Je n'avais pas revu Solomon Kane depuis sa sortie en 2009 et, à l'époque, j'avais été quelque peu déçu par le résultat. Or, à la revoyure, j'ai complètement changé d'avis puisqu'il s'agit d'un formidable film d'heroic fantasy, une aventure médiévale pleine de bruit et de fureur, moulée dans une série B débordante de charme et de sympathie.
Si l'on peut tiquer sur le classicisme de son schéma narratif, déjà exploité dans moult récits d'aventure, l'efficacité de ses scènes d'action, le caractère très attachant de son héros (endossé par le très impliqué James Purefoy) et de ses seconds rôles, la beauté visuelle particulièrement soignée de ses décors naturels et de ses effets numériques persuasifs, ainsi que l'émotion émanant de plusieurs séquences dramatiques emportent finalement l'adhésion. Au point de laisser en mémoire une série B à l'ancienne réalisée avec un soin manifeste et un véritable amour du genre.
Comme quoi, il est toujours possible de prendre un vrai plaisir devant une œuvre modeste mais si généreuse assumant pleinement sa simplicité narrative lorsque celle-ci est portée par une exécution aussi consciencieuse. De ce fait, Solomon Kane mérite aujourd'hui d'être revu, voire réhabilité, par tous les amateurs d'heroic fantasy.
D'autant qu'en s'inspirant d'un personnage créé par Robert E. Howard, le film développe une réflexion étonnamment pertinente sur la contamination du mal et la quête de rédemption. Maudit par son passé et confronté aux conséquences d'un pacte démoniaque, Solomon tente tout au long de son périple de sauver l'âme des autres autant que la sienne. Son combat pour secourir une jeune paysanne devient alors le symbole d'une réconciliation avec sa propre conscience.
Sous ses atours de divertissement fantastique romantique, peuplé de démons et sorcières; le film interroge finalement la possibilité du pardon, de la seconde chance en somme, et la capacité de chacun à se relever de ses fautes. Une thématique universelle qui confère à cette aventure assez violente une profondeur inattendue en filigrane.
Une belle redécouverte donc qui parvient à divertir sans ennui et à dépayser sous une facture formellement onirique.
— Celui du cœur noir des images 🖤

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