vendredi 23 février 2024

L'Effet Papillon / The Butterfly Effect. Prix du Public, Bruxelles 2004.

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Eric Bress, J. Mackye Gruber. 2004. U.S.A/Canada. 1h59 (Director's Cut). Avec Ashton Kutcher, Amy Smart, Melora Walters, Elden Henson, William Lee Scott, John Patrick, Amedori, Irene Gorovaia, Kevin Schmidt, Jesse James.

Sortie salles France: 10 Mars 2004 (Int - 12 ans). U.S: 23 Janvier 2004 (int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Eric Bress, nĂ© Ă  New-York, est un scĂ©nariste et rĂ©alisateur amĂ©ricain.2004: L'Effet Papillon. 2020 : Ghosts of War. 
Jonathan Gruber, plus connu sous le nom de J. Mackye Gruber, est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain. 2004 : L'Effet papillon. 2006 : Kyle XY. 


"On dit que le battement d'ailes d'un papillon peut engendrer un typhon Ă  l'autre bout du monde."
La Théorie du Chaos.
Film culte s'il en est, si bien qu'(au 3è visionnage) on se rend d'autant mieux compte Ă  quel point il serait infaisable de nos jours (surtout en version Director's Cut, prĂ©parez vous au choc final contrairement traumatique !), l'Effet Papillon fait l'effet d'un uppercut Ă©motionnel Ă  travers sa dramaturgie escarpĂ©e d'une rigoureuse cruautĂ© (euphĂ©misme j'vous dit). Et si on peut toutefois se rĂ©conforter auprès de son Ă©pilogue rĂ©dempteur d'après le Director's CutEric Bress  et J. Mackye Gruber jouent audacieusement la carte tranchĂ©e de la demi-teinte quant Ă  la destinĂ©e de notre hĂ©ros juvĂ©nile voyageant pĂ©niblement dans le passĂ© par autosuggestion Ă©pistolaire. Ainsi donc, renouvelant admirablement la thĂ©matique du voyage temporel au sein du contexte contemporain d'une bourgade ricaine faussement sereine, l'Effet Papillon s'Ă©difie en effroyable descente aux enfers auprès des thĂ©matiques de la pĂ©dophilie, de la maltraitance, du bizutage, de la dĂ©chĂ©ance, de la toxicomanie, de l'inceste, de la prostitution et de l'enfance meurtrière Ă  la suite d'un incident littĂ©ralement explosif. Et si, de base, nous avions bien affaire Ă  un divertissement hollywoodien rondement menĂ© car sans temps mort et incessamment surprenant jusqu'au vertige de l'effroi (3 sĂ©quences s'avèrent perturbantes quant aux retrouvailles d'Evan avec son père en prison, la condition estropiĂ©e du fils quelques instant plus loin et enfin son hallucinant Ă©pilogue mortifiĂ© d'autant plus dĂ©chirant), nos auteurs osent la gageure d'imbiber leur rĂ©cit d'une atmosphère malsaine Ă  la fois dĂ©rangeante, Ă©touffante, malaisante qui ne lâchera pas d'une semelle le spectateur embarquĂ© dans une course contre la montre temporelle sous l'impulsion du jeune Evan s'efforçant vainement de prĂ©server la tranquillitĂ© de ses 3 amis.


Si bien que tout a une influence sur tout et que tout le monde affecte tout le monde. Le rĂ©cit demeurant finalement un prĂ©texte pour tĂ©moigner des consĂ©quences parfois dĂ©sastreuses de nos actions irrĂ©flĂ©chies / irresponsables quelque soit notre âge. MĂŞme si en l'occurrence nous avions affaire Ă  2 Ă©vènements traumatiques impartis Ă  une enfance galvaudĂ©e. "On se change les uns les autres" suggèrent ainsi les auteurs du point de vue dĂ©muni d'Evan au sein d'un rĂ©cit dramatique infiniment cauchemardesque, et ce jusqu'au point de non retour. Outre l'incroyable noirceur du rĂ©cit martyrisant le spectateur sans complexe aucun (citez moi un titre de film rĂ©fĂ©rentiel aussi sordide, violent, cruel et radical Ă  travers la thĂ©matique du voyage temporel car personnellement je n'ai pas trouvĂ©), l'Effet Papillon doit Ă©galement beaucoup de sa dimension dramatique en la prĂ©sence de ses attachants seconds-rĂ´les d'une Ă©vidente fragilitĂ© torturĂ©e. Quand bien mĂŞme Ashton Kutcher mène fĂ©brilement le groupe avec une intensitĂ© expressive Ă  la fois trouble, inquiĂ©tante, tourmentĂ©e, sensible quant Ă  son dĂ©sir irrĂ©pressible de sauver ses amis ainsi que sa mère impliquĂ©e dans un dĂ©sarroi infortunĂ© (euphĂ©misme quand on comprend les tenants et aboutissants de cette Ă©trange malĂ©diction filiale dĂ©nuĂ©e d'explications - et c'est tant mieux afin de prĂ©server son mystère irrĂ©solu -). 


Changer une chose... change tout.
Authentique classique du genre explosant les codes, son cadre solaire et l'Ă©volution de ses personnages meurtris au grĂ© d'une cruautĂ© humaniste constante, l'Effet Papillon nous laisse un (inĂ©vitable) souvenir impĂ©rissable de par le parti-pris couillu des auteurs de se permettre l'immontrable dans leur incontournable Director's Cut inĂ©dit en salles. Et après visionnage aussi Ă©prouvant, on comprends mieux pourquoi les producteurs ont prĂ©fĂ©rĂ© opter pour l'assurance d'un final plus doux et conventionnel en version salles afin de ne pas traumatiser le grand public ballotĂ© tous azimuts par cette effroyable odyssĂ©e temporelle. Si bien que derrière cette radicale noirceur s'y dĂ©cline une rĂ©flexion (essentielle) sur notre destinĂ©e quant aux consĂ©quences dramatiques de nos actions les plus graves, illimitĂ©es et irrĂ©flĂ©chies, tant auprès de notre ego que de notre entourage le plus cher. 

*Bruno
23.02.24. 3èx. Vostfr.

Récompense: Festival international du film fantastique de Bruxelles 2004 : Pégase - Prix du public décerné à Eric Bress et J. Mackye Gruber

ATTENTION ! SPOILERS EN PAGAILLE POUR ETABLIR LE DISTINGO ENTRE LES 2 VERSIONS !!!

Version director's cut
Le film existe en deux versions : La version cinĂ©ma incluant une fin « producteur », et la version director's cut incluant une fin « rĂ©alisateur », celle disponible sur le DVD du film. Voici les diffĂ©rents ajouts et modifications figurant dans la director's cut15,16.

Evan découvre que son grand-père avait le même don que lui, et a aussi été considéré comme fou, comme son père.
Evan et sa mère vont consulter une voyante. Cette dernière est horrifiĂ©e Ă  l'idĂ©e de dĂ©couvrir qu'Evan « n'a pas d’aura, pas d’âme » et qu’« il ne devrait pas ĂŞtre ici ».
Dans la scène suivante, la mère d'Evan, sous le choc, lui confesse qu'elle a eu deux fausses couches avant lui, et qu'elle a toujours considéré sa venue au monde comme un miracle.
Une scène de prison où les détenus lisent publiquement le journal intime d'Evan pour se moquer de lui.
Une scène de prison où les détenus viennent le violer pendant la nuit.
La scène de l'hôpital où Evan rend visite à sa mère malade est étendue.
Une fin alternative :

Dans la version cinĂ©ma, le film se termine après qu'Evan, revenu dans son enfance au moment de sa première rencontre avec Kayleigh, la menace violemment de mort pour ĂŞtre sĂ»r qu'elle ne reste pas vivre chez son père pour lui. Dans la scène qui suit, Evan se rĂ©veille en compagnie de Lenny, et demande Kayleigh, mais Lenny lui rĂ©pond qu'il ne connaĂ®t personne de ce nom. Huit ans plus tard, on retrouve Evan et Kayleigh devenus adultes se croisant dans une rue de New York au milieu de la foule et, selon la version — il y en a trois —, soit ils se parlent, soit ils s'Ă©vitent, soit Evan suit Kayleigh.

Mais dans le director's cut, une tout autre fin est disponible. Ici, Evan choisit de revenir dans le ventre de sa mère, et enroule le cordon ombilical autour de son cou, il se suicide avant de venir au monde et sauve ainsi tous les êtres qui lui sont chers. Le dialogue rajouté avec la voyante, et la confession de sa mère sur les deux fausses couches qu'elle a eues sont inclus en off pendant qu'Evan se laisse mourir, et sous-entendent qu'il n'est pas le premier enfant de sa mère à avoir fait ce sacrifice de renoncer à exister.

vendredi 16 février 2024

Spécial Rétro: Les 30/40 meilleurs films d'horreur de ces 25 dernières années (1999 - 2024)


Suite à la revoyure du flippant Insidious (pour la 3è fois), et pour prouver que le cinéma d'horreur n'est point inhumé, quels sont vos 30 à 40 films d'horreur préférés de ces 25 dernières années ?
Tant dans l'ordre que dans le dĂ©sordre. 

                                                                      Bruno Matéï
1- Maniac (choix subjectif). It Follows. Les Ruines. HĂ©rĂ©ditĂ©. La Main. The Witch. Frankenstein. Le projet Blair Witch. Frozen. May. Sisters. La Colline a des Yeux. 28 Jours plus tard. Sinister. Eden Lake. Insidious. Saw. Martyrs. Mister Babadook. Hostel 2. Jeepers Creepers. Morse. Haute Tension. The Devil's Rejects. Dark Water. The Woman. Wolf Creek. Long week-end. La Dernière maison sur la Gauche. The Children. l'Orphelinat. Conjuring 1. Suspiria. Isolation. The Descent. AbandonnĂ©. Tusk. Darkness. Ginger Snaps 2. Halloween 2. Massacre Ă  la Tronçonneuse. Les Autres. Get out. Calvaire. 

Voici les rĂ©ponses d'internautes de l'entourage amical. 
Mais les classements d'autres horizons sont Ă©galement les bienvenus: 

Thierry Savastano Di Marzio
Midsommar. It Follows. Evil dead rise. HĂ©rĂ©ditĂ©. Suspiria. The Witch. The Descent. REC (original). La Colline a des Yeux 2006. Sinister. Eden Lake. Insidious 1. Saw. Martyrs. Mister Babadook. La Cabane dans les bois. Evil dead 2013. Morse. Le Projet Blair Witch. Get out. Conjuring 1. La Main. Eden Lake. Hostel. Massacre Ă  la Tronçonneuse 2003. I Spit on your grave 2010. Mandy. 

Renaud Florent Benoist
Hérédité. The Witch. Sinister. Insidious. Martyr. Hostel 2. Jeepers Creepers. Conjuring. Suspiria. Massacre à la Tronçonneuse. Midsommar. REC. Dark water. Audition. Ju On. Haute tension. Calvaire. Wolf creek. The woman. Evil dead rise. Le sanctuaire. The autopsy of Jane Doe. Mother. The deep house. Speak no evil.

Jérôme André Tranchant:
1 Midsommar 2 lord of salem 3 Conjuring 4 Hostel 2 5 The descent 6 l'orphelinat 7 The box 8 it's Follow 9 Ghostland 10 Dark water ( version Japonaise) 11 Creepy 12 Eden lake 13 kill list 14 Boulevard de la mort 15 Mandy 16 Green Room 17 Sinister 19 Crawl 20 The Host 21 Morse 22 the witch 23 Frankenstein Version Bernard Rose 24 Wolf Creek 25 Grave

Jean-francois Dupuy:
The Strangers. Sinister. Midsomar. Hérédité. Dark water (Nakata). The autopsy of Jane Doe. Ring zero. Cold skin. Bubba Ho-tep. Ça. Mama. Mr Badadook. Insidious. Jeeper Creepers(1 et 2). Wolf Creek 2. Hostel 2. The descent. La colline a des yeux. Oculus/The mirror. Morse. Mirrors. Ouija, les origines
Identity. John dies at the end. Tusk. Predestination. CohĂ©rence. Je dois en oublier. 

Florian Goujon
Haute Tension. Martyrs. Modus Anomali. Deadstream. House of the Devil. Evil Dead. Evil Dead Rise. Triangle. The Void. Let us Prey. Midnight Meat Train. Isolation. Sinister. Constantine. Frontiere(s). The Jane Do Identity. Audition. Grotesque. The Human Centipede. Calvaire. Baskin. Hérédité. World War Z.

George Abitbol:
28 jours plus tard. Wolf creek. eden lake. Haute tension. Morse. Maniac. Calvaire. The devil's reject. HĂ©rĂ©ditĂ©. La Main. The Witch. Trick R treat. La Colline a des Yeux. Sinister 1. Insidious. Martyr. Mister Babadook. Triangle. Jeepers Creepers. The Children. l'Orphelinat. Conjuring 1. Suspiria. The Descent 1. Dark water. The void. The human centipede. Serbia film. Midsommar. The woman. 

Donnie DĂ©:
Megan is missing. Martyr. Found/headless. Mister Babadook. Tucker and Dale fights evil. The human centipede trilogie. Deux sĹ“urs. A ghost story/I am a ghost. The poughkeepsie tapes. HĂ©rĂ©ditĂ©. American guinea pig : Sacrifice. A serbian film. Triangle. The sadness. Malignant. Circus of the dead. Good night mommy. Thanatomorphose. Saw/hostel. 28 jours/semaines plus tard. X/pearl. Halloween reboot (Rob Zombie). Let us prey. Morse. Suspiria (reboot). L’armĂ©e des morts. Pièces of talent. Evil dead reboot. Sinister/insidious/house of the devil. Brutal. Lord of chaos. The empty man. Spring. Psycho Goreman /Turbo kid/night of something strange. The void. Vampires en toute intimitĂ©. Begotten. Visceral between the ropes of madness. May/the woman. Tusk.

Guillaume Gabreau:
Je m'y lance (25 films pile classĂ©s par annĂ©e 1998-2023) : 1998 : Ring. 1999 : Vorace. 2000 : Hellraiser : Inferno. 2001 : L’Echine du Diable, Les Autres. 2002 : 28 Jours plus tard, May, Dark Water. 2003 : Haute Tension. 2004 : Shaun of the Dead. 2005 : Wolf Creek. 2007 : The Mist. 2009 : Triangle. 2010 : Bedevilled (film corĂ©en). 2011 : Malveillance. 2014 : The Babadook, We are what we are. 2015 : The Witch, The Voices. 2017 : Ca : Chapitre 1. 2018 : Ghostland, The House that Jack Built. 2022 : Smile, Abuela. 2023 : When Evil Lurks. 1999 : Audition. 2001 : Ichi the Killer. 2002 : Bubba Ho-tep. 2004 : Saw, Calvaire, Creep. 2005 : The Devil’s Rejects. 2006 : La Colline a des yeux. 2010 : Insidious. 2011 : I saw the Devil, The Woman. 2013 : Evil Dead. 2016 : Bone Tomahawk, The Autopsy of Jane Doe. 2019 : Midsommar. 
 
Philippe Beun-garbe:
Martyrs / The Witch/ Midsommar/ Heredity/ Funny Games / Mother! / Speak No Evil / Maniac le remake / Dellamorte Dellamore / Evil Dead le remake / La colline a des yeux le remake / Ghostland / Morse / A Sicilian Ghost Story /Lord of Salem / The Devil's reject/ Bug de Friedkin / il Signor Diavolo de Pupi Avati/ Haute Tension / The Chaser / J ai rencontre' le Diable / Saw / Le labirinthe de Pan / Calvaire / High Rise / Hostel / The Voices/ Ne nous jugez pas/ The Lighthouse / L echine du Diable.
Pas en ordre de préférence. Je m' aperçois que dans cette liste il y a plus de "monstres" humains que de creatures extraordinaires

Lbz : 22 février 2024 à 11:16
Fight Club. May. La Colline a des Yeux. 28 Jours plus tard. Eden Lake. Haute Tension. Wolf Creek. The Witch. The Descent. REC. Creep. The Human Centipede 2. 28 jours plus tard. X/pearl. Lord of chaos. Enter the void. Vorace. Bedevilled ( coréen). When Evil Lurks. The Chaser ( coréen). J ai rencontre' le Diable ( coréen). The murderer ( coréen). Lighthouse. Limbo. Dream home (chinese).

mardi 13 février 2024

Iron Claw / The Iron Claw

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sean Durkin. 2023. U.S.A/Angleterre. 2h13. Avec Zac Efron, Jeremy Allen White, Harris Dickinson, Holt McCallany, Lily James, Maura Tierney, Stanley Simons 

Sortie salles France: 24 janvier 2024. Canada: 22 Décembre 2023

FILMOGRAPHIESean Durkin, nĂ© le 9 dĂ©cembre 1981 au Canada, est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain. 2006 : Doris (court mĂ©trage). 2010 : Mary Last Seen (court mĂ©trage) (Ă©galement scĂ©nariste et monteur). 2011 : Martha Marcy May Marlene (Ă©galement scĂ©nariste). 2013 : Southcliffe (mini-sĂ©rie). 2019 : The Nest (Ă©galement scĂ©nariste). 2023 : Iron Claw. 


"L'âme de la famille, c'est le nom que l'on porte pour l'honorer"
Uppercut tout en pudeur que nous livre lĂ  Sean Durkin en s'inspirant de l'histoire vraie de la famille Von Erich, 4 frères catcheurs que leur patriarche "inextinguible" poussa Ă  la gloire sans modĂ©ration aucune, Iron Claw est un grand moment de cinĂ©ma comme on n'en voit quasiment plus de nos jours, Ă  quelques exceptions près dans l'Ă©vidence. Tant et si bien que l'acuitĂ© de son intensitĂ© dramatique et la pudeur de sa rĂ©alisation sciemment elliptique, car allant droit Ă  l'essentiel pour se libĂ©rer des clichĂ©s Ă©culĂ©s, m'a quelque peu remĂ©morĂ© l'inoubliable Voyage au bout de l'Enfer de Michael Cimino, toutes proportions gardĂ©es. Notamment Ă  travers son refus d'une sinistrose complaisante que le rĂ©alisateur parvient facilement Ă  bannir de son mĂ©trage vouĂ© Ă  la psychologie torturĂ©e de ses 4 frères insĂ©parables. J'aurai peut-ĂŞtre pu citer un ou deux autres exemples mais c'est prĂ©cisĂ©ment ce chef-d'oeuvre ultime qui m'est promptement venu Ă  l'esprit, tel un Ă©cho, une hantise malaisante, tant l'oeuvre fragile de Sean Durkin m'a Ă©galement impliquĂ© dans une impuissance morale Ă©prouvante eu Ă©gard de l'infortune en crescendo qui s'abat sur cette famille prolo dĂ©pendante d'un père castrateur dĂ©nuĂ©e d'amour, de discernement et encore moins d'indulgence auprès de sa filiation. 

Ainsi donc, Ă  travers l'Ă©preuve sportive du catch que nous illustre Sean Durkin avec un brio spectaculaire n'ayant rien Ă  envier aux matchs cuisants de Rocky, Iron Claw sombre peu Ă  peu (passĂ©e la 1ère heure tout du moins) vers une dramaturgie escarpĂ©e au point d'avoir les nerfs solides pour mieux redouter le pire. Magnifiquement interprĂ©tĂ©, (je pèse mes mots), c'est toutefois Zac Efron qui tire son Ă©pingle du jeu en frère aĂ®nĂ© vouĂ© corps et âme Ă  l'amour de ses frères avec une sensibilitĂ© infiniment fragile en dĂ©pit de sa corpulence mastard aux muscles d'airain si j'ose dire. Un acteur habitĂ© par l'expression de ses sentiments fragiles, touchant et Ă©mouvant par le regard sa grande innocence quasi infantile (la sĂ©quence finale est inoubliable lorsqu'il se livre Ă  ses enfants), mais Ă©galement inquiĂ©tant lorsqu'il se laisse guider par ses dĂ©mons intĂ©rieurs pour autant dĂ©sireux de s'extirper de l'infortune après avoir appris Ă  gĂ©rer ses sentiments haineux pour y rejoindre la sagesse d'esprit. Outre sa prĂ©sence Ă  la fois dĂ©munie et acharnĂ©e Ă  tenter de relever les dĂ©fis sportifs impossibles et les drames qui l'Ă©treigne, faute d'une Ă©ducation bigote oĂą les valeurs chrĂ©tiennes, de la compĂ©tition et de l'Ă©litisme lui ont Ă©tĂ© instruits dès la naissance, au risque d'y laisser sa peau, il faut Ă©videmment prĂ´ner le jeu charismatique de Holt McCallany en paternel impitoyable n'ayant comme seul dessein d'y bâtir un empire en son propre patronyme. Un personnage vil, sournois, cupide, mĂ©diocre car d'un Ă©goĂŻsme prĂ©judiciable impardonnable de soumettre ses rejetons Ă  un Ă©puisement physique, moral irrĂ©versible pour leur surentraĂ®nement Ă  corps perdu. 


La véritable famille ne se détermine pas par le lien du sang mais plutôt par le choix du coeur.
Admirablement reconstitué au sein de la sacro-sainte décennie 80 en faisant preuve d'une incroyable pudeur pour raconter son récit dramatique jusqu'au-boutiste (alors que la réalité fut encore plus sombre !), Iron Claw transfigure son ambition biographique sous l'impulsion d'acteurs au firmament pour retranscrire sans fard la douleur interne, inconsolable, d'une fratrie superstitieuse soumise à une autorité paternelle déloyale. Dépressifs, s'abstenir toutefois, en gardant bien à l'esprit qu'il s'agit là d'un très grand drame familial digne du cinéma vérité des Seventies.

*Sam Malone
Vf. 

jeudi 8 février 2024

Lèvres de sang

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ebay.fr

de Jean Rollin. 1975. France. 1h27. Avec Annie Belle, Jean-Loup Philippe, Natalie Perrey, Paul Bisciglia, Martine Grimaud, Béatrice Harnois, Willy Braque.

Sortie salles France: 18 Mai 1975 (Int - 13 ans)

FILMOGRAPHIE: Jean Rollin, de son vrai nom Jean Michel Rollin Roth Le Gentil, est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste français, nĂ© le 3 novembre 1938 Ă  Neuilly-sur-Seine (France), dĂ©cĂ©dĂ© le 15 DĂ©cembre 2010. 1958 : Les Amours jaunes, 1961 : Ciel de cuivre, 1963 : L'ItinĂ©raire marin, 1964 : Vivre en Espagne, 1965 : Les Pays loin, 1968 : Le Viol du vampire, 1969 : La Vampire nue, 1970 : Le Frisson des vampires, 1971 : Requiem pour un vampire, 1973 : La Rose de fer, 1974 : Les DĂ©moniaques, 1975 : Lèvres de sang, 1978 : Les Raisins de la mort, 1979 : Fascination,1980 : La Nuit des traquĂ©es, 1981 : Fugues mineures (Les PaumĂ©es du petit matin, 1981 :Le Lac des morts vivants (sous le pseudonyme de J. A. Lazer), 1982 : La Morte vivante, 1984 :Les Trottoirs de Bangkok, 1985 : Ne prends pas les poulets pour des pigeons (sous le pseudonyme de Michel Gentil), 1989 : Perdues dans New York, 1990 : La Griffe d'Horus(TV), 1991 : Ă€ la poursuite de Barbara, 1993 : Killing Car, 1997 : Les Deux Orphelines vampires, 2002 : La FiancĂ©e de Dracula, 2007 : La Nuit des horloges, 2010 : Le Masque de la MĂ©duse.


Tâcheron Z dans l'Hexagone, Auteur fantastique Outre-Manche, Jean Rollin ne laisse Ă  mon sens nullement indiffĂ©rent auprès de son univers chimĂ©rique imprĂ©gnĂ© d'Ă©rotisme (parfois provocateur), d'Ă©trangetĂ© singulière, de fantastique et d'onirisme naturaliste qui n'appartient qu'Ă  lui. C'est ce que nous propose Ă  nouveau l'auteur français Ă  travers Lèvres de Sang (quel joli titre limpide) rĂ©alisĂ© en 3 semaines en 1975. Une surprenante histoire d'amour prenant tout son sens lors des 20 dernières minutes aussi dĂ©routantes que sĂ©duisantes eu Ă©gard de l'aspect envoĂ»tant de sa poĂ©sie surrĂ©aliste et de l'Ă©motion docile qui y Ă©mane en dĂ©pit de l'amoralitĂ© de cette liaison interdite. Et c'est bien lĂ  la force du rĂ©cit que de nous attendrir auprès d'une romance marginale entre un humain et une vampire après de longues annĂ©es de sĂ©paration suite Ă  l'hibernation de celle-ci prisonnière de sa geĂ´le. Car mĂŞme si la damnation est de rigueur entre nos amants en Ă©treinte Ă©ternelle et que leur survie dĂ©pend du sang des mortels auprès de navigateurs imprudents, Lèvres de sang provoque finalement l'empathie, le charme, l'adhĂ©sion auprès de cet amour attendri d'une infinie douceur dans leur quiĂ©tude recluse. 

Ainsi donc, on sent constamment que Jean Rollin est rĂ©ellement motivĂ© Ă  nous conter avec son calme olympien son rĂ©cit vampirique en y soignant le cadre visuel superbement Ă©clairĂ© ou alambiquĂ© (notamment auprès du château en ruines nocturne ou limpide, du cinĂ©ma de quartier, des statues de pierre Ă  proximitĂ© ou encore des filles dĂ©nudĂ©es aux nuisettes emportĂ©s par la bise). Or, que l'on adhère ou pas Ă  ce Fantastique Ă  la fois laconique et sciemment atone, Lèvres de Sang se forge une personnalitĂ© atypique pour nous emporter dans un rĂŞve fantasmatique oĂą hallucination et rĂ©alitĂ© se chevauchent naturellement au service d'un rĂ©cit faisant honneur Ă  ses personnages marginaux, hostiles, esseulĂ©s. Quant aux acteurs au jeu amateuriste souvent dĂ©criĂ© chez Jean Rollin, ils demeurent pourtant ici convaincants Ă  leur manière intime, pleinement investis dans leur fonction hagarde, hasardeuse, Ă©vanescente afin de renforcer l'aspect irrĂ©el de ce conte charnel imprĂ©gnĂ© d'images saisissantes oĂą inquiĂ©tude et sĂ©duction s'entrecroisent timidement au rythme d'une ballade Ă©sotĂ©rique avec l'amour et la mort. A dĂ©couvrir donc, avec le sentiment prĂ©gnant qu'un second visionnage serait encore plus permĂ©able pour nous confondre dans cette illusion (davantage) domesticable de par la familiaritĂ© des persos proscrits que l'on continue Ă  aimer avec plus d'attention et de considĂ©ration.  

*Sam Malone.
2èx

mercredi 7 février 2024

Monsieur St.Ives / St. Ives

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jack Lee Thompson. 1976. U.S.A. 1h34. Avec Charles Bronson, John Houseman, Jacqueline Bisset, Maximilian Schell, Harry Guardino, Harris Yulin, Dana Elcar, Michael Lerner

Sortie salles France: 1er DĂ©cembre 1976. U.S: 1er Septembre 1976

BIO: Jack Lee Thomson, de son vrai nom John Lee Thompson, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur britannique nĂ© le 1er aoĂ»t 1914 Ă  Bristol (Royaume-Uni), dĂ©cĂ©dĂ© le 30 aoĂ»t 2002 Ă  Sooke (Canada). Avec 47 longs-mĂ©trages, le cinĂ©aste aborda tous les genres avec plus ou moins de bonheur dont certains sont qualifiĂ©s de chefs-d'oeuvre. Pour ses titres les plus notoires, on peut citer Les Canons de Navarone, Les Nerfs Ă  vif, la ConquĂŞte de la planète des singes, la Bataille de la Planète des singes, le Bison Blanc, l'Empire du Grec, Monsieur St-Ives, Passeur d'hommes et Happy Birthday (son unique incursion dans le slasher). Il signera en outre une illustre sĂ©rie de films d'action particulièrement violents, le "vigilante movie" parmi son acteur fĂ©tiche Charles Bronson (Le Justicier de Minuit, l'Enfer de la Violence, la Loi de Murphy, le Justicier braque les dealers, le Messager de la mort et Kinjite, sujets tabous).


Un dĂ©shonneur, un affront, tout du moins une imbitable incomprĂ©hension que ce formidable film policier, symptomatique des Seventies par sa splendide ambiance stylĂ©e, soit si occultĂ© de nos jours, mĂŞme auprès des fans les plus aguerris. Or, cet excellent polar a beau paraĂ®tre un tantinet confus, on prend tellement plaisir Ă  l'investigation de St-Yves Ă  retrouver les fameux responsables du vol de plusieurs manuscrits (les plans d'un cambriolage appartenant Ă  un riche septuagĂ©naire) qu'on en omet naturellement sa complexitĂ© en se fixant sur le ressenti exaltant. Car d'autant plus transcendĂ© du charisme minĂ©ral de l'imposant Charles Bronson par sa prĂ©sence aussi robuste que dĂ©contractĂ©e (bon Dieu quel acteur innĂ© !), Monsieur St-Ives est un pur plaisir de cinĂ©ma que le score de Lalo Schifrin  transfigure autant en nous remĂ©morant les accents jazzy de l'Inspecteur Harry. Si bien que pour une première collaboration entre Charles Bronson et le briscard Jack Lee Thompson, ce film policier rondement menĂ© demeure constamment plaisant, captivant, intriguant mĂŞme, entre scènes d'action parfaitement rĂ©glĂ©es (dont une incroyable chute Ă  travers les câbles d'un ascenseur), violence spectaculaire, sĂ©quences charnelles avec la vĂ©nĂ©neuse Jacquelines Bisset (magnifique de snobe Ă©lĂ©gance dans son tailleur noir rappelant un peu Adjani dans Driver de Hill) et suspense tendu pour ses machiavĂ©liques subterfuges. 


Et mĂŞme si on parvient Ă  griller 1 ou 2 rebondissements (ce fut mon cas suspicieux auprès de l'identitĂ© de 3 personnages) lors de son final Ă  tiroir fertile en dĂ©convenues, Monsieur St-Ives nous rappelle Ă  point nommĂ© pour quelles raisons nous aimions le cinĂ©ma par sa facultĂ© Ă  nous immerger ici dans un univers criminel aussi envoĂ»tant que sĂ©ducteur. C'est dire le style classieux de la mise en scène inspirĂ©e de Thompson peaufinant son objet cinĂ©matographique avec un art consommĂ© du travail bien fait. Comme le souligne par ailleurs son choix consciencieux d'y recruter une foule de remarquables seconds couteaux (avec comme point commun un putain de charisme aujourd'hui rĂ©volu !) que le fan Ă©mĂ©rite retrouvera avec soupçon de nostalgie gratifiant. A dĂ©couvrir donc ou Ă  revoir d'urgence pour tous les amoureux de cinĂ© rĂ©tro dont l'Ă©motion, ici omniprĂ©sente, s'avère aussi factuelle que lestement dosĂ©e. Tout bien considĂ©rĂ©, l'un des meilleurs mĂ©trages de Thompson.


*Sam Malone

Un grand merci Ă  Warning Zone

mardi 6 février 2024

Pas d'orchidées pour Miss Blandish / The Grissom Gang

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Robert Aldrich. 1971. U.S.A. 2h08. Kim Darby, Scott Wilson, Tony Musante, Robert Lansing, Connie Stevens, Irene Dailey, Wesley Addy.

Sortie salles France: 29 Septembre 1971.

FILMOGRAPHIE: Robert Aldrich est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain nĂ© le 9 aoĂ»t 1918 Ă  Cranston (Rhode Island) et mort le 5 dĂ©cembre 1983 Ă  Los Angeles (Californie).1953 : Big Leaguer. 1953 : Alerte Ă  Singapour. 1954 : Bronco Apache. 1954 : Vera Cruz. 1955 : En quatrième vitesse. 1955 : Le Grand Couteau. 1956 : Attaque. 1956 : Feuilles d'automne. 1956 : Racket dans la couture. 1959 : Tout près de Satan. 1959 : Trahison Ă  Athènes. 1961 : El Perdido. 1962 : Qu'est-il arrivĂ© Ă  Baby Jane ? 1962 : Sodome et Gomorrhe. 1963 : Quatre du Texas. 1964 : Chut... chut, chère Charlotte. 1965 : Le Vol du PhĹ“nix. 1967 : Les Douze Salopards. 1968 : Le DĂ©mon des femmes. 1968 : Faut-il tuer Sister George ? 1970 : Trop tard pour les hĂ©ros. 1971 : Pas d'orchidĂ©es pour miss Blandish. 1972 : Fureur apache. 1973 : Plein la gueule. 1973 : L'Empereur du Nord. 1975 : La CitĂ© des dangers. 1977 : Bande de flics. 1977 : L'Ultimatum des trois mercenaires. 1979 : Le Rabbin au Far West.1981 : Deux Filles au tapis. 

Echec commercial Ă  sa sortie alors que l'Ă©minent Robert Aldrich fut contraint de revendre son studio Ă  la suite de 3 antĂ©cĂ©dents Ă©checs successifs, Pas d'OrchidĂ©e pour Miss Blandish est une sorte de conjugaison vitriolĂ©e de Bonnie and Clyde, Dilinger et de Bloody Mama de Corman (Ă  revoir d'urgence celui-ci !) pour son contexte historique, pour ses profils meurtriers en roue libre et la brutalitĂ© âpre qui y Ă©mane avec un sens de provocation qui fit grand bruit Ă  l'Ă©poque. D'une grande violence donc, alors que les annĂ©es 70 s'autorisaient le plus souvent les audaces les plus couillues, cette oeuvre marginale prĂ©serve aujourd'hui son rĂ©alisme plutĂ´t poisseux Ă  dresser dans un climat solaire irrespirable (tous les personnages sont noyĂ©s de sueur tout le long de l'intrigue) le vil portrait d'une bande de malfrats dĂ©nuĂ©s de morale. De mĂ©diocres kidnappeurs d'autant plus sales, vulgaires et ignorants ne comptant que sur le vice, la violence, la feinte, la lâchetĂ© et surtout leur ego pour s'extirper de leur prĂ©caritĂ©. A l'exception toutefois du personnage psychotique de Slim, bien que le plus benĂŞt de la bande mais aussi le plus fragile, nĂ©vralgique et sensible au point de rigoureusement tomber amoureux de sa victime otage. Une jeune hĂ©ritière bon chic bon genre aussi mal dans sa peau, faute d'un père psychorigide insensible au mal-ĂŞtre de sa progĂ©niture baignĂ©e depuis son enfance dans le confort et l'assistanat parental. 

C'est donc une descente aux enfers morale que nous illustre efficacement Robert Aldrich en filmant sa tragĂ©die criminelle Ă  l'instar des fameux films noirs des annĂ©es 50 qui ont bercĂ© notre passĂ© cinĂ©phile. Or, toutefois dĂ©sireux de dĂ©poussiĂ©rer le film de gangster, celui-ci s'approprie d'un climat plutĂ´t malsain et d'une violence perpĂ©tuelle assez Ă©pineuse afin d'imprimer sa personnalitĂ© frondeuse n'Ă©pargnant personne (pas mĂŞme la police - voir leur tĂ©moignage dans la chambre d'hĂ´tel lorsqu'ils s'aperçoivent que la victime semblerait Ă©prouver des sentiments auprès de son tortionnaire alors qu'Ă  la base il ne s'agit que d'une simulation de survie -). Si bien que tous les personnages anti-manichĂ©ens qui traversent le rĂ©cit demeurent peu recommandables, pathĂ©tiques, risibles, sans pitiĂ© ni empathie, Ă  l'exception de notre duo infortunĂ© toujours plus repliĂ© sur eux mĂŞmes. Car des amants de fortune ayant comme point commun une dĂ©mission parentale auprès de leur irrĂ©pressible dĂ©sir d'aimer et d'ĂŞtre aimĂ© que leur entourage (familial/amical) n'eut pu exaucer. Ce qui nous vaut d'ailleurs un final (de 20 minutes) aussi mĂ©morable que poignant d'après son concentrĂ© d'ultra violence et d'Ă©treinte amoureuse noyĂ©e de dĂ©sespoir, de perte de repère, d'isolement; de dĂ©sir d'en finir avec l'existence au demeurant. 

Film de gangster Ă  l'ancienne vitaminĂ© de sa violence davantage hystĂ©rique, Pas d'orchidĂ©e pour Miss Blandish laisse un goĂ»t assez amer dans la bouche sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clos d'avoir assistĂ© Ă  tant de dĂ©route, d'acrimonie et de bassesse humaine au sein d'un climat tantĂ´t poisseux, tantĂ´t baroque (la rutilante chambre d'hĂ´tel est Ă  damner un saint) qu'Aldrich filme sous l'impulsion d'une dimension humaniste davantage Ă©prouvante, sans aucune lueur d'espoir. 

*Sam Malone

Remerciement Ă  Atreyu.

lundi 5 février 2024

Contact

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Robert Zemeckis. 1997. U.S.A. 2h29. Avec Jodie Foster, Matthew McConaughey, Tom Skerritt, James Woods, John Hurt, David Morse, William Fichtner, Rob Lowe, Max Martini, Geoffrey Blake, Angela Bassett, Larry King, Jena Malone.

Sortie salles France: 17 Septembre 1997. U.S: 11 Juillet 1997

FILMOGRAPHIE: Robert Zemeckis est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 14 Mai 1951 Ă  Chicago (Illinois). 1978: Crazy Day. 1980: La grosse Magouille. 1984: A la Poursuite du diamant vert.1985: Retour vers le Futur. 1988: Qui veut la peau de Roger Rabbit. 1989: Retour vers le Futur 2. 1990: Retour vers le Futur 3. 1992: La Mort vous va si bien. 1994: Forrest Gump. 1997: Contact. 2000: Apparences. 2000: Seul au monde. 2004: Le PĂ´le Express. 2007: La LĂ©gende de Beowulf. 2009: Le DrĂ´le de NoĂ«l de Mr Scrooge. 2013: Flight. 2015: The Walk.2016 : AlliĂ©s. 2018 : Bienvenue Ă  Marwen . 2020 : SacrĂ©es Sorcières. 2022 : Pinocchio. 2024 : Here. 


Est-ce qu'il y a d'autre gens que nous dans l'univers ?
Ca c'est une bonne question. Qu'est ce que tu crois ?
Ché pas.
Ca c'est une bonne rĂ©ponse. 
Sceptique hein ! 
La chose la plus importante c'est que vous cherchiez toujours vos propres rĂ©ponses. 
Je vais tout de mĂŞme vous dire deux mots sur l'univers. 
L'univers, c'est vraiment, vraiment, grand. 
C'est plus grand que tout ce que n'importe qui n'a jamais pu rĂŞver Ă  ce jour. 
Alors s'il n'y a que nous, ça me semble un beau gâchis d'espace. 
Non ?


RĂ©cit initiatique au sein d'une introspection morale contrariĂ©e par la perte de l'ĂŞtre cher et le sentiment de solitude suite Ă  l'absence parentale, Contact est un poème incandescent opposant avec beaucoup de respect, d'intelligence et de pudeur la science et la religion quant Ă  l'existence d'une vie extra-terrestre au sein de l'univers, et au-delĂ . Robert Zemeckis tablant sur la fougue passionnelle de l'extraordinaire Jodie Foster, crevant une fois de plus l'Ă©cran car portant l'intrigue sur ses Ă©paules avec une dĂ©termination tant humaniste, pour nous remettre en question existentielle avec espoir aussi gratifiant qu'interrogatif. Car sans vouloir apporter de rĂ©ponses Ă  sa fiction Ă  la fois stellaire et spirituelle, le cinĂ©aste nous incite Ă  rĂ©flĂ©chir sur notre condition (toujours plus) isolĂ©e depuis l'ère de l'informatique et des progrès de la technologie en suggĂ©rant que nous ne sommes pas seul par le truchement d'une athĂ©e revenue d'un voyage hallucinatoire, ou pas. Quelque soit nos convictions, Contact incite avec une Ă©motion Ă  la fois fĂ©brile, sensible et fragile Ă  notre rĂ©flexion personnelle sur le sens de notre propre vie en militant pour les valeurs essentielles d'espoir, d'amour et de cohĂ©sion. Si bien que la vĂ©ritĂ©, nous l'avons au fond de nous mĂŞme... 


*Bruno
2èx. VF.

samedi 27 janvier 2024

Dogman

                                                       Merci Ă  Thierry Savastano pour l'affiche 

de Luc Besson 2023. France. 1h53. Avec Caleb Landry Jones, Lincoln Powell, Jonica T. Gibbs, Christopher Denham, Clemens Schick, Grace Palma, John Charles Aguilar, Alexander Settineri, Michael Garza.

Sortie salles France: 27 Septembre 2023.

FILMOGRAPHIE: Luc Besson est un rĂ©alisateur, producteur, et scĂ©nariste français nĂ© le 18 mars 1959 Ă  Paris. 1983: Le Dernier combat, 1985: Subway, 1988: Le Grand Bleu, 1990: Nikita, 1991: Atlantis, 1994: LĂ©on, 1997: Le 5è Ă©lĂ©ment, 1999: Jeanne d'Arc, 2005: Angel-A, 2006: Arthur et les Minimoys, 2009: Arthur et la vengeance de Maltazard, 2010: les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, Arthur 3, la guerre des 2 mondes, 2011: The Lady. 2013 : Malavita. 2014 : Lucy. 2017: ValĂ©rian et la Ville aux mille planètes. 2019 : Anna. 2023 : DogMan. 
Besson, la rĂ©surrection. 

                                 "Partout oĂą il y a un malheureux, Dieu envoie un chien."
                                  Lamartine. 

On n'y croyait tellement plus au fil des dĂ©cennies Ă©coulĂ©es, je craignais tant le produit sirupeux sombrant involontairement dans la semi-parodie que j'ai finalement optĂ© pour une projo matinale en lieu et place de "Dernière SĂ©ance" nocturne. Or, Ă  l'arrivĂ©e, et en dĂ©pit d'un 1er quart d'heure sur le fil du rasoir (il faut un temps d'adaptation et de familiaritĂ©), une dĂ©chirure interne causĂ©e auprès de son arc en ciel final imprĂ©gnĂ© de spiritualitĂ©, mode lyrisme Ă©lĂ©giaque. Une sĂ©quence anthologique Ă  marquer d'une pierre blanche pour ceux qui ont su ouvrir leur coeur face Ă  cette odyssĂ©e humaine incongrue (fatalement) en perdition. Un immense moment d'Ă©motion donc et de fragilitĂ© aigue comme rarement Luc Besson su nous le retranscrire dans son autonomie intime (si on excepte sans doute Le Grand Bleu et LĂ©on) sous l'impulsion d'un acteur habitĂ© par ses Ă©corchures morales dĂ©nuĂ©es de fioriture. Dogman s'appuyant beaucoup sur sa profondeur de jeu dĂ©pouillĂ© n'implorant nullement la pitiĂ©, la sinistrose ou le pathos de comptoir. Caleb Landry Jones vivant son personnage apatride au grĂ© d'une dĂ©tresse morale tacite car impassible, introverti Ă  exhiber ouvertement ses douleurs intimes tant il se refuse Ă  Ă©mouvoir le spectateur (et son auditrice congĂ©nère !) pour la trivialitĂ© d'une Ă©motion programmĂ©e. Sa prĂ©sence aussi luminescente que profondĂ©ment tragique suscitant chez nous un terrible attachement fĂ©brile pour autant inscrit dans la dignitĂ© de par sa condition dĂ©soeuvrĂ©e/misanthrope impartie Ă  l'inconsolable solitude que nous ressentions dans la rĂ©serve car en pudeur contenue. Or, quoi de plus fidèle et loyale que la rassurante prĂ©sence du chien pour s'Ă©chapper de l'enfer qu'il se partage en masse au sein de son taudis douillet. 

                                            

Et si l'intrigue s'avère simpliste autant que lunaire et surprenante, elle tire justement parti de son charme, de sa fantaisie (musicale), de son excentricité enjouée et de son innocence communicative en cette icone marginale épaulée de ses compagnons retors. Des seconds-rôles canins insensés car admirablement (ou plutôt "justement") dirigés, qui plus est par un Luc Besson infiniment inspiré, attentionné, amoureux, lucide, clairvoyant à donner chair à ceux-ci et à sa narration entre sensibilité épurée et poésie surréaliste que l'on adoube sans s'en rendre compte. Et c'est bien là la grande force de ce conte féérique meurtri que de vivre au sens large sa folle histoire, que de nous conter ses étreintes fraternelles, entre poésie, humour, éclairs de violence et plages de tendresse. Le chemin de croix d'un laissé-pour-compte abdiqué par l'homme mais se façonnant un semblant de vie autrement plus tolérable, respirable, supportable parmi la protection de ses chiens envoyés du ciel. Et donc ne puisant un sens à son existence qu'en leur fidèle présence soumise à sa noble autorité qu'ils acceptent pour tenir lieu de sacerdoce, Douglas Munroe nous relate (à nous et à son auditrice afro) sa trajectoire morale avec une nonchalance taiseuse criante de vérité effacée quitte à me répéter. Son expressivité à la fois si tangible, responsable et discrète invitant à l'humilité dans sa mansuétude que son auditrice consulte avec une étonnante attention humaine de par leur commune douleur familiale, sociétale qu'ils se partagent en contradiction d'éthique.

Voilà, Dogman est donc à mes yeux, grâce aussi à sa modeste simplicité si payante un (gros) coup de coeur, un cri du chant aussi (splendide hommage nostalgique à Edith Piaf !) autant qu'un cri du coeur issu de Besson, parce que peut-être son oeuvre la plus fragile, tourmentée et personnelle. Et pour ce retour en grâce dénué d'opportunisme et encore moins de cynisme, je ne peux que te remercier Luc de m'avoir triturer le coeur tous azimuts (bon Dieu quel déchirant final scintillant que je serai incapable d'omettre !) auprès de ta dramaturgie salvatrice émaillée d'émotions exaltées. Et bon sang je me rends compte à terme que tu m'a bien manqué depuis toutes ses décennies infructueuses (tant ciné que pour nos rapports humains en perdition que tu dénonces à ciel ouvert avec une sensibilité lestement / fructueusement infantile). Une oeuvre malade en somme car écorchée vive, magnifique tout simplement.

*Bruno

mardi 23 janvier 2024

Oculus / The Mirror. Prix du Public, Toronto 2013.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Mike Flanagan. 2013. U.S.A. 1h43. Avec Karen Gillan, Brenton Thwaites, Rory Cochrane, Katee Sackhoff, Annalise Basso 

Sortie DTV France: 15 Avril 2015. U.S: 11 Avril 2014 (Int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Mike Flanagan est un réalisateur, scénariste, producteur et monteur américain, né le 20 mai 1978 à Salem dans le Massachusetts. 2000 : Makebelieve. 2001 : Still Life. 2003 : Ghosts of Hamilton Street. 2011 : Absentia. 2013 : The Mirror. 2016 : Pas un bruit. 2016 : Ne t'endors pas. 2016 : Ouija : les origines. 2017 : Jessie. 2019 : Doctor Sleep.

Sacrée surprise que cet Oculus réalisé par ce que l'on peut aujourd'hui qualifier comme un maître du genre, j'ai nommé Mike Flanagan. Celui-ci jouant la plupart du temps la carte du suspense sobrement intense auprès d'un frère et d'une soeur à nouveau délibérés à s'unir pour venir à bout de forces maléfiques issues d'un étrange miroir. Ainsi, en jouant très habilement la carte de la temporalité à double vitesse (passé / présent se chevauchent jusqu'à se confondre pour mieux nous piéger dans un dédale hallucinatoire), et en tablant sur la caractérisation passionnante, dense et réfléchie de nos protagonistes juvéniles traumatisés par un passé aussi obscur que meurtrier mais aujourd'hui aptes à prendre leur revanche sur l'injustice du deuil, Oculus joue louablement la carte de l'horreur premier degré au sein d'une expérience scientifique de longue haleine.

Comme en tĂ©moigne son final estomaquant d'une noirceur si radicale qu'une frange de spectateurs risque bien de ne jamais s'en remettre d'adouber pareille dĂ©route. Si bien qu'Ă  l'instar des implacables Le Grand Silence et The Mist, Mike Flanagan ne prend son public ni pour un imbĂ©cile ni pour un ado boutonneux de par l'adresse de sa mise en scène rĂ©futant l'outrance, le jump-scare et encore moins le grand-guignol afin de mieux se consacrer sur le passĂ© torturĂ© de nos protagonistes en Ă©troit rapport rĂ©miniscent avec le sort de leurs parents autrefois victimisĂ©s par ce miroir datĂ© de plus 4 siècles. Et si les apparitions fantomatiques ne m'ont pas vraiment provoquĂ© le frisson derrière l'Ă©chine (unique bĂ©mol Ă  souligner auprès de ma sensibilitĂ© subjective), les sĂ©quences contrairement terrifiantes et brutales faisant intervenir les parents tortionnaires sur leurs propres enfants sont d'une cruautĂ© assez Ă©pineuse mĂŞme si le gore graphique en est heureusement banni de complaisance. C'est dire si Oculus prend son sujet très au sĂ©rieux sous l'impulsion de comĂ©diens aussi investis dans leur fonction assez bipolaire suscitant frĂ©quemment chez nous doute, apprĂ©hension et inquiĂ©tude auprès de ce jeu morbide altĂ©rant la rĂ©alitĂ© sans nous avertir. 

Huis-clos domestique tendu et sournois misant autant sur la suggestion et le non-dit que sur les confrontations physiques et psychologiques du second acte autrement plus dramatique, âpre et dĂ©loyal, Oculus aborde le genre avec sincĂ©ritĂ©, originalitĂ© et dignitĂ© auprès d'un objet dĂ©monial difficilement dĂ©cryptable au point de finalement douter de la vĂ©racitĂ© des faits exposĂ©s. Quant au final tranchĂ© laissant dĂ©filer le gĂ©nĂ©rique de fin de manière somme toute naturelle, Oculus nous laisse sur une impression d'amertume quasi inconsolable après nous avoir confrontĂ© Ă  une ambiance ombrageuse sous hypnose. 

*Bruno
2èx. vf

RĂ©compense: Festival international du film de Toronto 2013 : Prix du public (deuxième place) (sĂ©lection « Midnight Madness »)

Mission Finale / Final Mission

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Cinebisart

de Cirio H. Santiago. 1984. Philippines. 1h42. Avec Richard Young, Christine L. Tudor, Jason Ross, John Dresden, 

Sortie salles France: 25 Juin 1984

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Cirio H. Santiago est un réalisateur et producteur philippins, né le 18 Janvier 1936 à Manila, Philippines, décédé le 26 Septembre 2008, Makati City, Philippines. 1957: Pusakal. 1958: Water Lily. 1973: Savages ! 1976: Trois panthères au combat. 1978: Vampire Hookers. 1978: Le Samouraï Noir. 1981: Attaque à mains nues. 1983: Stryker. 1983: Caged Fury. 1984: Mission finale. 1985: Les Guerriers du Futur. 1987: Apocalypse Warriors. 1987: Killer Instinct. 1988: The Sisterhood. 1988: The Expendables. 1997: Vulcan. 2003: When Eagles Strike. 2005: Bloofist 2050 (télé-film).

Un ersatz (pas si Z) de Rambo souvent rigolo, plutĂ´t musclĂ©, rarement ennuyeux. 

C'est truffĂ© de clichĂ©s tous azimutz, de persos ultra stĂ©rĂ©otypĂ©s, ultra prĂ©visible, ultra con mais finalement sympathoche dans son dĂ©sir empotĂ© de faire aussi bien que Rambo tant l'humour involontaire prime incessamment auprès de l'expressivitĂ© surjouĂ©e des comĂ©diens prenant (heureusement) leur rĂ´le très au sĂ©rieux (l'acteur principal, le plus sobre, Ă©tant d'ailleurs Ă©tonnamment le plus convaincant). Et c'est justement ce qui fait le charme de ce produit d'exploitation bisseux rĂ©alisĂ© par le spĂ©cialiste Cirio H. Santiago (Vampires Hookers, Killer Instinct, Stryker, Attaques Ă  mains nues, c'Ă©tait lui !).

Avec, cerise sur le gâteau, une scène choc insensée filmée au ralenti lorsque SPOIL ! la femme et le fils du héros FIN DU SPOIL explosent à la dynamite sur une barque sans que la caméra ne s'autorise le hors-champs.

Remerciement à Ciné-Bis-Art

*Bruno

jeudi 18 janvier 2024

Fright Night (2011)

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Craig Gillespie. 2011. U.S.A. 1h46. Avec Anton Yelchin, Colin Farrell, David Tennant, Toni Collette, Christopher Mintz-Plasse, Imogen Poots, Lisa Loeb.

Sortie salles France: 14 Septembre 2011

FILMOGRAPHIE: Craig Gillespie (nĂ© le 1er septembre 1967 Ă  Sydney) est un rĂ©alisateur australien. 2007 : Mr. Woodcock. 2007 : Une fiancĂ©e pas comme les autres. 2011 : Fright Night. 2014: Million Dollar Arm. 2015 : The Finest Hours. 2017 : Moi, Tonya. 2021 : Cruella. 2023 : Dumb Money. 

Tout d'abord un grand merci au trio Christophe LemaireFrançois CognardMĂ©lanie Boissonneau  prĂ©sentateurs cinĂ©phages de l'Ă©mission "le Bistrot" dans le cadre de leur thĂ©matique "presque Dracula" (disponible sur Youtube depuis le 18 Janvier 2024), de m'avoir incitĂ© Ă  redĂ©couvrir une 3è fois le remake Fright Night rĂ©alisĂ© par l'australien Craig Gillespie (Moi, Tonya, Cruella). C'est donc un mea-culpa que j'adresse ici pour mettre enfin en valeur cette excellente relecture d'un classique des Eighties dans toutes les mĂ©moires des cinĂ©philes. J'ai nommĂ© en français: Vampires vous avez dits VampiresCraig Gillespie Ă©vitant intelligemment le vulgaire copiĂ©-collĂ© (mĂŞme si le schĂ©ma reste similaire) tout en multipliant des savoureux clins d'oeil au classique de Tom Holland sans toutefois se laisser distraire par la parodie tant Fright Night privilĂ©gie un ton autrement plus sombre, sĂ©rieux, terrifiant en dĂ©pit d'une ironie macabre souvent fructueuse. Nanti d'un rythme nerveux ne cĂ©dant aucune place Ă  l'ennui 1h38 durant (si on fait fi de son très beau gĂ©nĂ©rique de fin), Fright Night est dominĂ© d'une poignĂ©e d'acteurs juvĂ©niles communĂ©ment convaincants Ă  dĂ©faut d'y transcender nos comĂ©diens des annĂ©es 80 contrairement sĂ©millants, sincères, très attachants de par leur innocence romantique, leur aimable sens de l'amitiĂ©, leur solidaire cocasserie. 

Anton Yelchin (hĂ©las dĂ©cĂ©dĂ© 5 ans après le tournage du film) dĂ©gageant une sobre prĂ©sence d'hĂ©ros en herbe en compagnie de sa dulcinĂ©e Imogen Poots (sosie plus jeune de Cameron Diaz) aussi sĂ©duisante qu'attendrissante en faire-valoir sobrement caractĂ©rielle dĂ©nuĂ©e de minauderie. Judicieuse idĂ©e Ă©galement de recruter l'acteur Ă©cossais David Tennant se fondant dans le corps d'un Peter Vincent autrement rock, (sciemment) vulgaire, effrontĂ©, autodestructeur Ă  travers son addiction pour l'alcool et ses caprices infantiles issus de sa starisation notoire. Mais Ă  mes yeux c'est bel et bien l'acteur Colin Farrell qui emporte la palme du personnage le plus persuasif en vampire un tantinet distinguĂ© d'une redoutable sournoiserie et vĂ©locitĂ© Ă  alpaguer ses futures proies lors d'accès de brutalitĂ© aussi spectaculaires que terrifiants. Son regard noir diablement dĂ©lĂ©tère, son allure classieuse vampirisant l'Ă©cran Ă  l'aide d'un charisme tĂ©nĂ©breux Ă  la fois viril, naturellement sĂ©ducteur. On regrette enfin que l'excellente Toni Collette soit ici quelque peu distante, en retrait en mère cĂ©libataire endurcie tĂ©moin malgrĂ© elle d'Ă©vènements surnaturels davantage sauvages et vertigineux, Ă  l'instar de cette incroyable poursuite automobile nocturne filmĂ©e en plan-sĂ©quence auquel nous restons rivĂ©s Ă  notre siège. Petit bĂ©mol en ce qui concerne les FX en CGI souvent perfectibles alors que d'autres y font leur petit effet de rĂ©alisme immaculĂ©, notamment auprès de quelques moments gores assez jouissifs, intrĂ©pides, tranchĂ©s. 

Pure sĂ©rie B horrifique du Samedi soir comme il en pullulait lors de la dĂ©cennie 80 de par son rythme furibond d'une action en roue libre, Fright Night n'a point Ă  rougir de son modèle puisqu'il s'Ă©carte habilement du plagiat comique au profit d'une dramaturgie sanglante assez frĂ©quemment Ă©peurante. Outre l'excellence de l'interprĂ©tation ne dĂ©bordant jamais Ă  l'Ă©cran (mĂŞme auprès de l'outrancier goguenard mais très charismatique Christopher Mintz-Plasse en second-rĂ´le infortunĂ©), on peut enfin louer la rĂ©alisation assez solide de l'australien Craig Gillespie dirigeant son palpitant terrain de chasse entre savoir-faire, astuces et efficacitĂ©, comme le soulignent quelques trouvailles aussi originales que folingues (Jerry incendiant la maison de Charley de manière terriblement retorse). 

*Bruno
3èx. Vostfr.

Les causes de la Mort d'Anton Yelchin (source Wikipedia):

Le 19 juin 2016, il est heurtĂ© par sa propre voiture, qui a Ă©tĂ© retrouvĂ©e le moteur en marche. Selon la police de Los Angeles, l'accident s'est produit sur la voie d'accès au garage de l'acteur Ă  Los Angeles, dans le quartier de Studio City, dans la San Fernando Valley (comtĂ© de Los Angeles) alors qu'il s’apprĂŞtait Ă  rejoindre des amis pour une rĂ©pĂ©tition et Ă©tait descendu de sa voiture.

La voiture « a fait marche arrière sur la rampe d'accès qui est en forte pente, le clouant contre un pilier de brique servant de boĂ®te aux lettres et une clĂ´ture de sĂ©curitĂ© » a expliquĂ© une porte-parole de la police, Jenny Hauser. Ses amis qui ne le voyaient pas venir ont retrouvĂ© l'acteur mort près de sa voiture, a-t-elle rapportĂ©, sans qu'on sache combien de temps s'Ă©tait Ă©coulĂ© depuis l'accident.

Un défaut sur sa Jeep serait à l'origine de sa mort. Sa voiture, le modèle Jeep Grand Cherokee de 2015, avait déjà fait l'objet d'un rappel au sein de l'usine Fiat Chrysler (FCA). Plus de 800 000 véhicules avaient été rappelés pour un problème lié à la boîte de vitesses. Un constat accablant avait déjà été émis : même en mode stationnement, certaines voitures sont susceptibles de se déplacer.

Six semaines après sa mort, Victor et Irina Yelchin déposent une plainte contre Fiat Chrysler à la Cour supérieure de Los Angeles, en affirmant que la boîte de vitesses du véhicule était défectueuse.

Anton Yelchin devait jouer dans la série Mr. Mercedes, adaptée du roman de Stephen King. N'ayant pu participer au projet, c'est Harry Treadaway qui le remplace dans la série.


mercredi 17 janvier 2024

Summer of 84

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell. 2018. Canada/U.S.A. 1h45. Avec Graham Verchere, Judah Lewis, Caleb Emery, Cory Gruter-Andrew, Tiera Skovbye, Rich Sommer

Vod France: 13 Décembre 2018. Salles U.S: 10 Août 2018

FILMOGRAPHIEFrançois Simard est rĂ©alisateur et scĂ©nariste. 2015: Turbo Kids. 2018: Summer of 84. 2023: We are Zombies. 2023: Wake up. 

Mea culpa, c'est fort sympathique mĂŞme si le suspense est trop rapidement Ă©ventĂ© quant Ă  l'identitĂ© patente du meurtrier. 

L'ambiance eightie fonctionne Ă  plein rĂ©gime, la musique au synthĂ© est idoine et les sĂ©quences romantiques intimistes sont les plus rĂ©ussies, en tenant compte aussi de l'incroyable cruautĂ© du dĂ©nouement horrifique dĂ©nuĂ© de concession. 

Il manque toutefois un je ne sais quoi pour être totalement comblé mais la bobine constamment attachante par son absence de prétention et sa poignante sincérité est largement fréquentable.

*Bruno