vendredi 1 janvier 2021

Night and Day

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Knight and Day" de James Mangold. 2010. U.S.A. 1h56 (version longue) 1h49 (version courte). Avec Tom Cruise, Cameron Diaz, Peter Sarsgaard, Jordi MollĂ , Viola Davis, Paul Dano, Falk Hentschel. 

Sortie salles France: 28 Juillet 2010 

FILMOGRAPHIE: James Mangold, de son vrai nom James Allen Mangold, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur amĂ©ricain nĂ© le 16 dĂ©cembre 1963 Ă  New York, dans l'État de New York, aux (États-Unis). 1995: Heavy. 1997: Copland. 1999: Une vie volĂ©e. 2001: Kate et LĂ©opold. 2003: Identity. 2005: Walk the Line. 2007: 3 h 10 pour Yuma. 2010: Night and Day. 2013: Wolverine: Le Combat de l'immortel. 2017: Logan. 2019: Le Mans 66. 

RĂ©alisateur touche-Ă -tout d'une plĂ©thorique filmo en terme qualitatif (Copland, Une Vie volĂ©e, Walk the Line, Logan, Le Mans 66), James Mangold possède un indĂ©niable savoir-faire de cinĂ©aste passionnĂ©. Tant en terme d'oeuvre appliquĂ©e que de divertissement dĂ©complexĂ© comme le dĂ©montre avec gĂ©nĂ©rositĂ© Night and Day pour le meilleur et pour le rire. RĂ©unissant Ă  l'Ă©cran le tandem idoine Tom Cruise / Cameron Diaz (et ce pour la 2 seconde fois au cinĂ©ma), Night and Day carbure Ă  l'action semi-parodique lors des situations dĂ©bridĂ©es toutes plus improbables les unes que les autres que le duo cumule avec un peps Ă   la fois dĂ©contractĂ© et effrĂ©nĂ©. Ainsi, l'intrigue simpliste a beau ĂŞtre standard, James Mangold parvient pour autant Ă  rĂ©guler une efficacitĂ© constante au fil d'un cheminement fertile en pĂ©ripĂ©ties et rebondissements inventifs. Une manière leste de relancer action et romance Ă  mi-parcours de par la caractĂ©risation finalement ambigĂĽe de Tom Cruise en agent secret pourchassĂ© tous azimuts pour l'enjeu d'une batterie rĂ©volutionnaire, et l'Ă©mancipation prĂ©cipitĂ©e de Cameron Diaz en otage malgrĂ© elle s'adonnant au jeu de l'aventure avec un goĂ»t du risque davantage addictif.

Tant et si bien que les rĂ´les finiront par s'inverser Ă  travers un Ă©nième jeu du chat et de la souris que nos compères affronteront Ă  travers l'itinĂ©raire Ă©clectique de contrĂ©es exotiques solaires. Complètement folingue de par son action dĂ©jantĂ©e ultra inventive transcendĂ©e d'une dĂ©rision appuyĂ©e, Night and Day carbure Ă  l'adrĂ©naline afin de nous divertir sans nous laisser le temps de souffler (Ă  2/3 accalmies près). Et il faut bien avouer qu'Ă  ce jeu (semi) parodique teintĂ© de sarcasme le tandem glamour Cruise / Diaz fonctionne Ă  merveille Ă  travers leur confrontation houleuse, entre crĂŞpage de chignon et rĂ©conciliation fructueuse de par leur soutien mutuel. Tom Cruise endossant la caricature d'un James Bond avec une classe Ă  la fois tranquille et pittoresque si bien que l'on s'Ă©tonne de rire Ă  moult reprises de sa dĂ©contraction Ă  rassurer sa partenaire lors des moments les plus alertes. Cameron Diaz incarnant la gourde effarouchĂ©e suivie d'une hĂ©roĂŻne en herbe avec un aplomb charnel d'une simplicitĂ© naturelle.  

Divertissement du samedi soir inscrit dans la lĂ©gèretĂ© du Blockbuster dĂ©calĂ©, Night and Day fonctionne efficacement 1h49 durant de par son action en roue libre sciemment dĂ©bridĂ©e que Tom Cruise (casse-cou infaillible plaisamment distinguĂ©) / Cameron Diaz (quelle posture Ă  la fois sĂ©millante et rafraichissante !) renchĂ©rissent gĂ©nĂ©reusement sans jamais nous lasser. 

Dédicace à Nikko Larson

*Bruno

mercredi 30 décembre 2020

Quai des brumes

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Marcel CarnĂ©. 1938. 1h31. Avec Jean Gabin, Michèle Morgan, Michel Simon, Pierre Brasseur, Édouard Delmont, Aimos, Robert Le Vigan. 

Sortie salles France: 17 Mai (ou 12 Septembre) 1938. U.S: 29 Octobre 1939.

FILMOGRAPHIE: Marcel CarnĂ© est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste français, nĂ© le 18 aoĂ»t 1906 Ă  Paris, dĂ©cĂ©dĂ© le 31 octobre 1996 Ă  Clamart. 1929 : Nogent, Eldorado du dimanche. 1936 : Jenny. 1937 : DrĂ´le de drame. 1938 : Le Quai des brumes. 1938 : HĂ´tel du Nord. 1939 : Le jour se lève. 1942 : Les Visiteurs du soir. 1945 : Les Enfants du paradis. 1946 : Les Portes de la nuit. 1947 : La Fleur de l'âge (inachevĂ©). 1950 : La Marie du port. 1950 : Juliette ou la ClĂ© des songes. 1953 : ThĂ©rèse Raquin. 1954 : L'Air de Paris. 1956 : Le Pays d'oĂą je viens. 1958 : Les Tricheurs. 1960 : Terrain vague. 1962 : Du mouron pour les petits oiseaux. 1965 : Trois chambres Ă  Manhattan. 1968 : Les Jeunes Loups. 1971 : Les Assassins de l'ordre. 1974 : La Merveilleuse Visite. 1977 : La Bible. 1991 : Mouche (inachevĂ©). 

ConsidĂ©rĂ© comme l'une des oeuvres les plus cĂ©lèbres de l'histoire du cinĂ©ma, Quai des Brumes n'a point usurpĂ© sa lĂ©gendaire rĂ©putation, dans la mesure oĂą l'ayant dĂ©couvert pour la toute première fois ce soir (j'ai tellement honte mais comme on dit si bien: "il n'est jamais trop tard" ^^), je reste transi d'Ă©moi sous l'impulsion du couple proverbial Jean Gabin / Michèle Morgan. Histoire d'amour passionnelle entre une jeune paumĂ©e de 17 ans et un dĂ©serteur de 34 ans, Quai des Brumes est illuminĂ© de ce duo mythique transperçant l'Ă©cran Ă  chacune de leurs fĂ©briles apparitions. Et si le spectateur nĂ©ophyte doute encore de la magie du 7è art, il ferait mieux d'aller jeter un oeil sur ce bouleversant mĂ©lo que Marcel CarnĂ© transfigure Ă  l'aide d'une atmosphère crĂ©pusculaire napĂ©e de brouillard Ă  proximitĂ© d'un port feutrĂ©. De par sa photo expressionniste et ses dĂ©cors exigus peu recommandables car notamment frĂ©quentĂ©s par des marginaux, criminels et ivrognes sans repères, Quai des Brumes est un rĂ©gal formel tant le noir et blanc parvient Ă  poĂ©tiser ses images opaques, notamment Ă  travers la suavitĂ© de Michel Morgan (quelle douceur de miel dans son regard virginal !) Ă©prise d'amour pour un Jean Gabin bourru et indomptable mais rapidement fervent d'amour pour cette fragile inconnue (quelle force de caractère infaillible en soldat stoĂŻque !). 

Quand bien mĂŞme dans celui du salaud chafouin dĂ©nuĂ© de scrupule, l'immense Michel Simon moleste sa filleule avec une jalousie fielleuse. Ainsi, autour de ce trio maudit apte Ă  se confronter pour un enjeu sentimental, trois truands arpentent les alentours afin de retrouver un certain maurice, l'ancien amant de Nelly (Michèle Morgan) subitement disparu. Outre l'intensitĂ© de son rĂ©cit davantage houleux mais un brin prĂ©visible quant au dĂ©nouement tragique (un Ă©cueil vite pardonnĂ©), Quai des Brumes demeure avant tout un film d'acteurs au diapason Ă©paulĂ© des (insatiables) dialogues ciselĂ©s de PrĂ©vert. Jean Gabin et Michèle Morgan parvenant Ă  nous communiquer leurs ardents sentiments avec un naturel rĂ©solument trouble. Tant et si bien que l'on reste ensorcelĂ© par leurs tourments amoureux oĂą s'y mĂŞlent cependant tendresse, espoir et bienveillance Ă  travers leurs Ă©treintes soyeuses. Cette chaleur humaine si communicative et davantage prĂ©dominante, nous la ressentions de  manière somme toute alchimique sous l'oeil onirique de Marcel CarnĂ© auscultant leurs Ă©tats d'âme avec une dĂ©licate innocence romantique. Tels des enfants dociles d'avant guerre emportĂ©s par l'ivresse de sentiments davantage incontrĂ´lables. 


"La tendresse est une soie enveloppante et infroissable."
Chef-d'oeuvre de romance Ă©perdue sublimĂ© par la puissance de son atmosphère baroque littĂ©ralement envoĂ»tante, Quai des Brumes nous transfigure dans sa facture monochrome l'un des plus beaux couples d'amants que le cinĂ©ma nous ait offert. Jean Gabin / Michel Morgan marquant de leur empreinte inextinguible une insoluble histoire d'amour compromise par le vice, la convoitise, l'hypocrisie et la lâchetĂ©. Et ce en compagnie d'un fidèle compagnon canin que Gabin apprivoise malgrĂ© tout, tout le long de son parcours prĂ©caire. C'est d'ailleurs auprès de l'Ă©chappĂ©e furtive du chien que CarnĂ© conclue son rĂ©cit culminant vers une solitude indĂ©cise.    

*Bruno

TOP 12 / FLOP 9 : CINE + SERIES TV

 Top 1: 


Top 2: 


Top 3: (ex aequo)                                              "Drunk"                                                      
 
Dans le dĂ©sordre : 




"Je veux manger ton Pancréas"
"L'un des Notres"



L'oubliĂ© de 2019: 



                    FLOP 2020 - FLOP 2020 - FLOP 2020










    TOP SERIES TV - TOP SERIES TV - TOP SERIES TV

TOP 1: 


TOP 2: 


TOP 3: 


TOP 4: 


                                  Dans le dĂ©sordre: 












mardi 29 décembre 2020

Drunk. Meilleur Film, Prix du Cinéma Européen, 2020.

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Druk" de Thomas Vinterberg. 2020. Danemark. 1h56. Avec  Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Magnus Millang, Lars Ranthe, Maria Bonnevie, Helene Reingaard, Neumann, Susse Wold 

Sortie salles France: 14 Octobre 2020

FILMORAPHIE: Thomas Vinterberg, nĂ© le 19 mai 1969 Ă  Copenhague, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur de cinĂ©ma danois. 1996 : Les HĂ©ros (De største helte). 1998 : Festen. 2000 : The Third Lie. 2003 : It's All About Love. 2005 : Dear Wendy. 2007 : Un homme rentre chez lui. 2010 : Submarino. 2012 : La Chasse. 2015 : Loin de la foule dĂ©chaĂ®nĂ©e. 2016 : La CommunautĂ©. 2018 : Kursk. 2020 : Drunk. 

L'homme, selon Kierkegaard, et une synthèse de l'âme et du corps. Son concept de l'angoisse met en évidence, entres autres, le lien qu'on entretient face à sa propre faillite. Il faut s'accepter comme sujet faillible pour aimer l'autre et la vie.

Claque Ă©motionnelle que l'on ne voit pas arriver si bien que l'on reconnaĂ®t bien lĂ  la patte rĂ©solument vĂ©riste du rĂ©alisateur danois Thomas Vinterberg (qui peut oublier les tĂ©tanisants Festen et La Chasse ? !), Drunk nous laisse KO dès que le gĂ©nĂ©rique tire son rideau. L'auteur, au plus près des sentiments tourmentĂ©s de ses personnages, parvenant 1h56 durant Ă  nous immerger dans la quotidiennetĂ© avinĂ©e de 4 professeurs testant la thĂ©orie d’un psy norvĂ©gien selon laquelle l’homme aurait un dĂ©ficit d’alcool dans le sang de 0.5 grammes dès sa naissance. Si la première partie nous laisse dans une curieuse expectative Ă  travers ce concept aussi improbable qu'irresponsable prĂ©sageant des effets secondaires irrĂ©vocables, le second acte cède fatalement Ă  une dramaturgie Ă  la fois vertigineuse et tentaculaire eu Ă©gard des consĂ©quences Ă©thyliques et conjugales de l'un d'eux. J'Ă©voque le plus timide et chĂ©tif, mais Ă©galement le plus censĂ© du groupe que Mads Mikkelsen endosse avec une sensibilitĂ© rĂ©servĂ©e infiniment bouleversante (pour ne pas dire dĂ©chirante si je me rĂ©fère Ă  l'apartĂ© avec son Ă©pouse dans un bar). Spoil ! Une confidence Ă  fleur de peau lorsque deux ĂŞtres dĂ©chirĂ©s par la routine et l'incommunicabilitĂ© sont Ă©pris d'une angoisse nĂ©vralgique face au constat de leur dĂ©route sentimentale. Fin du Spoil

Car outre son inĂ©vitable rĂ©quisitoire contre l'Ă©thylisme ciblant autant les lycĂ©ens que les adultes en (re)quĂŞte identitaire, Drunk traite Ă©galement de la cellule familiale Ă  travers la relation en perdition d'un couple au bord de la rupture. Ainsi, tout ce qui fait la force et la densitĂ© de son vĂ©nĂ©neux rĂ©cit, descente aux enfers dans les bas-fonds de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale, Ă©mane de son rĂ©alisme documentĂ© ainsi que du jeu criant de vĂ©ritĂ© des acteurs striĂ©s vivants leur rĂ´le plus qu'ils ne le jouent. Il s'agit donc un vĂ©ritable tour de force immersif que nous envoie en pleine face Thomas Vinterberg de par son brio d'une mise en scène expĂ©rimentale (camĂ©ra Ă  l'Ă©paule, plans serrĂ©s sur les pores des visages) et d'une direction d'acteurs hors-pair. Tant et si bien que l'on s'attache Ă  ses personnages secrètement hantĂ©s comme s'il s'agissait de membres de notre famille eu Ă©gard du manque affectif que nous ressentions lors de son final festoyant. Pour autant pas si noir et morose donc en dĂ©pit de sa tragĂ©die cafardeuse et de ses consĂ©quences humaines dĂ©sastreuses (tant personnelles qu'amicales et familiales), le rĂ©alisateur ne nous laisse guère dans la sinistrose quant au destin de ces professeurs Ă©rudits ayant tentĂ© de rĂ©parer leurs lacunes personnelles par la dĂ©sinhibition de l'alcool. Drunk traitant avec intelligence de tact et d'authenticitĂ© les thèmes de la timiditĂ©, de la peur du regard des autres, de nos angoisses et de la confiance en soi par le prisme de l'amour et de l'amitiĂ©. 

Estomaquant d'Ă©motions ardues entre 2 scènes d'hilaritĂ© nerveuse alors que rien n'y Ă©tait programmĂ©,  Drunk nous grave en mĂ©moire l'introspection sentencieuse d'un professeur introverti en pleine remise en question morale après avoir franchi les limites du tolĂ©rable. Mads Mikkelsen transperçant l'Ă©cran tel un enfant Ă©perdu en quĂŞte d'une rĂ©demption de dernier ressort. Rien que pour sa performance SOBREMENT viscĂ©rale et sensorielle, Drunk est Ă  ne rater sous aucun prĂ©texte. 

Dédicace à Frédéric Serbource

*Bruno

RĂ©compenses: Festival international du film de Saint-SĂ©bastien 2020 : Coquille d'argent du meilleur acteur pour Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Lars Ranthe et Magnus Millang.

Prix du cinéma européen 2020:

Meilleur film

Meilleur réalisateur

Meilleur acteur pour Mads Mikkelsen

Meilleur scénariste


lundi 28 décembre 2020

La Boum 2. César du Meilleur Espoir Féminin, Sophie Marceau.


                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site purepeople.com

de Claude Pinoteau. 1982. France. 1h48. Avec Claude Brasseur, Brigitte Fossey, Sophie Marceau ,Olivier Pourcel, Pierre Cosso, Alexandre Sterling, Sheila O'Connor.

Sortie salles France: 8 Décembre 1982

FILMOGRAPHIE: Claude Pinoteau est un réalisateur et scénariste français, né le 25 mai 1925 à Boulogne-Billancourt, décédé le 5 octobre 2012 à Neuilly-sur-Seine. 1973 : Le Silencieux. 1974 : La Gifle. 1976 : Le Grand Escogriffe. 1979 : L'Homme en colère. 1980 : La Boum. 1982 : La Boum 2. 1984 : La Septième Cible. 1988 : L'Étudiante. 1991 : La Neige et le Feu. 1994 : Cache cash. 1997 : Les Palmes de monsieur Schutz. 2005 : Un abbé nommé Pierre, une vie pour les autres (documentaire).


Un hommage tendre et émouvant à la génération 80
2 ans après son triomphale succès, Claude Pinoteau offre une suite Ă  la Boum si bien qu'elle cumule quasiment le mĂŞme nombre d'entrĂ©es (4 071 585 vs 4 300 00). Mais un score aussi mĂ©ritĂ© dans la mesure oĂą la Boum 2 reprend les mĂŞmes ingrĂ©dients que son modèle avec une similaire efficacitĂ©. Si bien que l'on peut mĂŞme peut-ĂŞtre prĂ©tendre qu'elle soit supĂ©rieure auprès de sa rupture de ton plus mature (Vic parait aujourd'hui moins nunuche du haut de ses 15 ans) et son habile dosage humour / romance sous l'impulsion de personnages au caractère (toujours aussi) bien trempĂ©. Mais au-delĂ  du plaisir Ă©prouvĂ© face Ă  cette comĂ©die de marivaudage pleine de fougue, d'insouciance et de bons sentiments, la gĂ©nĂ©ration 80 Ă©prouvera assurĂ©ment (et Ă  nouveau) une nostalgie teintĂ©e de mĂ©lancolie Ă  travers cette Ă©poque oĂą internet et les smartphones n'existaient pas encore. Ainsi, une tendre Ă©motion nous Ă©branle parfois la raison Ă  travers ses dĂ©tails du quotidien urbain (les cabines tĂ©lĂ©phoniques Ă  pièce) et domestique (les disques 45 tours, les affiches de cinĂ©ma et les stars du showbiz sur les murs de la chambre de Vic), ses chansons ringardes et ses situations de lĂ©gèretĂ© oĂą la drague, les slows et les disputent parentales nous remĂ©morent notre propre adolescence. Par consĂ©quent, de vagues souvenirs remonteront probablement Ă  la surface de votre conscience Ă©mue dans la mesure oĂą nous avions tous connu ce mĂŞme genre de confrontations de drague entre fille et garçon au prĂ©mices de notre pubertĂ©.  

Vic, âgĂ©e de presque 16 ans (comme elle se vante si bien), Ă©tant aujourd'hui Ă©prise d'amour pour un nouveau prĂ©tendant alors qu'elle cumulera les nouvelles rencontres galantes, ce qui attisera la jalousie de celui-ci. Une fois de plus, Sophie Marceau crève l'Ă©cran en ado rebelle pour autant Ă©quilibrĂ©e, rĂŞveuse et envieuse de romance (la quĂŞte du prince charmant) Ă  un âge propice aux moult rencontres d'un soir. Et si son tempĂ©rament naturel fait une fois encore illusion, les autres comĂ©diens sont encore de la partie pour nous transmettre leur fougue avec une bienveillance aujourd'hui rĂ©volue au cinĂ©ma. Tant auprès du regrettĂ© Claude Brasseur en papa bourru, parano et dĂ©bonnaire depuis les absences rĂ©pĂ©tĂ©es de sa fille, de Brigitte Fossey (quel regard de saphir !) en Ă©pouse bienveillante plus distante auprès de son Ă©poux car en retrait affectif, et de Denise Grey en mamie fringante au caractère Ă  la fois bien trempĂ© et attendrissant. Claude Pinoteau prenant Ă©galement soin de les laisser s'exprimer avec des dialogues inventifs souvent cocasses ou autrement tendres. Car la Boum 2 est Ă©galement imprĂ©gnĂ© de tendresse Ă  travers ses personnages candides Ă  la fois naĂŻfs, touchants et si avenants (tant pour l'esprit de famille que de camaraderie) si bien que l'on regrette que cette Ă©poque plus basĂ©e sur la simplicitĂ© et les rapports humains soit aujourd'hui en berne Ă  travers ses productions lucratives privilĂ©giant la forme plutĂ´t que le fond. 

*Bruno
2èx

Récompense: César du meilleur espoir féminin pour Sophie Marceau

Info wikipedia: Claude Pinoteau avait annoncé la réalisation de La Boum 2 lors du 85e anniversaire de Denise Grey auquel les jeunes comédiens étaient tous invités.
Sophie Marceau et Pierre Cosso sont réellement tombés amoureux l'un de l'autre durant le tournage du film.

vendredi 25 décembre 2020

Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau.

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Peter Jackson. 2001. Nouvelle-Zélande/U.S.A. 3h31. Avec Elijah Wood, Ian McKellen, Sean Astin, Viggo Mortensen, Sean Bean, Billy Boyd, Dominic Monaghan, Orlando Bloom.

Sortie salles France: 19 Décembre 2001

FILMOGRAPHIE: Sir Peter Robert Jackson est un réalisateur, producteur et scénarise néo-zélandais, né le 31 Octobre 1961 à Pukerua Bay, North Island (Nouvelle-Zélande). 1987: Bad Taste. 1989: Les Feebles. 1992: Braindead. 1994: Créatures Célestes. 1995: Forgotten Silver. 1996: Fantômes contre fantômes. 2001: Le Seigneur des Anneaux. 2002: Les Deux Tours. 2003: Le Retour du Roi. 2005: King-Kong. 2009: Lovely Bones. 2012: Le Hobbit: un voyage inattendu. 2013: Le Hobbit: la Désolation de Smaug. 2014: Le Hobbit: La Bataille des 5 Armées.


Un souffle Ă©pique vertigineux que cette invitation au rĂŞve cĂ©leste. 
Alors qu'il Ă©tait rĂ©putĂ© inadaptable Ă  l'Ă©cran, Peter Jackson accomplit en 2001 le prodige de relever la gageure d'inscrire sur pellicule le roman fleuve de J. R. R. Tolkien publiĂ© en 1954. Ce 1er volet faisant dĂ©jĂ  office de chef-d'oeuvre Ă  travers sa facture formelle et technique irrĂ©prochables (Ă  2/3 plans en CGI perfectibles près). Spectacle absolu donc de féérie Ă©pique sous l'acuitĂ© de choeurs religieux opĂ©ratiques, tant auprès de la communautĂ© magnanime des elfes et de leurs archers que de celle des orques assoiffĂ©s de haine et de sang, le Seigneur des Anneaux bĂ©nĂ©ficie d'un scĂ©nario original quant au pouvoir dĂ©lĂ©tère d'un anneau convoitĂ© de tous. Ce dernier symbolisant la dualitĂ© du Bien et du Mal que chacun doit combattre quotidiennement en son fort intĂ©rieur. Peter Jackson parvenant Ă  donner chair Ă  cet anneau perfide par le biais d'une intensitĂ© Ă©motionnelle aussi trouble que fascinante eu Ă©gard de la plupart des personnages Ă©pris d'emprise par son pouvoir occulte. Jackson mĂ©nageant ses scènes de transe, de dĂ©sorientation sous l'impulsion d'expressions dĂ©munies accablĂ©es par une force indicible. Qui plus est, il s'avère couillu d'offrir le rĂ´le majeur Ă  un ĂŞtre candide de petite taille issu de la race des Hobbit qu'Elijah Wood endosse sous l'impulsion de son regard azur infiniment expressif. Chacune de ses prĂ©sences irradiant l'Ă©cran de par sa dĂ©termination mais aussi des doutes, sa crainte et son apprĂ©hension Ă  relever le dĂ©fi d'y prĂ©server l'anneau jusqu'au coeur du Mordor. Un lieu de l'enfer Ă  parcourir pour le dĂ©truire afin de dĂ©jouer Sauron, seigneur des tĂ©nèbres, de se l'approprier pour dominer le monde en esclaves. 

D'une puissance visuelle Ă  damner un saint, et ce de manière aussi immaculĂ©e (notamment auprès de la gestuelle divine des femmes Ă  la posture longiligne dans leur robe blanche) qu'homĂ©rique (certains plans dĂ©gagent une intensitĂ© endiablĂ©e au fil de poursuites Ă  cheval ou de combats Ă  l'Ă©pĂ©e), Peter Jackson n'a jamais Ă©tĂ© aussi inspirĂ© Ă  immortaliser un rĂ©cit d'hĂ©roĂŻc fantasy peuplĂ© de personnages divins ou vaillants que les comĂ©diens endossent avec une sobriĂ©tĂ© subtilement Ă©motive. Notamment si je me rĂ©fère auprès de la mort d'un des preux personnages, moment d'Ă©motion poignant d'une dĂ©licatesse dĂ©pouillĂ©e quant Ă  la pudeur d'expressions dĂ©chues mais aussi empathiques pour celui Ă  son chevet. Car conçu pour un public familial, le Seigneur des Anneaux adopte le parti-pris de ne pas verser dans le sanguinolent ou la brutalitĂ© lors des batailles belliqueuses alors que l'on reste rivĂ© au siège de par ses chorĂ©graphies Ă  la fois dantesques et inventives. Notre communautĂ© arpentant les contrĂ©es peuplĂ©es de dangers Ă  l'aide de bons sentiments solidaires jamais sirupeux de par leur sobriĂ©tĂ© intègre. Peter Jackson possĂ©dant ce don innĂ© d'y capter leurs regards avec une maĂ®trise gĂ©omĂ©trique quant aux plans concis terriblement expressifs. Sans compter de s'attarder sur l'immensitĂ© (pour ne pas dire le gigantisme) de ses dĂ©cors autant naturels (panoramas Ă©loignĂ©s de la Nouvelle-ZĂ©lande) qu'ornementaux lors de visites dans des lieux sĂ©pulcraux oĂą s'y tapissent des monstres outre-mesure, un peuple soumis d'orques ou encore un sorcier Ă  la fourberie dĂ©lectable (prĂ©sence dĂ©moniale de Christopher Lee, chef des Istari dans une dĂ©froque filiforme Ă©trangement nacrĂ©e). 

Spectacle enchanteur d'HĂ©roĂŻc-Fantasy prenant son temps Ă  planter son univers autour de la noblesse de personnages d'un hĂ©roĂŻsme humaniste, Le Seigneur des Anneaux parvient Ă  façonner 3h20 durant ce milieu singulier avec une intensitĂ© Ă©motionnelle aussi trouble qu'accrue. Tant et si bien que l'on se passionne facilement pour son rĂ©cit plein de bruit, de fureur mais aussi de bienveillance (notamment auprès de la place dĂ©miurge des femmes d'une tĂ©nuitĂ© sans Ă©gale que Cate Blanchett / Liv Tyler cultivent avec une grâce onirique) grâce au brio de Jackson Ă  narrer son histoire avec une vĂ©racitĂ© infiniment attentionnĂ©e. Et pour le genre casse-gueule appuyĂ© ici d'un budget colossal on peut parler d'exploit dès ce 1er opus d'une tendre humilitĂ©. 

*Bruno
3èx

Notes subsidiaires (wikipedia): Ă€ sa sortie au cinĂ©ma, le film a Ă©tĂ© un immense succès commercial et a obtenu des critiques très positives dans l'ensemble. Il a Ă©galement remportĂ© de nombreuses rĂ©compenses, dont quatre Oscars et quatre BAFTA Awards. L'American Film Institute l'a classĂ© 50e dans sa liste des 100 meilleurs films amĂ©ricains, ainsi que deuxième meilleur film de fantasy de tous les temps. Une version longue du film comportant trente minutes de scènes supplĂ©mentaires est sortie uniquement pour le marchĂ© vidĂ©o.