vendredi 7 octobre 2022

Mort sur le Grill / Crimewave

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sam Raimi. 1985. U.S.A. 1h26. Avec Reed Birney, Paul L. Smith, Brion James, Louise Lasser, Bruce Campbell, Sheree J. Wilson, Antonio Fargas. 

Sortie salles France: 5 Mars 1986. U.S: 25 Avril 1986

FILMOGRAPHIE: Sam Raimi est un rĂ©alisateur, acteur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 23 Octobre 1959 Ă  Franklin, Etats-Unis. 1981: Evil-Dead. 1985: Mort sur le Grill. 1987: Evil-Dead 2. 1990: Darkman. 1993: Evil-Dead 3. 1995: Mort ou Vif. 1998: Un Plan Simple. 1999: Pour l'amour du jeu. 2000: Intuitions. 2002: Spi-derman. 2004: Spider-man 2. 2007: Spider-man 3. 2009: Jusqu'en Enfer. 2013: Le Monde fantastique d'Oz. 2022 : Doctor Strange in the Multiverse of Madness. 


Une sĂ©rie B culte transplantĂ©e dans le cadre du cartoon live. 
Pas très bien accueilli lors de sa sortie internationale en dĂ©pit de nos critiques hexagonales plutĂ´t favorables (principalement les revues spĂ©cialisĂ©es Mad Movies / L'EF / Starfix alors qu'Ă  Avoriaz il fut vanter par quelques journalistes), Mort sur le Grill est une comĂ©die probablement trop dĂ©jantĂ©e pour le spectateur non averti. Tant et si bien que Sam Raimi, Ă  peine remis du fracassant succès Evil-Dead,  renoue avec le cartoon live et le suspense parodique dans un esprit dĂ©bridĂ© autrement dĂ©complexĂ©. Le comique railleur, les poursuites improbables et l'action dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e se disputant la mise lors d'un concours de circonstances ubuesques inscrites dans l'insolence sardonique (on peut d'ailleurs parfois avoir mal au crane selon l'humeur du jour). 

Et si l'intrigue, trop simpliste (inopinĂ©e rencontre puis affrontement entre un hĂ©ros gaffeur, sa compagne qu'il tente maladroitement de courtiser et un duo de tueurs payĂ©s pour supprimer un amant infidèle) laisse peu de places au rebondissements, l'implication attentionnĂ©e de Raimi (tant niveau technique que formel, accompagnĂ© d'une photo rutilante) entourĂ© d'une poignĂ©e d'acteurs festifs en roue libre rendent l'attraction franchement fougueuse en faisant fi de toute prĂ©tention. Sorte de grand huit lancĂ© Ă  vive allure, Mort sur le Grill demeure donc un flamboyant hommage aux cartoons de notre enfance, particulièrement Tex Avery, Ă  travers son inventivitĂ© Ă  corps perdu que Raimi relance sans cesse dans une formulation sĂ©millante. Tous les protagonistes s'en donnant Ă  coeur joie Ă  se courser et se cogner au grĂ© de mimiques sciemment surjouĂ©es. GĂ©nĂ©reusement bonnard, lunatique, frĂ©tillant, hystĂ©rique et badin au sein d'une scĂ©nographie alambiquĂ©e parfois incroyablement maitrisĂ©e (la poursuite finale sur bitume dĂ©mĂ©nage en diable !); Mort sur le Grill ne pourrait dĂ©cevoir que les pisse-froids, les dĂ©pressifs et rabats joie ayant notamment Ă©garĂ© en cours de chemin leur âme d'enfant. 


*Bruno
3èx

mercredi 5 octobre 2022

Osterman week-end

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sam Peckinpah. 1983. U.S.A. 1h43. Avec Rutger Hauer, John Hurt, Craig T. Nelson, Dennis Hopper, Chris Sarandon, Meg Foster, Helen Shaver 

Sortie salles France: 18 Avril 1984. U.S: 4 Novembre 1983

FILMOGRAPHIE: Sam Peckinpah est un scénariste et réalisateur américain, né le 21 Février 1925, décédé le 28 Décembre 1984. 1961: New Mexico, 1962: Coups de feu dans la Sierra. 1965: Major Dundee. 1969: La Horde Sauvage. 1970: Un Nommé Cable Hogue. 1971: Les Chiens de Paille. 1972: Junior Bonner. Guet Apens. 1973: Pat Garrett et Billy le Kid. 1974: Apportez moi la tête d'Alfredo Garcia. 1975: Tueur d'Elite. 1977: Croix de Fer. 1978: Le Convoi. 1983: Osterman Week-end.

DĂ©prĂ©ciĂ© par le public et la critique Ă  l'Ă©poque, mĂŞme si Starfix le sacralisa "choc du mois" au sein de leur revue, Osterman Week-end est un splendide thriller maudit mĂŞme si beaucoup mieux considĂ©rĂ© aujourd'hui depuis sa sortie Dvd commercialisĂ©e chez nous et ailleurs. Fort d'un casting irrĂ©prochable (on y croise dans un Ă©lan spontanĂ© Rutger Hauer, John Hurt, Craig T. Nelson, Dennis Hopper, Chris Sarandon, Meg Foster, Helen Shaver) et d'une mise en scène solide, mĂŞme si non exempt de couacs, maladresses (lisibilitĂ© Ă  dĂ©sirer pour certaines sĂ©quences alors que d'autres restent très impressionnantes) et incohĂ©rences (l'imprudence de Fassett / John Hurt Ă  manipuler ses moult camĂ©ras de video surveillance perfectibles puis son rendez-vous complaisant en catimini dans le hangar de Tanner), Osterman Week-end empreinte le schĂ©ma du survival domestique avec un art consommĂ© de la singularitĂ©. Tant auprès de la pluralitĂ© des camĂ©ras de vidĂ©osurveillance dissĂ©minĂ©es dans chaque pièce de la demeure de Tanner (vĂ©ritable prĂ©curseur de la tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ© que Peckinpah dĂ©nonce ouvertement, notamment Ă  travers la manipulation des images) que de son climat nocturne davantage trouble, anxiogène, Ă©trange, inquiĂ©tant, pour ne pas dire Ă  la lisière d'un surnaturel horrifique lorsque les tueurs mutiques, planquĂ©s derrière les bosquets; entrent en action avec leurs armes infra rouge. 

Peckinpah distillant malaise sous-jacent et tension croissante au fil de la mission de Tanner acceptant d'Ă©pingler ses amis lors d'un week-end amical suite au compromis de l'agent de la CIA Fassett lui ayant prouvĂ© plus tĂ´t (via l'entremise de micros et de la vidĂ©osurveillance) qu'ils s'avèrent des agents du KGB. Ainsi donc, face Ă  la prĂ©sence timidement affable de Tanner (Rutger Hauer, Ă©lectrisant Ă  travers son regard azur gagnĂ© par le doute, l'anxiĂ©tĂ© puis l'activitĂ©) accompagnĂ© de son Ă©pouse et de son fils en proie Ă  l'interrogation, Osterman Week-end dĂ©gage un climat amical davantage insidieux sous l'impulsion de ses potentiels coupables davantage suspicieux du comportement de Tanner inscrit dans la rĂ©serve. La seconde partie du rĂ©cit se transformant en chasse Ă  l'homme alerte Ă  travers ses règlements de compte revanchards superbement coordonnĂ©s d'une mise en scène attentionnĂ©e et d'un montage parfois en slow motion. Quant au dĂ©nouement salvateur dĂ©nonçant autant la manipulation politique que les effets pervers des mĂ©dias et de notre addiction du mĂ©dium, Osterman Week-end demeure l'avant-garde de notre nouvelle ère fallacieuse bâtie sur l'espionnage, le voyeurisme, le profit, la duperie, le mensonge, la mĂ©galomanie.  

MenĂ© avec le brio qu'on lui connait pour son ultime rĂ©alisation, Sam Peckinpah signe ici l'une de ses oeuvres les plus singulières (avec le chef-d'oeuvre nĂ©crosĂ© Apportez moi la tĂŞte d'Alfredo Garcia) au sein d'une mise en forme Ă©trangement riche, foisonnante, fascinante. Avec ce que cela sous entend d'exubĂ©rance et de vĂ©hĂ©mence auprès de l'artillerie lourde des armes Ă  feu et des camĂ©ras de surveillance monopolisant constamment l'Ă©cran avec une intensitĂ© subtilement trouble, gĂŞnante, interlope. A revoir absolument donc si bien que les multiples relectures (j'en suis Ă  ma 3è) demeurent aussi fougueuses et passionnantes auprès de son pouvoir de fascination (parfois mĂ©lancolique quant au final en forme d'adieu) que Peckinpah imprime de sa prĂ©sence fantomatique (il dĂ©cèdera d'ailleurs 1 an après la sortie du film en fustigeant une dernière fois la lâchetĂ© de certains producteurs avec qui il collabora). 

*Bruno 
3èx

lundi 3 octobre 2022

Scream 3

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Wes Craven. 2000. U.S.A. 1h56. Avec Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Parker Posey, Patrick Dempsey

Sortie salles France: 19 Avril 2000. U.S:  4 FĂ©vrier 2000 

FILMOGRAPHIE: Wesley Earl "Wes" Craven est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur et monteur né le 2 Aout 1939 à Cleveland dans l'Ohio. 1972: La Dernière maison sur la gauche, 1977: La Colline a des yeux, 1978: The Evolution of Snuff (documentaire), 1981: La Ferme de la Terreur, 1982: La Créature du marais, 1984: Les Griffes de la nuit, 1985: La Colline a des yeux 2, 1986: l'Amie mortelle, 1988: l'Emprise des Ténèbres, 1989: Schocker, 1991: Le Sous-sol de la peur, 1994: Freddy sort de la nuit, 1995: Un Vampire à brooklyn, 1996: Scream, 1997: Scream 2, 1999: la Musique de mon coeur, 2000: Scream 3, 2005: Cursed, 2005: Red eye, 2006: Paris, je t'aime (segment), 2010: My soul to take, 2011: Scream 4.


ConsidĂ©rĂ© comme le moins bon de la saga, pour ne pas dire le plus mauvais, Scream 3 ne mĂ©ritait pas tant de discrĂ©dit (bien que les critiques dans l'hexagone furent plutĂ´t favorables). Car Ă  la revoyure ce soir, et si Ă  l'Ă©poque je fus Ă©galement vĂ©ritablement déçu par son contenu moins prononcĂ© sur l'horreur et le gore (faute des pressions des producteurs traumatisĂ©s par la tuerie du lycĂ©e Ă  Columbine), Scream 3 demeure suffisamment efficace, ironique (on joue toujours autant avec les codes en se raillant de l'industrie vĂ©reuse d'Hollywood, notamment auprès du chantage sexuel) et palpitant (qui plus est Ă©paulĂ© d'un montage au cordeau ultra dynamique) pour passer un bon moment de dĂ©tente. Et ce, mĂŞme si Ă  mes yeux il n'atteint pas le niveau des 2 premiers opus, alors qu'aujourd'hui certains prĂ©tendent qu'il est supĂ©rieur au second volet. Outre le plaisir de retrouver les personnages majeurs des prĂ©cĂ©dents Ă©pisodes; principalement David Arquette / Courteney Cox largement mis en avant ici auprès de leur enquĂŞte officieuse, Neve Campbell demeure toujours aussi attachante, expressive, charismatique en victime dĂ©munie s'efforçant ici de dĂ©couvrir le passĂ© de sa mère dĂ©funte que le tueur rend hommage Ă  travers des photos de son portrait apposĂ©es sur les lieux du drame. A rĂ©habiliter donc si bien que Scream 3 s'avère sincèrement sympa, inventif, parfois drĂ´le par son esprit cartoonesque, caustique et ludique pour ne jamais cĂ©der Ă  l'ennui. Avec mes remerciements aux youtubeurs m'ayant influencĂ© Ă  lui offrir une seconde chance.

Ci-joint les critiques de l'époque afin de prouver qu'il fut défendu chez nous, notamment chez Mad et l'EF (sans compter son score au box-office), ainsi qu'une excellente chronique de l'ami Jules de son émission Improcinécritique disponible sur You-tube

*Bruno
3èx

Box-Office France: 2 654 418 entrées




mercredi 28 septembre 2022

Fall

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Scott Mann. 2022. U.S.A/Angleterre. 1h47. Avec Grace Caroline Currey, Virginia Gardner, Mason Gooding, Jeffrey Dean Morgan. 

Sortie salles France: ?. Belgique: 14 Septembre 2022. U.S: 12 Août 2022

FILMOGRAPHIEScott Mann est un rĂ©alisateur et producteur britannique. 2005 : Down Amongst the Dead Men (co-rĂ©alisĂ© avec Nick Rowntree). 2008 : The Tournament. 2015 : Bus 657 (Heist). 2018 : Final Score. 2022 : Fall. 

                             

                                                      TOP 2022 ! Haut les coeurs !
 
"L’acrophobie sublimĂ©e : plongĂ©e dans l’enfer vertical de Fall".
Époustouflant, Ă  couper le souffle, crispant au possible — si bien qu’on reste rivĂ© Ă  son siège, tĂ©tanisĂ© d’apprĂ©hension, de pessimisme, puis d’effroi ! Que de dithyrambes, me diras-tu ! Mais je m’adresse d’abord aux spectateurs qui, comme moi, souffrent du vertige. Autrement dit, Ă  ceux pour qui la peur du vide est une hantise que Scott Mann magnifie Ă  travers sa mise en scène technique et formelle : des images naturelles magnifiquement exploitĂ©es, baignĂ©es d’un onirisme tantĂ´t crĂ©pusculaire, oĂą tout (ou presque) paraĂ®t plus vrai que nature. Car Mann parvient Ă  nous glisser dans la peau de ses deux hĂ©roĂŻnes avec un art consommĂ© du trucage artisanal.

Sans trop plonger dans les dĂ©tails numĂ©riques, tout ce que vous verrez dans Fall est quasiment tangible, criant de vĂ©ritĂ© — Ă  peu de choses près. Les deux actrices ont accompli de vĂ©ritables cascades physiques, et la tour de la station radio qu’elles escaladent fut bel et bien construite sur le lieu du tournage : une structure de plus de 32 mètres, en lieu et place des 600 mètres redoutĂ©s Ă  l’Ă©cran. Bref, Fall est une vĂ©ritable expĂ©rience cinĂ©gĂ©nique Ă  l’ancienne — Ă  l’image de Top Gun Maverick, mais avec un budget plus modeste — menĂ©e Ă  un train d’enfer littĂ©ralement vertigineux (doux euphĂ©misme pour les âmes en proie au vertige, car il faut un cĹ“ur bien accrochĂ© ; tout le rĂ©cit se condense en montagnes russes incontrĂ´lĂ©es).

Il fallait oser tenir l’intĂ©rĂŞt du spectateur pendant 1h47 avec comme seul dĂ©cor une tour pharaonique et deux actrices juvĂ©niles, monopolisant l’Ă©cran par leur force d’expression Ă  la fois rĂ©siliente et dĂ©sespĂ©rĂ©e. Les rebondissements, cohĂ©rents, irriguent leurs Ă©preuves, tandis que certains spectateurs moins convaincus relèveront, Ă  tort, quelques incohĂ©rences. Sachez, sans spoiler, que l’Ă©lĂ©ment capital du chargeur cellulaire, utilisĂ© Ă  bon escient lors d’une action fatidique, est tout Ă  fait plausible (oui, oui !). Le rĂ©alisateur et son Ă©quipe ont mĂŞme testĂ© l’expĂ©rience avant le tournage, pour redoubler d’authenticitĂ© dans cette Ă©preuve tendue comme un arc. Vous voilĂ  prĂ©venus, sceptiques !

Si quelques clichĂ©s et anicroches narratives parsèment le rĂ©cit (rien de rĂ©dhibitoire), le twist final, survenant quinze minutes avant le gĂ©nĂ©rique, nous invite Ă  reconsidĂ©rer les actions antĂ©rieures Ă  travers un second niveau de lecture — plus crĂ©dible, plus rĂ©aliste, plus sensĂ©. Ce dernier Ă©claire notamment un morceau de bravoure un peu disproportionnĂ© mais plausible, selon les expertes en alpinisme consultĂ©es. Ce coup de théâtre renforce l’attrait bouleversant de cette descente aux enfers, vĂ©ritable leçon de rĂ©silience, de bravoure et de dĂ©passement de soi, portĂ©e par une intensitĂ© dramatique insoupçonnĂ©e, concluant cette hallucinante expĂ©rience humaine, militante d’une Ă©thique spirituelle : la valeur prĂ©cieuse du temps prĂ©sent, que chacun devrait savourer au compte-goutte.


L'acrophobie Ă  son paroxysme.
Étonnamment maĂ®trisĂ©, ici un Scott Mann inspirĂ© — loin de ses produits standard sans Ă©clat (sa filmo, Ă  mes yeux, exempte de rĂ©ussites probantes) — et interprĂ©tĂ© avec sobriĂ©tĂ©, il met en scène ces survivantes Ă©mĂ©rites, liĂ©es par une solidaritĂ© amicale et une rĂ©sistance physique, en quĂŞte d’une lueur d’espoir, aussi minime soit-elle. Fall met sans cesse les nerfs Ă  rude Ă©preuve, dans un florilège de sĂ©quences ultra Ă©prouvantes (je m’adresse toujours aux spectateurs vertigineux), animĂ©es d’un rĂ©alisme vertigineux inĂ©dit.

Bombe Ă©motionnelle, le film parvient aussi Ă  nous bouleverser en arrière-plan — en mode dĂ©pressif — par un second niveau de lecture pĂ©tri d’humilitĂ©, de cri de rĂ©volte et de fatalisme cruel, notamment Ă  travers la thĂ©matique de la rĂ©demption parentale.

P.S. : privilĂ©giez la VO et une qualitĂ© 4K pour dĂ©cupler l’immersion dans ce vortex escarpĂ©, au fulgurant pouvoir formel renversant.
Et pour les derniers sceptiques, voici la dithyrambe d’un youtubeur fĂ©ru des genres.

*Bruno

mardi 27 septembre 2022

You'll Like My Mother

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Lamont Johnson. 1972. U.S.A. 1h33. Avec Patty Duke, Rosemary Murphy, Richard Thomas, Sian Barbara Allen, Dennis Rucker, Harold Congdon

Sortie salles France: ?. U.S: 13 Octobre 1972

FILMOGRAPHIE: Lamont Johnson, nĂ© le 30 septembre 1922 Ă  Stockton (Californie), aux États-Unis, et mort Ă  Monterey (Californie), le 25 octobre 2010, est un rĂ©alisateur, acteur, producteur amĂ©ricain. 1967 : A Covenant with Death. 1968 : Kona Coast. 1968 : Call to Danger (TV). 1968 : European Eye (TV). 1969 : Haute tension dans la ville (TV). 1970 : My Sweet Charlie (TV). 1970 : L'Évasion du capitaine SchlĂĽtter. 1971 : Birdbath (TV). 1971 : Dialogue de feu. 1972 : Requiem pour un espion. 1972 : You'll Like My Mother. 1972 : Cet Ă©tĂ©-lĂ  (TV). 1973 : The Last American Hero. 1974 : Visit to a Chief's Son. 1974 : ExĂ©cutĂ© pour dĂ©sertion (TV). 1975 : Fear on Trial (TV). 1976 : Viol et Châtiment. 1977 : One on One (en). 1978 : Mais qui a tuĂ© mon mari ?. 1980 : Paul's Case (TV). 1980 : Off the Minnesota Strip (TV). 1981 : Crisis at Central High (TV). 1981 : Winchester et Jupons courts. 1981 : Otages Ă  TĂ©hĂ©ran (TV). 1982 : Dangerous Company (TV). 1982 : Life of the Party: The Story of Beatrice (TV). 1983 : Le Guerrier de l'espace. 1984 : Ernie Kovacs: Between the Laughter (TV). 1985 : Wallenberg: A Hero's Story (TV). 1986 : Unnatural Causes (TV). 1988 : Lincoln (TV). 1990 : The Kennedys of Massachusetts (feuilleton TV). 1990 : Voices Within: The Lives of Truddi Chase (TV). 1992 : Crash Landing: The Rescue of Flight 232 (TV). 1993 : La ChaĂ®ne brisĂ©e (TV). 1996 : The Man Next Door (TV). 1997 : Le Loup et le Raven (TV). 

InĂ©dit en salles en France, You'll like my mother est un sympathique petit thriller Ă  suspense aussi mineur soit son contenu quelque peu prĂ©visible. Sa qualitĂ© intrinsèque Ă©manant de l'excellence de son cast (principalement Patty Duke en jeune maman rĂ©siliente embrigadĂ©e contre son grĂ©) rĂ©solument impliquĂ© dans leur trouble fonction "familiale" au sein d'un concept usurpateur dĂ©nuĂ© de rebondissement mais suffisamment bien menĂ© et correctement rĂ©alisĂ© pour passer un bon moment. Et s'il s'avère vite vu, vite oubliĂ©, on ne peut nier la sincĂ©ritĂ© de Lamont Johnson Ă  surfer sur un climat gothique tendance hitchcockienne (alors que les plus jeunes songeront plutĂ´t Ă  raison Ă  "Misery") sous l'impulsion de l'effet de suggestion au grand dam de rebondissements horrifiques parcimonieux. A dĂ©couvrir donc d'un oeil curieux pour les amateurs de raretĂ©s oubliĂ©es, si bien que ce huis-clos enneigĂ© ne manque ni de charme ni d'audace malsaine auprès de 2 sĂ©quences dĂ©rangeantes quant Ă  l'enjeu de survie du nouveau-nĂ© molestĂ© suite Ă  un Ă©prouvant accouchement de fortune. 


*Bruno
2èx

lundi 26 septembre 2022

La Possédée du Lac / La donna del lago / La Femme du Lac

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Luigi Bazzoni et Franco Rossellini. 1965. Italie. 1h25. Avec Peter Baldwin, Virna Lisi, Philippe Leroy, Ennio Balbo, Valentina Cortese, Piero Anchisi

Sortie salles France: 25 Novembre 1966. Italie: 10 Août 1965

FILMOGRAPHIELuigi Bazzoni, nĂ© le 25 juin 1929 Ă  Salsomaggiore Terme dans la rĂ©gion de l'Émilie-Romagne en Italie et mort le 1er mars 2012 dans la mĂŞme ville, est un rĂ©alisateur et un scĂ©nariste italien. 1965 : La Femme du lac. 1968 : L'Homme, l'Orgueil et la Vengeance. 1971 : JournĂ©e noire pour un bĂ©lier. 1973 : Le Gang des frères Blue. 1975 : Le orme. 1994 : Roma imago urbis. 


Encore une excellente dĂ©couverte estampillĂ©e Artus Film que l'Ă©diteur nous exhume de l'oubli dans une Ă©dition HD de qualitĂ©. TournĂ© en noir et blanc (expressionniste), La Femme du Lac relate le sĂ©jour esseulĂ© de l'Ă©crivain Bernard fuyant sa relation conjugale pour retourner Ă  l'hĂ´tel près d'une rĂ©gion cĂ´tière lorsqu'il fit la rencontre de la domestique Tilde avec qui il eut une liaison quelques temps au prĂ©alable. Or, un Ă©vènement dramatique vient d'avoir lieu apprendra-t-il par le propriĂ©taire de l'hĂ´tel. ObsĂ©dĂ© par la quĂŞte de vĂ©ritĂ©, Bernard dĂ©ambule, entre rĂŞves et rĂ©alitĂ©, pour tenter de percer le secret qui entoure la vĂ©nĂ©neuse Tilde. TirĂ© d'un fait divers survenu entre 1933 et 1946 et publiĂ© en roman en 1962 par l'Ă©crivain Giovanni Comisso, La Femme du Lac exploite lestement le thriller Ă  suspense dans le cadre d'une atmosphère d'Ă©trangetĂ© qui imprègne la pellicule. 


L'omniprĂ©sence du lĂ©ger souffle d'un vent tranquille, ses images oniriques, charnelles ou fantasmagoriques (tant pour les rĂŞves que pour une rĂ©alitĂ© crĂ©pusculaire ou mĂ©lancolique) et l'aspect interlope des protagonistes que cĂ´toie le hĂ©ros accentuant son attrait ensorcelant au sein d'une rĂ©alisation d'une Ă©tonnante modernitĂ©. Car tournĂ© en 1965, Luigi Bazzoni et Franco Rossellini imposent une mise en scène Ă  la fois inventive, expĂ©rimentale et baroque en exploitant avec raffinement ses images troubles d'une contrĂ©e montagneuse feutrĂ©e, quand bien mĂŞme les rĂŞves (prĂ©monitoires ?) de Bernard nous sont dĂ©crits sans nous avertir s'il s'agit bien d'un songe ou de sa quotidiennetĂ© plombĂ©e de solitude. Et si la rĂ©solution de l'intrigue demeure simpliste, on reste fascinĂ© et interloquĂ© par l'aspect tordu (pour ne pas dire malsain) de cette tragĂ©die criminelle fondĂ©e sur la manipulation, le chantage, la trahison au sein d'une ambiance austère intensifiant la caractĂ©risation tourmentĂ©e des antagonistes. 


FantĂ´me d'amour.
SĂ©rie B Ă  suspense d'une aura fantasmagorique permĂ©able Ă  travers sa scĂ©nographie monochrome sublimant ses persos au mal-ĂŞtre existentiel, La femme du Lac est une excellente surprise indĂ©pendante qui honore le genre avec un soin technique audacieux pour l'Ă©poque. A dĂ©couvrir sans rĂ©serve donc et Ă  faire connaĂ®tre au plus grand nombre. 

*Bruno

vendredi 23 septembre 2022

La Mort marche en Talons hauts / Nuits d'amour et d'épouvante / La morte cammina con i tacchi alti

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site themoviedb.org

de Luciano Ercoli. 1971. Italie/Espagne/France/Angleterre. 1h47. Avec Frank Wolff, Nieves Navarro, SimĂłn Andreu, Carlo Gentili, George Rigaud. 

Sortie salles France: 26 Février 1975. Italie: 30 Novembre 1971

FILMOGRAPHIE: Luciano Ercoli est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur italien nĂ© le 19 Octobre 1929 Ă  Rome, dĂ©cĂ©dĂ© le 15 Mars 2015 Ă  Barcelone, Espagne. 1977: La bidonata. 1975 Boites Ă  fillettes.  1974 Lucrezia giovane. 1974 Il figlio della sepolta viva. 1973 DĂ©rapage contrĂ´lĂ©. 1972 La mort caresse Ă  minuit. 1971 Nuits d'amour et d'Ă©pouvante. 1970 Photo interdite d'une bourgeoise. 


RaretĂ© introuvable exhumĂ©e de l'oubli grâce Ă  Artus Films dans une superbe copie HD, la Mort marche en talons hauts est un sympathique Giallo qui mĂ©rite le coup d'oeil auprès des afficionados du genre. Car si le dĂ©but de l'intrigue a de quoi un peu surprendre Ă  travers son enchainement de sĂ©quences Ă©rotiques parfois gratuites mais charmantes (dont 2 chorĂ©graphies lascives dans le crazy horse de Paris) de par la spontanĂ©itĂ© des actrices italiennes renversantes de beautĂ©, sans compter une rupture de ton cocasse inhabituelle pour le genre; la Mort marche en talons hauts instaure peu Ă  peu une investigation Ă  suspense jamais fastidieuse dès que le 1er meurtre fĂ©minin entre en scène. Les acteurs, pour la plupart connus des amateurs de Bis, demeurant tout Ă  fait convaincants dans leur fâcheuse posture suspicieuse si bien qu'il s'avère houleux d'y dĂ©manteler le fameux coupable lors de son final Ă  tiroirs redoutablement efficace. 


Le rĂ©alisateur Lucioano Ercoli (dĂ©jĂ  responsable de La Mort Caresse Ă  Minuit et Photo interdite d'une bourgeoise) cumulant les nombreux effets de surprise avec une cohĂ©rence indiscutable, et ce alors que l'on pensait que l'intrigue allait se clore sur une rĂ©vĂ©lation capillotractĂ©e heureusement bâtie sur le faux semblant. Quant aux meurtres, timorĂ©s il est vrai, on reste surtout gentiment fascinĂ© par une sĂ©quence choc quelque peu gorasse Ă  travers son petit effet rĂ©vulsif et son cadrage aux p'tits oignons. Des trucages rudimentaires certes qui prĂŞteront Ă  sourire les non-initiĂ©s mais nĂ©anmoins charmants par leur aspect artisanal rĂ©tro (mĂŞme si l'effet choc du prologue avait gagnĂ© Ă  ĂŞtre beaucoup plus rĂ©aliste auprès de son incision peu convaincante effectuĂ©e sur la gorge de la victime). Et pour parachever, comme de coutume dans la noble tradition du Giallo, la Mort marche en talons hauts illumine la vue Ă  travers son esthĂ©tisme hyper soignĂ© nanti d'une palette de couleurs Ă  la fois douces, limpides, pour ne pas dire pastelles. 


Tout Ă  fait frĂ©quentable donc, d'autant plus que le coffret blu-ray demeure une fois de plus fastueux (tant pour le magnifique fourreau avec Ă  l'intĂ©rieur ses affiches d'origine cartonnĂ©es, que pour sa qualitĂ© d'image optimale en scope). 

*Bruno

jeudi 22 septembre 2022

Tess. César du Meilleur Film.

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Roman Polanski. 1979. U.S.A/Angleterre. 2h51. Avec Nastassja Kinski, Peter Firth, Leigh Lawson, John Collin, Rosemary Martin, David Markham, Richard Pearson, Carolyn Pickles, Pascale de Boysson, Arielle Dombasle. 

Sortie salles France: 31 Octobre 1979. U.S: 12 Décembre 1980

FILMOGRAPHIE: Roman Polanski est un réalisateur, producteur, comédien, metteur en scène de théâtre et d'opéra et scénariste franco-polonais américain. Il est né le 18 Août 1933 à Paris. 1962: Le Couteau dans l'eau. 1965: Répulsion. 1966: Cul de sac. 1967: Le Bal des Vampires. 1968: Rosemary's Baby. 1971: Macbeth. 1972: Week-end of a champion. 1972: Quoi ? 1974: Chinatown. 1976: Le Locataire. 1979: Tess. 1986: Pirates. 1988: Frantic. 1992: Lunes de fiel. 1994: La Jeune fille et la mort. 1999: La 9è porte. 2002: Le Pianiste. 2005: Oliver Twist. 2010: The Ghost Writer. 2011: Carnage. 2013: La Vénus à la fourrure. 2017 : D'après une histoire vraie. 2019 : J'accuse. 2022 : The Palace.


"Les histoires d'amour finissent mal en général."
ConsidĂ©rĂ© Ă  juste titre comme l'une de ses oeuvres les plus acclamĂ©es (selon wikipedia), Roman Polanski marqua de son empreinte le 7è art avec Tess, mĂ©lo d'une cruautĂ© rarement Ă©galĂ©e d'après le roman de Thomas Hardy publiĂ© en 1891. Chef-d'oeuvre Ă©lĂ©giaque d'une durĂ©e substantielle de 2h51 (si bien qu'il y eut des polĂ©miques Ă  l'Ă©courter selon certains pays dont le nĂ´tre puisqu'il est entièrement tournĂ© en France et produit par Claude Berri dĂ©libĂ©rĂ© Ă  le raccourcir de 30 minutes ), Tess est une bouleversante romance fustigeant l'intĂ©grisme de la chrĂ©tientĂ© lors de l'Ă©poque sĂ©culaire de la grande dĂ©pression (1876-1896). DĂ©diĂ© Ă  Sharon Tate nous prĂ©vient le gĂ©nĂ©rique liminaire puisque celle-ci offrit le roman Ă  son Ă©poux avant d'ĂŞtre assassinĂ©e par les membres de Charles Manson, Roman Polanski lui rend donc humblement hommage après avoir lu le bouquin et après avoir exaucĂ© les voeux de celle-ci espĂ©rant qu'il l'adapte un jour Ă  l'Ă©cran. Visuellement fastueux quasiment Ă  chaque plan auprès d'une reconstitution historique sensorielle sublimant sa paisible nature (avec ptantĂ´t des plages de fĂ©erie et de fantasmagorie), le film tournĂ© dans un splendide scope nous fait partager les vicissitudes romantiques de la jeune Tess compromise par les tempĂ©raments machistes d'un duo d'amants antinomiques mais communĂ©ment cruels et Ă©goĂŻstes. 

                                    

L'un se pliant aux exigences d'une idĂ©ologie catholique (il est fils de pasteur), l'autre se vautrant dans une forme de masochisme moral Ă  humilier, manipuler, tromper une jeune vierge ne connaissant rien de la mĂ©chancetĂ© des hommes dĂ©nuĂ©s de vergogne. Le rĂ©cit magnifiquement Ă©crit nous dĂ©peignant avec une sobre Ă©motion prude le profil inoubliable de cette jeune mĂ©tayère d'une candeur Ă  fleur de peau (euphĂ©misme). L'un des portraits les plus doux, Ă©purĂ©s, torturĂ©s et dĂ©sespĂ©rĂ©s que le cinĂ©ma nous ait offert sous l'impulsion d'un artiste au sommet de son art. Roman Polanski fignolant sa rĂ©alisation comme le transfigurait par exemple Kubrick avec Barry Lindon tant les plans s'apparentent Ă  s'y mĂ©prendre Ă  de vĂ©ritables tableaux picturaux. Mais Tess ne serait pas aussi puissamment fulgurant sans le talent vertueux de Nastassia Kinski Ă©crasant tout sur son passage de sa beautĂ© suave inscrite dans la stricte virginitĂ©. De par l'innommable cruautĂ© du rĂ©cit Ă©pouvantablement dĂ©crit sans complaisance, on reste Ă  la fois scotchĂ©, amer et interloquĂ© par l'Ă©volution morale de Tess perdant peu Ă  peu tout espoir auprès de son chemin de croix tracĂ© d'avance. L'actrice exprimant en toute rĂ©serve timorĂ©e une palette de sentiments Ă  la fois mĂ©lancoliques, languides, sentencieux sans jamais se morfondre dans une sinistrose outrancière eu Ă©gard de la subtile conduite narrative dĂ©nuĂ©e de fioritures puisque en Ă©tat de grâce. 

D'un onirisme romantique Ă  damner un saint (c'est d'ailleurs ce que nous dĂ©peint rĂ©ellement l'histoire !), Tess demeure l'emblème de la fragile intĂ©gritĂ© Ă  travers l'initiation rigoureuse de cette paysanne davantage lucide et en voie de rĂ©bellion (d'oĂą ce final tragique !) auprès de la cruautĂ© de ses amants  tributaires d'une Ă©poque oĂą machisme et fanatisme religieux prĂ©dominent les mentalitĂ©s archaĂŻques. ScandĂ© de la partition lyrique de Philippe Sarde, Tess est probablement l'un des plus beaux films du monde en dĂ©pit de son immense cruautĂ© intolĂ©rable. Il demeure donc nĂ©anmoins Ă  dĂ©conseiller aux dĂ©pressifs tout en Ă©tant formellement recommandĂ© aux cinĂ©philes purs et durs. 

*Bruno
2èx

Box-Office France: 1 912 948 entrées

Récompenses:
5e cérémonie des César :
CĂ©sar du meilleur film – Claude Berri et Roman Polanski
CĂ©sar du meilleur rĂ©alisateur – Roman Polanski
CĂ©sar de la meilleure photographie – Ghislain Cloquet

53e cérémonie des Oscars :
Oscar de la meilleure photographie – Ghislain Cloquet et Geoffrey Unsworth
Oscar de la meilleure direction artistique – Pierre Guffroy et Jack Stephens
Oscar des meilleurs costumes – Anthony Powell

38e cérémonie des Golden Globes : Golden Globe du meilleur film étranger

mercredi 21 septembre 2022

Pacte avec un tueur / Best Seller

                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.com

de John Flynn. 1987. U.S.A. 1h35. Avec James Woods, Brian Dennehy, Victoria Tennant, Allison Balson, Paul Shenar, George Coe.

Sortie salles France: 13 Janvier 1988. U.S: 25 Septembre 1987

FILMOGRAPHIE: John Flynn est un réalisateur et scénariste américain, né le 14 Mars 1932 à Chicago, décédé le 4 Avril 2007 en Californie. 1968: Le Sergent. 1972: The Jerusalem File. 1973: Echec à l'Organisation. 1977: Légitime Violence. 1980: Les Massacreurs de Brooklyn. 1980: Marilyn, une vie inachevée. 1983: Touched. 1987: Pacte avec un Tueur. 1989: Haute Sécurité. 1991: Justice Sauvage. 1992: Nails (télé-film). 1993: Scam (télé-film). 1994: Brainscan. 1999: Meurtres très ordonnés. 2001: Protection.

Un excellent polar des annĂ©es 80 aux Ă©clairs de violence Ă©tonnamment brutaux au sein de cette sĂ©rie B retorse eu Ă©gard de l'originalitĂ© de son scĂ©nario concoctĂ© par le maĂ®tre Larry Cohen qu'on ne prĂ©sente plus. Un flic Ă©crivain acceptant de nĂ©gocier avec un tueur Ă  gages afin de faire tomber un sĂ©nateur corrompu pour qui ce dernier exerçait. Le rĂ©cit s'avĂ©rant beaucoup plus substantiel et sombre, notamment si je me rĂ©fère au passĂ© de Dennis ayant failli trĂ©passer lors d'un cambriolage sanglant alors que quelques annĂ©es après c'est sa femme qui mourra d'un cancer. Ainsi, Ă  travers son concept Ă  la fois original et audacieux, Pacte avec un Tueur tire parti de son efficacitĂ© dans les rapports antinomiques entre le flic et le tueur collaborant mutuellement avec une constante ambiguĂŻtĂ© (entre fascination / rĂ©pulsion et une certaine forme de reconnaissance morale quant Ă  l'Ă©pilogue dramatique). 

Tant pour les motivations du tueur dĂ©terminĂ© Ă  se substituer en hĂ©ros, et donc Ă  se racheter une conduite tout en perdurant ses exactions punitives sans une once de vergogne, alors qu'Ă  plusieurs reprises il sauvera la vie de son acolyte de l'ordre et la fille de celui-ci, que pour le laxisme du flic, tĂ©moin voyeur de règlements de compte sanglants entre les sbires du sĂ©nateur Ă  l'affut de leurs faits et gestes Ă  interroger les tĂ©moins capitaux. James Woods excellant comme de coutume dans la peau du tueur Ă  lunette noire et costard avec un flegme mĂ©thodique Ă  la fois tranquille et dĂ©tachĂ© puisque motivĂ© notamment par la rancoeur d'avoir Ă©tĂ© trahi par son supĂ©rieur. Quant Ă  Brian Dennehy, il lui partage la vedette avec une audace morale assez Ă©trange durant leur parcours investigateur semĂ© de cadavres, entre confidences intimes et soutien mutuel dĂ©concertant. 

Un solide polar marginal donc n'ayant rien perdu de son aura de souffre Ă  travers cette quĂŞte de cĂ©lĂ©britĂ©, de renaissance, d'hĂ©roĂŻsme (hĂ©tĂ©rodoxe) et de rĂ©demption. 

*Bruno
3èx

mardi 20 septembre 2022

American Gigolo

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Paul Schrader. 1980. U.S.A. 1h57. Avec Richard Gere, Lauren Hutton, Hector Elizondo, Nina Van Pallandt, Bill Duke

Sortie salles France: 11 Juin 1980. U.S: 8 FĂ©vrier 1980

FILMOGRAPHIE: Paul Schrader est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 22 Juillet 1946 Ă  Grand Rapids (Michigan). Blue Collar: 1978. 1979: Hardcore. 1980: American Gigolo. 1982: La FĂ©line. 1985: Mishima. 1987: Light of Day. 1988: Patty Hearts. 1990: Etrange SĂ©duction. 1992: Light Sleeper. 1994: Witch Hunt (tĂ©lĂ©-film). 1997: Touch. 1997: Affliction. 1999: Les Amants Eternels. 2002: Auto Focus. 2005: Dominion. 2007: The Walker. 2008: Adam Resurrected. 2013 : The Canyons. 2014 : La Sentinelle. 2016 : Dog Eat Dog. 2017 : Sur le chemin de la rĂ©demption. 2021 : The Card Counter. 


"L'amant le mieux payé d'Hollywood pris dans une affaire de moeurs et de meurtre."
42 ans ! C'est le temps qu'il m'eut fallu attendre pour dĂ©couvrir (au bon moment) American Gigolo si bien que lorsque j'Ă©tais ado Ă  l'Ă©poque de "la Cinq", le sujet sulfureux ne m'intĂ©ressait guère, avec en prime de s'y coltiner en tĂŞte d'affiche l'acteur bellâtre Richard Gere consacrĂ© du jour au lendemain star bankable Ă  la suite de ce retentissant succès (mĂŞme si en France American Gigolo ne cumule que 691 163 entrĂ©es). A titre d'anecdotes subsidiaires, on peut d'ailleurs rĂ©vĂ©ler que John Travolta devait initialement camper ce gigolo bon chic bon genre qu'il refusa Ă  la suite d'un commun accord avec son agent, faute de ses rĂ©cents Ă©checs commerciaux. Quand bien mĂŞme Christopher Reeve rĂ©futa Ă©galement le rĂ´le pour des raisons que j'ignore. A l'arrivĂ©e, et Ă  ma grande surprise (mĂŞme si je n'ai jamais vraiment doutĂ© de sa qualitĂ© cinĂ©gĂ©nique), American Gigolo est venu Ă  moi comme par enchantement afin de bouleverser mes attentes de spectateur en total Ă©veil. J'avoue mĂŞme sans ambages, et donc le plus sincèrement, avoir reçu un coup de coeur Ă  reluquer la quotidiennetĂ© triviale de ce gigolo vendant son corps aux femmes huppĂ©es (surtout les plus âgĂ©es !) avant d'ĂŞtre pris pour cible par la police Ă  la suite d'une dĂ©couverte macabre qu'il frĂ©quenta une nuit. Histoire simpliste ok, mais d'une efficacitĂ© imparable lorsque Paul Schrader offre toute sa conviction en son personnage assez gĂ©rontophile que Richard Gere transcende Ă  la perfection dans son profil de prostituĂ© masculin bientĂ´t rattrapĂ© par une romance alĂ©atoire (que campe divinement la trop rare Lauren Hutton exquise de sensualitĂ©, en mode tĂ©nuitĂ© rĂ©servĂ©e). 

Et pour rester honnĂŞte, je connais bien mal la filmo de Richard Gere mĂŞme s'il est parvenu Ă  me traumatiser dans l'Ă©prouvant Hatchi. Mais je ne serai guère surpris si la plupart s'accorde Ă  clamer qu'il s'agit ici de son meilleur rĂ´le tant l'acteur, Ă  la dĂ©marche distinguĂ©e si naturelle, se voue corps et âme Ă  donner chair Ă  son personnage illĂ©gal avec un art consommĂ© du style et de l'aplomb. Et ce juste avant d'afficher un ton autrement tendu et renfrognĂ© lorsque la police est sur le point de le dĂ©fĂ©rer Ă  la suite d'un complot perfide. Mais si American Gigolo m'a autant sĂ©duit et captivĂ© en la prĂ©sence symptomatique de Gere constamment dans tous les plans, c'est Ă©galement Ă  travers la capacitĂ© innĂ©e de Schrader Ă  susciter une vĂ©ritable ambiance Ă  la fois charnelle, trouble et parfois sensiblement inquiĂ©tante Ă  travers ses nuits rĂ©cursives filmĂ©es sans complaisance dans son parti-pris d'opter pour un rĂ©alisme tantĂ´t documentĂ©. On peut d'ailleurs mĂŞme songer Ă  Ferrara pour certains plans urbains un tantinet glauques ou insĂ©cures et Ă  Friedkin lors d'une sĂ©quence musicale confinĂ©e en boite de nuit "gay". Le tout Ă©tant scandĂ© du tube "call me" de Blondie que Giorgio Moroder reprendra en intermittence lors de tonalitĂ©s remixĂ©es. Quand bien mĂŞme lors de moments plus opaques et anxiogènes il opte pour une musicalitĂ© Ă©lectro (typique des eighties !) autrement lourde et lugubre afin de renforcer l'aspect psycho-killer de sa seconde partie thriller. 

En optant pour un 1er degrĂ© assumĂ© dĂ©nuĂ© de prĂ©tention Ă  dresser le portrait Ă©volutif d'un gigolo que son entourage vĂ©nal et sournois fuira depuis l'avancement de sa culpabilitĂ©, Paul Schrader injecte une Ă©tonnante dimension humaine Ă  son potentiel coupable que seul l'amour pourrait sauver de sa condition Ă  la fois recluse et soumise. Tout en magnifiant en filigrane la ville insidieuse de Los Angeles du cĂ´tĂ© des quartiers branchĂ©s et bourgeois d'une haute sociĂ©tĂ© adepte de la coke et de la prostitution de haut standing. Impeccablement narrĂ© Ă  travers sa façon modeste de raconter son histoire dĂ©nuĂ©e de fioritures, American Gigolo hypnotise sobrement nos sens sous l'impulsion d'un Richard Gere au diapason car littĂ©ralement habitĂ© par son rĂ´le racoleur peu Ă  peu en proie au doute, Ă  la peur, Ă  la remise en question, Ă  la maturitĂ©. Un vrai film de cinĂ©ma donc (qu'on ne peut plus façonner de nos jours) doublĂ© d'un film d'ambiance quasi indicible dans sa subtile disparitĂ© des tonalitĂ©s contradictoires. A revoir sans l'ombre d'une hĂ©sitation puisque ce mĂ©trage plein de sobriĂ©tĂ© me semble donc inaltĂ©rable dans ma condition nĂ©ophyte du 1er visionnage. Vrai classique au demeurant. 

*Bruno

lundi 19 septembre 2022

Ne dis rien / Speak no Evil

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Christian Tafdrup. 2021. Danemark. 1h38. Avec Morten Burian, Sidsel Siem Koch, Fedja van HuĂŞt, Karina Smulders, Liva Forsberg. 

Sortie en VOD et Dvd le 23 Septembre 2022. Danemark: 17 Mars 2022.

FILMOGRAPHIE: Christian Tafdrup est un rĂ©alisateur, acteur et scĂ©nariste nĂ© le 8 April 1978 Ă  Copenhagen, Danemark. 2022: Ne dis rien. 2017: En frygtelig kvinde. 2016: Forældre. 

Top 2022 ! Le malaise perpétuel au sens littéral (tant éthéré puis tangible) dépeint ici avec un vérisme si tranché qu'il est en permanence incommodant. Jusqu'au final incongru en mode dépression..

Un choc que ce suspense horrifique impeccablement tendu et malaisant au possible si bien que le rĂ©alisateur, en pleine capacitĂ© de sa maĂ®trise alchimique, nous saisit Ă  la gorge 1h33 durant jusqu'au climax traumatique. Ainsi, Ă  partir d'un pitch linĂ©aire ultra simpliste (un couple de touristes danois et leur fille sont aimablement invitĂ©s chez un couple hollandais prĂ©alablement rencontrĂ© en villĂ©giature), Christian Tafdrup (dont il s'agit de son 3è long) parvient Ă  tailler un suspense au cordeau quant au dĂ©sarroi moral de ses invitĂ©s accorts en proie Ă  l'incomprĂ©hension, le doute, l'apprĂ©hension et surtout la gĂŞne eu Ă©gard du comportement Ă  la fois lunatique, impudent, erratique de ces propriĂ©taires hollandais fallacieux. Toute l'intensitĂ© du rĂ©cit rĂ©sidant dans l'interrogation de ces protagonistes (et nous mĂŞme !) avant d'y prendre la poudre d'escampette en lieu et place du malaise cuisant qui empoisonne leur fĂ©brile quotidiennetĂ©. Tant et si bien que s'il ne se passe pas grand chose durant les 3/4 quarts du rĂ©cit, on reste pour autant captivĂ©, hypnotisĂ©, sur le qui-vive car profondĂ©ment inquiet de la tournure inĂ©vitablement dramatique de ce huis-clos oĂą le malaise suffocant n'aura jamais Ă©tĂ© aussi permĂ©able que dans ce mĂ©trage hollandais d'un vĂ©risme Ă  couper au rasoir. 

Tant auprès de l'ossature du récit imprévisible, de son aura malsaine toujours plus imposante que de la direction d'acteurs où chaque comédien se fond dans le corps de leur personnage avec un art consommé du naturel expressif. Le spectateur s'identifiant d'autant mieux aux victimes que leurs visages ne nous paraissent guère familiers auprès de leur identité danoise. C'est donc un scrupuleux voyage au bout de l'enfer moral que l'on nous dépeint ici, avant d'amorcer une horreur crue qui explosera lors des 5 ultimes minutes assez pénibles à regarder de par l'intensité de sa cruauté requise éludée de lueur d'espoir. Mais ce qui ébranle avant tout selon moi avec Ne dis rien, c'est sa capacité infaillible d'avoir su distiller la fibre du malaise le plus perfide et insidieux auprès des victimes et du spectateur attentif à leurs faits et gestes eu égard du sentiment d'insécurité les agressant au compte-goutte. Et ce sans s'embarrasser d'effets de manche grossiers qu'on a coutume de se coltiner dans les prods standard, la subtilité étant ici de rigueur pour mettre en exergue un jeu psychologique de soumission/domination à travers les valeurs familiales, le civisme et la pédagogie parentale.


"Parce que tu m'as laissé faire"
Huis-clos dĂ©lĂ©tère d'une tension oppressante parfois insoutenable, Ne dis rien mise sur l'horreur Ă©thĂ©rĂ©e, les non-dits (ce que l'on n'ose pas rĂ©pondre Ă  son interlocuteur par politesse), les regards Ă©quivoques, les postures outrĂ©es pour provoquer une angoisse incommode derrière une hospitalitĂ© insidieuse trop flegme pour ĂŞtre honnĂŞte. Outre l'interprĂ©tation exemplaire (c'est peu de le dire) de sobriĂ©tĂ©, le rĂ©cit Ă©tant renforcĂ© d'une partition faisant Ă©cho Ă  Shining lors de moult sĂ©quences laconiques ou mutiques oĂą la nature semble vampirisĂ©e par un ectoplasme dĂ©monial. Toujours dĂ©rangeant car souvent dĂ©stabilisant et embarrassant, Ne dis Rien explose son potentiel horrifique lors d'un Ă©pilogue abrupt faisant office de dĂ©pression traumatique. 
Pour public averti. 

*Bruno

Ci-joint la critique de Merej

vendredi 16 septembre 2022

Emily the Criminal. Prix du Public, Deauville 2022.

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de John Patton Ford. 2022. U.S.A. 1h37. Avec Place Aubrey, ThĂ©o Rossi, Megalyn Echikunwoke, Gina Gershon

Sortie salles France: 9 Septembre 2022 uniquement Ă  Deauville. Sortie salles U.S/Canada: 12 AoĂ»t 2022

FILMOGRAPHIEJohn Patton Ford est un acteur, scĂ©nariste et rĂ©alisateur amĂ©ricain. 
2022: Emily the Criminal. 

Encore un mĂ©trage passĂ© par la trappe Vod alors qu'il aurait tant mĂ©ritĂ© une sortie salles en bonne et due forme. Première rĂ©alisation de John Patton Ford, Emily the Criminal est une claque comme on en voit si peu en cours d'annĂ©e dans le paysage cinĂ©matographique. Tout du moins une oeuvre indĂ©pendante apte Ă  trĂ´ner dans le classement d'un Top 10 annuel tant le rĂ©alisateur maĂ®trise son matĂ©riau sous l'impulsion d'une actrice au diapason: Place Aubrey. Personnellement, je ne connais pas encore cette actrice (non plus en vagues souvenirs) alors qu'elle approche dĂ©jĂ  près de 30 mĂ©trages dans son curriculum vitae. Irradiant l'Ă©cran de sa prĂ©sence naturelle sans fard, Place Aubrey compte sur la sobriĂ©tĂ© de ses expressions quelque peu introverties (mais affirmĂ©es !) pour nous captiver en nous suscitant une apprĂ©hension tangible Ă  travers son cheminement illĂ©gal d'escroc Ă  la p'tite semaine exploitant de fausses cartes bleues pour empocher un pactole toujours plus juteux. 

Savamment mis en place par un trio de malfrats retors, Emilie finit par se retrouver projetĂ©e dans un engrenage indĂ©lĂ©bile avec toutefois un courage et une audace que l'on ne voit jamais arriver tant l'actrice dĂ©ploie une palette de sentiments Ă©quivoques dans sa condition de frondeuse partagĂ©e entre l'espoir de s'en sortir en dĂ©pit d'une sociĂ©tĂ© capitaliste Ă  la fois arbitraire et cupide et la tentation de se laisser dĂ©river toujours plus loin vers l'illĂ©galitĂ©. John Patton Ford filmant la ville avec un brio vĂ©riste quasi documentĂ© pour mieux nous immerger dans sa scĂ©nographie urbaine insĂ©cure dissĂ©minant les trafics en tous genres. Superbe portrait de femme forte donc dĂ©nuĂ©e de manichĂ©isme, tant et si bien que son final imprĂ©visible te fera grincer des dents avec une stupeur finalement fascinatoire, Emily the Criminal ne cesse de surprendre et de nous titiller les nerfs (certaines sĂ©quences effrĂ©nĂ©es demeurent d'une tension extrĂŞme sans anticiper l'Ă©vènement) avec en background une diatribe cinglante sur les laissĂ©s pour compte, les marginaux et les chĂ´meurs contraints de survivre dans une jungle capitaliste aussi fourbe que dĂ©loyale. Alors que sa rĂ©flexion patente sur la contagion du vice porte Ă  rĂ©flĂ©chir sur notre propre condition Ă©thique si bien que l'on s'identifie Ă  l'anti-hĂ©roĂŻne avec une fascination Ă  double tranchant. 

Percutant et hypnotique (d'autant plus atmosphĂ©rique par moments), trouble et oppressant Ă  travers sa mise en scène studieuse Ă©tonnamment maĂ®trisĂ©e pour un 1er essai, Emily the Criminal nous plonge dans une descente aux enfers latente. Dans la mesure oĂą les quelques affrontements sur le fil du rasoir et les situations de transaction attisent notre curiositĂ© avec une inquiĂ©tude dĂ©nuĂ©e de repères. Place Aubrey monopolisant l'Ă©cran anxiogène avec un aplomb davantage oppressant eu Ă©gard de son Ă©volution morale Ă  s'opposer contre l'autoritĂ© et l'injustice quitte Ă  y perdre son âme pour un allĂ©chant enjeu pĂ©cuniaire. Outre sa prĂ©sence Ă  la fois envoĂ»tante et Ă©trangement lascive, elle est accompagnĂ©e de son manager ThĂ©o Rossi rĂ©solument innĂ© pour se fondre dans le corps du leader peu recommandable avec une force d'expression lui aussi laconique et mesurĂ©e. A eux deux ils improvisent un tandem davantage compromettant dans leur stratĂ©gie autonome de se mesurer Ă  une provocation fĂ©lonne afin d'asseoir et d'affirmer leur libre arbitre. ScandĂ© d'un score Ă©lectro lestement punchy, Emily the Criminal est une rĂ©vĂ©lation Ă  tous niveau (rĂ©al, Ă©criture, interprĂ©tation) comme le confirment ses rĂ©compenses Ă  Deauville et Ă  Annapolis. Quand bien mĂŞme le bouche Ă  oreille fait son bonhomme de chemin comme je le fus soumis Ă  travers les rĂ©seaux sociaux et certains youtubeurs. Tu sais donc ce qu'il te reste Ă  faire... 

*Bruno

RĂ©compenses: Prix du Jury, Meilleur long-mĂ©trage, Meilleure Actrice Aubrey Plaza au Festival du film d’Annapolis 2022.

Prix du Public, Deauville 2022.