est ce portrait empathique alloué à Gillian qui rend l'oeuvre si intense et captivante. Une victime chétive totalement dépassée par son don de prescience et de télékinésie, peu à peu asservie par l'arrivisme d'un agent politique. Un affabulateur convaincu de la substituer au fils de Peter davantage irascible, toxicomane et en perte de faculté surnaturelle. Là aussi, l'accent dramatique est privilégié dans la décrépitude du jeune garçon devenu incontrôlable car totalement destitué de sa personnalité. Dans la dernière partie réfutant le happy-end salvateur, nous retrouvons Peter, plus déterminé que jamais, accompagné de Gillian pour tenter de récupérer sain et sauf Robin, plus irascible et pernicieux que jamais. Ce point d'orgue particulièrement cinglant, car déployant des séquences chocs sanglantes magnifiquement supervisées par le maître des FX, Rick Baker, prémédite une mise à mort des plus explosives !
Si l'intrigue de Furie s'avère sans grande surprise et laisse interférer quelques gênantes invraisemblances (comme l'évasion de Peter réussissant à s'extraire de l'embarcation d'un rafiot après une gigantesque explosion), la maîtrise technique de De De Palma (amples mouvements de caméra vertigineux), l'interprétation de qualité (Amy Irving crève l'écran !), le score fastueux de John William et l'efficacité d'un récit fertile en péripéties renvoient au solide divertissement. Note: C'est le premier rôle au cinéma de Daryl Hannah qui interprète Pam, une écolière à la cafétaria assise à la droite de Gillian (l'avais même pas r'connu !).
Récompense: Saturn Awards 1979: Meilleurs maquillages pour William Tuttle et Rick Baker, remis par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur.
(Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
de Jean Pourtalé. 1975. France. 1h30. Avec Niels Arestrup, Brigitte Rouan, Emmanuelle Béart, Michel Esposito.
Sortie en salles en France le18 Août 1976
FILMOGRAPHIE:Jean Pourtalé est un réalisateur français né le10 Septembre 1938 à Paris, décédé le 17 Octobre 1997. 1964: Dernier soir (court-métrage). 1969: Sylvie à l'Olympia (Court-métrage du tour de chant). 1975: Demain les Momes. 1980: 5% de Risques
En 1976, sort sur les écrans, dans une quasi-indifférence générale, le premier film d’un réalisateur alors méconnu, Jean Pourtalé, tandis que certaines critiques snobinardes lui tournent le dos. Or, deux festivals lui ouvriront la voie de la reconnaissance, décernant au film deux prix, à Paris et à La Nouvelle-Orléans. Totalement occulté ou ignoré depuis des lustres, Demain les mômes demeure un ovni filmique rare et précieux, aussi réaliste et désespéré que son cousin ibérique, le chef-d’œuvre martyr Les Révoltés de l’an 2000.
Le pitch : Dans un futur ravagé par une potentielle guerre mondiale, le monde est devenu un lieu aride où quelques survivants errent à la recherche d’un abri. Philippe et Suzanne, réfugiés dans leur ferme du sud-ouest de la France, coulent des jours indolents grâce à leurs réserves de nourriture. Jusqu’au jour où un groupe de quidams s’en prend sauvagement à Suzanne. Philippe accourt, tire vainement avec son fusil de chasse, mais la menace est trop grande. Privé de sa femme, il tente de retrouver d’éventuels survivants via un récepteur radiophonique… jusqu’à l’irruption d’une bande d’enfants mutiques à proximité de sa maison.
Avec un budget restreint et des décors minimalistes, Jean Pourtalé recrée un univers en décrépitude, post-cataclysmique, où chaque bruit devient un instrument de tension, chaque vent un souffle funeste. La terre y est un cimetière décharné, et les survivants s’y meuvent avec prudence, méfiants de toute présence humaine. Quelques plans-chocs montrent des cadavres faméliques abandonnés sur le bord des routes, maquillage morbide et efficace, instaurant un climat de désolation palpable. Le vent bourdonnant devient la seule présence vivante dans cette planète réduite à un vestige.
Puis le danger surgit à l’imprévu, incarné par ces marginaux sans scrupule, et plus tard, par la mystérieuse bande d’enfants qui occupe la ferme. Fillette ou gamin, ces enfants mutiques, froids et monolithiques, paraissent incapables de compassion. Philippe, homme de foi et de patience, tente pourtant de tisser un lien, d’inculquer le savoir-vivre, le respect d’autrui dans un monde livré à l’agonie. Mais la rancune et l’hostilité des enfants le confrontent à une vérité cruelle : l’espoir de reconstruire un monde meilleur est une illusion irréversible.
Insidieusement, et avec un souci d’authenticité proche du documentaire, Demain les Mômes dévoile le caractère monolithique et glacial d’une bande de marmots incapables de manifester la moindre compassion envers leur nouveau protégé, Philippe, homme de foi profondément désorienté. Par petites touches, le film détaille avec une sensibilité poétique la tentative d’un homme solitaire pour établir un lien amical avec cette troupe d’enfants sauvages, sous l’accompagnement subtil et troublant de la mélodie d’Éric Demarsan. Le thème musical, parfois lumineux, vire soudainement à l’ombre, soulignant le mystère et le silence presque surnaturel de ces enfants mutiques, en opposition au monde des adultes.
La devise de Philippe devient alors de leur inculquer le savoir-vivre, les valeurs humaines et le respect d’autrui, dans un monde furtivement livré à l’agonie. Dépité par leur rancœur, vexé par leur introversion et leur taciturnité, il comprend peu à peu que l’espoir de reconstruire un monde meilleur n’est qu’une irréversible désillusion.
Niels Arestrup, trop rare et ici magistral, incarne Philippe avec une flegme mature et l’aplomb nécessaire pour tenter d’éduquer ces enfants dépourvus d’amour et d’empathie, comme dans la séquence où l’un d’eux chute du toit de la ferme. Le groupe, qui communique exclusivement entre lui, retranscrit avec un naturel troublant un comportement à la fois imbitable et inquiétant face à l’adulte, dont l’unique désir est la cohésion et la bienveillance. Leur hostilité et leur pernicieux détachement alimentent le climat singulier du film, d’un réalisme terrifiant. On y devine la parenté avec les enfants interlopes et faussement dociles des Révoltés de l’an 2000, sorti la même année en Espagne. À titre subsidiaire, on notera les premiers pas devant la caméra d’Emmanuelle Béart, à seulement 12 ans.
Les enfants du silence.
Dans un climat d’insécurité oppressant, Demain les mômes expose l’échec de l’humanité. Les enfants, vengeurs de leur perte d’innocence, deviennent les arbitres cruels d’un monde où la disparition de l’autorité parentale laisse place à la loi du silence et de la violence. Son final nihiliste, glaçant, renforce le sentiment de perdition : ici, plus d’illusion, plus d’espoir, seulement la déshumanisation et l’intolérance. Le récit post-apocalyptique de Pourtalé est amer et désenchanté, ses images blafardes marquant durablement l’esprit, sous le pilier d’un futur littéralement crépusculaire, tristement à nos portes.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
Dédicace à Atreyu sans qui je n'aurai pu redécouvrir cette perle rare et introuvable.
06.10.11
Récompenses: Grand Prix au 3ème Festival de film fantastique et de science fiction de Paris, ainsi que celui du Prix Spécial du Jury au Festival International de "New Orléans".
de Claudio Guerin. 1973. Espagne. 1h32. Avec Renaud Verley, Viveca Lindfors, Alfredo Mayo, Maribel Martin, Nuria Giemno, Christine Betzner, Saturno Cerra, Nicole Vesperini, Erasmo Pascual, Antonio Puga.
Sortie en salles en France en Août 1974.
FILMOGRAPHIE: Claudio Guerin est un réalisateur espagnol (1939 - décédé le 24 Février 1973)
1965: Luciano (T.V). 1966: La Corrida (T.V). 1969: Los Desafios (T.V). 1972: La Casa de las palomas. 1973: La Cloche de l'Enfer
Second et dernier long-métrage de Claudio Guerin, La Cloche de l'Enfer fait office de chef-d'oeuvre maudit auprès de son ironie macabre encadrant le secret du titre du film. En effet, le réalisateur mourut accidentellement l'ultime jour du tournage en trébuchant du clocher qu'il eut exploité (certaines mauvaises langues évoqueront d'ailleurs un éventuel suicide). C'est d'ailleurs Juan Antonio Bardem qui aurait achevé son mémorable point d'orgue fantasmagorique.
Le Pitch: A sa sortie d'un centre psychiatrique auquel il fut injustement interné, Juan rejoint la demeure de sa tante, responsable de son emprisonnement. Ces trois cousines sont également logées à la même enseigne gothique de la tutrice. Juan va alors préméditer une vengeance implacable contre sa propre famille condescendante.
Cette perle rare et oubliée, exportée de l'Espagne franquiste, est une oeuvre hypnotique au pouvoir de fascination prégnant auprès de sa mise en scène quasi expérimentale débordante de trouvailles poético-macabres. Avec l'entremise d'un scénario impondérable, structuré de manière perfide, La Cloche de l'Enfer ne cesse de surprendre le spectateur embarqué dans un étrange conte gothique d'une beauté diaphane à couper le souffle ! Nombre de séquences faisant intervenir volatiles, insectes, vertébrés aquatiques ou mammifères évoluant autour d'une nature sauvage nous transportent dans un environnement blême impénétrable. Privilégié d'une photo ocre transcendant la beauté de ces images insolites, l'aventure vengeresse de Juan est une perpétuelle immersion vers l'inconnu.
Tout le génie émanant d'une réalisation iconoclaste bousculant les règles du genre dans une structure aussi anarchiste qu'insidieusement planifiée. La quête vindicative de notre héros interlope, usant de subterfuges pour se railler de ses invités familiers, intriguant le spectateur interloqué par ce jeu sarcastique avec la mort. Si bien qu'après que sa mère émancipée se soit suicidée, Juan sera injustement condamné de ce deuil maternel par la faute d'une tante perfide appâtée par un héritage. Dès lors, après avoir été enfermé et drogué dans un centre psychiatrique, le fils revanchard décide d'accomplir auprès des responsables de son internement un rituel savamment réfléchi dans un jeu de farces et attrapes risibles. Paradoxalement, c'est après avoir exercé quelques jours dans un abattoir auquel les animaux y sont traditionnellement égorgés, désossés et dépecés (une séquence particulièrement pénible et dérangeante au vu de son authenticité) qu'il décide de passer à l'acte comme si sa profession l'eut aménagé à endurer la vue du sang et l'odeur morbide. Durant son cheminement hermétique, nous établissons la rencontre de personnages obscurs (le sdf réfugié dans une cabane), troubles et sournois (la tante renfrognée et les trois cousines au caractère bien distinct), ou pervers et erratiques (tes ces quatre quinquagénaires sur le point de violer une gamine esseulée aux abords de la forêt). Par ailleurs, un mystérieux film de souvenir familial tourné en super 8 semble dévoiler les rapports masochistes de Juan avec ces 3 cousines complices, alors que l'une d'entre elles fut éprise d'affection pour lui. De surcroît, une célèbre comptine (Frère Jacques, sonne les matines !) est régulièrement fredonnée par des voix enfantines annonçant implicitement le fameux chapitre final à tiroirs auquel un personnage clef va subitement intervenir. Chaque séquence inopinée dévoilant ingénieusement des situations insolubles à présager, une manière habile d'exacerber ce sentiment rare de vivre une expérience horrifique hors des sentiers battus. Là où chacun des protagonistes suspicieux, perplexes et aigris de leur existence nonchalante, semble errer dans un environnement blafard. On peut justement souligner en sous texte social le côté marginal et sexuellement émancipé du personnage principal (ses coucheries antécédentes avec des prostituées mais aussi avec l'une de ses cousines) mis en relief avec la bourgeoisie traditionnelle d'une tante rétrograde. Comme si le réalisateur semblait vouloir braver la dictature de son époque franquiste. Pour rappel historique, un gouvernement autoritaire et despotique régie de 1939 à 1975 par le chef de l'état et militaire Francisco Paulino HermenegildoTeódulo Franco y Bahamonde.
Habité par la prestance équivoque de femmes sexuellement refoulées et surtout par l'interprétation nébuleuse, car faussement docile, du français Renaud Verley, La Cloche de l'Enfer symbolise la rareté atypique tant il s'avère impossible d'évacuer l'étrangeté de son climat désincarné. Transcendé d'une réalisation audacieuse et d'un parti pris esthétique rivalisant d'inventivité formelle, ce chef-d'oeuvre insolent est apte à se classer parmi les plus beaux spécimens du fantastique ibérique.
de Nicholas Hytner. 1996. U.S.A. 2h04. Avec Daniel Day Lewis, Winona Ryder, Paul Scofield, Joan Allen, Bruce Davison, Rob Campbell, Jeffrey Jones, Peter Vaughan, Karron Graves, Charlayne Woodard.
Sortie en salles en France le 26 Février 1997. U.S: 27 Novembre 1996
FILMOGRAPHIE: Nicholas Hitner est un réalisateur et producteur britannique né le 7 Mai 1956 à Manchester. 1994: La Folie du roi George. 1996: La Chasse aux sorcières. 1998: l'Objet de mon affection. Twelfth Night, or What You Will (télé-film). 2000: Danse ta vie. 2006: The History Boys.
En 1996, le peu prolifique Nicholas Hitner adapte à l'écran le fameux procès des sorcières de Salem de l'histoire coloniale des Etats-Unis qui fustigea dans le Massachusetts de l'an 1692 la condamnation et l'exécution de paysannes accusées de sorcellerie. Le film est adapté de la pièce à succès, The Crucible de Arthur Miller. A Salem, une hystérie collective menée par la jeune Abigail semble apeurer toute la population après que d'innocentes femmes se soient retrouvées accusées à tort de sorcellerie. Jalouse car éperdument amoureuse de John Protor avec qui elle avait eu préalablement une liaison d'adultère, elle décide par esprit vindicatif de faire accuser la femme de ce dernier.Succès critique à l'époque de sa sortie, cette production hollywoodienne de 25 millions de dollars réunissant une pléiade de stars notoires décrit avec parcimonie le déclin d'une population villageoise terrorisée par les superstitions satanistes et de l'inquisition instaurées au début du 13è siècle. Cette juridiction ecclésiastique réprimait sans concession les crimes d'hérésie jusqu'au XVIè siècle. Par l'entremise d'une catin perfide et pernicieuse parvenant facilement à endoctriner dans son hérésie un groupe de jeunes filles terrorisées par son influence, la population de salem va être en proie à une véritable hystérie collective. Une paranoïa de grande ampleur, une progression dans la folie si savamment alimentée que le sinistre Révérend Hale va être amené à se déplacer pour se rendre sur les lieux afin de constater la potentielle emprise du Diable. Dès lors, d'innocentes villageoises ou des paysans infirmes sont condamnés de pactiser avec le démon pour être finalement pendus devant une population enflammée. Mais un autre procès tout aussi dérisoire se profile autour du couple John et Sarah Protor, accusés à leur tour par Abigail, rongée par la haine et la jalousie d'avoir été dépréciée par cet époux valeureux avec qui elle eut précédemment une brève relation d'adultère.
La force du récit réalisé dans une reconstitution soignée de l'époque médiévale (bien que les décors soient minimalistes) est d'illustrer avec intensité émotionnelle le destin tragique de villageois lambda injustement condamnés à mort pour des suspicions contraires à l'ordre moral du catholicisme. Entre les vrais responsables de cette imbécile paranoïa incongrue et l'impassibilité des hauts représentants tributaires de la foi chrétienne censés résolver une justice équitable, Nicholas Hytner dénonce l'hypocrisie de ces juges incapables d'éprouver une once de lucidité et de discernement face aux accusations délirantes assénées aux victimes. C'est l'obsession du puritanisme inculqué depuis des siècles et l'intégrisme religieux qui nous sont sévèrement dénoncés à travers l'autorité d'une juridiction totalitaire. La peur d'être accusé de sorcellerie pour se retrouver la corde autour du cou va inciter nombre de villageois a avouer des expériences occultes qu'ils n'ont jamais commis. Ou à contrario, tenter de dissuader le tribunal consulaire de ces accusations grotesques mais se retrouver inévitablement suspecté pour un motif absurde contraire à la morale de Dieu. La victime présumée, totalement démunie, se retrouve alors esseulée pour sa plaidoirie établie sans avocat devant leur tribunal érigé par l’Église. Daniel Day Lewis endosse avec ferveur et autorité spontanée un personnage humble inscrit dans la dignité humaine, la raison et la véritable foi de ne pas se laisser vilipender par les mensonges d'une catin au pouvoir de persuasion diabolique. Un homme prêt à fabuler pour signer la fraude d'un acte de rédemption afin d'échapper à la pendaison ou à contrario sauver en dernier recours son âme en guise de repentance pour ces honnêtes convictions. Une loyauté déférente de ne pas se résoudre à un simulacre judiciaire compromis avant tout pour endormir une population davantage anarchiste. La gracile Winona Ryder lui partage la vedette avec la conviction d'une démesure hystérique, personnage odieux de mégère responsable d'une hécatombe humaine. En épouse aimante et candide, Joan Allen s'avère particulièrement sobre et poignante dans sa loyauté inflexible à accepter la ferme décision de son époux à se sacrifier en désespoir de cause..
Les Sorcières de Salem. Particulièrement intense, poignant, voir bouleversant vers son point d'orgue tragique, la Chasse aux sorcières est l'un des plus puissants réquisitoires contre l'intolérance, le puritanisme sectaire et l'influence néfaste que l'inquisition aie pu engendrer sur des engeances sans vergogne. Superbement interprété par des comédiens criant de sobriété dans leur humanité désespérée, cet implacable drame historique s'érige en triste témoignage pour fustiger l'obscurantisme moyenâgeux et les superstitions qui en émanent.
Récompenses:
1998 : Sony Ericsson Empire Award de la meilleure actrice pour Joan Allen.
1997 : BAFTA du meilleur acteur pour Paul Scofield.
1997 : Critics Choice Award de la meilleure actrice pour Joan Allen.
(Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site IMDb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives).
de Pascal Laugier. 2008. Canada/France. 1h37. Avec Morjana Alaoui, Mylène Jampanoï, Catherine Bégin, Robert Toupin, Patricia Tulasne, Juliette Gosselin, Xavier Dolan-Tadros, Isabelle Chasse, Emilie Miskdjian. Sortie en salles en France le 3 Septembre 2008 (Int - 18 ans). U.S: 25 Septembre 2008
FILMOGRAPHIE:Pascal Laugier est un réalisateur Français né le 16 Octobre 1971. Courts-Métrages:1993: Tête de Citrouille. 2001: 4è sous-sol. Longs-métrages: 2004: Saint Ange
2008: Martyrs. 2012: The Tall Man.
MARTYR: Un martyr (du grec ancien ,-υρος martus, « témoin ») est celui qui consent à aller jusqu’à se laisser tuer pour témoigner de sa foi, plutôt que d’abjurer.
"L'au-delà en ruines".
Après Saint-Ange, œuvre fantastique intimiste baignée d’une ambiance diffuse, Pascal Laugier revient quatre ans plus tard avec un film-monstre, une expérience viscérale rarement éprouvée au plus profond de notre psyché malmenée. Tourné à la manière d’un documentaire abrupt, Martyrs se révèle un témoignage cru sur les sacrifices humains orchestrés par une bourgeoisie avide d’espoir spirituel. Un océan de douleurs, un labyrinthe de douleurs, que dis-je, un hurlement de douleurs...
Le Pitch: Dans les années 70, une jeune fille séquestrée et torturée durant des mois par d’obscurs tyrans parvient à s’échapper. Quinze ans plus tard, après un long séjour dans un hôpital spécialisé, Lucie retrouve la trace de ses anciens bourreaux. Elle décide alors de leur rendre visite pour assouvir une vengeance longuement ruminée. Son amie proche, Anna, la rejoint bientôt, pour découvrir l’horrible massacre déjà perpétré.
Dès le prologue, âpre et haletant, on est foudroyé par l’intensité émotionnelle qui s’en dégage. Une enfant à demi nue, le corps balafré de cicatrices, s’échappe d’un hangar, pieds nus, le regard hagard, consumée par la terreur. Ce préambule, d’un réalisme clinique, accentué par une photographie désaturée, nous plonge d’emblée dans l’austérité monolithique d’un réalisateur irascible. Dans une construction narrative millimétrée, Martyrs décrit sans concession le calvaire infligé à deux jeunes filles candides, vouées à un destin sacrifié. C’est d’abord Lucie qui nous est présentée, dans le refuge blafard de son centre hospitalier. Au fil des années, elle s’attache à Anna, une âme compatissante, avec qui elle tisse une amitié fusionnelle. Hantée sans répit par d’atroces visions, incarnées par une créature famélique surgie de sa psychose, Lucie demeure prisonnière de son trauma. Les bourreaux n’ont jamais été retrouvés. Jusqu’à ce qu’un événement brutal relance l’intrigue : une plongée atypique dans une survie transcendée par la foi, la résilience et la souffrance.
Jamais, dans le paysage hexagonal, un film d’horreur n’aura autant martyrisé le spectateur, corps et âme. À travers le supplice jusqu’au-boutiste de deux jeunes femmes abandonnées à l’horreur, Pascal Laugier nous entraîne au cœur d’un enfer terrestre, dans une expérience incongrue aux frontières de l’au-delà. D’une portée mystique que d’aucuns jugeront absurde, voire grotesque, Martyrs demeure un sublime poème d’amour (noir) sur la solitude et l’endurance meurtrie, entre deux sœurs de souffrance. À contre-courant d’un cinéma horrifique ludique et cynique (à la Saw ou Hostel que l'auteur défend néanmoins), Laugier nous sort de notre zone de confort en y refusant tout compromis. Sans complaisance, sans anesthésie, il nous livre une violence nue, radicale, infligée au corps, à l’âme, à notre inconfort. D’un réalisme suffocant, certaines scènes — notamment dans le deuxième acte — imposent un calvaire presque en temps réel, avec une nouvelle victime substituée à Lucie. Et si l’on ressort de Martyrs si profondément ébranlé et surtout bouleversé ad vitam (jusqu'aux larmes je vous assure), c’est que Laugier s’attache d’abord aux fêlures psychologiques de ses héroïnes, et que cette violence obscène est le reflet d’un pouvoir mystique élitiste, déshumanisé.
Lucie, Anna, et la lumière des bourreaux Porté par le jeu à vif de deux comédiennes habitées,Martyrs s’élève au rang de chef-d’œuvre à part entière, là où l’horreur dépasse sa fonction de pur divertissement pour révéler un drame humain inoubliable. La compassion envers Lucie et Anna se mêle à l’épouvante, dans un ballet de douleur et de transcendance. Nos émotions, mises à nu, sont ici écorchées à vif. Un rappel brutal que la vie est une lutte incessante contre l’affliction, pendant que certains aristocrates vendent leur âme pour fuir leur propre médiocrité, vers un au-delà hypothétique. Reste alors à espérer un jour rejoindre Lucie et Anna, dans ce silence opaque qui suit le supplice. Profond, puissant, meurtri, inconsolable. Trouvez le courage — la lumière au bout vaut chaque pas.
A Benoît...
*Bruno
Dédicace à Mathias Chaput 03.10.11 24.04.25. 3èx
Récompenses: Mélies d'Argent du Meilleur Film Européen et Prix du Meilleur Maquillage au Festival de Sitges en 2008.
POLEMIQUE: Le29 Mai 2008, à 13 voix contre 12, la commission de classification des oeuvres cinématographiques avait décidé d'interdire Martyrs aux moins de18 ans. Suite à cette décision, de nombreuses voix se sont élevées, et une manifestation contre la censure et pour soutenir le cinéma de genre en France, s'était déroulée le 13 Juin 2008devant le ministère de la culture à Paris. Y étaient présent, le metteur en scène Fernando De Azevedo, l'actrice Morjana Alaoui, ainsi que les membres de l'association du Club du Vendredi 13. Début juin, après que le réalisateur est venu défendre la question artistique de son film, la ministre de la Culture,Christine Albanel, a demandé à la commission une révision du classement, ce qu'elle fit le 1er juillet, en proposant une mesure d'interdiction du film aux moins de 16 ans avec avertissement.
Le point de vue de Olivier Strecker (réalisateur et passionné de cinéma de genre):
"Martyrs" c un film inclassable... au même titre que "baise moi" et "irreversible".... les FX de Benoit lestang sont et resterons mémorables puisque jamais en France personne n'avait créé un "costume" (à l'instar de prods US "hellraiser" ou italienne "La Chiesa" où benoit est d'ailleurs sous "la bête")..... Quant à la superbe musique de Seppuku Paradigm elle reste une des plus glaciale, triste et mémorable dans la tête des fans du genre..... tout ceci fait de "martyrs" une oeuvre à part ! un chef d'oeuvre ? (c quoi d'abord un "chef d'oeuvre "?) en tous cas "martyrs" est et restera une oeuvre majeure dans le cinéma français... on nous a habitué à un cinéma frileux et gracement subventionné pour faire des nazeries... avec plus de 25 ans de ciné en tant qu'exploitant en salles de ciné "martyrs" EST le film de la controverse !!!!! et ça c'est bon..." Et si je peux me permettre en sus, "martyrs" est une perle rare dans le cinéma français....j'avais les larmes aux yeux sur la scène finale... des larmes pour la violence du film... des larmes pour Benoit...
Mathias Chaput:
Véritable film « coup de poing », « Martyrs » réconcilie avec le cinéma de genre tricolore, jusqu’ici bien moribond…
Laugier parvient à capter la viscéralité de ses personnages de façon si dense et habile que l’on ne peut qu’éprouver une immense empathie pour ces derniers.
Des plans-séquences d’une fluidité hors du commun confèrent à instaurer une grâce rarement atteinte jusqu’alors…
Un vrai électrochoc, mais parfaitement mesuré et exempt du moindre voyeurisme, ici on fonctionne sans parti pris ni scènes outrancières mais bien dans la beauté du décharnement, dans l’accomplissement de deux destinées que tout oppose et sépare, jusqu’à une conciliation du fait des événements, tenants et aboutissants d’une vengeance ancrée à postériori…
Lucie et Anna (jouées magistralement par Mylène Jampanoi et Morjana Alaoui) sont des filles perdues à jamais, confrontées dans une spirale dédalesque où l’issue ne peut qu’être funeste et la souffrance omniprésente…
Mesurant cet aspect de ses personnages,Laugier a pris le choix de jouer la carte de l’émotionnel et le tout fonctionne de façon sidérante !
Il faut y voir un immense professionnalisme de sa part et une originalité s’articulant avec une histoire super casse gueule si on l’appréhende sans talent…
Mais Laugier a su insuffler la grâce par le biais de sa direction d’acteurs, précise et méticuleuse, et par une approche mystique justifiant le dénouement du métrage, bluffant le spectateur par son culot et l’aspect novateur qu’elle procure au genre…
Il n’y a pratiquement rien à redire devant cette maestria cinéphilique, humaine, juste et d’un aspect certes perturbant pour certains, mais qui restera une pierre angulaire du cinéma contemporain, dont on sort « collapsé » et bizarrement, rassuré et vidé…
Une vision expérimentale du septième art en quelque sorte mais en tous points maitrisé via une réalisation épurée et des passage très marquants qui vous hanteront à jamais… Morjana si un jour tu lis ces lignes, « Je t’aime »… 10/10
de Shane Meadows. 2004. 1h30. Grande Bretagne. Avec Paddy Considine, Gary Strecth, Tony Kebbel, Jo Hartley, Seamus O'Neill.
FILMOGRAPHIE:Shane Meadows est un cinéaste anglais né à Uttoxeter, dans le Staffordshire, le 26 décembre 1972. 1996: Small Time, Where's the Money, Ronnie ? 1997: 24 heures sur 24. 1999: A room for Romeo Brass. 2002: Once Upon a Time in the Midlands. 2004: Dead Man's Shoes. Northern Soul. 2005: The Stairwell. 2006: This is England. 2008: Somers Town
Sortie en salles en France le 8 Octobre 2004. Royaume Uni:1er Octobre 2004. Canada: 14 Septembre 2004.
Le sujet: Richard revient à Midlands, son village natal, à la fin de son service militaire. Il n'a plus qu'une chose à l'esprit : prendre une revanche sur un acte impardonnable.
Sixième long métrage du Britannique Shane Meadows, Dead Man’s Shoes s’impose comme un drame psychologique âpre, greffé à un vigilante movie bucolique et désaxé. Par une mise en scène à la fois inspirée et déroutante, le cinéaste renouvelle avec une singularité rare le thème de la vengeance, pourtant maintes fois labouré par le cinéma.
C’est l’histoire implacable d’un châtiment aveugle, celui d’un homme ravagé par la perte d’un être cher. Son frère Anthony, attardé mental et souffre-douleur permanent, a été livré à la cruauté ordinaire d’une bande de petites frappes minables : des dealers de bas étage, planqués dans une contrée reculée des Midlands anglais. Dès le prologue, Meadows dresse le portrait de ces malfrats véreux, figures criantes de vérité, trognes familières d’authentiques fripouilles à la petite semaine.
Le retour de Richard, frère meurtri et ancien militaire, marque l’irruption de la menace. Magnifiquement incarné par un Paddy Considine ombrageux et dérangé, il pose d’emblée ses conditions : il les tuera, un par un, sans la moindre hésitation. L’homme, impassible, s’extériorise alors comme un être déshumanisé, prêt à tout pour exterminer ceux qu’il qualifiera lui-même de « monstres ». Pour mieux incarner cette colère rentrée, il s’affuble d’un masque à gaz et d’une combinaison grise de travail, panoplie grotesque et dérisoire qui matérialise la montée inexorable de sa haine. Une justice expéditive, sans appel, nourrie par une adrénaline vengeresse. Son objectif est désormais limpide : faire subir aux tortionnaires une sanction punitive et définitive.
S’ensuit une succession de scènes déconcertantes, oscillant entre humour noir poisseux, rires nerveux et violence consumée. Comme cette séquence hallucinée où la bande décérébrée se retrouve accidentellement droguée après que Richard, tel un spectre masqué, a frelaté leur café à la faveur d’un moment d’inattention. Une parenthèse psychédélique, flottante et désincarnée, d’une force émotionnelle troublante, où ces marionnettes sous acide sombrent dans un cauchemar surréaliste. La violence éclate alors avec une rigueur glaçante, jusqu’à ce qu’une balle vienne sceller, net, le destin de l’un des condamnés. Une scène sèche, cinglante, qui laisse sans voix et impose un réalisme brut, sans fioriture.
Durant sa première heure, Dead Man’s Shoes accumule des situations en apparence anodines, ancrées dans le quotidien misérable de ces dealers de province. Entre flash-back ravageurs révélant les sévices infligés à Anthony et la mission vengeresse de Richard, filmée dans une veine presque baroque, Meadows tisse une trajectoire implacable. Sa mise en scène, constamment surprenante, nous conduit insidieusement vers une issue irréversible : une cérémonie funèbre, une impasse tragique.
Le film navigue alors à la lisière de plusieurs territoires : le réalisme social à la Ken Loach, avec ses personnages plus vrais que nature, et le cinéma des frères Coen, dans son détachement absurde et sa violence décalée. Entre grotesque assumé, situations saugrenues, humour incontrôlé, cynisme et causticité latente. La dernière demi-heure bascule vers un registre plus grave, opaque, véritable chemin de croix empreint de rédemption. Un chant mortuaire aux accents presque religieux, où victimes et bourreau finissent par se confondre, la mort devenant l’unique échappatoire à cette spirale de misère et de rancœur.
Interprété par des comédiens d’un naturalisme austère, porté par une bande-son nonchalante et mis en scène sans la moindre outrance spectaculaire, Dead Man’s Shoes est une œuvre sèche et puissante, qui laisse des séquelles durables. Un réquisitoire bouleversant contre la vengeance, la haine et l’illusion d’une justice réparatrice.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
Récompenses:
2004 : Golden Hitchcock au Festival du film britannique de Dinard
2005 : Prix de la meilleure réalisation au Directors Guild of Great Britain
2005 : Empire Award du meilleur acteur dans un film britannique
2005 : Evening Standard British Film Awards du meilleur acteur
de Paul Verhoeven. 2000. U.S.A. 1h59. Avec Elisabeth Shue, Kevin Bacon, Josh Brolin, Kim Dickens, Greg Grunberg, Joey Slotnick, Mary Randle, William Devane, Rhona Mitra, Pablo Espinosa, Margot Rose.
Sortie en salles en France le 20 Septembre 2000. U.S: 4 Août 2000
FILMOGRAPHIE:Paul Verhoeven est un réalisateur néerlandais né le 18 Juillet 1938 à Amsterdam (Hollande). 1971: Business is business, 1973: Turkish Délices, 1975: Keetje Tippel, 1977: Le Choix du Destin, 1980: Spetters, 1983: Le 4è Homme, 1985: La Chair et le Sang, 1987: Robocop, 1990: Total Recall, 1992: Basic Instinct, 1995: Showgirls, 1997: Starship Troopers, 2000: l'Homme sans Ombre, 2006: Black Book.
Trois ans après sa satire anti militariste avec le génialement belliqueux Starship Troopers, Paul Verhoeven aborde aujourd'hui le mythe de l'homme invisible en façonnant à sa manière politiquement incorrecte la thématique du mal inné en chaque être humain. Le Pitch: Un scientifique surdoué est sur le point de trouver la formule idoine pour rendre invisible toute forme humaine ou animale. Après avoir tenté l'expérience sur un gorille, il s'administre le sérum dans ses propres veines et se retrouve dénué d'enveloppe corporelle. Le problème est qu'il ne retrouve plus son apparence originelle après s'être réintroduit le produit. Peu à peu, il semble particulièrement fasciné par son immense pouvoir au point de sombrer dans une folie meurtrière.
Mené à un rythme infernal et diaboliquement sardonique, notre pourfendeur hollandais Paul Verhoeven nous concocte ici une série B survitaminée privilégiant de prime abord un sens de l'efficacité imparable. Tant au niveau des effets spéciaux assez réussis (même si par moments perfectibles) et constamment inventifs que de la conduite du récit continuellement captivant car mené avec une vigueur roublarde pour nous clouer sur son siège. La première partie illustrant le déroulement du protocole mené par un groupe de scientifiques appâtés par la gloire, s'approprie déjà d'un caractère spectaculaire en utilisant ingénieusement un florilège d'effets spéciaux assez réaliste pour authentifier l'invisibilité du sujet expérimenté. La manière retorse dont Verhoeven utilise son artillerie de trucages novateurs n'est jamais gratuite pour à contrario servir sa trame davantage perfide et délétère comme le soulignera la seconde partie autrement horrifique. Si bien qu'en ce qui concerne l'argument plutôt ombrageux, le réalisateur dépeint le profil d'un ambitieux personnage dépassé par sa prodigieuse invention scientifique qu'il a lui même façonné mais qui va peu à peu la mener à sa perte pour le faire sombrer dans une haine bestiale. Car frustré et jaloux de ne pouvoir renouer avec sa précédente idylle partie batifoler dans les bras d'un autre scientifique, Sebastian utilisera son nouveau don de l'invisibilité pour se venger de ses comparses et de sa société prête à le congédier, faute de son échec professionnel. Or, c'est d'abord la frustration sexuelle qui intéresse ici Paul Verhoeven lorsque notre antagoniste, incapable de refréner ses pulsions et dépité de son échec sentimental s'entreprend à pénétrer par effraction chez une de ces voisines pour la mater tel un vulgaire voyeur pour finalement oser la violer sauvagement. D'avantage conscient de ses capacités illimitées à pouvoir envisager des exactions immorales de par l'invisibilité de son identité, Sebastian, toujours plus rancunier, opportuniste et avide d'orgueil se laisse attendrir par sa haine véreuse et sa révolte capricieuse pour se permettre le crime en série.
La seconde partie se focalise enfin vers une bondissante traque inlassable, une course poursuite aussi haletante que spectaculaire amorcée par notre groupe de scientifiques piégés à l'intérieur de leur labo par leur ancien leader déterminé à les exécuter un à un. Chaque péripétie remarquablement gérée d'une caméra virtuose utilise avec beaucoup d'efficacité l'environnement labyrinthique d'un bâtiment industriel. De surcroît, une multitudes d'idées ingénieuses sont habilement exploitées lorsque nos protagonistes vaillants vont se défendre contre la menace omniprésente de l'homme sans ombre apte à se camoufler dans n'importe quel recoin. Et pour pimenter la frénésie des rebondissements, les mises à morts sanglantes sont violemment brutales, cinglantes, pour ne pas dire sans concession !
Comme disait Hitchcock, plus le méchant est réussi, meilleur le film sera ! Et on peut dire ici que le leitmotiv est respecté à la lettre tant Kevin Bacon endosse avec machiavélisme inné le rôle mégalo d'un odieux tortionnaire misanthrope subitement éludé de toute moralité pour sa quête personnelle du pouvoir le plus immoral. En effet, que ferions nous en pareil cas si nous avions un jour la capacité de se retrouver invisible ? Comme le héros, notre âme pourrait-elle se laisser happer par l'influence de nos bas instincts pour nous mener vers une déviance perverse volontairement assumée ! La ravissante Elisabeth Shue apporte également une étonnante ferveur auprès de son courage hors normes à combattre son ennemi et sauver ses acolytes pour la quête de leur survie. Sa présence non dénuée de charme lascif exacerbe le rythme échevelé des incidents à travers son interminable point d'orgue explosif culminant son apothéose dans la cage abyssale d'un ascenseur erratique. Une séquence explosive très impressionnante sous l'impulsion d'un réalisme effréné remarquablement monté !
Hormis un épilogue bizarrement conventionnel virant dans la facilité redondante, Hollow Man puise son impact émotionnel et sa percutante vigueur dans l'utilisation finaude de ses incroyables effets spéciaux au service d'une narration redoutablement fétide. En effet, son attrait contestataire ne manque pas de mordant pour exploiter avec ironie insolente sa thématique du Mal auquel l'homme opportuniste et mégalo est apte à commettre le pire pour parvenir à ses fins.Rondement mené sans temps morts et fougueusement interprété par des comédiens au jeu communément contrarié et pugnace, ce divertissement indocile demeure constamment haletant, inquiétant, terrifiant même, avec jubilation.