vendredi 12 juin 2026

Splinter de Toby Wilkins. 2008. U.S.A. 1h22.

                       (Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
Alors hier soir, révision du très sympa Splinter de Toby Wilkins, réalisé en 2008. Il s'agit de son premier long métrage et, pour un DTV, je me souviens qu'à l'époque il n'était pas passé inaperçu. À raison, puisque ce formidable petit film réalisé avec trois francs six sous ressemble à s'y méprendre à ces productions des années 80 qui pullulaient alors et que l'on aimait regarder prioritairement le samedi soir.

Nous sommes ici exactement dans le moule de ces divertissements modestes qui dégagent un charme et une sympathie indéfectibles. Grâce à un concept pourtant éculé, on pense inévitablement à The Thing, puisqu'une sorte de parasite venu d'on ne sait où s'accapare le corps de ses victimes et les fait muter en une créature protéiforme.
 

En tablant sur la fameuse situation du huis clos au sein d'une station-service où se retrouvent piégés un jeune couple, un preneur d'otages et son complice, Toby Wilkins joue la carte du survival avec une efficacité permanente. Si bien que durant 1h20 (durée idoine hélas révolue !), on demeure complètement impliqué dans l'action autant que dans un suspense particulièrement tendu, ponctué de quelques séquences-chocs que les amateurs ne manqueront pas d'applaudir.

Je pense notamment à une scène hallucinante qui, malgré son caractère totalement improbable, tire justement sa force de cette invraisemblance même. Celle-ci permet à Toby Wilkins de renforcer à la fois la tension et le dégoût suscités par une séquence aussi extrême que mémorable. Mais chut...
 

Plutôt bien réalisé, Splinter profite également d'effets spéciaux convaincants qui misent autant sur la suggestion que sur le minimalisme grâce à un montage volontairement épileptique. Certes, cela constitue parfois un défaut puisque l'on distingue mal la créature, mais le procédé fonctionne étonnamment bien. Cette silhouette insaisissable renforce même le mystère et la fascination qu'elle exerce. Une manière habile de pallier le manque de moyens tout en rendant la menace encore plus inquiétante.

À d'autres moments, les séquences-chocs impressionnent par leurs effets spéciaux artisanaux qui provoquent une véritable répulsion viscérale, notamment grâce à ce parasite injectant d'effroyables épines dans la chair de ses victimes afin de les contaminer.
 

Splinter est d'autant plus distrayant et intense qu'il est impeccablement interprété par des acteurs méconnus, à l'exception de Shea Whigham, affirmé dans le rôle du preneur d'otages avec une sobriété payante. Quant au jeune couple incarné par Paulo Costanzo et Jill Wagner, il s'en sort admirablement. Toby Wilkins a d'ailleurs l'intelligence de faire évoluer ses personnages de manière crédible, en leur accordant une véritable capacité de réflexion pour tenter de déjouer la menace qui cherche par tous les moyens à s'infiltrer dans la station-service.

Le réalisateur utilise ainsi d'excellentes idées narratives pour relancer constamment l'action et renforcer la crédibilité de ce contexte fantastique dont on ignore jusqu'à l'origine du parasite. Une part de mystère qui contribue grandement à l'efficacité de l'ensemble.
 

À l'arrivée, deux décennies plus tard, je me rends compte que Splinter demeure toujours aussi efficace, spectaculaire, impressionnant grâce à son suspense tendu savamment dosé et à la conviction de ses comédiens, étonnamment impliqués qu'ils demeurent méconnus. Une vraie performance lorsque l'on sait que l'essentiel du film repose sur seulement quelques personnages enfermés dans un même lieu.

Splinter reste donc une réjouissante petite réussite, une série B horrifique aussi modeste qu'efficace que les amateurs éclairés feraient bien de réviser.

— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤

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