mardi 22 septembre 2015

FRENCH CONNECTION. Oscar du Meilleur Film,1972.

                                                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site nearpictures.com

de William Friedkin. 1971. U.S.A. 1h43. Avec Gene Hackman, Roy Scheider, Fernando Rey, Marcel Bozzuffi, Tony Lo Bianco, Frédéric de Pasquale, Bill Hickman, Harold Gary.

Sortie salles France: 14 Janvier 1972. U.S: 9 Octobre 1971

FILMOGRAPHIE: William Friedkin est un réalisateur, scénariste et producteur de film américain, né le 29 août 1935 à Chicago (Illinois, États-Unis). Il débute sa carrière en 1967 avec une comédie musicale, Good Times. C'est en 1971 et 1973 qu'il connaîtra la consécration du public et de la critique avec French Connection et L'Exorciste, tous deux récompensés aux Oscars d'Hollywood.
1967: Good Times. 1968: l'Anniversaire. 1968: The Night they Raided Minsky's. 1970: Les Garçons de la bande. 1971: French Connection. 1973: l'Exorciste. 1977: Le Convoi de la peur. 1978: Têtes vides cherchent coffres pleins. 1980: The Cruising. 1983: Le Coup du Siècle. 1985: Police Fédérale Los Angeles. 1988: Le Sang du Châtiment. 1990: La Nurse. 1994: Blue Chips. 1995: Jade. 2000: l'Enfer du Devoir. 2003: Traqué. 2006: Bug. 2012: Killer Joe.


Traque infernale de deux flics délibérés à déjouer une organisation mafieuse comprenant les plus grands dealers de drogue à l'aube des Seventies, French Connection nous laisse le souffle coupé par son souci documentaire d'une mise en scène tirée au cordeau sous l'impulsion alerte de deux acteurs habités par la gagne. Gene Hackman endossant avec une hargne viscérale un détective sur le qui-vive des faits et gestes de ces rivaux, particulièrement Alain Charnier, contrebandier français à la tête du cartel d'héroïne, aujourd'hui chargé d'importer 32 millions de dollars de drogue sur le territoire ricain. Dans son appui professionnel et amical Roy Scheider lui prête la vedette avec une pugnacité plus avisée sachant par ailleurs que son compère aura décidé d'en tirer une affaire personnelle afin de se venger des brocards d'Alain Charnier (Fernando Ray s'avérant délectable de flegme et sournoiserie finauds en baron de la drogue !).


Modèle de rigueur pour sa mise en scène virtuose, William Friedkin renouvelle en 1971 le genre policier avec le parti-pris obsessionnel de prôner un réalisme documentaire. C'est à dire transfigurer avec une précision chirurgicale une filature de longue haleine qu'entreprennent ardemment Popeye et Cloudy avant de se laisser entraîner vers les traques homériques instaurées en plein centre urbain. A cet égard, la séquence de poursuite automobile que Popeye doit arpenter afin d'alpaguer un dangereux criminel s'avère d'une intensité toujours inégalée pour la vigueur auquel Friedkin fait preuve face à un itinéraire routier semé d'embûches. Par le biais d'un découpage à couper au rasoir et ce sentiment permanent d'improvisation régi autour d'une population figurante, le cinéaste chronomètre le caractère inédit d'une poursuite infernale sachant que dans sa détermination primitive, Popeye s'efforce de suivre en véhicule le cheminement ferroviaire d'un train pris en otage. Bien avant cette séquence anthologique filmée à l'arraché, Friedkin aura pris soin de nous captiver parmi l'autorité draconienne de deux détectives chargés de prendre en filature jours et nuits les plus grands leaders du trafic de drogue. Grâce à cette réalisation alerte aussi maîtrisée que novatrice exploitant New-York comme un dédale tentaculaire, Friedkin parvient à rendre passionnante une traque policière de grande ampleur, entre deux descentes musclées au sein de bars malfamés et les règlements de compte sanglants entre mafia et force de l'ordre. A ce titre, ses éclairs de violence souvent spectaculaires font également preuve d'un réalisme couillu pour l'époque, à l'instar d'un tragique accident de voiture pris sur le vif sur l'aile d'une autoroute ! 


Pourvu d'un suspense hypnotique et d'une intensité haletante sous l'impulsion névralgique de deux acteurs au sommet de leur carrière, French Connection inscrit sur pellicule l'un des faits divers les plus notoires d'une guerre (inlassable) contre la drogue avec un réalisme toujours aussi cinglant !  

Bruno Matéï
4èx

Récompenses: Oscars du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Acteur, Meilleur Scénario adapté, Meilleur Montage en 1972

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