jeudi 6 août 2020

24 Heures avant la nuit / La 25è Heure

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"25th hour" de Spike Lee. 2002. U.S.A. 2h15. Avec Edward Norton, Barry Pepper, Philip Seymour Hoffman, Rosario Dawson, Anna Paquin, Brian Cox.

Sortie salles France: 12 Mars 2003

FILMOGRAPHIESpike Lee (Shelton Jackson Lee) est un scénariste, réalisateur, acteur et producteur américain né le 20 mars 1957 à Atlanta (Géorgie, États-Unis).1983 : Joe's Bed-Stuy Barbershop: We Cut Heads. 1986 : Nola Darling n'en fait qu'à sa tête. 1988 : School Daze. 1989 : Do the Right Thing. 1990 : Mo' Better Blues. 1991 : Jungle Fever. 1992 : Malcolm X. 1994 : Crooklyn. 1995 : Clockers. 1996 : Girl 6. 1996 : Get on the Bus. 1998 : He Got Game. 1999 : Summer of Sam. 2000 : The Very Black Show. 2002 : La 25e Heure. 2004 : She Hate Me. 2006 : Inside Man. 2008 : Miracle à Santa Anna. 2012 : Red Hook Summer. 2013 : Old Boy. 2014 : Da Sweet Blood of Jesus. 2015 : Chi-Raq. 2018 : BlacKkKlansman. 2020 : Da 5 Bloods.


Marche funèbre désabusée, chemin de croix cérébral auprès d'un dealer en quête désespérée de rédemption après avoir été alpagué par la police avec une grosse quantité de drogue, 24 Heures avant la nuit y sublime son ultime jour de liberté en compagnie de ses fidèles proches. Car condamné à 7 années de réclusion, Monty Brogan profitera de cette ultime bouffée d'air en compagnie de sa compagne auquel il éprouve une suspicion de trahison, de 2 de ses meilleurs amis et de son père hanté de culpabilité. La trajectoire narrative étant assujettie aux prises de conscience des personnages communément soucieux pour l'avenir de Monty transi d'appréhension quant à sa future épreuve carcérale. Superbement incarné par Edward Norton en dealer au grand coeur assailli de désagrément, de doute et de culpabilité, 24 heures avant la nuit se décline donc en film d'acteurs tant Spike Lee prend son temps à radiographier ses personnages tourmentés avec une intensité dramatique aussi dépouillée que bouleversante.


Pour ce faire, au-delĂ  de son casting au p'tits oignons parmi lesquels on y retrouve le regrettĂ© Philip Seymour Hoffman en professeur timorĂ© en manque affectif, de la portoricaine de braise Rosario Dawson en amante aussi discrète qu'indĂ©cise, on peut privilĂ©gier la prestance pleine de charisme de Barry Pepper en comparse couard rĂ©solument embarrassĂ© et offensĂ© pour le sort de son meilleur ami en dĂ©route morale. Superbement mis en scène en y auscultant au plus près de leur sensibilitĂ© les fĂŞlures psychologiques de ces personnages en proie Ă  la dĂ©sillusion, 24 Heures avant la nuit fait office de grand moment de cinĂ©ma Ă©purĂ© de par son brio d'y transcender une Ă©tude caractĂ©rielle Ă  travers les valeurs familiales, fraternelles et sentimentales. Ainsi, en abordant ces thĂ©matiques universelles inscrites dans la pudeur et la rancoeur, Spike Lee fait vibrer notre corde sensible Ă  l'aide d'un vĂ©risme aussi pur que cinĂ©gĂ©nique eu Ă©gard de l'attention portĂ©e Ă  sa mise en scène alambiquĂ©e et au talent naturel de ces comĂ©diens ne dĂ©bordant jamais. Sorte de mĂ©lodrame pudique car tout en retenue combinĂ© au polar noir intimiste, 24 heures avant la nuit aborde avec beaucoup de tact ces valeurs humaines Ă  travers la dichotomie du Bien et du Mal. Dans la mesure oĂą l'on ne cesse d'Ă©prouver une Ă©prouvante empathie mĂŞlĂ©e de sentiment d'injustice pour le profil de Monty payant aujourd'hui son lourd tribus pour la facilitĂ© de l'illĂ©galitĂ©.


Plus l'amitié est grande plus la douleur est forte
Douloureux drame humain donc à la fois chétif et crépusculaire quant aux états d'âme contrariés affectés de culpabilité, 24 heures avant la nuit oppose notamment en filigrane les sentiments de suspicion et de paranoïa post 11 Septembre (le film ayant été tourné 1 an après les attentats de 2001) à travers la posture anxiogène de Monty observant sobrement ses proches (et les étrangers !) avec une inquiétude hésitante. Peut-être le plus beau film de Spike Lee.

*Bruno
2èx

Récompenses:
Central Ohio Film Critics Association Awards 2003 : meilleure musique pour Terence Blanchard
Las Vegas Film Critics Society Awards 2003 : meilleure musique pour Terence Blanchard
Prix Sant Jordi du cinéma 2004 : meilleur acteur étranger pour Edward Norton

mercredi 5 août 2020

Lust for a Vampire

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Jimmy Sangster. 1971. Angleterre. 1h35. Avec Yutte Stensgaard, Michael Johnson, Ralph Bates, Barbara Jefford, Suzanna Leigh.

Sortie salles France: 22 Février 1973

FILMOGRAPHIE: Jimmy Sangster est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma britannique né le 2 décembre 1927 dans le North Wales (Pays de Galles), décédé le 19 août 2011 à Londres. 1970 : Les Horreurs de Frankenstein. 1971: Lust for a Vampire. 1972 : Sueur froide dans la nuit.


PrĂ©cĂ©dĂ© d'une sinistre rĂ©putation, Lust for a Vampire fait clairement parti du bas du panier de l'Ă©curie Hammer. RĂ©alisĂ© par Jimmy Sangster Ă  qui l'on doit les sympatoches Les Horreurs de Frankenstein et Sueurs Froides dans la nuit, celui-ci semble bien peu inspirĂ© Ă  exploiter les fourberies de la Comtesse Mircalla Karnstein dĂ©jĂ  illustrĂ©e dans le superbe Vampire Lovers puis un peu plus tard dans l'effrontĂ© les SĂ©vices de Dracula. Son Ă©chec Ă©manant d'un script d'une navrante platitude (un professeur tombe amoureux d'une de ses Ă©lèves - personnifiĂ©e par la comtesse - avant de la suspecter d'y ĂŞtre un vampire) et d'une rĂ©alisation falote faisant pâle figure pour une prod Hammer. Incapable d'insuffler un quelconque suspense autour du sort de ses Ă©lèves (parfois dĂ©nudĂ©s) en proie au danger du vampirisme quand bien mĂŞme la timide romance amorcĂ©e entre Richard et Mircalla ne nous accorde aucune dimension dramatique; Lust for a Vampire ne compte que sur la beautĂ© de certaines images (marque de fabrique de la Hammer, Ă  l'instar de ce corps fĂ©minin dĂ©valant un puits au ralenti) et sur celle lascive de certaines actrices (avec un soupçon d'Ă©rotisme folichon quant aux corps dĂ©nudĂ©s) pour Ă©veiller notre timide attention. A oublier donc, Ă  moins de le dĂ©couvrir d'un oeil curieux chez les aficionados tant la Hammer nous ne avait pas habituĂ© Ă  tant de mĂ©diocritĂ©.


*Bruno

Ci-joint une excellente critique tranchĂ©e: https://tortillapolis.com/critique-film-lust-for-a-vampire-jimmy-sangster-1971/

mardi 4 août 2020

Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin

                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lecinemaavecungranda.com 

"Big trouble in Little China" de John Carpenter. 1986. U.S.A. 1h40. Avec Kurt Russell, Kim Cattrall, Dennis Dun, James Hong, Victor Wong, Kate Burton, Donald Li, Carter Wong, Peter Kwong, James Pax.

Sortie salles France: 3 Septembre 1986. U.S: 2 Juillet 1986

FILMOGRAPHIEJohn Howard Carpenter est un rĂ©alisateur, acteur, scĂ©nariste, monteur, compositeur et producteur de film amĂ©ricain nĂ© le 16 janvier 1948 Ă  Carthage (État de New York, États-Unis). 1974 : Dark Star 1976 : Assaut 1978 : Halloween, la nuit des masques 1980 : Fog 1981 : New York 1997 1982 : The Thing 1983 : Christine 1984 : Starman 1986 : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin 1987 : Prince des tĂ©nèbres 1988 : Invasion Los Angeles 1992 : Les Aventures d'un homme invisible 1995 : L'Antre de la folie 1995 : Le Village des damnĂ©s 1996 : Los Angeles 2013 1998 : Vampires 2001 : Ghosts of Mars 2010 : The Ward


Deux ans après son inattendue love story Starman, John Carpenter se prĂŞte au jeu d'une aventure fantastico-parodique sous le pilier d'un flamboyant hommage au cinĂ©ma d'arts-martiaux (Zu, les Guerriers de la montagne magique en tĂŞte !). Le pitchParce qu'une jeune fille asiatique aux yeux verts est enlevĂ©e Ă  l'aĂ©roport de San Francisco par des mafieux chinois, Jack Burton et son acolyte Wang, fiancĂ© de cette dernière, doivent faire face Ă  encore plus plus pernicieux. Pour cause, des samouraĂŻs aux pouvoirs extraordinaires vont Ă  leur tour kidnapper la fille pour la retenir prisonnière dans un bordel et l'offrir en sacrifice Ă  Lo Pan, vieux sorcier adepte du jeunisme. EpaulĂ© de nouveaux acolytes venus lui prĂŞter main forte, Jack Burton s'engage fissa dans une aventure endiablĂ©e si bien que moult pĂ©ripĂ©ties et traquenards leurs seront invoquĂ©s sans retenue. Alors que la mode des aventuriers virils sans peur et sans reproche bat son plein Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 80 avec la fameuse saga Indiana JonesAlan QuatermanA la poursuite du diamant vert ou encore avec l'ersatz transalpin les Aventuriers du cobra d'orJohn Carpenter opte pour le dĂ©tournement du genre afin d'y symboliser un nouveau hĂ©ros singulier: Monsieur Jack Burton ! Une icone parodique apte Ă  trĂ´ner dans la lĂ©gende des plus cĂ©lèbres baroudeurs en mode "dĂ©complexĂ©e". Pour cause, Jack Burton est un simple camionneur machiste et faraud se prenant donc au sĂ©rieux lors de ses trĂ©pidantes tribulations mais dĂ©pourvu d'une maladresse impayable de par son hĂ©roĂŻsme en herbe ! Bref, un empotĂ© indĂ©crottable. 


D'une verve aussi insolente que provocatrice, Kurt Russel met notamment en valeur son physique saillant dans son rĂ´le cocasse Ă  contre emploi de l'anti-hĂ©ros infaillible que l'on a tant connu autrefois. Jean, dĂ©bardeur, bottes de cuir et casquette noire imprimĂ©e du logo Harley Davidson, l'acteur adopte une posture Ă  la fois fringante et dĂ©contractĂ©e pour affronter puis provoquer ses rivaux surhumains lors d'une humeur dĂ©complexĂ©e ! Quand bien mĂŞme les seconds-rĂ´les aussi pĂ©tulants se fondent dans le corps d'aventuriers nĂ©ophytes avec une pĂŞche et une Ă©nergie galvanisantes ! ProfondĂ©ment amoureux de son projet, John Carpenter rĂ©alise une fois de plus avec son Ă©gale virtuositĂ©, c'est Ă  dire entre sens de l'efficacitĂ© optimale (c'est peu de le dire Ă  travers son action dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e !) et ultra dynamisme du montage une aventure folingue soumise aux lĂ©gendes orientales et aux mystères de la magie noire. L'enchaĂ®nement des situations toutes plus dĂ©jantĂ©es et belliqueuses nous entraĂ®nant dans un maelstrom de rebondissements Ă  travers sa moissons de gags, arts-martiaux improbables, chausse trappes, invitĂ©s surprises, monstres poilus et bĂ©vues hilarantes. Tant et si bien que le spectacle flamboyant inscrit dans la magie ancestrale (notamment auprès de l'exploitations des somptueux dĂ©cors exotiques !) conjugue avec une rare alchimie les composants de l'aventure, du fantastique, de l'humour, de l'action et de la romance d'après l'influence d'une Ă©poque pionnière oĂą les films de Bruce Lee explosaient les Ă©crans français et ricains. Quand bien mĂŞme dans l'injustice la plus prĂ©judiciable les chefs-d'oeuvre de Tsui Hark auquel Carpenter rend ici vibrant hommage n'eurent mĂŞme pas la possibilitĂ© de s'y faire une maigre place dans nos salles obscures !


Un spectacle luminescent d'une fantaisie et d'une action dĂ©bridĂ©es Ă  tombeau ouvert ! 
Absolument rien n'est laissĂ© au hasard dans les Aventures de Jack Burton, tant auprès de la fulgurance de ces dĂ©cors orientaux et de ces FX artisanaux, de la musique tonitruante de Carpenter  en parfait accord avec l'imagerie Ă©pique que de la fougue de nos attachants hĂ©ros que Kurt Russel  tente de manoeuvrer avec une virilitĂ© badinNonobstant un sĂ©vère Ă©chec public Ă  sa sortie (que  Carpenter a bien eu du mal Ă  encaisser), amplement rĂ©parĂ© depuis son statut culte, Les Aventures de Jack Burton constitue un authentique chef-d'oeuvre doublĂ© d'un modèle de sĂ©rie B d'une pĂŞche et d'un charme si sĂ©millants que les nombreux visionnages ne parviennent pas Ă  altĂ©rer son pouvoir enchanteur. Et si la perfection existait, Jack Burton en serait probablement un noble prototype ! 

Bruno
18.11.10. 364 v
04.08.20. 5èx

Note (wikipedia): Le film a été un échec commercial, rapportant $11,1 millions en Amérique du Nord, bien en dessous des estimations avec $25 millions de budget. Les commentaires mitigés des critiques ont laissé Carpenter déçu par Hollywood et ont conforté sa décision de devenir un cinéaste indépendant. Le film est toutefois devenu culte en grande partie grâce à son succès en VHS et DVD.
  • La chanson finale est Ă©crite et interprĂ©tĂ©e par The Coupe De Ville... groupe composĂ© de John Carpenter, Nick Castle et Tommy Lee Wallace.

lundi 3 août 2020

Les Enfants d'Abraham / "El segundo nombre". Grand Prix du film fantastique européen, Catalogne, 2002.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cine.coveralia.com

de Paco Plaza. 2002. Espagne. 1h39. Avec Erica Prior, Trae Houlihan, Denis Rafter, Craig Stevenson, John O'Toole, Frank O'Sullivan.

Sortie salles France: 13 Août 2003. Espagne: 15 Novembre 2002

FILMOGRAPHIE: Paco Plaza est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol nĂ© en 1973 Ă  Valence (Espagne). 2002 : OT: la pelĂ­cula (doc). 2002 : Les Enfants d'Abraham. 2004 : L'Enfer des loups. 2006 : Scary Stories - Ă©pisode Conte de NoĂ«l (TV). 2007 : [●REC] (corĂ©alisĂ© avec Jaume BalaguerĂł). 2008 : [●REC]2 (corĂ©alisĂ© avec Jaume BalaguerĂł). 2012 : [●REC]3 GĂ©nesis. 2017 : VerĂłnica.


"Pour faire un tel sacrifice, disparaĂ®tre pour le bien de l’autre, il faut l’aimer vraiment."

RĂ©vĂ©lĂ© plus tard par la trilogie [REC], Paco Plaza amorça sa carrière en 2002 avec Les Enfants d’Abraham. Première Ĺ“uvre perfectible, tant dans sa mise en scène que dans sa direction d'acteurs, elle n’en demeure pas moins un excellent thriller intimiste que la prĂ©sence d’Erica Prior porte avec une intensitĂ© humaniste, forgĂ©e dans une idĂ©ologie maternelle viscĂ©rale. DĂ©terminĂ©e Ă  lever le voile sur le suicide mystĂ©rieux de son père, liĂ© Ă  une secte catholique, l’hĂ©roĂŻne se confronte Ă  une enquĂŞte fertile en indices et en rebondissements, que Plaza distille avec une habiletĂ© discrète. Mais ce cheminement la conduit surtout Ă  reconsidĂ©rer sa propre identitĂ©, prise dans les filets d’une machination.

En s’attaquant au thème du sacrifice d’enfant sur fond de lecture biblique, Les Enfants d’Abraham refuse tout compromis : climat renfrognĂ©, photographie sombre et sĂ©pia appuyant sa tonalitĂ© dĂ©pressive, personnages interlopes rongĂ©s par le mensonge, la manipulation et l’immoralitĂ© concertĂ©e.


Certains spectateurs pourront ĂŞtre dĂ©concertĂ©s par son Ă©pilogue tragique, rejetant le happy-end de rigueur. Pourtant, grâce Ă  un suspense latent, efficacement entretenu, et Ă  ce fil rouge - l’amour paternel perverti par la foi - Plaza retient toujours l’attention. Son film esquisse une investigation de longue haleine, portĂ©e par une hĂ©roĂŻne Ă  l’humanisme torturĂ© puis finalement dĂ©muni. Le cinĂ©aste confère Ă  sa psychologie une intensitĂ© particulière, au fil d’une Ă©volution morale en perdition, gangrenĂ©e de secrets obscurs. Si l’on aurait pu souhaiter une rĂ©alisation plus solide - mĂŞme si parfois soignĂ©e par le choix des cadres -, il reste que ce sujet malsain, terrifiant et cruel, ne peut laisser indiffĂ©rent. Un thriller flegmatique, qui privilĂ©gie la suggestion et gagne ainsi en rĂ©alisme clinique, glauque, anxiogène, hermĂ©tique. Ă€ (re)dĂ©couvrir, d’autant qu’il demeure hĂ©las injustement mĂ©connu, malgrĂ© son Grand Prix Ă  Catalogne

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
3èx. 08.09.25. Vost

samedi 1 août 2020

Hot Shots 2

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cineserie.com

de Jim Abrahams. 1993. U.S.A. 1h28. Avec Charlie Sheen, Lloyd Bridges, Valeria Golino, Richard Crenna, Brenda Bakke, Miguel Ferrer, David Wohl.

Sortie salles France: 25 Août 1993

FILMOGRAPHIE: Jim Abrahams est un scénariste, réalisateur, producteur de cinéma et acteur américain né le 10 mai 1944 à Shorewood, Wisconsin (États-Unis). 1980 : Y a-t-il un pilote dans l'avion ? 1984 : Top secret ! 1986 : Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ? 1988 : Quand les jumelles s'emmêlent. 1990 : Welcome Home, Roxy Carmichael. 1991 : Hot Shots! 1993 : Hot Shots! 2. 1997 : Au risque de te perdre (Téléfilm). 1998 : Le Prince de Sicile.


Deux ans sĂ©parent cette sĂ©quelle du 1er opus et on peut avouer sans rougir que Jim Abrahams est parvenu Ă  transcender son modèle en y parodiant ouvertement Rambo 2 et 3. Mais pas que car s'y cĂ´toient Ă  un rythme toujours aussi effrĂ©nĂ© Basic Instinct, Apocalypse Now, Wall Street, Terminator 2, les Canons de Navarone, Star Wars, le Magicien d'Oz ou encore La Belle et le Clochard (et j'en ai probablement omis quelques autres !). Pur cartoon live se raillant autant du patriotisme ricain que de  Saddam Hussein dans le cadre du film d'action dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©, Hot Shot 2 se permet tout et n'importe quoi dans un bordel assumĂ© irrĂ©sistible de dĂ©connade. Et si, comme de coutume, tout n'est pas du meilleur goĂ»t (les gags lourdingues se mĂŞlent Ă  ceux dĂ©jantĂ©s de manière totalement dĂ©complexĂ©e), le surrĂ©alisme des situations dĂ©bridĂ©es parviennent frĂ©quemment Ă  nous enjailler sous l'impulsion de comĂ©diens se moquant d'eux mĂŞme avec une dĂ©rision expansive. Outre sa constante drĂ´lerie en y tablant un gag par seconde (tant visuel qu'oral), Hot Shots 2 se permet en prime de nous pondre un film de guerre pĂ©taradant de par son action belliqueuse en roue libre calquĂ©e sur le principe de Rambo 2. Dans la mesure oĂą Topper Harley et quelques mercenaires se retrouvent en mission pour rĂ©cupĂ©rer des otages ricains retenus prisonniers au moyen-orient. On reconnaĂ®tra d'ailleurs dans son propre rĂ´le (parodique) Richard Crenna aussi Ă  l'aise en colonel influent, puisque dĂ©libĂ©rĂ© Ă  convaincre Topper de reprendre les armes au confins d'une jungle. Une suite bougrement ludique donc dont il s'avère difficile de faire grise mine 1h30 durant si on Ă©carte le public pisse-froid.


*Bruno
3èx

vendredi 31 juillet 2020

Seizure, la reine du Mal

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

d'Oliver Stone. 1974. Canada / U.S.A. 1h38. Avec Jonathan Frid, Martine Beswick, Joseph Sirola, Christina Pickles, HervĂ© Villechaize, Anne Meacham, Roger De Koven, Troy Donahue, Mary Woronov, Richard Cox, Henry Judd Baker, Lucy Bingham. 

Sortie salles U.S: 15 Novembre 1974

FILMOGRAPHIE: Oliver Stone (William Oliver Stone) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain nĂ©  le 15 septembre 1946 Ă  New-York. 1974: La Reine du Mal, 1981: La Main du Cauchemar, 1986: Salvador, Platoon, 1987: Wall Street, 1988: Talk Radio, 1989: NĂ© un 4 Juillet, 1991: Les Doors, 1991: JFK, 1993: Entre ciel et Terre, 1994: Tueurs NĂ©s, 1995: Nixon, 1997: U-turn, 1999: l'Enfer du Dimanche, 2003: Comandante (Doc), 2003: Persona non grata, 2004: Looking for Fidel (tĂ©lĂ©-film), 2004: Alexandre, 2006: World Trade Center, 2008: W.: l'Impossible PrĂ©sident, 2009: Soul of the Border, 2010: Wall Street: l'argent ne dort jamais.

 
DĂ©lires d’un Edgar Poe obsĂ©dĂ© par les arcanes de la mort
Premier essai derrière la camĂ©ra pour Oliver Stone, Seizure, la Reine du Mal est ce qu’on appelle un OFNI, un objet filmique non identifiĂ©, tant l’intrigue dĂ©cousue, tarabiscotĂ©e, capillotractĂ©e, et sa mise en scène anarchique – parfois quasi expĂ©rimentale – nous donnent le tournis sans la moindre modĂ©ration.

Le pitch : un cĂ©lèbre Ă©crivain, rĂ©putĂ© pour ses Ă©crits horrifiques, est hantĂ© par un cauchemar rĂ©current oĂą les hĂ©ros de son dernier roman viennent le tourmenter lors de ses nuits agitĂ©es. Un jour, alors qu’il reçoit des convives dans sa demeure, ses crĂ©atures de fiction prennent chair pour confronter l’assemblĂ©e Ă  une sĂ©rie d’Ă©preuves lĂ©tales.

CuriositĂ© interlope autant que fascinante, malgrĂ© une seconde partie plus relâchĂ©e, Seizure s’aventure sur le terrain du trip expĂ©rimental, abstrait et foutraque, au grĂ© de situations aussi dĂ©bridĂ©es que lunaires. Un trio dĂ©moniaque au look improbable – un gĂ©ant mutique, un nabot sardonique surnommĂ© « l’AraignĂ©e » et une vamp indomptable personnifiĂ©e par une reine noire – sème la zizanie parmi les invitĂ©s du romancier. Ces figures malfaisantes soumettent les convives Ă  des Ă©preuves physiques et morales pour jauger leur capacitĂ© Ă  affronter la mort.

Par son montage anarchique, presque Ă©pileptique, Seizure dĂ©soriente, brouille les repères. Peut-ĂŞtre pour mieux reflĂ©ter l'angoisse diffuse de la finitude, ou le dĂ©lire obsessionnel d’un Ă©crivain enfermĂ© dans sa propre fiction.

Oliver Stone sème le doute avec malice : dès les premières minutes, une info glissĂ©e Ă  la radio annonce l’Ă©vasion de trois dangereux individus d’un asile psychiatrique. DĂ©tail anodin ? Ou clef de lecture ? Le film vacille entre rĂ©alitĂ© et cauchemar, les Ă©preuves infernales semblant plutĂ´t convoquer des figures malĂ©fiques surgies d’ailleurs. BordĂ©lique en diable, Ă  travers ses multiples pĂ©ripĂ©ties horrifiques, parfois baignĂ©es d’une Ă©trangetĂ© glaçante, Seizure intrigue autant qu’il dĂ©boussole, surtout dans sa seconde moitiĂ© trop bavarde, embourbĂ©e dans des explications d’inspiration moyenâgeuse.

Pourtant, la direction d’acteurs, Ă©tonnamment solide pour une première Ĺ“uvre, mĂ©rite d’ĂŞtre saluĂ©e. Notamment celle du nain HervĂ© Villechaize (L’ĂŽle fantastique), franchement inquiĂ©tant, malaisant, sardonique, distillant ses provocations avec un goĂ»t pervers pour la cruautĂ©. Mais c’est surtout la prĂ©sence magnĂ©tique de Martine Beswick, l’une des reines noires de l’horreur, qui Ă©lectrise le film. Vamp opaque, vaniteuse et intraitable, silhouette longiligne, regard impassible, elle pousse la malveillance jusqu’Ă  sacrifier l’innocence infantile sans l’ombre d’un frisson. 


Curieusement fascinant malgrĂ© son chaos narratif, Seizure dĂ©ploie un gothisme baroque, Ă©trange, vĂ©nĂ©neux, parfois mĂŞme rĂ©ellement effrayant. Si l’intrigue s’Ă©gare en cours de route, Oliver Stone parvient in extremis Ă  la recoller par une pirouette narrative certes convenue, mais Ă©trangement bienvenue. On en retient des visions d’effroi, des images oniriques et macabres, qui hantent après le dernier plan. Une bizarrerie Ă  dĂ©couvrir, surtout pour les amateurs de cinĂ©ma malade, vrillĂ©, possĂ©dĂ©.

*Bruno
24.06.25. 5èx 
31.07.20
24.08.11. 180 v

mercredi 29 juillet 2020

Hot Shots !

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jim Abrahams. 1991. U.S.A. 1h24. Avec Charlie Sheen, Cary Elwes, Valeria Golino, Lloyd Bridges, Jon Cryer, Kevin Dunn, William O'Leary.

Sortie salles France: 30 Octobre 1991

FILMOGRAPHIEJim Abrahams est un scénariste, réalisateur, producteur de cinéma et acteur américain né le 10 mai 1944 à Shorewood, Wisconsin (États-Unis). 1980 : Y a-t-il un pilote dans l'avion ? 1984 : Top secret ! 1986 : Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ? 1988 : Quand les jumelles s'emmêlent. 1990 : Welcome Home, Roxy Carmichael. 1991 : Hot Shots! 1993 : Hot Shots! 2. 1997 : Au risque de te perdre (Téléfilm). 1998 : Le Prince de Sicile.


"Ils ont l'étoffe des Zéros !"
Classique de la parodie ricaine des annĂ©es 90, Hot Shots revisite les grands succès des annĂ©es 80 parmi lesquels Danse avec les Loups; Susie et les Baker Boys, Full Metal Jacket et surtout Top Gun, notamment auprès de sa scĂ©nographie aĂ©ronavale soumise Ă  une intrigue de pacotille. Mais jamais avare d'idĂ©es saugrenues, Jim Abrahams y dissĂ©mine d'autres rĂ©fĂ©rences comme Superman de Donner, Rocky, Le Parrain9 semaines et demi ou encore Autant en emporte le vent. SpĂ©cialiste du gag aussi bien verbal que visuel, avec en intermittence quelques calembours bien placĂ©s, Jim Abrahams dĂ©cuple son efficacitĂ© hilarante Ă  travers une moisson de mini sketchs particulièrement cartoonesques. Et si comme de coutume tout n'est pas du meilleur goĂ»t (certains gags lourdingues font juste sourire alors que d'autres nous suscitent un rire nerveux de par leur Ă©normitĂ©), Hot Shots amuse la galerie sans jamais ennuyer le spectateur emportĂ© dans un maelstrom de bĂ©vues surrĂ©alistes. Pour ce faire, on peut enfin compter sur le tempĂ©rament communĂ©ment fringant (pour ne pas dire perchĂ© !) des acteurs (Charlie Sheen, Cary Elwes, Valeria Golino, Lloyd Bridges en tĂŞte) s'en donnant Ă  coeur joie, entre pitreries et fantaisies ironiques. Sans toutefois rivaliser avec les chefs-d'oeuvre du genre Y'a t'il un pilote dans l'Avion, Y'a t'il un flic pour sauver la reine ? et Top Secret; Hot Shots n'en demeure pas moins une excellente parodie menĂ©e sur un rythme infernal, tant et si bien que les centaines de gags s'enchaĂ®nent jusqu'au gĂ©nĂ©rique de fin. A revoir, sans omettre de dĂ©nigrer sa suite d'une bonne humeur aussi expansive qu'explosive !


Box Office France: 2 121 622 entrées

*Bruno
3èx

mardi 28 juillet 2020

Togo

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site

de Ericson Core. 2019. U.S.A. 1h53. Avec Willem Dafoe, Leonhard Seppala, Diesel, Julianne Nicholson, Christopher Heyerdahl, Richard Dormer, Adrien Dorval.

Sortie salles France: 7 Avril 2020. U.S: sur Disney + le 20 Décembre 2019.

FILMOGRAPHIE: Ericson Core est un réalisateur américain. Invincible (2006), Point Break (2015) et Togo (2019).


"La fidélité n'est pas dans les actes mais dans le coeur."
TirĂ© de l'histoire vraie de Togo, un chien husky parcourant l'Alaska en traĂ®neau parmi son maĂ®tre Seppala afin d'y convoyer un sĂ©rum pour des enfants atteints de diphtĂ©rie, Togo nous dĂ©sarme d'Ă©motions bruts de dĂ©coffrage Ă  travers son souffle tantĂ´t Ă©pique, tantĂ´t lyrique Ă©manant de morceaux de bravoure insensĂ©s et d'une remise en question humanitaire. Tant et si bien que nous peinons Ă  croire ce que nous subissions Ă  l'Ă©cran eu Ă©gard de l'exceptionnelle bravoure des chiens obĂ©issants Ă  leurs maĂ®tres avec une loyautĂ© indĂ©fectible, quitte Ă  en payer de leur vie ! Et ce dans le but de relever les gageures les plus improbables. Car Ă  travers leur parcours du combattant Ă  explorer sur plus de 1000 kms de distance les contrĂ©es hostiles rĂ©frigĂ©rantes, Togo nous fait participer Ă  une aventure outre-mesure Ă  travers les thĂ©matiques de l'hĂ©roĂŻsme, de la rĂ©silience et du dĂ©passement de soi d'un point de vue principalement canin. Ainsi, Ă  travers sa vaste scĂ©nographie limpide, on peut notamment prĂ´ner sa formalitĂ© naturelle, tant son panorama enneigĂ©, agressif, patibulaire nous dĂ©payse et nous inspire l'insĂ©curitĂ© avec un sens de l'esthĂ©tisme cauchemardesque (nous ne sommes pas prĂŞts d'oublier les 2 traversĂ©es du lac gelĂ© sortis tout droit d'un enfer glacier !). En d'autres termes, nous vivons et subissons de plein fouet les Ă©vènements mĂ©tĂ©orologiques tempĂ©tueux comme si nous  Ă©tions Ă  la place de nos preux hĂ©ros !


Terriblement intense donc de par son action rigoureuse souvent désespérée, bouleversant et déchirant passé l'exploit historique, notamment après avoir témoigné des évolutions morales de Seppala et de son chien apprenant à s'aimer et à se connaître au fil de l'enjeu sanitaire, Togo nous laisse KO d'émotions ardues de par la noblesse du canidé délibéré à combler son mentor pour l'unique enjeu de l'AMOUR. Celui tendre, sincère, candide, stoïque. Quand bien même ce maître, autrefois obtus, intolérant et inflexible, finira par apprendre la notion de tendresse qu'un chien puisse susciter au fil de ses efforts homériques. Willem Dafoe parvenant sobrement (et sans ambages) à nous transmettre ses émotions contradictoires, entre remord, culpabilité et remise en question sous l'impulsion d'un regard aussi digne que désemparé. Pour ce faire, le réalisateur aura pris soin de nous attacher à ce duo impétueux via l'entremise du flash-back pour tenir lieu de leur initiation amicale et de leur complémentarité future. Le film retraçant autant un récit héroïque devenu proverbial qu'une magnifique histoire d'amour (pétrie d'humilité) entre l'homme et le chien communément inséparables. Tant en insistant sur le tempérament insolent de Togo en proie à une rage de vivre et un goût du périple insatiables que sur l'intolérance du maître privilégiant avant tout leur héroïsme le plus factuel pour y préserver le destin d'enfants infectieux. Ces chiens husky demeurant avant tout à ses yeux des animaux dressés à accomplir les tâches les plus ardues plutôt que de simples animaux de compagnie destinés à attendrir tout bonne famille.


Aventure singulière au pouvoir Ă©motionnel capiteux (prĂ©voyez le paquet de mouchoirs pour les plus sensibles) Ă  travers une louange canine, tant auprès de sa complicitĂ© que de sa nature gĂ©nĂ©reuse, Togo peut sans rougir entrer dans la lĂ©gende des chiens les plus accomplis Ă  travers son intelligence, sa fidĂ©litĂ©, sa loyautĂ© et surtout son hĂ©roĂŻsme Ă  relever une gageure sanitaire de grande ampleur. Oeuvre fragile pleine de lyrisme et de sentiments jamais racoleurs (alors que c'est estampillĂ© Disney !), Togo n'en n'oublie pas pour autant les traits de cocasserie afin de dĂ©tendre l'atmosphère au coeur de cet enfer naturel infiniment immersif. Un spectacle exhaustif proprement inoubliable que les amoureux de chiens trĂ´neront fièrement auprès de l'autre crève-coeur Hatchi. Une histoire intemporelle vĂ©cue Ă  travers l'Ă©preuve de force du meilleur ami de l'homme sous l'impulsion du score tout en Ă©lĂ©gie de Mark Isham.

*Bruno


SPOILER !!! Exactitude historique (source Wikipedia):
La plupart du film est fidèle Ă  l'histoire de Leonhard Seppala et de Togo. Deux passages importants du films se sont rĂ©ellement dĂ©roulĂ©s : Togo a Ă©chappĂ© Ă  son deuxième propriĂ©taire en sautant Ă  travers une fenĂŞtre en verre et le chien a utilisĂ© sa force pour tirer le traĂ®neau de Seppala hors du Norton Sound8. Cependant, le film ne parle pas de Sigrid, la fille de Seppala et Constance, qui faisait partie des nombreux enfants risquant de contracter la diphtĂ©rie. La rĂ©action de Seppala lorsque Balto obtient tous les honneurs n'est pas montrĂ©e, tandis que Constance est prĂ©sentĂ©e comme agacĂ©e. En rĂ©alitĂ©, Seppala a exprimĂ© ouvertement sa dĂ©sapprobation de la confusion des hĂ©ros canins. Le film raconte d'autre part que Togo a vĂ©cu ses derniers jours auprès de Seppala alors qu'il a en fait Ă©tĂ© donnĂ© Ă  une autre musher nommĂ©e Elizabeth Ricker vivant dans le Maine. Lorsqu'il s'est sĂ©parĂ© de son meilleur chien, Seppala a dĂ©clarĂ© : « C'Ă©tait triste de se sĂ©parer par un matin froid et gris de mars, lorsque Togo a levĂ© sa petite patte jusqu'Ă  mon genou comme s'il me demandait pourquoi il ne restait pas avec moi. Je n'ai jamais eu de meilleur chien que Togo. Son endurance, sa loyautĂ© et son intelligence ne pourront jamais ĂŞtre Ă©galĂ©es. Togo fut le meilleur chien qui ait jamais parcouru les sentiers de l'Alaska. » Seppala a rendu visite Ă  Togo Ă  quelques reprises et Ă©tait Ă  ses cĂ´tĂ©s lorsqu'il a Ă©tĂ© euthanasiĂ©. FIN DU SPOILER.

lundi 27 juillet 2020

NĂ© pour l'Enfer

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Naked Massacre/Born for Hell" de Denis HĂ©roux. 1976. Canada / R.F.A. / France / Italie. 1h32. Avec Mathieu Carrière, Debra Berger, Christine Boisson, Myriam Boyer, Carole Laure.

Sortie salles Canada: 12 Mars 1976

FILMOGRAPHIE: Denis HĂ©roux est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste canadien nĂ© le 15 Juillet 1940 Ă  Montreal, Quebec, Canada, dĂ©cĂ©dĂ© le 10 Decembre 2015. 1977: Brrr...  1976 NĂ© pour l'enfer
1975 Pousse mais pousse égal. 1975 Jacques Brel Is Alive and Well and Living in Paris. 1974: Strikebreaker. 1973 Y'a toujours moyen de moyenner! 1973 Quand c'est parti, c'est parti. 1972 Quelques arpents de neige. 1971: 7 fois... par jour. 1970 L'amour humain. 1970 L'initiation. 1969 Tendre et sensuelle Valérie. 1965 Pas de vacances pour les idoles. 1964 Jusqu'au cou. 1962: Seul ou avec d'autres.


ExtrĂŞmement rare et peu connu, NĂ© pour l'Enfer est un psycho-killer au climat austère si antipathique qu'une majoritĂ© de spectateurs auront peine Ă  adhĂ©rer, notamment auprès de sa trajectoire somme toute prĂ©visible. Car nanti d'un rĂ©alisme Ă  la fois clinique et poisseux autour des exactions d'un tueur en sĂ©rie s'en prenant Ă  8 infirmières confinĂ©es dans leur demeure, NĂ© pour l'Enfer adopte le 1er degrĂ© sans concession. Et ce d'après la mention "fait-divers" perpĂ©trĂ© Ă  la fin des Seventies. Et si les sĂ©quences-chocs toujours filmĂ©es hors-champ (en dĂ©pit d'un suicide très gore) Ă©vitent habilement le racolage elles n'en restent pas moins choquantes et dĂ©rangeantes, l'absence de partition musicale renforçant son aspect Ă  la fois malaisant et dĂ©primant. Outre la sobriĂ©tĂ© de son casting fĂ©minin communĂ©ment impliquĂ© dans une force d'expression dĂ©munie, on reste impressionnĂ© par le jeu impassible de l'Ă©trange Mathieu Carrière en tueur fou dĂ©pressif, vĂ©tĂ©ran du Vietnam dĂ©nuĂ© d'identitĂ© Ă  travers sa personnalitĂ© aseptique. A dĂ©couvrir pour qui reste sensible aux vraies propositions indĂ©pendantes dĂ©nuĂ©es de fioriture. 

*Bruno

vendredi 24 juillet 2020

L'Autre Enfer

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Cinemotions.com

"L'altro Inferno/Le Couvent Infernal/ The Other Hell" de Bruno Mattei et Claudio Fragasso. 1980. Italie. 1h28. Avec Carlo de Mejo, Franca Stoppi, Franco Garofalo, Francesca Carmeno, Susan Forget.

Sortie salles France: 2 Octobre 1981

FILMOGRAPHIE: Bruno Mattei est un rĂ©alisateur, monteur et scĂ©nariste italien, nĂ© le 30 Juillet 1931 Ă  Rome, dĂ©cĂ©dĂ© d'une tumeur au cerveau le 21 Mai 2007 Ă  Rome (Italie). 1980: Virus Cannibale. 1980: L'Autre Enfer. 1982: Caligula et Messaline. 1981: Holocausto Porno. 1982: Les Aventures sexuelles de NĂ©ron et de PoppĂ©e. 1982: PĂ©nitencier de Femmes. 1983: RĂ©volte au pĂ©nitencier de filles. 1984: Les Rats de Manhattan. 1986: Bianco Apache. 1987: Scalps. 1988: Robotwar. 1988: Zombie 3. 1995: Cruel Jaws. 2003: Horror Cannibal 1 et 2. 2007: L'Ă®le des Morts-vivants. 2008: Zombie: la crĂ©ation.
Claudio Fragasso est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien, nĂ© le 2 Octobre 1951 Ă  Rome. 1980: L'Enfer des Morts-Vivants. 1987: Bianco Apache. 1987: Scalps. 1988: Zombie 4. 1990: Au-delĂ  des TĂ©nèbres. 1990: Troll 2. 2007: Milano Palermo - il ritorno. 2010: Le ultime 56 ore. 2012: Operazione vacanze. 


SĂ©rie B bisseuse en droite lignĂ©e de la NunsploitationL'Autre Enfer porte la signature de l'inĂ©narrable Bruno MatteispĂ©cialiste du Z transalpin dont il partage ici la rĂ©alisation avec Claudio Grafagasso, Ă©galement scĂ©nariste du filmD'ailleurs, des aveux de ce dernier relevĂ©s dans l'introduction du Dvd de Neo Publishing, il serait finalement le responsable officieux de la mise en scène qu'il aurait quasi tournĂ© de A Ă  Z. En tout Ă©tat de cause, l'Autre Enfer porte la marque latine de ces auteurs dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  façonner un pur produit d'exploitation d'oĂą plane l'ombre de Suspiria (le terme empruntĂ© aux sorcières est d'ailleurs Ă©voquĂ© dans l'Ă©pilogue sardonique, la mort du jardinier faisant aussi Ă©cho Ă  l'aveugle Ă©gorgĂ© et les visites des catacombes y sont exploitĂ©s Ă  travers des Ă©clairages stylisĂ©s !). Le pitchDans un couvent, d'Ă©tranges phĂ©nomènes surnaturels et des meurtres en sĂ©rie se produisent. Un exorciste et un prĂŞtre appelĂ©s Ă  la rescousse vont tenter de lever le voile sur ces incidents rĂ©gis par une mystĂ©rieuse confrĂ©rie religieuse. Cette intrigue linĂ©aire un brin confuse et dĂ©structurĂ©e n'est qu'un prĂ©texte pour mettre en exergue moult pĂ©ripĂ©ties horrifiques d'après l'investigation trĂ©pidante d'un exorciste et d'un prĂŞtre successivement Ă©branlĂ©s par un horrible secret. 


EmaillĂ© de moments gores parfois audacieux (Ă  l'instar du prologue auquel une victime portĂ©e en sacrifice est Ă©viscĂ©rĂ©e de ses organes !), on reconnait la patte transalpine des maquilleurs passĂ©s maĂ®tres dans l'art du meurtre cradingue, Ă  l'instar des sacrifices humains instaurĂ©s par une procession sataniste ! Outre l'aspect constamment ludique de ce rĂ©cit Ă  dormir debout car n'accordant que peu d'intĂ©rĂŞt Ă  la vĂ©racitĂ© des situations de danger, Ă  l'intrusion du Mal au sein du couvent et Ă  la rĂ©solution de l'Ă©nigme, L'Autre Enfer ressemble Ă  s'y mĂ©prendre Ă  un carnaval de l'enfer ! Les nonnes Ă  la fois hystĂ©risĂ©es et envoĂ»tĂ©es redoublant de sournoiserie de par leur effronterie Ă  perpĂ©trer d'horribles messes noires sous les catacombes du couvent ! Et si l'enquĂŞte des deux prĂŞtres souffre de cohĂ©rence Ă  travers leur posture apathique et leur regard outrĂ© Ă  redouter le danger pour y dĂ©nicher le coupable; l'ensemble jamais ennuyeux est largement sauvĂ© par son ambiance mortifère dĂ©lectable que le score des Goblin scandera de leur sonoritĂ© entĂŞtante. Et ce mĂŞme si certains morceaux Ă©manent du poème macabre de Joe D'AmatoBlue Holocaust (ou encore de Patrick de Richard Franklin). On reconnaĂ®tra d'ailleurs dans le rĂ´le de la mère supĂ©rieure, l'actrice proverbiale au physique glaçant, Franca Stoppi, iconisĂ©e en inoubliable gouvernante dans le film prĂ©citĂ©; puis, dans celui du prĂŞtre subalterne, un second-couteau bien familier de l'Ă©curie horrifique, j'ai nommĂ© Carlo de Mejo (Contamination, Frayeurs, Manhattan Baby, La Maison près du Cimetière, excusez du peu !).


Une Fille pour le Diable
De par le charme dĂ©suet de sa rĂ©alisation maladroite pour autant soignĂ©e et d'un rĂ©cit gĂ©nialement saugrenu, l'Autre Enfer y extĂ©riorise une ambiance glauque ensorcelante (notamment au sein d'un corridor insalubre ornĂ© de mannequins de bĂ©bĂ©s pendus !) saturĂ©e du score inoubliable des Goblin. Y Ă©mane l'immersion d'une bisserie atmosphĂ©rique Ă  travers sa scĂ©nographie Ă  la fois sataniste et putrescente, Ă  l'instar de son final en fanfare faisant intervenir des macchabĂ©es revanchards. Ainsi, et sans nul doute possible, il s'agit de l'oeuvre la plus aboutie de Bruno Mattei, bien que son compère  Claudio Fragasso ose prĂ©tendre en ĂŞtre le lĂ©gitime paternel ! 

*Bruno
24.07.20
28.01.15. 295 v
3èx

jeudi 23 juillet 2020

Horrible Carnage (l')

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Jennifer" de Brice Mack. 1978. U.S.A. 1h30. Avec Lisa Pelikan, Bert Convy, Nina Foch, Amy Johnston, John Gavin, Jeff Corey.

Sortie salles France: 20 Juin 1979. U.S: 13 Mai 1978

FILMOGRAPHIE: Brice Mack est un réalisateur et scénariste né le 2 juin 1917 à Manila, Philippines, décédé le 2 Janvier 2008 à Hollywood, Californie. 1979: Swap Meet. 1978 L'Horrible carnage. 1977 Rooster: Spurs of Death ! 1975 Half a House.


Epigone poussif du chef-d'oeuvre Carrie de Brian De Palma, l'Horrible Carnage (mon Dieu quel titre fallacieux !!!) peine à maintenir l'intérêt à travers son histoire de vengeance reptilienne en berne. Et ce même si sa distribution étonnamment convaincante (bien qu'incohérente ou cabotine selon certaines postures) éveille parfois notre attention à titre de curiosité vite oubliée.

*Bruno
2èx

mercredi 22 juillet 2020

Triangle. Prix du Meilleur inédit Video, Gérardmer 2011.

                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Christopher Smith. 2009. U.S.A. 1h39. Avec Melissa George, Michael Dorman, Henry Nixon, Rachael Carpani, Emma Lung, Liam Hemsworth

Sortie en France: 11 Juin 2011 (dvd/BR)

FILMOGRAPHIEChristopher Smith est un réalisateur et scénariste britannique né à Bristol le 16 août 1970. 2004 : Creep. 2006 : Severance. 2009 : Triangle. 2010 : Black Death. 2012 : Labyrinthe (série télévisée - 2 épisodes de la saison 1). 2014 : Get Santa. 2016 : Detour.


Extraordinaire rĂ©cit fantastique Ă  base de paradoxe temporel, Triangle est une sorte d'Ă©pisode longiligne de la 4è Dimension sous couvert de mĂ©taphore sur la schizophrĂ©nie et la maltraitance infantile du point de vue d'une mère Ă©corchĂ©e par ses humeurs contradictoires. PortĂ© Ă  bout de bras par le talent fĂ©brile de Melissa George dans divers rĂ´les bipolaires, Triangle constitue un vortex d'Ă©motions aussi fortes que dĂ©rangĂ©es eu Ă©gard du cheminement moral de l'hĂ©roĂŻne s'efforçant de reconstruire le passĂ© avec une pugnacitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e. Car au-delĂ  de la puissance de l'intrigue fertile en rebondissements jamais rĂ©barbatifs; la caractĂ©risation fragile des personnages en initiation de survie nous suscite une empathie affligĂ©e de par la cruautĂ© de leur sort dĂ©nuĂ© de concession. Quand bien mĂŞme on s'attache au personnage de Jess avec une apprĂ©hension contrariĂ©e eu Ă©gard du dĂ©chaĂ®nement de violence qu'elle se dĂ©cide Ă  imposer afin de prĂ©server la vie de son fils.


L'intrigue "gigogne" nous relatant l'Ă©quipĂ©e maritime de Jess Ă  bord d'un voilier en compagnie de son ami Greg, le couple Sally et Downey, Heather, une amie de Sally, et Victor, l'acolyte de Greg. Mais Ă  la suite d'une bourrasque meurtrière, leur voilier Ă©choue en mer au moment mĂŞme d'apercevoir le lendemain un paquebot Ă  la dĂ©rive. Ils dĂ©cident d'y embarquer, rassurĂ©s d'ĂŞtre sauvĂ©s, mais Jess a la trouble impression d'avoir dĂ©jĂ  vĂ©cue cette situation. Nous n'en dirons pas plus sur le pitch infiniment anxiogène tant Christopher Smith maĂ®trise Ă  la perfection son cadre exigu et ses diaboliques coups de théâtre aussi censĂ©s que perturbants. Tant et si bien que l'on reste Ă©branlĂ© par le rĂ©alisme des confrontations incongrues de par l'apprĂ©hension des protagonistes s'efforçant de rester en vie sans pouvoir saisir le comportement erratique de Jess en proie Ă  un Ă©ventuel dĂ©doublement de personnalitĂ©. Le paquebot Ă©tant destituĂ© du moindre Ă©quipage Ă  l'exception d'un mystĂ©rieux Ă©tranger encapuchonnĂ© ! Mais chut, n'en disons pas plus car Triangle jouera sans cesse avec nos nerfs et nos Ă©motions sous l'impulsion d'une intensitĂ© dramatique bouleversante. Tant auprès de son âpre violence pour autant jamais ostentatoire, de l'Ă©volution morale de Jess en proie Ă  la rĂ©demption que de la tournure tragique de son vibrant final aussi irrĂ©solu que fataliste.


VĂ©ritable perle du Fantastique au brio technique et narratif indiscutable (il s'agit probablement de la meilleure rĂ©alisation de son auteur), Triangle se rĂ©vèle d'autant plus passionnant et hermĂ©tique sous l'impulsion de personnages ne dĂ©bordant jamais Ă  travers leur humanisme dĂ©semparĂ©. Quand bien mĂŞme Melissa George y mène la danse avec une motivation belliqueuse finalement bouleversante (splendide final Ă©lĂ©giaque Ă  l'issue rĂ©cursive). A ne rater sous aucun prĂ©texte si bien que le genre Fantastique souvent rĂ©duit Ă  la facilitĂ© ou l'invraisemblance s'Ă©lève ici en sacerdoce. 

*Bruno

mardi 21 juillet 2020

Le Monde des Morts-Vivants

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"El Buque maldito" de Amando de Ossorio. 1974. 1h29. Avec Maria Perschy, Jack Taylor, Bárbara Rey, Carlos Lemos, Manuel de Blas.

Sortie salles France: 20 Septembre 1978. Espagne: 15 Septembre 1974

FILMOGRAPHIE: Amando de Ossorio (6 avril 1918 – 13 janvier 2001) est un rĂ©alisateur espagnol spĂ©cialisĂ© dans le film d'horreur et connu plus particulièrement pour sa tĂ©tralogie dite « des Templiers ». 1956 : La Bandera negra (The Black Flag) ,1964 : La Tumba del pistolero,1966 : Massacre Ă  Hudson River, 1967 : Pasto de fieras, 1967 : La Niña del patio,1967 : Arquitectura hacia el futuro, 1968 : Escuela de enfermeras, 1969 : Malenka, 1971 : La RĂ©volte des morts-vivants , 1973 : La Noche de los brujos, 1973 : Le Retour des morts-vivants , 1974 : The Loreley's Grasp, 1974 : Le Monde des morts-vivants, 1975 : La ChevauchĂ©e des morts-vivants, 1975 : La Endemoniada,1976 : Las Alimañas (The Animals),1980 : PasiĂłn prohibida (Forbidden Passion), 1984 : Hydra, le monstre des profondeurs.


Considéré comme le plus faible de la quadrilogie, Le monde des Morts-vivants se laisse toutefois regarder d'un oeil distrait, de par son climat d'étrangeté perméable et ses acteurs bisseux jouant à cache-cache avec nos templiers à travers les coursives d'un bateau fantôme. A privilégier toutefois aux inconditionnels de la saga, faute de son rythme langoureux dénué de surprises, même si on reste fasciné par 2/3 images oniricos-macabres (notamment auprès de son épilogue situé en plein jour).

*Bruno

lundi 20 juillet 2020

Zoltan, le chien sanglant de Dracula / Dracula's Dog

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Mauvais-genres.com

de Albert Band. 1977. U.S.A. 1h27. Avec Michael Pataki, José Ferrer, Reggie Nalder, Jan Shutan, Libby Chase.

Sortie salles France: 11 Mars 1981 (Int - 18 ans lors de sa sortie)

FILMOGRAPHIEAlbert Band Ă©tait un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain nĂ© Ă  Paris le 7 mai 1924, dĂ©cĂ©dĂ© le 14 juin 2002) . 2005: Aliens Gone Wild. 1994 Le retour des dinosaures enchantĂ©s (Video). 1993 Prehysteria ! 1993 Robot Wars. 1992 Doctor Mordrid. 1991 Joey Takes a Cab. 1987 Ghoulies II. 1979 She Came to the Valley. 1977 Zoltan, le chien sanglant de Dracula. 1975 The Wide World of Mystery (TV Series) (1 episode). - The Centerfold Murders (1975). 1965 Les forcenĂ©s. 1965 Hercules and the Princess of Troy (TĂ©lĂ©-film). 1964 Massacre au Grande Canyon. 1962 Lamp Unto. My Feet (TV Series) (1 episode) - Épisode du 18 novembre 1962 (1962) ... 1959 Face of Fire. 1958 J'enterre les vivants. 1956 The Young Guns.


Une curiositĂ© Z Ă  voir d'un oeil distrait eu Ă©gard de son intrigue aussi ubuesque que ridicule (Dracula recrute ses chiens dobermans pour retrouver son descendant Michael et le vampiriser); de ces acteurs inexpressifs pour autant sympathiques (mention spĂ©ciale Ă  l'incroyable charisme striĂ© du dĂ©monial  Reggie Nalder - la Marque du Diable -) et de sa rĂ©alisation approximative entraĂ®nant avec bonheur certaines sĂ©quences dans la drĂ´lerie involontaire. Peu efficace, sans surprise mais nĂ©anmoins rarement ennuyeux, notamment Ă  travers ses nombreuses attaques canines (on peut d'ailleurs retenir une agression gore mal filmĂ©e mais redoutablement sanglante et crue), il se dĂ©tache un certain charme Ă  travers sa facture surannĂ©e (bande-son Ă©lectro Ă  l'appui); Ă  condition de visionner Zoltan... au 10è degrĂ© que les initiĂ©s raffolent. Albert Band (Ghoulies 2) Ă©tant dans l'incapacitĂ© de crĂ©dibiliser son sujet incongru d'après le roman de poche Hounds of Dracula de Ken Johnson, il faut donc se focaliser sur son aspect bisseux d'une sĂ©rie B bonnard, cocasse et sans prĂ©tention si bien que les rats des videos des annĂ©es 80 n'ont pu non plus ommettre sa rutilante affiche inquiĂ©tante. Quand bien mĂŞme dans l'hexagone il fut tout de mĂŞme interdit au moins de 18 ans. 

*Bruno
12.10.24. 3èx. 

samedi 18 juillet 2020

Les Yeux de Julia

Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Los Ojos de Julia" de Guillem Morales. 2010. Espagne. 1h56. Avec Belén Rueda, Lluís Homar, Pablo Derqui, Francesc Orella, Joan Dalmau, Boris Ruiz, Daniel Grao, Clara Segura, Andrea Hermosa, Julia Gutiérrez Caba...

Date de Sortie: France: 22 dĂ©cembre 2010

FILMOGRAPHIE: Guillem Morales est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol. Les yeux de Julia est son premier long-mĂ©trage.


Dans la tradition du thriller Ă  suspense hĂ©ritĂ© de classiques notoires parmi lesquels Seule dans la Nuit de Terence Young, Terreur Aveugle et Jennifer 8Les Yeux de Julia est un premier mĂ©trage dont l'ambition majeur est de tenter de confectionner avec intelligence et savoir-faire une intrigue captivante conçue sur l'expectative du fameux coupable. C'est ce que nous dĂ©voilera sa seconde partie fertile en suspense oppressant quant Ă  la confrontation escomptĂ©e entre la victime et le tueur confinĂ©s en mode huis-clos. Et ce tout y brossant un intĂ©ressant profil psychotique Ă  travers une rĂ©flexion sur la solitude, l'isolement et la perte identitaire eu Ă©gard de l'entourage de l'assassin dĂ©nuĂ© d'attention pour sa prĂ©sence et sa personnalitĂ©.

Le pitchA la suite d'un malaise, Julia demande à son mari de se rendre au domicile de sa soeur jumelle aveugle, Sara, pour s'apercevoir avec horreur qu'elle vient de se pendre dans la cave. Dubitative de ce suicide précipité, elle décide de mener elle même son enquête en y interrogeant les voisins et ses relations amicales autour d'un club de non-voyants. Rapidement, Julia découvre que sa soeur entretenait une liaison sentimentale avec un mystérieux inconnu qu'aucun témoin proche de la victime ne peuvent décrire avec précision. A son tour, Julia commence à perdre la vue de manière dégénérative et envisage une opération chirurgicale de dernier ressort. Mais le mystérieux individu tapi dans l'ombre rode et semble maintenant en vouloir à sa nouvelle dulcinée.


En abordant la thĂ©matique du trouble identitaire au sein d'une sociĂ©tĂ© individualiste, le nĂ©ophyte  Guillem Morales nous offre un formidable exercice de style de par la densitĂ© de son rĂ©cit entièrement vouĂ© Ă  l'humanisme fĂ©brile de l'hĂ©roĂŻne s'efforçant de rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© sur le sort de sa soeur jumelle. Spoil ! Ainsi, en jouant sur la facultĂ© sensorielle des aveugles Ă  percevoir les prĂ©sences invisibles, le rĂ©alisateur tisse un diabolique rĂ©cit auprès des agissements dĂ©sespĂ©rĂ©s d'un tueur s'en prenant aux aveugles afin que ces dernières puissent l'entrevoir dans l'obscuritĂ©. Seule manière salvatrice pour lui d'Ă©prouver de l'attention Ă  son existence aseptique, puisque lui mĂŞme condamnĂ© Ă  l'invisibilitĂ© depuis son enfance, faute de l'Ă©ducation d'une mĂ©gère bigote. Fin du Spoil. La première partie efficacement troussĂ©e empreinte le schĂ©ma d'une enquĂŞte Ă  suspense latent lorsque l'hĂ©roĂŻne, persuadĂ©e que sa soeur n'est pas dĂ©cĂ©dĂ©e d'un suicide tentera de lever le voile sur les tenants et aboutissants d'un Ă©ventuel crime passionnel. Mais l'intrigue inquiĂ©tante y brouillera les pistes Ă  travers ses potentiels coupables (le voisin lubrique co-existant avec sa fille), notamment après avoir Ă©liminĂ© un personnage majeur Ă  mi parcours pour nous interroger sur sa mort que l'entourage thĂ©orisera toutefois de manière plausible. Mais c'est auprès de sa seconde partie plus alerte que  Guillem Morales y apportera un soin scrupuleux pour y parfaire l'affrontement psychologique entre Julia et le tueur compromis au jeu d'autoritĂ© et de manipulation. Niveau cast, on retient surtout la prĂ©sence toute en Ă©lĂ©gance naturel de BelĂ©n Rueda (reconnue dans l'Orphelinat) incarnant avec une dĂ©termination pugnace une aveugle pour autant effarouchĂ©e lors de son affrontement trĂ©pident avec le tueur. Son jeu intense doit Ă©normĂ©ment au rĂ©alisme du rĂ©cit et la valeur humaine qui y Ă©mane pour la valeur de sa passion des sentiments et sa dĂ©tresse du deuil familial Ă  rĂ©soudre. Quand bien mĂŞme le rĂ©alisateur Ă  l'idĂ©e retorse de lui redorer la vue au moment le plus crucial de sa survie. Une manière payante de surenchĂ©rir le suspense oppressant autour d'affrontements physiques et psychologiques, Ă  l'instar de la sĂ©quence du thĂ© empoisonnĂ© que Julia est contrainte de dĂ©glutir. D'autres moments aussi forts ne manquent pas non plus de piment pour provoquer un Ă©moi morbide (le congĂ©lateur), notamment en y exploitant la prĂ©sence rassurante d'un personnage altruiste.


Ferme les yeux
Excellent thriller hitchcockien parfaitement maĂ®trisĂ©, notamment auprès des Ă©clairages de sa photo dĂ©saturĂ©e en harmonie avec les sombres Ă©vènements dĂ©crits, les Yeux de Julia culmine en prime, et de manière totalement fortuite, vers une conclusion aussi fantasmagorique que bouleversante. Hautement frĂ©quentable et non dĂ©nuĂ© d'Ă©motive dramaturgie Ă  travers la caractĂ©risation humaine de ses personnages.  

*Bruno
18.07.20
21.03.11. 227 v