de Carl Schultz. 1988. U.S.A. 1h37. Avec Demi Moore, Michael Biehn, JĂĽrgen Prochnow, Peter Friedman, Manny Jacobs.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Carl Schultz est un réalisateur américain, né le 19 Septembre 1939 à Budapest (Hongrie). 1977: The Tichborne Affair (télé-film). 1978: Blue Fin. 1987: Bullseye. 1987: Travelling North. 1988: La Septième Prophétie. 1989: Cassidy (télé-film). 1991: La Traversée de l'enfer. 1992: Les Aventures du jeune Indiana Jones (série TV). 1993: Curacao (télé-film). 1997: l'Amour en embuscade (télé-film). 1999: l'Homme qui parlait aux lions.
"Ce film est une mĂ©tamorphose, un message sur la nĂ©cessitĂ© d’avoir confiance en l’homme, sur notre fragilitĂ© Ă©galement. Notre planète pourrait disparaĂ®tre, nous devrions aujourd’hui sĂ©rieusement nous en soucier. Selon moi, ce message est important."
— Paul R. Gurian, producteur exĂ©cutif
Dans l’univers ludique du cinĂ©ma de genre, il arrive que certaines sĂ©ries B sombrent injustement dans l’oubli, alors mĂŞme que tout fut soigneusement mis en Ĺ“uvre pour interpeller les cinĂ©philes les plus aguerris. La Septième ProphĂ©tie appartient indĂ©niablement Ă cette catĂ©gorie de films qui respectent le genre - et donc son public - avec une foi inĂ©branlable. Conçu par un rĂ©alisateur encore mĂ©connu et portĂ© par des comĂ©diens alors en pleine ascension (Demi Moore, Michael Biehn, JĂĽrgen Prochnow), ce rejeton inspirĂ© de La MalĂ©diction surprend par sa sincĂ©ritĂ© Ă vouloir nous convaincre que l’apocalypse est, une fois encore, imminente.
Le pitch. Abby et Russel forment un couple harmonieux, bientĂ´t bouleversĂ© par l’arrivĂ©e d’un Ă©trange locataire qui remet en cause la naissance de leur futur enfant. Selon une sombre prophĂ©tie biblique, le bĂ©bĂ© d’Abby serait un enfant sans âme, destinĂ© Ă provoquer la fin du monde. Dans la lignĂ©e des films satanistes inspirĂ©s des Écritures, La 7e ProphĂ©tie rejoue la mĂ©canique de la malĂ©diction Ă travers une sĂ©rie de prĂ©dictions catastrophistes, annonçant dĂ©règlements climatiques et chaos Ă©cologique avant l’inĂ©luctable Jugement dernier.
Si sa première demi-heure, inquiĂ©tante et soigneusement stylisĂ©e, inspire un sentiment de dĂ©jĂ -vu, la maĂ®trise de la mise en scène et la rigueur de la structure narrative finissent par imposer leur efficacitĂ©. Le spectateur Ă©pouse progressivement le dĂ©sarroi d’une future mère, de plus en plus troublĂ©e par les rĂ©vĂ©lations d’un messager divin clandestin. Il faut saluer la sobre prestance de Demi Moore, juvĂ©nile, nĂ©ophyte et fragile, incarnant avec une candeur meurtrie une Ă©pouse au bord de la rupture. Sa profonde humanitĂ© suscite une empathie immĂ©diate, au point de faire reposer l’intrigue entière sur ses Ă©paules, tant son dilemme moral rĂ©sonne de manière universelle et poignante.
Dans le rĂ´le du messager de Dieu, JĂĽrgen Prochnow (La Forteresse noire) dĂ©gage une aura troublante, nourrie d’un fanatisme empreint de la colère divine, interrogeant sans cesse ses vĂ©ritables motivations. Plus en retrait mais irrĂ©prochable, Michael Biehn campe un Ă©poux contenu, animĂ© de convictions profondes, dont la profession d’avocat jouera un rĂ´le dĂ©cisif dans le sort d’un condamnĂ© Ă mort Ă©troitement liĂ© au destin de l’humanitĂ©. DotĂ© d’une mise en scène inspirĂ©e, d’un scĂ©nario solide et d’une interprĂ©tation homogène - jusque dans les seconds rĂ´les, Ă l’image de cet Ă©tudiant juif venant en aide Ă Abby - le film dĂ©ploie un suspense progressif, toujours plus vertigineux, jusqu’Ă un Ă©pilogue bouleversant.
Sans esbroufe ni violence racoleuse, Carl Schultz signe avec La 7e ProphĂ©tie une Ĺ“uvre fantastique Ă©thĂ©rĂ©e, imprĂ©gnĂ©e de mysticisme, d’Ă©motion fragile et d’Ă©trangetĂ© diffuse. Et ce, malgrĂ© l’ampleur spectaculaire de son point d’orgue, soutenu par des effets spĂ©ciaux impressionnants (le cataclysme au cĹ“ur de l’hĂ´pital). Ă€ l’instar de La MalĂ©diction de Richard Donner, ce divertissement aussi retors qu’intelligent puise sa force dans sa capacitĂ© Ă nous convaincre que l’apocalypse peut Ă©clore sous la main tremblante d’une mère dĂ©chue. Une perle maudite des annĂ©es 80, Ă redĂ©couvrir absolument, tant elle parvient Ă surprendre jusqu’Ă sa dernière minute, alarmiste et funèbre.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
10.02.22. 4èx












































