lundi 1 juin 2026

Godzilla de Gareth Edwards. 2014. U.S.A/Japon. 2h02.

                      (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via google, provenant du site imdb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives)

Comme j'ai honte à la revoyure de Godzilla (2014) de Gareth Edwards, car je peux avouer sans rougir que je fais mon mea culpa tant j'ai été happé par ce blockbuster intelligent où le spectacle est total.

Et pourquoi parler de blockbuster intelligent ? Parce que Gareth Edwards a l'habiletĂ© de suggĂ©rer le monstre durant près de trois bons quarts d'heure, privilĂ©giant scrupuleusement l'aspect documentĂ© d'un scĂ©nario catastrophe qui prend peu Ă  peu forme au fil d'une Ă©volution narrative menĂ©e en crescendo. 


Cette montée en puissance progressive nourrit une tension constante et confère au film une crédibilité tout à fait tangible. Bourré d'effets spéciaux numériques ahurissants de réalisme, Godzilla renoue avec le sens du merveilleux d'antan à travers un spectacle pyrotechnique étourdissant de virtuosité. On reste rivé à son siège hormis le manque de charisme du héros juvénile interprété par Aaron Taylor-Johnson dans le rôle du lieutenant Ford Brody. Il faut bien avouer qu'en dépit de sa bienveillance naturelle, le personnage peine à susciter une véritable empathie (notamment auprès de ses rapports de couple), son expressivité limitée et son manque de relief émotionnel constituant les principales faiblesses du récit.

Et pourtant, tout le reste emporte tout sur son passage, puisque l'intérêt se trouve sous les écailles. Gareth Edwards croit profondément à ce qu'il filme et imprime à son œuvre un réalisme studieux et documenté qui force le respect tout le long de cette inlassable course contre la montre à déjouer la menace d'un âge préhistorique.


Ainsi donc, Godzilla renoue avec le spectacle émotionnel dans ce qu'il a de plus spectaculaire et de plus grisant. Durant plus de deux heures, on en prend plein la vue grâce à une mise en scène d'une grande élégance visuelle, sublimée par des images de destruction massive d'une beauté sidérante. Quant aux séquences nocturnes opposant Godzilla aux deux MUTO, elles atteignent une dimension apocalyptique, où chaque affrontement résonne comme le choc titanesque de forces primordiales.

Plus qu'un simple film de monstres, Godzilla est une démonstration de puissance cinématographique où le gigantisme n'écrase jamais le sens du récit. Gareth Edwards signe un spectacle redoutable, d'une obstination intraitable à faire croire à l'incroyable, et rappelle avec éclat que le merveilleux naît parfois de ce que l'on choisit de ne pas montrer trop vite.


— Celui du cĹ“ur noir des images đź–¤

Box Office France: 1 361 689 entrées
Budget : 160 000 000 $

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