(Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Dans Le Plombier, téléfilm australien réalisé en 1979 par Peter Weir, on découvre à la revoyure un excellent drame psychologique transplanté dans le cadre du thriller. Car au fil de l’évolution narrative, on est en droit de croire que la trajectoire pourrait basculer vers une dramaturgie criminelle.
Or, au-delà de cette tension latente, le film repose avant tout sur une confrontation psychologique particulièrement intense entre un plombier envahissant et une épouse isolée chez elle. Cette intensité tient beaucoup au jeu naturel des acteurs au physique ordinaire, mais aussi à la dérision sarcastique qui s’installe progressivement entre les deux personnages.
C’est d’ailleurs là l’une des grandes réussites du film : reposer sur la caractérisation d’une femme psychologiquement démunie, tandis que le plombier joue constamment sur l’ambiguïté. Ambiguïté que Peter Weir entretient volontairement, puisque le personnage peut être interprété de plusieurs façons.
Et c’est précisément parce que le film refuse de trancher que son dispositif fonctionne aussi bien : l’ambiguïté morale demeure entière du début à la fin.
Dans cette perspective, Le Plombier apparaît à la fois comme un redoutable thriller psychologique et comme un drame conjugal assez cruel. Peter Weir choisit toutefois la suggestion plutôt que l’émotion frontale : il ne cherche pas à nous bouleverser, mais plutôt à nous placer dans un état d’inconfort permanent en jouant avec nos nerfs jusqu'à l'absurde de situations à la fois devenues incontrôlables et hyperboliques (la salle de bain réduite en champs de bataille face au témoignage de l'époux indifféré).
Le film se révèle ainsi d’une belle efficacité, à travers cette lutte acharnée d’environ 1h16 entre un plombier et une femme toujours plus esseulée, dont l’issue finale, à nouveau teintée de sarcasme, surprend par un dernier renversement de situation.
Une œuvre brève, hélas méconnue et oubliée, mais particulièrement intelligente, intense, anxiogène et troublante, à voir absolument.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
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