vendredi 12 avril 2013

La Septième Prophétie / The Seventh Sign

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site listal.com

de Carl Schultz. 1988. U.S.A. 1h37. Avec Demi Moore, Michael Biehn, JĂĽrgen Prochnow, Peter Friedman, Manny Jacobs.

Sortie salles France: 28 Novembre 1988

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Carl Schultz est un réalisateur américain, né le 19 Septembre 1939 à Budapest (Hongrie). 1977: The Tichborne Affair (télé-film). 1978: Blue Fin. 1987: Bullseye. 1987: Travelling North. 1988: La Septième Prophétie. 1989: Cassidy (télé-film). 1991: La Traversée de l'enfer. 1992: Les Aventures du jeune Indiana Jones (série TV). 1993: Curacao (télé-film). 1997: l'Amour en embuscade (télé-film). 1999: l'Homme qui parlait aux lions.

"Ce film est une mĂ©tamorphose, un message sur la nĂ©cessitĂ© d’avoir confiance en l’homme, sur notre fragilitĂ© Ă©galement. Notre planète pourrait disparaĂ®tre, nous devrions aujourd’hui sĂ©rieusement nous en soucier. Selon moi, ce message est important."
Paul R. Gurian, producteur exécutif

Dans l’univers ludique du cinĂ©ma de genre, il arrive que certaines sĂ©ries B sombrent injustement dans l’oubli, alors mĂŞme que tout fut soigneusement mis en Ĺ“uvre pour interpeller les cinĂ©philes les plus aguerris. La Septième ProphĂ©tie appartient indĂ©niablement Ă  cette catĂ©gorie de films qui respectent le genre - et donc son public - avec une foi inĂ©branlable. Conçu par un rĂ©alisateur encore mĂ©connu et portĂ© par des comĂ©diens alors en pleine ascension (Demi Moore, Michael Biehn, JĂĽrgen Prochnow), ce rejeton inspirĂ© de La MalĂ©diction surprend par sa sincĂ©ritĂ© Ă  vouloir nous convaincre que l’apocalypse est, une fois encore, imminente.

Le pitch. Abby et Russel forment un couple harmonieux, bientĂ´t bouleversĂ© par l’arrivĂ©e d’un Ă©trange locataire qui remet en cause la naissance de leur futur enfant. Selon une sombre prophĂ©tie biblique, le bĂ©bĂ© d’Abby serait un enfant sans âme, destinĂ© Ă  provoquer la fin du monde. Dans la lignĂ©e des films satanistes inspirĂ©s des Écritures, La 7e ProphĂ©tie rejoue la mĂ©canique de la malĂ©diction Ă  travers une sĂ©rie de prĂ©dictions catastrophistes, annonçant dĂ©règlements climatiques et chaos Ă©cologique avant l’inĂ©luctable Jugement dernier.

Si sa première demi-heure, inquiĂ©tante et soigneusement stylisĂ©e, inspire un sentiment de dĂ©jĂ -vu, la maĂ®trise de la mise en scène et la rigueur de la structure narrative finissent par imposer leur efficacitĂ©. Le spectateur Ă©pouse progressivement le dĂ©sarroi d’une future mère, de plus en plus troublĂ©e par les rĂ©vĂ©lations d’un messager divin clandestin. Il faut saluer la sobre prestance de Demi Moore, juvĂ©nile, nĂ©ophyte et fragile, incarnant avec une candeur meurtrie une Ă©pouse au bord de la rupture. Sa profonde humanitĂ© suscite une empathie immĂ©diate, au point de faire reposer l’intrigue entière sur ses Ă©paules, tant son dilemme moral rĂ©sonne de manière universelle et poignante.

Dans le rĂ´le du messager de Dieu, JĂĽrgen Prochnow (La Forteresse noire) dĂ©gage une aura troublante, nourrie d’un fanatisme empreint de la colère divine, interrogeant sans cesse ses vĂ©ritables motivations. Plus en retrait mais irrĂ©prochable, Michael Biehn campe un Ă©poux contenu, animĂ© de convictions profondes, dont la profession d’avocat jouera un rĂ´le dĂ©cisif dans le sort d’un condamnĂ© Ă  mort Ă©troitement liĂ© au destin de l’humanitĂ©. DotĂ© d’une mise en scène inspirĂ©e, d’un scĂ©nario solide et d’une interprĂ©tation homogène - jusque dans les seconds rĂ´les, Ă  l’image de cet Ă©tudiant juif venant en aide Ă  Abby - le film dĂ©ploie un suspense progressif, toujours plus vertigineux, jusqu’Ă  un Ă©pilogue bouleversant.


Sans esbroufe ni violence racoleuse, Carl Schultz signe avec La 7e ProphĂ©tie une Ĺ“uvre fantastique Ă©thĂ©rĂ©e, imprĂ©gnĂ©e de mysticisme, d’Ă©motion fragile et d’Ă©trangetĂ© diffuse. Et ce, malgrĂ© l’ampleur spectaculaire de son point d’orgue, soutenu par des effets spĂ©ciaux impressionnants (le cataclysme au cĹ“ur de l’hĂ´pital). Ă€ l’instar de La MalĂ©diction de Richard Donner, ce divertissement aussi retors qu’intelligent puise sa force dans sa capacitĂ© Ă  nous convaincre que l’apocalypse peut Ă©clore sous la main tremblante d’une mère dĂ©chue. Une perle maudite des annĂ©es 80, Ă  redĂ©couvrir absolument, tant elle parvient Ă  surprendre jusqu’Ă  sa dernière minute, alarmiste et funèbre.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

10.02.22. 4èx
12.04.13 

mercredi 10 avril 2013

Driver / The Driver

                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site forum.plan-sequence.com

de Walter Hill. 1978. U.S.A. 1h31. Avec Ryan O'Neal, Isabelle Adjani, Bruce Dern, Ronee Blakley, Matt Clark, Felice Orlandi.

Sortie salles France: 23 Août 1978. U.S: 28 Juillet 1978

FILMOGRAPHIE: Walter Hill est un producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 10 janvier 1942 à Long Beach, en Californie (États-Unis). 1975 : Le Bagarreur (Hard Times),1978 : Driver,1979 : Les Guerriers de la nuit, 1980 : Le Gang des frères James,1981 : Sans retour, 1982 : 48 heures, 1984 : Les Rues de feu,1985 : Comment claquer un million de dollars par jour,1986 : Crossroads, 1987 : Extrême préjudice, 1988 : Double Détente, 1989 : Les Contes de la crypte (1 épisode),1989 : Johnny belle gueule,1990 : 48 heures de plus,1992 : Les Pilleurs,1993 : Geronimo,1995 : Wild Bill, 1996 : Dernier Recours,1997 : Perversions of science (série TV),2000 : Supernova, 2002 : Un seul deviendra invincible, 2002 : The Prophecy, 2004 : Deadwood (série TV).


Bien avant le succès inattendu de Drive et la rĂ©vĂ©lation Ryan Gosling, Walter Hill rĂ©alisa en 1978 un western urbain insolite avec comme antagoniste principal, un chauffeur aussi taiseux, conducteur infaillible de braqueurs de casino (et de banque !). Honteusement occultĂ© mais enfin commercialisĂ© en BR et 4K en ce DĂ©cembre 2022, ce polar dense magnifiquement interprĂ©tĂ© par le bellâtre Ryan O'Neal (Ă  contre emploi de sa docile physionomie !) est une vĂ©ritable perle noire d'une intensitĂ© acĂ©rĂ©e. Pour l'anecdote singulière, aucun protagoniste du film ne possède un quelconque patronyme ! Les personnages Ă©volutifs se prĂ©nommant le "chauffeur", la "joueuse", le "dĂ©tective" et le "contact" ! Quant Ă  sa trame, limpide mais redoutablement solide et truffĂ©e de rebondissements retors, elle se rĂ©sume Ă  une traque incessante entre un chauffeur inĂ©branlable et un flic bourru au sein d'une mĂ©tropole crĂ©pusculaire magnifiquement Ă©clairĂ©e de nĂ©ons verts/bleus. DĂ©libĂ©rĂ© Ă  mettre en cabane ce mastard de la conduite, le dĂ©tective nĂ©gocie la manigance d'un Ă©nième braquage de banque avec la complicitĂ© d'un gangster minable. Au prĂ©alable, une mystĂ©rieuse femme adepte des jeux de casino sauva la mise du conducteur pour feindre un alibi après avoir Ă©tĂ© tĂ©moin du braquage. Pendant que le dĂ©tective reste sur le qui-vive, une Ă©trange relation Ă©quivoque se noue entre le couple.


Driver dĂ©marre sur les chapeaux de roue avec une sĂ©quence vertigineuse de poursuite automobile remarquablement coordonnĂ©e par un rĂ©alisateur extrĂŞmement tatillon. Dans les rues nocturnes de New-York, une armada de vĂ©hicules de police est lancĂ©e Ă  vive allure afin d'apprĂ©hender le fameux conducteur. Ce prologue incisif au montage incroyablement fluide est l'entrĂ©e en matière d'un western urbain transcendant le portrait d'un anti-hĂ©ros taciturne (Ryan O'Neal est littĂ©ralement habitĂ© par sa prestance austère), pourchassĂ© par un flicard rancunier. Walter Hill organisant leur confrontation Ă  l'instar d'un jeu de compĂ©tition auquel le scĂ©nario charpentĂ© multipliera trafalgars et revirements. Ainsi donc, dans une ambiance de film noir Ă  la fois moderne et typiquement Seventie, Driver exploite Ă  merveille le cadre tentaculaire d'un New-York tĂ©nĂ©breux dont flics et gangsters semblent dominer la ville pour l'enjeu cupide d'une mallette. D'une efficacitĂ© redoutable de par son cheminement narratif jalonnĂ© de deux poursuites automobiles que l'on peut qualifier sans rougir d'anthologiques, le rĂ©alisateur en profite d'y esquisser le portrait subversif de trois antagonistes Ă  la fois teigneux et rĂ©flĂ©chis. Celui d'un dĂ©tective cynique auquel Bruce Dern endosse son rĂ´le perfide avec une hargne opiniâtre (non exempt de dĂ©rision). Celle d'une joueuse (gĂ©nialement) mutique qu'Isabelle Adjani entretient avec un charme trouble, pour ne pas dire Ă©trangement fĂ©lin. Et enfin celui du fameux chauffeur de voiture, casse-cou stoĂŻque que Ryan O'Neal transcende avec une stature hautaine impassible ! Georges Miller s'en est d'ailleurs peut-ĂŞtre inspirĂ© pour mettre en exergue la pugnacitĂ© suicidaire du personnage de Max !


SaturĂ© du charisme viril d'un trio d'antagonistes retors Ă©clatant l'Ă©cran Ă  chacune de leurs apparitions et mis en scène avec rigueur technique et formelle sous l'impulsion d'une bande-son ombrageuse, Driver s'impose sans ambages en modèle du film d'action, western urbain Ă  la photogĂ©nie crĂ©pusculaire Ă©lectrisante. En d'autres termes, un divertissement adulte (notamment auprès de ses âpres Ă©clairs de violence que l'on ne voit jamais venir) d'une classe royale. Et c'est Ă  revoir de toute urgence, qui plus est du fait de son extrĂŞme raretĂ© inexplicablement injustifiĂ©e (j'insiste). 

En France, il atteint la 33e place du box-office annuel 1 102 183 entrées

*Bruno

Pour rappel, chronique de sa dĂ©clinaison: http://brunomatei.blogspot.fr/2011/12/drive-prix-de-la-mise-en-scene-cannes.html

10.04.13. 
08.12.22. 4èx. Vost


 

mardi 9 avril 2013

Highlander

                                                              
                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site IMDB

de Russel Mulcahy. 1986. U.S.A/Angleterre. 1h55 (version européenne). Avec Christophe Lambert, Sean Connery, Roxanne Hart, Clancy Brown, Beatie Edney, Alan North, Jon Polito.

Sortie salles France: 26 Mars 1986. U.S: 7 mars 1986. Angleterre: 29 Août 1986.

FILMOGRAPHIE: Russel Mulcahy est un réalisateur australien, né le 23 Juin 1953 à Melbourne, dans l'état de Victoria. 1979: Derek and clive get the horn. 1984: Razorback. 1985: Arena. 1986: Highlander. 1991: Highlander 2. 1991: Ricochet. 1992: Blue Ice. 1993: l'Affaire Karen McCoy. 1994: The Shadow. 1996: Tireur en péril. 1998: La malédiction de la Momie. 1999: Resurrection. 2003: Swimming Upstream. 2007: Resident Evil: Extinction. 2008: Le Rois Scorpion 2. 2009: Fais leur vivre l'enfer, Malone !

Flop commercial aux États-Unis alors qu'en France il cumule pas moins de 4 141 203 entrées, Highlander aura tout de même engendré des suites mercantiles régressives (séries TV en sus !) comparées à l'œuvre charnière de Russell Mulcahy. Avec le talent virtuose d'un jeune réalisateur novateur, cette grande fresque furibonde combine le genre fantastique et l'action trépidante avec une singularité extravagante.

Érigé sur la thématique de l'immortalité, Highlander nous illustre, non sans lyrisme, la destinée d'un guerrier écossais, Connor MacLeod. Condamné à vivre éternellement, il doit cependant faire face à son plus terrible rival, le chevalier noir Kurgan. Dans leur tradition, seul le dernier immortel victorieux peut remporter le "Prix" à l'issue du combat. Seulement, la décapitation demeure le seul moyen d'annihiler son adversaire. Traqués depuis des siècles, les deux hommes s'engagent dans une lutte sans merci en plein New York contemporain.

Dans un habile montage soucieux de créativité, Russell Mulcahy nous confronte à deux univers parallèles au sein de deux époques distinctes : l'Écosse médiévale de 1536 et le New York urbain de 1985. Grâce à cette transition narrative exploitant les ruptures de ton par l'entremise du flash-back, le réalisateur alterne le souffle épique d'une fresque guerrière et l'action débridée d'une traque urbaine. Avec la spontanéité de deux comédiens habités par une verve exaltante - le jeune Christophe Lambert secondé du monstre sacré Sean Connery -, Highlander nous relate leur incroyable odyssée avec un sens de la bravoure et de la loyauté digne des légendes séculaires.

Outre le ton décalé de certaines situations débridées (le gymkhana de Kurgan avec une septuagénaire dans les ruelles nocturnes, la seconde course automobile avec l'experte médicale ou encore sa rencontre blasphématoire avec MacLeod à l'intérieur d'une église), Russell Mulcahy allie également le souffle romanesque d'une émotion pudique à la romance impartie entre MacLeod et sa dulcinée. Sur ce dernier point, l'un des moments les plus bouleversants aborde avec acuité le thème douloureux de la perte de l'être cher lorsqu'un homme immortel assiste à la vieillesse dégénérative de son épouse désormais sclérosée.

Cette dimension romantique que Christophe Lambert retransmet avec sensibilité doit beaucoup au caractère lyrique du film, en abordant notamment une réflexion existentielle sur le sens de la mortalité et le refus d'aimer. Pour éviter de souffrir, MacLeod doit en effet s'engager à ne plus tomber amoureux. Sans compter l'influence de son mentor, Sean Connery, expert dans l'apprentissage du maniement de l'épée - leurs séances d'entraînement exécutées sur les montagnes écossaises s'avèrent d'une puissance émotionnelle enivrante - et philosophe dans l'art d'exprimer la déontologie de la pérennité.

Avec une belle efficacité et une originalité audacieuse - les combats physiques s'y mêlent au fracas des lames du katana ainsi qu'à la puissance énergétique du "Quickening", qu'extériorise le vainqueur après chaque duel -, Russell Mulcahy ne cesse d'alterner envolées lyriques, souffle épique et romantisme mélancolique.


De par son scénario singulier transcendant des profils belliqueux d'une fragile dimension humaine, Highlander s'érige en fresque ambitieuse où l'action échevelée redouble d'audaces formelles. Au rythme d'une BO survitaminée composée par Michael Kamen et sublimée par les interventions du célèbre groupe Queen, le film culte de Mulcahy traverse les épreuves du temps sous l'impulsion capiteuse de son emprise émotionnelle, telle une élégie occulte sur l'achèvement de la mortalité.

— Celui du cĹ“ur noir des images đź–¤

09.04.13. 5èx


lundi 8 avril 2013

WILLOW

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemapassion.com

de Ron Howard. 1988. U.S.A. 2h06. Avec Val Kilmer, Warwick Davis, Joanne Whalley, Jean Marsh, Patricia Hayes, Billy Barty.

Sortie salles France: 14 Décembre 1988. U.S: 20 Mai 1988

FILMOGRAPHIE: Ron Howard est un réalisateur et acteur américain, né le 1er Mars 1954 à Duncan, Oklahoma.
1977: Lâchez les bolides. 1982: Les Croque-morts en folie. 1984: Splash. 1985: Cocoon. 1985: Gung Ho. 1988: Willow. 1989: Portrait craché d'une famille modèle. 1990: Backdraft. 1992: Horizons Lointains. 1994: Le Journal. 1995: Apollo 13. 1996: La Rançon. 1999: En direct sur Ed TV. 2000: Le Grinch. 2001: Un Homme d'Exception. 2003: Les Disparus. 2005: De l'ombre à la lumière. 2006: Da Vinci Code. 2008: Frost/Nixon. 2009: Anges et Démons. 2011: Le Dilemme. 2013: Rush


Produit et co-Ă©crit par Georges Lucas (l'idĂ©e de son projet remontant Ă  1972, bien avant Star Wars !), Willow est une aventure d'hĂ©roĂŻc-fantasy qui ne rencontra pas le succès escomptĂ© Ă  sa sortie. Puisque Lucas souhaitait que son accueil honorable soit aussi cuisant qu'une production notoire de la trempe d' E.T. Pour desservir l'entreprise, les critiques de l'Ă©poque s'avĂ©raient Ă©galement mitigĂ©es. Pourtant, dans l'hexagone, il totalise quand mĂŞme 2 176 569 entrĂ©s et son marchĂ© vidĂ©o Ă  l'Ă©tranger contribue notamment Ă  favoriser certains bĂ©nĂ©fices. Le choix risquĂ© de Lucas d'allouer la rĂ©alisation Ă  un cinĂ©aste mercantile habituĂ© des productions balisĂ©es pouvait laisser craindre un divertissement populaire dĂ©nuĂ© de personnalitĂ©. En dĂ©pit de sa faiblesse narrative Ă©ludĂ©e de toute surprise, Willow s'avère un formidable divertissement conçu avec panache dans son florilège d'action et d'effets-spĂ©ciaux estampillĂ©s "Morphing". C'est d'ailleurs la première fois que cette technologie rĂ©volutionnaire est utilisĂ©e dans un long-mĂ©trage. Pour rappel, le Morphing consiste Ă  modifier, devant nos yeux de spectateur, une animation en cours (sans l'effet suggĂ©rĂ© du fondu au noir) jusqu'Ă  la transformer vers son stade final. A titre d'exemple, un visage peut se subtiliser Ă  un autre sans l'effet traditionnel d'une coupe technique !


Avec la bonhomie attachante de l'acteur nain Warwick Davies et la mesquinerie irrĂ©sistible de Val Kilmer, cette aventure d'hĂ©roic fantasy nous enthousiasme par leur complicitĂ© impromptue. D'autant plus que le charme indocile de la rarissime Joanne Whalley est un atout supplĂ©mentaire pour rendre attractive leur mission dangereuse (prĂ©server la vie d'un bambin contre l'autoritĂ© d'une sorcière malĂ©fique) jalonnĂ©e d'altercations entre clans rivaux. Si la prĂ©sence insupportable des deux lutins viennent un peu entacher l'ambiance pittoresque par leurs inepties infantiles, la succession quasi ininterrompue d'action et de cascades homĂ©riques rendent l'aventure facilement stimulante. La beautĂ© naturelle de ces vastes paysages nĂ©o-zĂ©landais et le florilège de crĂ©atures fantastiques qui Ă©maillent le rĂ©cit imposent une fĂ©erie naĂŻve renforcĂ©e par l'innovation de ces effets-spĂ©ciaux. Et Ă  ce niveau, la bataille finale compromise au sein du château oĂą deux sorcières utilisent communĂ©ment leurs  pouvoirs magiques pour se confronter ne lĂ©sinent pas sur l'imagerie surnaturelle. Le charisme ensorcelant de ces deux alchimistes Ă  l'Ă©thique contradictoire exacerbe notamment une vraie persuasion dans leur dimension fanatisĂ©e.


OrchestrĂ© par le superbe score aĂ©rien de James Horner, Willow est un excellent spectacle alliant avec probitĂ© humour, action, romance et fĂ©erie. Hormis la pauvretĂ© de son scĂ©nario, Ron Howard rĂ©ussit avec l'efficacitĂ© d'une mise en scène vĂ©loce Ă  nous attendrir (notamment l'empathie que l'on accorde au peuple nain des Nelwyn) parmi l'insolence du duo Madmartigan (Val Kilmer)/Sorsha (Joanne Whalley) et la persĂ©vĂ©rance du candide Willow

Pour parachever, la critique de mon ami Gilles Rollandhttp://www.onrembobine.fr/star-video-club/6796
08.04.13. 3èx
Bruno Matéï



vendredi 5 avril 2013

Les Guerriers de la Nuit / The Warriors. Director's Cut.

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Walter Hill. 1979. U.S.A. 1h34. Avec Michael Beck, James Remar, Dorsey Wright, Thomas G. Waites, Brian Tyler, David Harris, Tom McKitterick.

Sortie salles France: 27 Août 1980. Interdit durant quelques mois en France, puis interdit au - de 18 ans lors de sa sortie en salles, et très vite réévalué en interdiction aux moins de 13 ans.
Sortie U.S: 9 Février 1979. Interdit au moins de 17 ans.

FILMOGRAPHIEWalter Hill est un producteur, rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 10 janvier 1942 Ă  Long Beach, en Californie (États-Unis). 1975 : Le Bagarreur (Hard Times),1978 : Driver,1979 : Les Guerriers de la nuit, 1980 : Le Gang des frères James,1981 : Sans retour, 1982 : 48 heures, 1984 : Les Rues de feu,1985 : Comment claquer un million de dollars par jour,1986 : Crossroads, 1987 : ExtrĂŞme prĂ©judice, 1988 : Double DĂ©tente, 1989 : Les Contes de la crypte (1 Ă©pisode),1989 : Johnny belle gueule,1990 : 48 heures de plus,1992 : Les Pilleurs,1993 : Geronimo, 1995 : Wild Bill, 1996 : Dernier Recours,1997 : Perversions of science (sĂ©rie TV),2000 : Supernova, 2002 : Un seul deviendra invincible, 2002 : The Prophecy, 2004 : Deadwood (sĂ©rie TV).

 
"Dieux déchus du métro"
Film culte pour toute une gĂ©nĂ©ration, tandis qu’en France le comitĂ© de censure s’empressa d’en expurger dix minutes jugĂ©es trop violentes, Les Guerriers de la nuit demeure une flamboyante bande dessinĂ©e aux accents surrĂ©alistes. Alors que toutes les bandes de New York sont rĂ©unies pour entendre l’allocution de leur leader rĂ©volutionnaire, ce dernier est lâchement assassinĂ© par l’un des siens. AccusĂ© Ă  tort du meurtre, le clan des Warriors devient la cible d’une traque inlassable par une populace marginale. Pour regagner leur quartier, ils devront faire preuve d’une vaillance inĂ©branlable, affrontant sans relâche des gangs rivaux pour sauver leur peau, et laver leur honneur.

Film d’action incisif menĂ© tambour battant au rythme de rixes urbaines, Les Guerriers de la nuit transcende l’Ă©preuve de force d’une poignĂ©e de marginaux pugnaces, opposĂ©s Ă  une rivalitĂ© de clans aux visages multiples. Leur course effrĂ©nĂ©e, entièrement filmĂ©e de nuit (Ă  l’exception d’un Ă©pilogue solaire), est scandĂ©e par une bande-son pop-rock sĂ©lectionnĂ©e par une mystĂ©rieuse opĂ©ratrice radiophonique. Walter Hill, avec une ambition singulière, convoque des idĂ©es insolites pour narrer, Ă  la manière d’une BD futuriste (ponctuĂ©e de planches dessinĂ©es), une odyssĂ©e fantasmatique portĂ©e par l’apparat flamboyant des gangs de rue.

Ces dĂ©linquants cosmopolites se distinguent autant par leur diversitĂ© ethnique que par leur accoutrement extravagant : vestes criardes, visages peints, patins Ă  roulettes... ArmĂ©s de battes, chaĂ®nes, couteaux et barres de fer, ils pullulent dans un New York aphone, dispersĂ©s dans chaque recoin du mĂ©tro, pour interdire aux Warriors l’accès Ă  leur sanctuaire. MĂŞme les femmes d’un gang fĂ©ministe s’en mĂŞlent, usant de leur charme vĂ©nĂ©neux pour mieux tromper. Ce mĂ©lange d’action violente, d’aventure et de romance dĂ©senchantĂ©e (l’idylle ambiguĂ« entre Swan et Mercy) est habilement orchestrĂ© par un cinĂ©aste novateur, bien dĂ©cidĂ© Ă  dĂ©poussiĂ©rer le film de bande — un peu Ă  la manière transgressive d’un George Miller avec Mad Max, sorti la mĂŞme annĂ©e.

Les nombreuses rencontres impromptues qui jalonnent cette nuit infernale s’avèrent redoutablement efficaces, nourries par le dynamisme de bastons impeccablement chorĂ©graphiĂ©es et l’aura surrĂ©aliste d’une ville-fantĂ´me vidĂ©e de ses citadins — Ă  l’exception de quelques figures spectrales, comme ces deux couples bourgeois affalĂ©s sur une banquette de mĂ©tro.

 
"Les HĂ©ritiers de l’Olympe en jean et cuir"
PortĂ© par la partition Ă©lectrisante de Barry De Vorzon, Les Guerriers de la nuit s’impose comme une Ă©popĂ©e belliqueuse d’un genre Ă  part, moderne, dĂ©calĂ©e, peuplĂ©e de personnages d’une densitĂ© rare. Des guerriers dĂ©sĹ“uvrĂ©s, en marge d’un monde chaotique, mais animĂ©s d’un courage et d’une dignitĂ© dignes des dieux antiques — Ă  l’image de son introduction animĂ©e Ă  la manière d’un mythe. Ce Director’s Cut rarissime s’impose Ă  mes yeux comme un chef-d’Ĺ“uvre du survival initiatique, aussi probant que la version cinĂ©ma, d’autant plus fidèle Ă  l’intention première de son auteur.

*Bruno
05.04.13. 6èx

mardi 2 avril 2013

SUEURS FROIDES (Vertigo)

                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lepasseurcritique.com

d'Alfred Hitchcock. 1958. U.S.A. 2h09. Avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes, Tom Helmore, Henry Jones, Raymond Bailey, Ellen Corby, Konstantin Shayne.

Sortie salles France: 28 Janvier 1959. U.S: 9 Mai 1958

FILMOGRAPHIE: Alfred Hitchcock est un réalisateur, producteur et scénariste anglo américain, né le 13 Août 1899, décédé le 29 Avril 1980.
1935: Les 39 Marches. 1936: Quatre de l'Espionnage. Agent Secret. 1937: Jeune et Innocent. 1938: Une Femme Disparait. 1939: La Taverne de la Jamaique. 1940: Rebecca. Correspondant 17. 1941: Soupçons. 1942: La 5è Colonne. 1943: l'Ombre d'un Doute. 1944: Lifeboat. 1945: La Maison du Dr Edward. 1946: Les Enchainés. 1947: Le Procès Paradine. 1948: La Corde. 1949: Les Amants du Capricorne. 1950: Le Grand Alibi. 1951: L'Inconnu du Nord-Express. 1953: La Loi du Silence. 1954: Le Crime était presque parfait. Fenêtre sur cour. 1955: La Main au Collet. Mais qui a tué Harry ? 1956: l'Homme qui en savait trop. Le Faux Coupable. 1958: Sueurs Froides. 1959: La Mort aux Trousses. 1960: Psychose. 1963: Les Oiseaux. 1964: Pas de Printemps pour Marnie. 1966: Le Rideau Déchiré. 1969: l'Etau. 1972: Frenzy. 1976: Complot de Famille.


"En août 2012, le magazine de cinéma britannique Sight and Sound le classe Meilleur Film de tous les temps, détrônant ainsi Citizen Kane, qui occupait ce titre depuis 1962."

ConsidĂ©rĂ© comme l'un de ses films les plus accomplis au sein de sa riche filmographie, Sueurs Froides est destinĂ© Ă  transcender les alĂ©as du temps par la densitĂ© d'une folle histoire d'amour aux lisières du fantastique. InspirĂ© du roman D'entre les morts de Boileau-Narcejac, le chef-d'oeuvre Ă©lĂ©giaque de Sir Alfred est avant tout une rĂ©ussite narrative d'une intensitĂ© psychologique Ă©prouvante. A travers le cheminement tortueux d'un ancien dĂ©tective souffrant d'acrophobie, Alfred Hitchcock nous plonge dans une romance vertigineuse d'oĂą plane l'esprit de la rĂ©incarnation. Contraint de suivre l'Ă©trange errance d'une jeune femme obsĂ©dĂ©e par la dĂ©veine d'une cĂ©lèbre dĂ©funte, l'inspecteur Scottie va succomber Ă  ses charmes avant qu'un horrible drame ne le plonge dans une solitude inconsolable. Mais un Ă©vènement inopinĂ© va Ă  nouveau rĂ©veiller sa conscience avec la nouvelle rencontre d'une  femme physiquement similaire Ă  celle qu'il venait de chĂ©rir.
En affiliant l'amour déchu, le suspense lattent et le thriller machiavélique, le maître de l'angoisse compose une oeuvre romanesque au parfum mélancolique imprégné de gothisme. Que ce soit à travers la décoration d'une salle de restaurant tapissée d'un rouge rutilant, au sommet vertigineux du clocher d'un oratoire ou dans l'environnement forestier d'une promenade automnale.
Avec la perfection d'un scĂ©nario tortueux tributaire des thèmes de l'amour, la mort et l'obsession, Sueurs Froides nous illustre l'introspection douloureuse d'un homme emmĂŞlĂ© dans le faux-semblant. RongĂ© de culpabilitĂ© d'avoir laissĂ© mourir sa maĂ®tresse, faute de son handicap psychologique, Scottie va se retrouver Ă  nouveau hantĂ© par son passĂ© traumatique et rĂ©itĂ©rer le mĂŞme procĂ©dĂ© narratif afin de dĂ©mystifier le mensonge.


Transi d'émoi dans son désespoir amoureux, James Stewart livre une intense empathie pour camper un personnage meurtri littéralement ensorcelé par l'esprit d'une femme bicéphale. Dans un double rôle, Kim Novak incarne avec volupté charnelle le rôle d'une renégate finalement compromise par la passion de ses sentiments. A la manière d'un fantôme versatile, l'actrice dégage une aura surnaturelle envoûtante par sa devise sournoise avant de nous chavirer le coeur ATTENTION SPOILER ! dans une chute létale, ultime délivrance accidentelle. FIN DU SPOILER


Avec le lyrisme d'un scĂ©nario impeccablement charpentĂ© et sa puissance psychologique qui en rĂ©sulte, Sueurs Froides transcende une romance insoluble au sein d'un couple avili par l'ampleur d'une sordide machination. Puissamment orchestrĂ© par le score tragique de Bernard Hermann, Alfred Hitchcock a accompli un travail exhaustif dans sa rĂ©alisation formelle, vĂ©ritable poème d'amour et de mort illuminĂ© par le duo maudit James Stewart/Kim Nowak !

02.04.13. 3èx
Bruno Matéï 


vendredi 29 mars 2013

ExistenZ. Ours d'Argent de la contribution artistique pour David Cronenberg.

                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmebagarai.blogspot.com

de David Cronenberg. 1999. Angleterre/France/Canada. 1h36. Avec Jennifer Jason Leigh, Jude Law, Ian Holm, Willem Dafoe, Don McKellar, Callum Keith Rennie, Christopher Eccleston, Sarah Polley.

Sortie salles France: 14 Avril 1999. U.S: 23 Avril 1999

FILMOGRAPHIE: David Cronenberg est un réalisateur canadien, né le 15 mars 1943 à Toronto (Canada). 1969 : Stereo, 1970 : Crimes of the Future, 1975 : Frissons, 1977 : Rage,1979 : Fast Company, 1979 : Chromosome 3, 1981 : Scanners, 1982 : Videodrome, 1983 : Dead Zone, 1986 : La Mouche, 1988 : Faux-semblants,1991 : Le Festin nu, 1993 : M. Butterfly, 1996 : Crash, 1999 : eXistenZ, 2002 : Spider, 2005 : A History of Violence, 2007 : Les Promesses de l'ombre, 2011 : A Dangerous Method. 2012: Cosmopolis.


S'il divisa en son temps une frange de critiques, eXistenZ a rapidement Ă©tĂ© considĂ©rĂ© (Ă  tort) comme une copie conforme du chef-d'oeuvre visionnaire VidĂ©odrome. Mise en abyme Ă  travers l'altĂ©ration du rĂ©el, eXistenZ se dĂ©cline en expĂ©rience Ă©motionnelle inusitĂ©e Ă  imprimer dans les annales du 7è art ! Si bien qu'en traitant des thèmes ludiques du jeu-vidĂ©o et de la rĂ©alitĂ© virtuelle, David Cronenberg nous interroge sur le rapport addictif qu'un loisir lucratif puisse susciter chez le consommateur et sur notre part de conscience sĂ©vèrement compromise par l'illusion d'une rĂ©alitĂ© ! Le joueur nĂ©ophyte atteint de paranoĂŻa ou de psychose ne sachant plus discerner la part de rĂ©alitĂ© et de fiction. Welcome dans le monde virtuel et organique d'eXistenZ ! Alors qu'un groupe de volontaires se portent garants pour participer au jeu rĂ©volutionnaire Existenz, sa conceptrice Allegra Geller est tĂ©moin d'un attentat terroriste en pleine sĂ©ance. Contrainte de fuir ses meurtriers, elle quitte son sĂ©minaire avec le stagiaire Ted Pikul et se rĂ©fugient dans un motel. Afin de savoir si sa console pod (amphibien gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©, reliĂ© au système nerveux du joueur par un cordon ombilical) n'a pas Ă©tĂ© contaminĂ©e, elle entreprend par la mĂŞme occasion de l'initier au jeu. Pour ce faire il doit se faire implanter un bioport, c'est Ă  dire se faire percer la colonne vertĂ©brale au pistolet hydro-pneumatique ! Un "ombicordon" y est ensuite reliĂ© pour accĂ©der Ă  son système nerveux. La partie peut enfin dĂ©buter !


Avec sa narration sinueuse semée de déconvenues et fausses pistes, David Cronneberg nous confine dans un jeu d'espionnage géré par des protagonistes interlopes ainsi qu'une race d'amphibiens hybrides. Ainsi, le pouvoir de fascination incroyablement hypnotique qu'exerce eXistenz auprès du spectateur s'avère une expérience à la fois corporelle, viscérale, sensitive de par cet univers malsain auquel notre psyché ne puisse y résister. Par le truchement du couple Allegra Geller / Ted Pikul, nous tentons de comprendre les tenants et aboutissants du jeu versatile conçu pour divertir en façonnant une seconde réalité plus vraie que nature. Pour ce faire, David Cronenberg dépeint avec pas mal de dérision notre besoin intrinsèque de rêve et d'évasion afin d'échapper à la morosité de notre quotidien. Il nous interpelle sur le danger perfide de ces nouvelles technologies élaborées dans un premier temps pour nous amuser afin de mieux nous asservir. Il traite notamment du rapport affectif, voir obsessionnel de la passion lorsque le psychisme de l'utilisateur se retrouve plonger au coeur d'un univers chimérique terriblement réel, car beaucoup plus stimulant que l'ancienne réalité ! Outre les méfaits addictifs du jeu-vidéo et toute autre imagerie charnelle, on peut aussi établir une analogie avec nos technologies actuelles parmi lesquelles le téléphone portable ou les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) afin de se rendre compte à quel point l'être humain peut facilement se laisser influencer, envahir par l'abstraction (cynique) de ce climat virtuel hautement addictif ! Enfin, on peut aussi suggérer une réflexion existentielle sur la nature réelle de notre destinée auquel un "créateur" aurait finalement matérialisé notre vie à l'instar d'un jeu ludique ! Nous serions alors que les pantins articulés d'un fondateur manipulateur observant durant notre existence notre manière de régir notre postérité ! Outre tous ses thèmes passionnants précités, David Cronenberg continue de concevoir des images de cauchemar (le revolver confectionné à partir d'ossements et de dents humaines !) en interne d'un univers indescriptible où technologie, sexualité et biologie sont en symbiose organique !


Casse tête chinois pour autant intelligible même si sciemment resté en suspens, eXistenZ constitue une expérience de cinéma cérébral unique en son genre auquel chaque visionnage renouvelle son pouvoir ensorcelant en ayant la troublante impression d'assister à un spectacle manipulateur où la réalité reste en interrogation. La farce d'un rêve binaire en somme démystifié par le terrorisme d'une personnalité équivoque en proie à des pulsions lubriques et meurtrières incontrôlées...
Maintenant, dites moi la vĂ©ritĂ© chers lecteurs, nous sommes encore dans le jeu ? 

* Bruno
04.01.25. Vost. 4K
29.03.13. (3è visionnage addictif)

Récompenses: 1999: Ours d'Argent de la contribution artistique exceptionnelle pour David Cronenberg.
1999: Silver Scream Award au Festival du film fantastique d'Amsterdam
2000: Prix Génie du meilleur montage

jeudi 28 mars 2013

LE MYSTERE DU TRIANGLE DES BERMUDES (The Bermuda Triangle)

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site posterdb.de

de René Cardora. 1977. Mexique/Italie. 1h30 / 1h50. Avec John Huston, Claudine Auger, Marina Vlady, Gloria Guida, Ugo Stiglitz, Andress Garcia, Carlos Heast.

Sortie salles France: 14 Avril 1978

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: René Cardona Jr est un acteur, producteur, réalisateur et scénariste mexicain, né le 11 Mai 1939 à Mexico, décédé le 5 Février 2003 à Mexico.
1972: La Nuit des 1000 chats. 1977: Tintorera. 1977: Le Mystère du Triangle des Bermudes. 1978: Cyclone. 1979: Guyana, la secte de l'enfer. 1980: Otages en Péril. 1985: Les Diamants de l'amazone.

La famille Marvin est à la recherche d'une ville engloutie dans le secteur du "triangle des Bermudes". Elle va se trouver confrontée à une série d'incidents de plus en plus inquiétants, les membres de la famille et de l'équipage disparaissant les uns après les autres. A terre, c'est la stupéfaction générale après les appels de détresse car ce bateau a disparu depuis 12 ans.

Définition de Navet:
Sens 1: Plante potagère à la racine comestible.
Sens 2: Oeuvre sans valeur

A vous de choisir !

28.03.13
Bruno Matéï


mercredi 27 mars 2013

SPHINX

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site moviecovers.com

de Franklin J. Schaffner. 1981. U.S.A. 1h58. Avec Lesley Anne Down, John Gielgud, Maurice Ronet, Frank Langella.

FILMOGRAPHIE: Franklin J. Schaffner est un réalisateur et producteur américain, né le 30 Mai 1920 à Tôkyô, décédé le 2 Juillet 1989 à Santa Monica. 1963: Les Loups et l'agneau. 1964: Que le meilleur l'emporte. 1965: Le Seigneur de la Guerre. 1967: La Griffe. 1968: La Planète des Singes. 1970: Patton. 1971: Nicolas et Alexandra. 1973: Papillon. 1976: l'Île des Adieux. 1978: Ces Garçons qui venaient du Brésil. 1981: Sphinx. 1982: Yes, Giorgio. 1987: Lionheart. 1989: Welcome Home.


Echec commercial et critique lors de sa discrète sortie en 1981, Sphinx fait aujourd'hui office de raretĂ© oubliĂ©e chez les cinĂ©philes. D'ailleurs, il suffit de surfer sur le net pour s'apercevoir qu'aucune critique n'eut Ă©tĂ© commentĂ©e afin de nous Ă©clairer sur sa potentielle valeur cinĂ©matographique. On comprends aussi la raison de son Ă©chec public puisque la mĂŞme annĂ©e sort sur les Ă©crans internationaux l'immense succès populaire Les Aventuriers de l'Arche perdue ! Avec un rĂ©alisateur aussi briscard et rĂ©putĂ© derrière la camĂ©ra (Franklin J. Schaffner) et des acteurs de renom (la prĂ©sence inopinĂ©e de Maurice Ronet se partageant la vedette parmi Frank Langella !), nous Ă©tions en droit d'escompter un film d'aventure homĂ©rique Ă©ventuellement inspirĂ© des vicissitudes bondissantes d'Indiana Jones ! Le premier point positif est d'avoir osĂ© confier le rĂ´le principal Ă  une jeune actrice des annĂ©es 70, la charmante Lesley Anne Down. Sans faire preuve d'une grande persuasion, faute d'un jeu outrĂ©, la comĂ©dienne possède surtout un atout physique attrayant pour incarner une Ă©gyptologue Ă  la fois vaillante et pleutre dans sa conquĂŞte inespĂ©rĂ©e d'un mystĂ©rieux tombeau.


Là où le bas blesse, c'est dans la confection du scénario d'une platitude exaspérante. Tout le film se résumant à une chasse au trésor monotone par l'entremise de discrètes péripéties auquel des espions (et traîtres) criminels sont lancés à ses trousses. En prime, les nombreuses maladresses de son pitch sporadique, le caractère peu crédible des situations (les incessants aller-retour de l'héroïne égarée sous les grottes) et la pauvreté des dialogues acheminent l'entreprise vers une inévitable bisserie. Seule, la beauté esthétique des décors pyramidales du Caire en passant par la vallée de Louxor, ainsi que le caractère haletant de sa première demi-heure, laissent en éveil notre timide attention. Si le film se révèle donc indubitablement raté, faute d'une réalisation peu inspirée et d'un scénario aseptisé, le charme rétro qui en émane inspire néanmoins une futile sympathie, rehaussée de l'élégance sensuelle de Lesley Anne Down. Enfin, les vingts dernières minutes vigoureuses laissent place à une action gentiment spectaculaire, et ce juste avant de nous stupéfier lors d'une révélation finale onirique.


Avec ces dĂ©fauts techniques et narratifs compromettants, Sphinx s'Ă©rige en nanar maladroitement conçu par un vĂ©tĂ©ran du cinĂ©ma en l'occurrence peu motivĂ© (Patton, la Planète des Singes, Papillon et le mĂ©connu Ces Garçons qui venaient du BrĂ©sil). Pour les amateurs de raretĂ©s introuvables, il reste malgrĂ© tout Ă  dĂ©couvrir d'un oeil aussi curieux que distrait. 

27.03.13
Bruno Matéï

lundi 25 mars 2013

JEREMIAH JOHNSON

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemovies.fr

de Sydney Pollack. 1972. U.S.A. 1h56. Avec Robert Redford, Will Geer, Stefan Gierasch, Josh Albee, Delle Bolton, Paul Benedict.

Sortie salles France: 15 Septembre 1972

FILMOGRAPHIE: Sydney Pollack est un réalisateur, acteur et producteur américan, né le 1er Juillet 1934 à Lafayette dans l'Indiana (Etats-Unis), décédé d'un cancer le 26 Mai 2008 à Los Angeles. Il avait 73 ans.
1965: The Slender Thread. 1966: Propriété Interdite. 1968: Les Chasseurs de Scalps. 1968: The Swimmer. 1969: Un château en enfer. 1969: On achève bien les chevaux. 1972: Jeremiah Johnson. 1973: Nos plus belles années. 1975: Yakuza. 1975: Les 3 jours du condor. 1977: Bobby Deerfield. 1979: Le Cavalier Electrique. 1981: Absence de malice. 1982: Tootsie. 1985: Out of Africa. 1990: Havana. 1999: l'Ombre d'un soupçon. 2005: l'Interprète. 2005: Esquisses de Frank Gehry.


Western contemplatif entièrement tourné dans la contrée de l'Utah, Jeremiah Johnson retrace l'aventure initiatique d'un héros solitaire, délibéré à fuir la civilisation pour s'engouffrer vers une nature hostile. Inspiré de la vraie vie de John Johnson (le tueur de Corbeaux, ou Johnson, le mangeur-de-foie), ancien trappeur de la montagne de l'Ouest américain, Sydney Pollack nous invite à une aventure humaine inscrite dans le lyrisme. Sous un soleil radieux ou sous une neige abondante, les magnifiques paysages montagnards que traverse notre héros s'avèrent un hymne à l'écologie malgré la rudesse d'y subsister. Emaillé de péripéties impromptues entre l'hostilité des indiens et des grizzlys sauvages, Jeremiah Johnson va apprendre à survivre dans un milieu naturel dont il ne connaissait pas le codes de conduite. Au fil de ses diverses rencontres amicales avec divers pèlerins, il va notamment connaître la paternité avec un enfant abandonné ainsi que l'amour d'une jeune indienne en guise de transaction. Mais en portant assistance à une troupe de militaires égarés dans cette nature clairsemée, son destin va finalement le rappeler à la solitude pour s'exiler vers le Canada. Durant son long périple motivé par la vengeance et la bravoure de vaincre la rivalité des indiens Crows, Johnson apprend à vivre en toute autonomie dans un environnement qu'il réussit à apprivoiser ! Grâce à ces vicissitudes animées par un instinct de survie et une stoïcité à braver les dangers les plus fortuits, il devient aux yeux des citadins une véritable légende mystique !


Magnifiquement interprĂ©tĂ© par la prĂ©sence humble de Robert Redford et sublimĂ© par la mise en scène lyrique de Sydney Pollack, Jeremiah Johnson est une aventure humaine Ă  la rĂ©flexion existentielle riche de considĂ©ration. Parfois poignant dans ces tragĂ©dies imposĂ©es, souvent envoĂ»tant et passionnant dans ces rencontres humaines et pĂ©ripĂ©ties alertes, cet hymne Ă  la libertĂ© est une flamboyante odyssĂ©e sur la plĂ©nitude et le dĂ©passement de soi. 

25.03.13. 2èx
Bruno Matéï

vendredi 22 mars 2013

Epouvante sur New-York /Q: The Winged Serpent

                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

de Larry Cohen. 1982. U.S.A. 1h33. Avec Michael Moriarty, Candy Clark, David Carradine, Richard Roundtree, James Dixon.

Sortie salles France: 8 Septembre 1982. U.S: 8 Octobre 1982

FILMOGRAPHIE: Larry Cohen est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 15 Juillet 1941. Il est le créateur de la célèbre série TV, Les Envahisseurs. 1972: Bone, 1973: Black Caesar, Hell Up in Harlem, 1974: Le Monstre est vivant, 1976: Meurtres sous contrôle, 1979: Les Monstres sont toujours vivants, 1982: Epouvante sur New-York, 1985: The Stuff, 1987: La Vengeance des Monstres, Les Enfants de Salem, 1990: l'Ambulance. - Comme Producteur: Maniac Cop 1/2/3. - Comme Scénariste: Cellular, Phone Game, 3 épisodes de Columbo.


Jamais avare d'idĂ©es singulières effleurant parfois le ridicule sans jamais y sombrer (souvenez vous du bĂ©bĂ© monstre ou de l'extra-terrestre hermaphrodite dans deux de ses pièces maĂ®tresses !), Larry Cohen rĂ©alise en 1982 une modeste sĂ©rie B au concept saugrenu. Un gigantesque serpent ailĂ© sème la terreur sous les toits de New-York. Au mĂŞme moment, des sacrifices humains sont perpĂ©trĂ©s par un dangereux psychopathe. Avec l'aide d'un loser affligeant de mĂ©diocritĂ©, l'inspecteur Shepard tentera de mettre un terme Ă  cette vague de meurtres. Petite prĂ©cision en ce qui concerne la caractĂ©risation de notre crĂ©ature, et afin de mettre en exergue l'imagination dĂ©bordante de Larry Cohen, le monstre en question se prĂ©nomme Quetzalcoatl (serpent Ă  plume). Une divinitĂ© pan-mĂ©soamĂ©ricaine (d'AmĂ©rique prĂ©colombienne) apparue Ă  partir du 10è siècle au Mexique central. Et si Epouvante sur New-York pâtit d'une mise en scène un peu anarchique dans son montage maladroit, l'originalitĂ© de son scĂ©nario, aussi futile soit-il, les sĂ©quences chocs quotidiennes est surtout la caractĂ©risation impartie au personnage principal, anti-hĂ©ros dĂ©nuĂ© de valeurs humaines, rendent l'aventure tout Ă  fait attractive. Ainsi, en rendant hommage Ă  King-kong et aux crĂ©atures mythologiques du maĂ®tre du stop-motion, Ray HarryhausenLarry Cohen emploie ici la mĂŞme mĂ©thode archaĂŻque afin de parfaire son monstre ailĂ© se dĂ©plaçant au dessus des toits.


Et on peut dire que ces apparitions dantesques fascinent autant qu'elles amusent par cette poésie naïve qui y émane. En prime, le film regorge de quelques séquences gores réussies (le dépeçage au couteau d'un visage humain révélé à deux reprises, l'apparition d'un cadavre putréfié ou les plans explicites accordés aux diverses décapitations). Sans se prendre au sérieux, le réalisateur injecte lors de certains dialogues (plutôt superficiels) un humour sarcastique pour les réparties échangées entre les flics et notre protagoniste risible. Enfin, pour rajouter un peu de dynamisme épique au récit, la confrontation finale localisée sur le toit d'un building entre le service d'ordre et le monstre ne manque pas de vigueur auprès des échanges de tirs et les attaques sanglantes qui s'ensuivent. Mais ce qui surprend surtout dans cette plaisante série B, c'est l'audace d'avoir attribué le rôle principal à cet antagoniste marginal complètement oisif, couard, égoïste, machiste, ingrat, abusif, et j'en passe. A cet effet, Larry Cohen a su faire preuve de bon sens pour porter son choix sur Michael Moriarty. Si bien que cet acteur de seconde zone endosse son rôle pathétique avec une aisance assez irrésistible lorsqu'il décide d'extorquer la police en jouant la star médiatique. En effet, sachant qu'il est le seul a connaître la véritable planque du monstre, notre malfaiteur en profite pour rameuter les médias et soutirer 1 million de dollars au commissaire de la ville. Cette astuce scénaristique permet au métrage de rehausser son efficacité avec dérision pour l'étude de caractère imparti à ce loser décomplexé pitoyable d'exubérance vaniteuse.

Modeste série B du samedi soir à savourer entre amis, Epouvante sur new-York n'a rien perdu de son charme (aujourd'hui rétro) et de sa loufoquerie d'avoir su nous élaborer sans prétention une petite bisserie insolite parmi l'aimable participation de David Carradine en flic déterminé.

*Bruno
02.08.23. 5èx
22.03.13.

jeudi 21 mars 2013

La Chasse / Jagten / The Hunter

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmofilia.com

de Thomas Vinterberg. 2012. Danemark. 1h55. Avec Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Annika Wedderkopp, Lasse Fogelstrom, Susse Wold, Anne Louise Hassing.

Sortie salles France: 14 Novembre 2012

FILMOGRAPHIE: Thomas Vinterberg est un réalisateur, scénariste et producteur danois, né le 19 Mai 1969 à Copenhague. 1996: Les Héros. 1998: Festen. 2000: The Third Lie. 2003: It's All About love. 2005: Dear Wendy. 2007: Un Homme rentre chez lui. 2010: Submarino. 2012: La Chasse.


14 ans après le foudroyant Festen, couronnĂ© du Prix du Jury Ă  CannesThomas Vinterberg aborde Ă  nouveau le thème de la pĂ©dophilie dans La Chasse, un drame psychologique d'une puissance dramatique difficilement gĂ©rable. Dans une Ă©cole maternelle, l'Ă©ducateur Lucas est suspectĂ© de pĂ©dophilie après les aveux Ă©quivoques d'une fillette avec qui il entretenait une complicitĂ© amicale. Rapidement, la rumeur se rĂ©pand auprès des familles et l'homme va devoir faire face Ă  un lynchage collectif. Avec la prĂ©sence exceptionnelle de Mads Mikkelsen (la rĂ©vĂ©lation de la trilogie Pusher), rĂ©compensĂ© Ă  juste titre du Prix d'interprĂ©tation Ă  Cannes, La Chasse nous retrace le dĂ©sarroi d'un père  injustement accusĂ© de pĂ©dophilie. LittĂ©ralement transi d'affliction, partagĂ© entre la honte, le dĂ©sespoir et la dignitĂ© de braver l'injustice, l'acteur nous livre une performance viscĂ©rale Ă  coeur ouvert !


Avec un réalisme glaçant incessamment dérangeant, nous suivons dans une chronologie détaillée son interminable calvaire à devoir accepter les multiples accusations puis survivre sous l'accablement de l'injustice. Réflexion sur le poids de l'affabulation, la persécution et la culpabilité, ainsi que l'esprit de persuasion impartie à la fragilité de l'enfant, Thomas Vinterberg dénonce ici l'intolérance d'une province réactionnaire persuadée de détenir la vérité par le témoignage infantile. La suspicion des habitants rendus paranoïaques cède vite à l'accusation quand la parole d'un bambin n'est jamais remise en cause. L'inconscient collectif, l'autosuggestion et la terreur épidermique de gamberger un abus sexuel chez son enfant vont être les catalyseurs d'une chasse où la haine et la violence vont s'extérioriser chez chaque citadin. L'extrême empathie éprouvée pour ce père divorcé ayant comme seul soutien la conviction de son fils nous laisse en état de collapse par leur densité psychologique allouée et cette confiance mutuelle qu'ils unifient.


Effroyable descente aux enfers d'une intensitĂ© dramatique d'exception, La Chasse est un Ă©lectro-choc Ă©motionnel Ă  la puissance psychologique proche du marasme. L'extrĂŞme rigueur d'une mise en  scène circonspecte rĂ©futant le pathos et l'interprĂ©tation sensitive de Mads Mikkelsen convergent Ă  un moment de cinĂ©ma inoubliable oĂą le pardon reste encore une valeur noble.  

21.03.13
Bruno 

Récompenses: Festival de Cannes 2012: Prix d'interprétation masculine pour Mads Mikkelsen, Prix du Jury oecuménique.
Prix du cinéma européen 2012: Scénariste européen de l'année pour Thomas Vinterberg et Tobias Lindholm.
British Independent Film Awards 2012: Meilleur Film indépendant international.
Prix Vulcain de l'artiste technicien 2012: Charlotte Bruus Christensen, directrice de la photographie.
Festival international du film de Vancouver 2012: Rogers People's Choice Award

mercredi 20 mars 2013

Rush

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site notrecinema.com

de Lili Fini Zanuck. 1991. U.S.A. 2h00. Avec Jason Patric, Jennifer Jason Leigh, Sam Elliott, Max Perlich, Gregg Allman, Tony Frank, William Sadler.

Sortie salles France: 29 Avril 1992. U.S: 22 Décembre 1991

FILMOGRAPHIE: Lili Fini Zanuck est une productrice et rĂ©alisatrice amĂ©ricaine, nĂ©e le 2 Avril 1957 Ă  Leominster dans le Massachusetts. Il s'agit de l'Ă©pouse du producteur Richard D. Zanuck. 1991: Rush
1998: From the earth to the moon (TĂ©lĂ©-film). 2005: Revelations (TĂ©lĂ©-film). 


Polar dramatique rugueux illustrant sans fioriture la descente aux enfers de deux agents des stupĂ©fiants infiltrĂ©s dans le milieu de la drogue, Rush relate leur parcours chaotique avec un rĂ©alisme implacable. Reposant sur les Ă©paules du duo de choc Jason Patric et Jennifer Jason Leigh, le film met en exergue les ravages de la drogue quand un couple d'agents est contraint de se faire passer pour des junkies afin de faire tomber un gros bonnet. Or, pour paraĂ®tre convaincants, Jim et Kristen doivent consommer diverses drogues dures face Ă  la prĂ©sence des dealers afin d'Ă©viter toute suspicion policière. La force houleuse de la narration rĂ©sidant dans cette Ă©preuve de force qu'endurent ces infiltrĂ©s puisque rapidement tributaires du produit toxique. Ainsi, en Ă©vitant le piège de la complaisance, Rush dĂ©nonce avec tact et sans moralisme les effets cyniques de la drogue lorsque l'usager intoxiquĂ© ne peut plus faire marche arrière. Par ailleurs, la rĂ©alisatrice en profite notamment pour aborder la corruption policière chez certains dirigeants peu scrupuleux. Avec une belle intensitĂ© dramatique, les interprètes Jason Patric et Jennifer Jason Leigh s'avèrent particulièrement poignants dans leur rĂ´le versatile compromis Ă  une dĂ©chĂ©ance aussi bien morale que physique. C'est par leur complicitĂ© amoureuse, leur soutien mutuel que le couple puisera la force morale de pouvoir se dĂ©sintoxiquer. En prime, le final bouleversant surprend pas son nihilisme perfide afin d'enfoncer le clou dans cette dĂ©route policière oĂą personne n'en sortira victorieux.


RythmĂ© par la guitare acoustique d'Eric Clapton, Rush est un polar âpre d'un humanisme aigri, rĂ©quisitoire cruel sur le flĂ©au universel de la drogue. Un film fort et poignant dans son ambivalence psychologique impartie aux protagonistes dĂ©sespĂ©rĂ©s. Un couple en perdition engagĂ© dans une lutte sans victoire oĂą les notions de bien et de mal y sont galvaudĂ©es puisque contraints de braver l'autoritĂ© afin de subvenir Ă  la victoire.  

30.03.13. 3èx
Bruno