de Peter Weir. 1989. U.S.A. 2h08. Avec Robin Williams, Robert Sean Leonard, Ethan Hawke, Josh Charles, Gale Hansen, Dylan Kussman, Allelon Ruggiero, James Waterston, Norman Lloyd, Kurtwood Smith.
Sortie en salles en France le 17 Janvier 1990. U.S: 16 Juin 1989.
FILMOGRAPHIE: Peter Weir est un réalisateur et producteur australien né le 21 Août 1944 à Sydney en Australie. 1974: Les Voitures qui ont mangé Paris, 1975: Pique-nique à Hanging Rock, 1977: La Dernière Vague, 1981: Gallipoli, 1982: l'Année de tous les Dangers, 1985: Witness, 1986: Mosquito Coast, 1989: Le Cercle des Poètes Disparus, 1990: Green Card, 1993: Etat Second, 1998: The Truman Show, 2003: Master and Commander, 2011: Les Chemins de la Liberté.
« C’est dans ses rêves que l’homme trouve la liberté. »
Gros succès public et critique à sa sortie en 1989, Le Cercle des Poètes Disparus a su toucher des millions de spectateurs par sa puissance émotionnelle et son éthique intemporelle : celle de l’autonomie des êtres, capables de se transcender pour savourer l’instant présent.
Porté par un scénario remarquable et des comédiens habités de fraîcheur et de fragilité, Peter Weir livre une leçon de vie, un classique inoxydable conçu pour réveiller les consciences timorées, trop souvent paralysées par la peur d’oser.
En 1959, au sein d’une académie prestigieuse régie par une discipline de fer, de jeunes étudiants font la rencontre singulière de leur nouveau professeur de littérature anglaise, M. Keating. Anticonformiste et passionné, cet homme va insuffler à ses élèves le souffle d’un bonheur retrouvé : la liberté d’embrasser ses rêves en acceptant que l’instant présent soit un don d’une richesse universelle.
S’il est un film capable de réveiller les consciences et de modifier le cours d’une existence - voire celui des générations à venir - c’est bien ce cercle ouvert de poètes conquérants. Une confrérie estudiantine soudain ivre de vie, désireuse d’en embrasser la beauté fragile par l’entremise d’un professeur initiateur, guidé par l’amour de la transmission. Permettre à ces jeunes âmes de s’extérioriser, d’exprimer leurs désirs enfouis, leurs pulsions créatrices les plus ardentes.
À l’image du tableau figé d’anciens élèves au regard déjà éteint, ces nouveaux venus vont apprendre à se saisir de leur destin, à explorer un monde en ébullition où la poésie métamorphose le réel en territoire fantasmatique. Une doctrine précieuse, où apprendre revient à s’épanouir, où affronter son destin devient un acte de courage. Par la fantaisie du rêve et l’audace désinhibée, M. Keating allume chez eux l’étincelle de l’optimisme, prouvant que chaque individualité recèle un potentiel d’exception.
Mais l’intransigeance aveugle d’un père autoritaire et conservateur va briser cet élan fragile. Son fils, passionné de théâtre, se sacrifie dans un geste désespéré pour échapper à une vie toute tracée qu’il refuse. Ce suicide tragique réveille alors la suprématie des conformismes, l’intolérance à l’écoute de l’autre, le refus de remettre en question un enseignement figé depuis des siècles. Le professeur le plus juste et salutaire en paiera le prix, victime expiatoire d’une innocence broyée, avant que ses élèves ne lui rendent un ultime hommage, vibrant et digne.
Robin Williams livre ici l’un de ses rôles les plus sobres et maîtrisés. Sa bonhomie naturelle et son humanisme discret confèrent à M. Keating une profondeur bouleversante. Robert Sean Leonard s’impose comme la révélation du film, incarnant avec une intensité poignante un jeune homme broyé par l’autorité paternelle, dont le destin mortuaire laisse un père à jamais déchu, rongé par sa propre intransigeance. Ethan Hawke apporte quant à lui une fragilité chétive, celle d’un étudiant introverti, trop timide pour affirmer sa voix. Son geste final - debout sur une table, rejoignant ses camarades - scelle un acte de résistance aussi simple que bouleversant.
La vie est un songe. Tout n’est que vaine apparence.
Un songe qui dure un peu plus qu’une nuit.
Ode à la foi intérieure et aux convictions intimes, hymne à la liberté d’expression, déclaration d’amour à la poésie comme force vitale, réquisitoire contre l’intolérance et le conservatisme, Le Cercle des Poètes Disparus est tout cela à la fois - et bien davantage. Un récit initiatique lumineux sur l’acceptation de soi, l’abandon de l’inhibition et l’audace d’affronter le monde. Un univers sensoriel où chaque être humain est une singularité précieuse, et où les mots demeurent les maîtres à penser capables de transformer ce qui nous entoure.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
A Pascal...15.09.11
Distinctions:
1989: Oscar du Meilleur Scénario Original pour Tom Schulman.
Meilleur film, meilleure musique originale pour Maurice Jarre aux British Academy Awards.
1990: César du Meilleur Film Etranger.
Meilleur Film Etranger, Prix David di Donatello
Meilleur film Etranger au Joseph Plateau Awards
Meilleur Film Etranger au Ruban d'Argent.

















































