vendredi 29 juin 2018

L'INVASION DES PIRANHAS

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ecranlarge.com

"Killer Fish" de Antonio Margheriti. 1979. Italie/Angleterre/BrĂ©sil/U.S.A. 1h41. Avec Lee Majors, Karen Black, Margaux Hemingway, Marisa Berenson, James Franciscus, Franck Pesce.

Sortie salles France: 23 Mai 1984. U.S: 7 Décembre 1979

FILMOGRAPHIE: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un réalisateur italien, né le 19 septembre 1930 à Rome, décédé le 4 Novembre 2002 à Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace. 1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les Géants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est là. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les Fantômes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karaté. 1975: La Chevauchée terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: Héros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Surfant sur les rĂ©cents succès des Dents de la mer et de Piranhas, le vĂ©tĂ©ran Antonio Margheriti nous offre sa version low-cost du "poisson tueur" avec l'Invasion des Piranhas sorti chez nous 5 ans après son exploitation US. Une co-production Ă©clectique partagĂ©e entre l'Italie, l'Angleterre, le BrĂ©sil et les Etats-Unis autour de tĂŞtes d'affiche bien connues des amateurs de Bis (Lee Majors, Karen Black, Margaux Hemingway, Marisa Berenson, James Franciscus sont Ă  la fĂŞte dans des rĂ´les Ă  la fois perfides et involontairement empotĂ©s). Mention spĂ©ciale Ă  ce dernier savoureusement cabotin en leader cupide Ă  la fois couard et Ă©gotiste. A partir d'un pitch sommaire (une bande de maraudeurs se disputent une poignĂ©e de diamants après un hold-up rĂ©ussi, quand bien mĂŞme l'un d'eux (James Franciscus himself !) aura dĂ©cidĂ© de les planquer au fond d'un lac infestĂ© de Piranhas afin d'y piĂ©ger les traĂ®tres),  Antonio Margheriti nous propose une ludique aventure horrifique au sein du cadre tropical du BrĂ©sil. Ce dernier exploitant sa vĂ©gĂ©tation idyllique Ă  travers une sĂ©rie de cartes postales solaires que nos vacanciers caricaturent entre batifolages arrosĂ©s et sĂ©ances photos sexy.


Si la première partie sensiblement policière (ça démarre d'ailleurs en fanfare avec des explosions terroristes tous azimuts dans des lieux industriels et pétroliers !) et pittoresque (notamment à travers l'intervention extravagante d'un photographe pataud inévitablement tête à claque !) ne présage rien de croustillant quant à la voracité des piranhas fonçant sur leurs victimes cupides (notamment lorsque la 1ère agression pâtie d'un montage elliptique résolument maladroit), le second acte s'avère plus attractif si bien qu'à la suite d'une tornade, notre groupe indocile devra s'efforcer de regagner la rive depuis l'accrochage de leur bateau. Dans la mesure où chacun d'eux usent de stratagèmes héroïques pour s'extirper d'une mort certaine (parmi l'aide de 2 secouristes ballots), l'aventure linéaire adopte une tournure autrement cauchemardesque et un chouilla intense lorsque Marghereti multiplie les offensives sanglantes à l'aide d'un montage plus percutant et avisé qu'au préalable. Pour autant, si l'Invasion des Piranhas s'avère aussi plaisant à travers son contexte de survival maritime, aussi timorées soient ses scènes gores et limités ses décors, il le doit notamment aux situations parfois grotesques que nos touristes infréquentables (pour ne pas dire victimes idiotes) engendrent maladroitement avec un sérieux inébranlable. Notamment cette ridicule tentative d'évasion sur un bateau pneumatique que 2/3 piranhas se délecteront évidemment à percer de leurs dents acérées. Ajouter aussi quelques incohérences ici et là (Kate séjournant brièvement dans un asile pour tenter de récupérer le magot !), une chanson estivale ringarde (pour un peu on se croirait même dans Les Bronzés), des dialogues impayables comme de coutume chez le nanar transalpin et vous obtenez un divertissement festif d'une charmante dérision que les inconditionnels auraient tort de se priver.

* Bruno
3èx

jeudi 28 juin 2018

IN DARKNESS

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb

de Anthony Byrne. 2018. U.S.A. 1h41. Avec Natalie Dormer, Emily Ratajkowski, Ed Skrein, Joely Richardson, Neil Maskell, James Cosmo, Jan Bijvoet.

Diffusé sur Netflix le 22 Juin 2018. Sortie salles U.S: 25 Mai 2018

FILMOGRAPHIE: Anthony Byrne est un réalisateur né le 9 Septembre 1975 à Dublin, Ireland. 2018: In Darkness. 2007: How About You... 2005: Short Order.


Synopsis: Depuis le suicide suspicieux de sa voisine, une jeune aveugle est persĂ©cutĂ©e par un mystĂ©rieux tueur d'après la disparition d'une clef USB. 

Un bon thriller politique efficacement troussé et correctement interprété avec son lot de péripéties, rebondissements et révélations disséminées au compte-goutte pour maintenir l'intérêt jusqu'au règlement de compte final. De par le stylisme de sa sublime photo cadrée en format scope, on appréciera à travers cet esthétisme léché la surprenante agression urbaine entièrement filmée du point de vue d'ombres chinoises. Bonnard donc, carré et jamais disgracieux.

Clin d'oeil à Frédéric Serbource, Ruufeet Nelly et Gérald Giacomini ^^

* Bruno

mercredi 27 juin 2018

JUSQU'A LA GARDE. Lion d'Argent de la meilleure mise en scène, Mostra de Venise, 2017.

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Custody" de Xavier Legrand. 2017. France. 1h33. Avec Léa Drucker, Denis Ménochet, Thomas Gioria, Mathilde Auneveux, Mathieu Saïkaly.

Sortie salles France: 7 Février 2018

FILMOGRAPHIEXavier Legrand est un acteur, scénariste et réalisateur français.
2017: Jusqu'Ă  la garde.


Film choc s'il en est, de par son climat tendu en crescendo et l'ultra vérisme de sa mise en scène documentée, Jusqu'à la garde laisse en état second sitôt le générique écoulé, alors que rien ne présageait la descente aux enfers morale qui va suivre si je me fie aux 20 premières minutes inévitablement prévisibles (les palabres juridiques entre parents et avocats au sein du bureau de la juge). Prenant pour thème le divorce autour de l'épineux problème de la garde d'enfants que se dispute le couple par avocat interposé, Xavier Legrand, cinéaste en herbe hyper doué, détourne intelligemment les clichés du genre grâce à la maîtrise de sa réalisation autonome auscultant les états d'âmes et désagréments des personnages avec une puissance émotionnelle toujours plus grave et éprouvante. Et se sans céder aux grosses ficelles de la complaisance, du pathos ou du racolage s'il eut été réalisé par un cinéaste opportuniste cédant au schéma narratif tracé d'avance. Xavier Legrand radiographiant plusieurs fragments de la banalité quotidienne avec un souci de vérité à la fois trouble et viscéral, notamment faute de l'ambiguïté des parents de prime abord taiseux et réservés.


Tant et si bien que nous nous immergeons Ă  corps perdu dans la psychĂ© tourmentĂ©e du trio conjugal Ă  travers le tĂ©moignage impuissant de l'ado ballottĂ© par ses parents pour une question de pouvoir et d'Ă©quitĂ©. D'ailleurs, Ă  travers le point d'orgue extrĂŞmement tendu et rĂ©solument terrifiant, la charge Ă©motionnelle vĂ©cue au prĂ©alable par le spectateur atteint donc son apogĂ©e lors de ce revirement impitoyable si bien que nos nerfs mis Ă  rude Ă©preuve lâcheront la pression passĂ© l'Ă©pilogue mutique. Et si le rĂ©cit psychologiquement sinueux, car davantage instable, grave et ombrageux s'avère aussi expressif, il le doit autant au jeu nĂ©vralgique du triangle maudit que forment LĂ©a Drucker, Denis MĂ©nochet ainsi que le jeune Thomas Gioria constamment poignant lors de ses expressions anxiogènes oĂą s'y profile la terreur morale (faute de persĂ©cution, d'intimidation et de chantage). Et donc sous couvert de violence conjugale dressant peu Ă  peu le portrait pathĂ©tique d'un personnage possessif, erratique, orgueilleux et Ă©goĂŻste, incapable de se soumettre Ă  la dĂ©faite sentimentale, Xavier Legrand empreinte en filigrane la trajectoire du thriller domestique avec une puissance dramatique rĂ©solument traumatisante. Si bien que le spectateur aussi dĂ©muni et apeurĂ© que ses protagonistes observe le drame qui se dessine avec une apprĂ©hension quasi insoutenable.


Fait divers Ă  fleur de peau.
Drame conjugal oĂą s'y profile un suspense sournois aussi effilĂ© qu'une lame de rasoir, Jusqu'Ă  la garde traite sans fard des consĂ©quences dramatiques des enfants pris en otage par la fracture du divorce avec un souci de vĂ©ritĂ© humaine aussi bien ardu que bouleversant. Tant auprès des victimes harcelĂ©es, comprimĂ©es par l'angoisse et la dĂ©pression, que du cĂ´tĂ© de l'oppresseur punitif incapable de canaliser son irascibilitĂ© après avoir failli Ă  son rĂ´le d'Ă©poux responsable. Une leçon de mise en scène. 

* Bruno

Box-Office France: 373 768 entrées

Récompenses:
Mostra de Venise 2017 : Lion d'argent de la meilleure mise en scène
Mostra de Venise 2017 : Lion du futur, prix "Luigi de Laurentiis" du meilleur premier film7
Festival International du Film de San Sebastiàn 2017 : Prix du Public du Meilleur Film Européen8
Festival International du Film de Saint-Jean-De-Luz 2017 : Prix du Jury
Festival International du Film de Macao (en) 2017 : Prix du Meilleur Réalisateur9
Festival Premiers Plans d'Angers 2018 : Prix du Public

mardi 26 juin 2018

LE VIEIL HOMME ET L'ENFANT. Ours d'argent Ă  Berlin, 1967.

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Claude Berri. 1966. France. 1h30. Avec Michel Simon, Luce Fabiole, Alain Cohen, Charles Denner, Zorica Lozic,  Jacqueline Rouillard, Denise PĂ©ron, Paul PrĂ©boist.

Sortie salles France: 11 Mars 1967

FILMOGRAPHIE: Claude Langmann, dit Claude Berri, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur français, nĂ© le 1er juillet 1934, dĂ©cĂ©dĂ© le 12 janvier 2009. 1964: Les Baisers (segment « Baiser de 16 ans »). La Chance et l'amour (segment « La Chance du guerrier »). 1966: Le Vieil homme et l'enfant. 1968 Mazel Tov ou le Mariage. 1969: Le PistonnĂ© . 1970: Le CinĂ©ma de papa. 1972: Sex-shop. 1975: Le Mâle du siècle. 1976: La Première fois. 1977: Un moment d'Ă©garement. 1980: Je vous aime. 1981: Le MaĂ®tre d'Ă©cole. 1983: Tchao Pantin. 1986: Jean de Florette. Manon des sources. 1990: Uranus. 1993: Germinal. 1996: Lucie Aubrac. 1999: La dĂ©bandade. 2001: Une femme de mĂ©nage.
2004: L'Un reste, l'autre part. 2006: Ensemble, c'est tout. 2009: TrĂ©sor.


Gros succès Ă  sa sortie (2 728 049 entrĂ©es), Le Vieil Homme et l'Enfant dĂ©peint la vibrante amitiĂ© entre un enfant et un couple de grands-parents que ceux-ci endossent derrière une famille d'accueil vers la fin de la seconde guerre. ComĂ©die dramatique d'une tendresse immodĂ©rĂ©e pour la pĂ©riode insouciante de l'enfance que Claude Berri retransmet avec un troublant vĂ©risme (notamment auprès du jeu spontanĂ© d'un casting aux p'tits oignons jusqu'aux moindres petits rĂ´les - les cabots Paul PrĂ©boist / Roger Carel en tĂŞte ! -); Le Vieil homme et l'Enfant fait office de documentaire Ă©lĂ©giaque en dĂ©pit de la gravitĂ© de son sujet abordant en sous texte le racisme et le fascisme nazi. Le grand-père un peu bourru dĂ©testant les francs-maçons, les bolcheviques et surtout les juifs avec une foi pĂ©remptoire. Et donc Ă  travers son initiation amicale avec l'enfant (contraint de lui masquer sa vĂ©ritable identitĂ©) et la prĂ©mices du dĂ©clin de l'occupation allemande; pĂ©pĂ© s'humanisera peu Ă  peu en extĂ©riorisant le petit garçon qui sommeillait en lui. Ainsi, la sĂ©quence auquel il batifole Ă  courser le gamin Ă  travers les pièces de la maison est tout Ă  fait rĂ©vĂ©latrice en dĂ©pit de ses railleries stupides causĂ©es sur la communautĂ© juive.


Ce qui nous vaut une succession quasi ininterrompue de scènes attendrissantes, espiègles, comiques (Claude persuadĂ© que pĂ©pĂ© est soudainement juif !), douces amères que le duo cultive avec une fraĂ®cheur galvanisante. Outre la prĂ©sence râblĂ©e du monstre sacrĂ© Michel Simon en papi bicĂ©phale, le jeune Alain Cohen lui dispute la vedette avec des yeux d'innocence parfois poignants eu Ă©gard de sa fragilitĂ©, de son instinct de curiositĂ©, de son Ă©veil aux sentiments (sa vibration amoureuse auprès d'une Ă©colière) et de son dĂ©sir d'apprivoiser le microcosme rural auquel il Ă©volue. Si bien que le grand-père prĂ©venant, fĂ©ru d'amour pour sa rĂ©gion provinciale, sa terre et ses proches le lui retransmet avec une poignante simplicitĂ©. A l'instar de sa relation indĂ©fectible avec son fidèle chien jouasse (il lui offre Ă  manger Ă  la cuillère dans une assiette et le fait dormir au bout de son lit !) ou encore de son vĂ©gĂ©tarisme intransigeant auprès d'une Ă©pouse cuisinant rĂ©gulièrement le lapin Ă  la moutarde. Hymne Ă  la nature et Ă  la simplicitĂ© des sentiments Ă  travers une complicitĂ© chaleureuse, le Vieil homme et l'Enfant nous remĂ©more notre propre enfance avec une vĂ©ritĂ© humaine inĂ©vitablement bouleversante. Le spectateur se remĂ©morant ses propres souvenirs de vacances scolaires lorsqu'il sĂ©journait chez ses grands-parents pĂ©tris de sollicitude filiale. Et ce tout en y dĂ©nonçant l'antisĂ©mitisme (Ă  travers le bagout disgracieux du grand père conservateur) au sein d'une page sombre de notre histoire d'un rĂ©alisme documentĂ© (notamment Ă  travers de graves rĂ©pliques, telles la condition humiliante des femmes tondues, que Michel Simon exprime avec aigreur sentencieuse).


Un tendre recueil de nos souvenirs d'enfance.
Magnifique rĂ©cit d'amitiĂ© Ă  travers l'altĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rationnelle, leçon d'amour et de tendresse vis Ă  vis d'une enfance candide (et dieu sait si au dĂ©part Claude cumule les 400 coups chez le foyer parental !), Le Vieil homme et l'Enfant ravive nos propres souvenirs infantiles avec une puissance formelle sensorielle (noir et blanc contrastĂ© Ă  l'appui). Tout en y soulignant en background (et de manière Ă©galement tacite) la rĂ©demption de la tolĂ©rance lorsqu'un antisĂ©mite parvient discrètement Ă  se remettre en question grâce Ă  l'interrogation inoffensive du confident. Un moment de cinĂ©ma inĂ©vitablement inoubliable. 

* Bruno

lundi 25 juin 2018

MONSIEUR JOE. Oscar des meilleurs effets visuels pour Willis O'Brien, 1949.

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Mighty Joe Young" de Ernest B. Schoedsack. 1949. 1h34. Avec Terry Moore, Ben Johnson, Robert Armstrong, Mr. Joseph Young, Frank McHugh, Douglas Fowley.

Sortie salles France: 13 Janvier 1950. U.S: 27 Juillet 1949

FILMOGRAPHIE: Ernest Beaumont Schoedsack est un réalisateur, directeur de photo, producteur, monteur, acteur et scénariste américain, né le 8 Juin 1893 à Council Bluffs (Iowa), décédé le 23 Décembre 1979 dans le Comté de Los Angeles. 1925: Grass: a nation's battle for life.1927: Chang. 1929: Les 4 plumes blanches. 1931: Rango. 1932: Les Chasses du comte Zaroff. 1933: King Kong. 1933: The Monkey's Paw. 1933: Blind Adventure. 1933: Le Fils de Kong. 1934: Long Lost Father. 1935: Les Derniers jours de Pompéï. 1937: Trouble in Morocco. 1937: Outlaws of the Orient. 1940: Dr Cyclop. 1949: Monsieur Joe. 1952: The is Cinerama.


Si on peut dĂ©plorer quelques petites incohĂ©rences ou invraisemblances pour autant pardonnables (la naĂŻvetĂ© Ă  laquelle l'hĂ©roĂŻne se laisse trop rapidement convaincre d'exercer pour Hollywood en compagnie de Joe, le trio avinĂ© face Ă  la geĂ´le de Joe pour le brimer sans y ĂŞtre interpellĂ©, la personnalitĂ© versatile car inopinĂ©ment magnanime du directeur de show lorsque Joe est condamnĂ© Ă  mort par la police), Monsieur Joe est un sympathique spectacle surfant sur le modèle de King-kong avec un esprit beaucoup plus familial. Eu Ă©gard de l'attitude aussi bien irascible qu'amiteuse de Joe en badin ou hĂ©ro de fortune (ses exploits pour sauver quelques vies humaines des flammes de l'orphelinat) et de sa conclusion rassĂ©rĂ©nĂ©e faisant office d'aimable clin d'oeil auprès du public infantile. Et donc en dĂ©pit d'un schĂ©ma narratif tout Ă  fait prĂ©visible (car pillĂ© Ă  son homologue King-kong), Monsieur Joe parvient Ă  distraire grâce Ă  sa lĂ©gèretĂ© de ton, aux incroyables FX conçus par Willis O'Brien et Ray Harryhausen (notamment lorsque Joe est filmĂ© en compagnie de personnages rĂ©els dans un unique plan) et Ă  son action homĂ©rique efficacement impressionnante (principalement l'insurrection dans la salle de spectacle).

* Bruno
2èx

vendredi 22 juin 2018

LA QUEUE DU SCORPION

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"La coda dello scorpione" de Sergio Martino. 1971. Italie/Espagne. 1h31. Avec George Hilton, Anita Strindberg, Alberto de Mendoza, Ida Galli, Janine Reynaud, Luigi Pistilli, Tom Felleghy.

Sortie salles France: 4 Octobre 1973. Italie: 16 Août 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1970: l'Amérique à nu. Arizona se déchaine. 1971: l'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion. l'Alliance Invisible. 1973: Mademoiselle Cuisses longues. 1973: Torso. 1975: Le Parfum du Diable. 1977: Mannaja, l'homme à la hache. 1978: La Montagne du Dieu Cannibale. 1979: Le Continent des Hommes poissons. Le Grand Alligator. 1982: Crimes au cimetière étrusque. 1983: 2019, Après la Chute de New-York. 1986: Atomic Cyborg. 1989: Casablanca Express. 1990: Mal d'Africa. Sulle tracce del condor.


InfluencĂ© par la cĂ©lèbre trilogie animalière d'Argento, Sergio Martino rĂ©alise en 1971 La Queue du Scorpion avec un savoir-faire particulièrement efficace de par son intrigue sinueuse irrĂ©sistiblement machiavĂ©lique. A la suite de la mort de son Ă©poux lors d'un mystĂ©rieux crash d'avion, Lisa hĂ©rite de la somme d'1 million de dollars. Au moment de s'exiler Ă  Tokyo en compagnie d'un de ses amants, cette dernière est persĂ©cutĂ©e par un mystĂ©rieux tueur. VoilĂ  brièvement condensĂ© le pitch afin d'occulter tout indice d'une intrigue viciĂ©e mettant en valeur une poignĂ©e de personnages Ă  la fois effrontĂ©s, sans vergogne et volages puisque avides d'empocher le magot avant qu'un de leur concurrent ne les devancent. Dès le 1er acte savamment inquiĂ©tant et couillu, Sergio Martino nous Ă©branle sans crier gare avec un homicide d'une sauvagerie acĂ©rĂ©e clignant de l'oeil Ă  Hitchcock  (Spoil puisque nous venions de nous familiariser avec l'hĂ©roĂŻne depuis 25 minutes ! fin du Spoil). Le tueur n'accordant aucune pitiĂ© Ă  sa victime si bien que nous craignons ensuite ses futures exactions avec une apprĂ©hension mĂ©tronomique.


C'est dire si le cinĂ©aste maĂ®trise cette facultĂ© de distiller un suspense oppressant Ă  chacune des ses sombres apparitions, notamment parmi le dĂ©tail fĂ©tichiste de ses gants noirs comme de coutume dans la tradition giallesque. Qui plus est, Ă  travers un dĂ©filĂ© d'actrices sublimes sĂ©vèrement mises Ă  mal par l'assassin (on y croise les yeux bleux d'Ida Galli, de Janine Reynaud et surtout d'Anita Strindberg absolument Ă©lectrisante en reporter sexy !), Martino filme leur fragilitĂ© dĂ©munie avec un Ă©rotisme soft. Tant auprès de quelques Ă©bats amoureux que des Ă©treintes criminelles qu'elles se partagent violemment avec le tueur rivalisant de cruautĂ© pour parfaire ses sĂ©vices. Sur ce point, on est Ă©galement frappĂ© par la verdeur des meurtres superbement filmĂ©s avec stylisme tranchĂ© initialement imposĂ© par Argento, notamment grâce au dynamisme du montage Ă©paulĂ© d'agressifs gros plans. Quand bien mĂŞme le score entĂŞtant de Bruno Nicolai enrobe l'intrigue afin d'exacerber le mystère diffus autour des va-et-vient de personnages interlopes prĂ©sumĂ©s coupables. Martino parvenant aisĂ©ment Ă  captiver et nous interroger sur les Ă©ventuelles complicitĂ©s cupides avec comme indice subsidiaire la broche d'une queue de scorpion. Ce dernier entretenant le suspense de la vĂ©ritable identitĂ© du meurtrier jusqu'au dernier quart-d'heure volontairement tacite (avec l'accord amiable du cinĂ©aste) se dĂ©roulant dans un dĂ©cor maritime idyllique. Et de nous offrir en guise de point d'orgue rebondissements, poursuites et angoisse Ă©prouvante quant au sort prĂ©caire de l'ultime victime complètement isolĂ©e de soutien externe.


Passionnant, sexy et raffinĂ© autour d'une solide intrigue ramifiĂ©e, la Queue du Scorpion redouble d'efficacitĂ© Ă  communier suspense et horreur mĂŞme s'il doit tout au maestro fondateur Dario Argento. Un des fleurons du genre irrĂ©sistiblement grisant et jubilatoire si bien qu'aujourd'hui encore on reste happĂ© par sa troublante modernitĂ©. 

* Bruno
3èx

jeudi 21 juin 2018

SWEET COUNTRY. Prix du Jury, Mostra de Venise.

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Warwick Thornton. 2017. Australie. 1h53. Avec Sam Neill, Ewen Leslie, Bryan Brown, Thomas M. Wright.

Sortie salles Australie: 25 Janvier 2018. U.S: 6 Avril 2018. France: Uniquement diffusé sur Netflix à partir du 15 Juin 2018.

FILMOGRAPHIE: Warwick Thornton est un réalisateur, scénariste et directeur de la photographie australien né le 23 juillet 1970 à Alice Springs.1996 : From Sand to Celluloid: Payback. 2002 : Mimi. 2005 : Green Bush. 2007 : Nana (TV). 2009 : Samson and Delilah. 2010 : Art+Soul (série télévisée). 2011 : Stranded. 2013 : The Turning (segment Big World). 2013 : The Darkside. 2014 : Words with Gods. 2017 : Sweet Country.


Puissant rĂ©quisitoire contre la vilenie du racisme Ă  travers l'outback australien de 1929, Sweet Country s'inspire d'un tragique fait divers lorsqu'un aborigène tua un fermier blanc en guise de lĂ©gitime dĂ©fense. Spoil ! TraquĂ© en plein dĂ©sert durant un pĂ©riple de longue haleine avant de se livrer Ă  la justice depuis la grossesse de sa femme, Philomac finira sur le banc des accusĂ©s lors d'un tribunal de fortune afin de juger de son sort promu Ă  la pendaison. Fin du Spoil. Contemplatif et limite sensoriel dans sa manière onirique de filmer une nature placide auquel y survit une tribu primitive plutĂ´t farouche Ă  l'Ă©tranger (tant auprès de son propre peuple urbanisĂ© que de l'homme blanc impĂ©rieux), Sweet Country s'Ă©pargne de partition musicale afin de mieux nous immerger au sein d'un western monocorde dont le rythme assez langoureux pourrait toutefois rebuter certains d'entre nous (principalement lors de la traque sauvage Ă  la limite de l'expĂ©rimental dont la nature Ă©clectique s'octroie un rĂ´le majeur). Le rĂ©alisateur prenant son temps Ă  structurer son intrigue autour de la  familiaritĂ© des protagonistes en constante discorde.


Pour autant, grâce Ă  la personnalitĂ© de sa mise en scène (mĂŞme si les nombreux flashbacks et surtout flashforwards s'avèrent plutĂ´t dispensables, notamment afin de prĂ©server 2/3 effets de surprise), de la sobriĂ©tĂ© des acteurs notoires (Sam Neil en chrĂ©tien sollicitant, Bryan Brown en sergent atrabilaire) ou des aborigènes amateurs absolument crĂ©dibles dans leur jeu posĂ©ment sentencieux, et surtout Ă  l'intensitĂ© de son rĂ©cit vitupĂ©rant le racisme le plus couard (j'Ă©voque surtout la dichotomie du dĂ©nouement !), Sweet Country provoque une Ă©motion "rĂ©servĂ©e" poignante Ă  travers le portrait Ă©hontĂ© d'une Australie profonde Ă  la fois conservatrice, rĂ©actionnaire et xĂ©nophobe. Warwick Thornton observant la fracture entre deux cultures Ă©trangères en voie de modernisme et de rĂ©bellion sans discours moralisateur (le film est d'ailleurs plutĂ´t laconique) ni fioriture. Si bien que sa dernière partie s'attardant sur les postures taiseuses des accusĂ©s victimes de leur condition soumise nous provoque un dĂ©sarroi scrupuleux quant Ă  leur prĂ©caritĂ© Ă  oser s'exprimer pour se dĂ©fendre face Ă  l'autoritĂ© d'un juge inopinĂ©ment clĂ©ment.


Violent et poignant sous une forme autonome de western contemplatif Ă  la lisière de l'insolite, Sweet Country dĂ©nonce avec force la haine et l'obscurantisme parmi l'autoritĂ© de son auteur rĂ©fractaire aux conventions si bien que son fait-divers inĂ©quitable nous reste en travers de la gorge pour son vibrant hommage en faveur du peuple aborigène victime de l'esclavage et de leur ignorance Ă  l'aube d'une sociĂ©tĂ© en mutation (si je me rĂ©fère surtout au symbolisme de l'Ă©quitĂ© juridictionnelle). 

* Bruno

mercredi 20 juin 2018

DADDY'S DEADLY DARLING / THE 13 PIGS. Director's Cut.

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site 3.bp.blogspot.com

"Pigs", "Horror Farm", "The 13th Pig", "Daddy's Girl", "The Strange Exorcism of Lynn Hart", "The Strange Love Exorcist and Roadside Torture Chamber", "Les Monstres Sanglants" de Marc Lawrence. 1972. U.S.A. 1h20. Avec Marc Lawrence, Toni Lawrence, Marc Laurent, Jesse Vint, Paul Hickey, Katharine Ross.

Sortie salles U.S: 25 May 1973 

FILMOGRAPHIE: Marc Lawrence est un réalisateur américain né le 17 Février 1910, décédé le 27 Novembre 2005 (95 ans). 1973: Daddy's Deadly Darling. 1965: Tendre garce.


RaretĂ© horrifique bien ancrĂ©e dans son Ă©poque des Seventies, de par son climat malsain permĂ©able, sa photo granuleuse, sa bande-son bigarrĂ©e (couinements stridents de porcs, mĂ©lopĂ©e dĂ©calĂ©e, country music) et ses meurtres brutaux prĂ©figurant 2 ans au prĂ©alable la scĂ©nographie crapoteuse de Massacre Ă  la Tronçonneuse, Daddy's Deadly Darling n'eut mĂŞme pas le privilège d'ĂŞtre exploitĂ© en salle sur notre territoire. Quand bien mĂŞme lors de sa location Vhs, il fut vulgairement tronquĂ© et remaniĂ© sans l'accord de son auteur. Et si cette production Grindhouse  distribuĂ©e par la firme Troma s'avère relativement mineure, Marc Lawrence, rĂ©alisateur et acteur principal, parvient Ă  faire naĂ®tre une ambiance d'inquiĂ©tude assez fascinante sous un soleil californien n'ayant point Ă  rougir du Texas nĂ©crosĂ© de Hopper. D'une grande simplicitĂ©, le pitch tourne autour de l'amitiĂ© entre un fermier rĂ©gisseur de bar et une jeune itinĂ©rante, infirmière au passĂ© Ă©trangement trouble si je me fie Ă  ses appels tĂ©lĂ©phoniques auprès d'un paternel mutique. Ainsi, ces deux personnages introvertis s'avèrent des serial-killers si bien que durant leur aimable accointances ils vont devoir s'Ă©pauler afin de planquer les meurtres que cette dernière perpĂ©tue, faute d'un traumatisme incestueux. Nanti d'un rythme assez laborieux, notamment auprès de sa première demi-heure peu motivante, Daddy's Deadly Darling insuffle pour autant un sentiment d'insĂ©curitĂ© palpable, notamment Ă  travers ses cadrages obliques et ses gros plans agressifs conçus pour renchĂ©rir le malaise.


Et donc, grâce Ă  cette ambiance horrifique rĂ©solument fĂ©tide et rehaussĂ©e d'un rĂ©alisme documentĂ©, cette sĂ©rie B maintient l'intĂ©rĂŞt sous l'impulsion de la troublante Toni Lawrence (la propre fille du rĂ©alisateur), assez convaincante en meurtrière taiseuse gentiment dĂ©licate. D'ailleurs, lorsqu'elle accourt Ă  travers champs bucoliques telle une aliĂ©nĂ©e pour fuir des couinements animaliers, on songe inconsciemment Ă  Marilyn Burns lorsque celle-ci se faisait courser (de nuit et de jour) par Leatherface. Il est donc fort possible que Tobe Hooper se soit inspirĂ© de cette production underground pour parfaire ses cauchemars rubigineux qu'uniformisent Massacre Ă  la Tronçonneuse / Le Crocodile de la mort. Tant et si bien qu'Ă  l'instar du vĂ©tĂ©ran Judd et de son fameux alligator grugeant les touristes imprudents, le fermier nourrit en l'occurrence ses cochons avec de la viande humaine pour se dĂ©barrasser des corps. Et d'y ajouter en guise de dĂ©tail insolite une connotation fantastique (une espèce de lĂ©gende Ă©gyptienne) lorsque le shĂ©rif local (pas très finaud pour dĂ©mĂŞler le vrai du faux lorsqu'il interroge Ă  moult reprises deux voisines dĂ©caties !) et quelques citadins rĂ©acs se persuadent qu'un cadavre humain digĂ©rĂ© par des porcs pourrait ensuite revenir d'entre les morts sous l'apparence d'un cochon ! Un programme dĂ©lirant donc prĂŞtant autant Ă  sourire qu'Ă  s'inquiĂ©ter d'une trouvaille aussi cintrĂ©e !


CuriositĂ© fauchĂ©e quasi introuvable en version Uncut (il faut - pour l'instant - se reporter auprès du site L'Univers Étrange et Merveilleux du Fantastique et de la Science-Fiction afin de dĂ©couvrir son Director's Cut !), Daddy's Deadly Darling tire attrait de son intĂ©rĂŞt grâce Ă  son ambiance putride prĂ©figurant les grands classiques poisseux prĂ©citĂ©s. Rien que pour son climat cauchemardesque aussi novateur que couillu (notamment Ă  travers un songe maladif que la meurtrière endure dans sa psychĂ© torturĂ©e ou lorsque le fermier grimĂ© en polichinelle intimide ses voisines), Daddy's Deadly Darling mĂ©rite l'attention des fans de pĂ©loche dĂ©viante. 

* Bruno

mardi 19 juin 2018

LA CH'TITE FAMILLE

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Danny Boune. 2018. France. 1h47. Avec Dany Boon, Valérie Bonneton, Line Renaud, Laurence Arné, Guy Lecluyse, Pierre Richard, François Berléand.

Sortie salles France: 28 Février 2018

FILMOGRAPHIE: Danny Boon (Daniel Hamidou) est un humoriste, acteur et réalisateur français, né le 26 Juin 1966 à Armentières (Nord). 2006: La Maison du Bonheur. 2008: Bienvenue chez les Ch'tis. 2011: Rien à Déclarer. 2014: Supercondriaque. 2017 : Raid dingue. 2018 : La Ch'tite famille


10 ans après le succès historique de Bienvenue chez les ch'tis, Danny Boon, acteur et rĂ©alisateur, se rĂ©approprie intelligemment du dialecte patois si bien que ceux qui comme moi redoutaient un Ă©pigone aussi gratuit que mercantile seront surpris de dĂ©couvrir une comĂ©die autrement inspirĂ©e dans son alliage de drĂ´lerie, romance et tendresse menĂ© Ă  corps perdu. Et ce mĂŞme si lors de certaines rĂ©parties et gestuelles irrĂ©sistibles, Danny Boon continue de surfer sur l'hilaritĂ© des calembours. Une recette gagnante largement inspirĂ©e des divertissements populaires des annĂ©es 60 Ă  80 que De Funès, Bourvil, Fernandel, Pierre Richard (voir mĂŞme les Charlots Ă  degrĂ© moindre) immortalisèrent de leur empreinte indĂ©fectible. Ainsi, et afin de lui rendre hommage, Danny Boon recrute en l'occurrence  Pierre Richard très Ă  l'aise dans un rĂ´le outrancier de patriarche bourru mais pour autant malencontreusement desservi par une poignĂ©e de gags franchement lourdingues il faut avouer. D'autre part, les 15/20 premières minutes de l'intrigue ne prĂ©sagent pas vraiment une comĂ©die endiablĂ©e Ă  travers ses gags triviaux aux ressorts connus. Puis peu Ă  peu, Ă  partir du moment oĂą la ch'tite famille s'incruste dans le pavillon high-tech de leur progĂ©niture, l'histoire se met en place Ă  partir d'un fâcheux incident perpĂ©trĂ© par un chauffard (familier). Se moquant sans vulgaritĂ© de la mode et de la haute-bourgeoisie Ă  travers un couple altier de designers que Danny Boon et la sĂ©millante Laurence ArnĂ© parodient avec une spontanĂ©itĂ© fringante, La Ch'tite Famille tire-parti de son efficacitĂ© grâce Ă  l'incroyable fougue des comĂ©diens militants pour les valeurs familiales et la fidĂ©litĂ© de l'amour de par la simplicitĂ© de leurs sentiments humains.


Si bien que redoutant sa famille du Nord qu'il a lâchement abandonnĂ© Ă  l'âge de 25 ans, Valentin (Danny Boon) tente malgrĂ© tout de se montrer sous son jour le plus hospitalier lors de retrouvailles alĂ©atoires. Seulement, après s'ĂŞtre fait culbuter par une voiture, celui-ci plonge dans un coma suite Ă  un traumatisme crânien. PassĂ©s quelques jours d'hospitalisation, il se rĂ©veille subitement frappĂ© d'amnĂ©sie et retrouve le langage du patois bien d'chez lui. Dès lors, il se prĂ©tend dans la peau d'un ado traumatisĂ© par un accident de mobylette. Et donc Ă  travers cette intrigue inversant subitement les rĂ´les du duo autrefois pĂ©dant, Danny Boon et Laurence ArnĂ© laissent libre court Ă  la dĂ©sinhibition lorsque ces derniers jubilent Ă  l'idĂ©e d'endosser des designers contrairement affables, modestes et expansifs auprès de leur entourage condescendant. Ce pied de nez contre la dĂ©shumanisation de la cupiditĂ© est notamment une manière ostensible pour Danny de prouver Ă  son public qu'il est restĂ© un homme humble et modeste passĂ© le raz-de-marĂ©e populaire de Bienvenue chez les ch'tis. Au-delĂ  de ce duo extrĂŞmement attachant et si crĂ©dible Ă  l'Ă©cran (si bien qu'on les croirait franchement mariĂ©s Ă  la ville !), La Ch'tite Famille resplendit de chaleur humaine sous l'impulsion de seconds-rĂ´les aussi avenants et extravertis dans leur capacitĂ© d'insuffler Ă  l'Ă©cran une Ă©motion somme toute fragile (notamment la prestance Ă©loquente de Line Renaud en maman susceptible dĂ©bordante d'amour et de tendresse pour ses chĂ©rubins).


ComĂ©die populaire menĂ©e sans temps morts par une troupe de comĂ©diens en roue libre, eux mĂŞmes Ă©paulĂ©s d'un pitch efficace discrĂ©ditant le lucre et le standing, La Ch'tite Famille rend nouvellement hommage aux gens de ch'Nord avec une tendresse beaucoup plus explicite qu'au prĂ©alable si bien que Danny Boon et ses acolytes pĂ©tris de gĂ©nĂ©rositĂ© et simplicitĂ© nous offrent leur coeur avec une intĂ©gritĂ© irrĂ©fragable (Ă  l'instar du vibrant clin d'oeil offert Ă  Johnny en guise d'adieu !). Et pour parachever, je tiens personnellement Ă  dĂ©clarer ma flamme Ă  l'incroyable Laurence ArnĂ©, actrice radieuse d'un panache naturel hors-pair Ă  travers son jeu bicĂ©phale. 

* Bruno

Box Office France: 5 502 509 entrées

La chronique de Bienvenue chez les ch'tis: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/03/bienvenue-chez-les-chtis.html

lundi 18 juin 2018

KING-KONG REVIENT

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb

A*P*E de Paul Leder. 1976. U.S.A. Corée du Sud. 1h27. Avec Bob Arrants, Joanna Kerns, Alex Nicol, Nak-hun Lee.

Sortie salles France: 15 Février 1978. U.S: Octobre 1976

FILMOGRAPHIEPaul Leder est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur américain, né le 25 mars 1926, décédé le 9 avril 1996 d'un cancer, à Los Angeles en Californie. 1970 : Marigold Man. 1974 : I Dismember Mama. 1976 : King Kong revient (Ape). 1976 : My Friends Need Killing. 1977 : Red Light in the White House. 1978 : The Chinese Caper. 1978 : Paranoid (Sketches of a Strangler). 1983 : I'm Going to Be Famous. 1983 : Vultures. 1986 : The Education of Allison Tate. 1987 : The Eleventh Commandment. 1990 : Exiled in America. 1990 : Murder by Numbers. 1991 : Frame Up. 1991 : Goin' to Chicago. 1991 : Twenty Dollar Star. 1993 : The Baby Doll Murders. 1994 : Molly et Gina. 1994 : Killing Obsession. 1995 : The Killers Within. 1995 : The Wacky Adventures of Dr. Boris and Nurse Shirley. 1996 : Frame-Up II: The Cover-Up.


"Plus le singe monte haut, plus il montre son cul"
Sorti 2 mois avant l'Ă©vĂ©nementiel King-Kong de Guillermin afin de profiter du filon en vogue, King-Kong revient est une aberration filmique d'une nullitĂ© difficilement Ă©galable eu Ă©gard de son scĂ©nar Ă©culĂ©, de sa rĂ©alisation "je-m'en-foutiste royal !", de sa distribution inexpressive dĂ©versant des rĂ©pliques tantĂ´t risibles, tantĂ´t impayables, de son montage Ă  la fois bordĂ©lique et chaotique, d'une partition musicale bien mal gĂ©rĂ©e (parfois mĂŞme en dĂ©calage avec l'action dĂ©peinte) et d'effets-spĂ©ciaux grotesques (tant auprès des maquettes en carton pâte que du grand singe incarnĂ© par un acteur ayant bien du mal Ă  se fondre dans le corps du primate Ă  travers sa gestuelle outrĂ©e). Plus proche donc du navet narcotique que du nanar festif, King-Kong revient bĂ©nĂ©ficie tout de mĂŞme de quelques sĂ©quences un brin amusantes (Ă  dĂ©faut d'ĂŞtre involontairement hilarantes) lors des dĂ©ambulations furibondes du gorille au sein d'une ville rĂ©duite Ă  feu et Ă  sang (du moins c'est ce que tente de nous faire croire le rĂ©alisateur de par son maigre budget et du peu de figurants dĂ©ployĂ©s). Quant aux fameux combats contre un squale et un serpent tant vantĂ©s sur l'affiche, les fans seront consternĂ©s par la mollesse de la timide action (filmĂ©e comme de coutume avec les pieds) si bien que le rĂ©alisateur employa un vrai requin mort (et donc statique face aux agressions) et un serpent de taille filiforme puisque comparable Ă  une couleuvre (ah ah la grosse blague opportuniste des producteurs !). Ainsi, conscient de s'ĂŞtre fourvoyĂ© dans une nullitĂ© purement mercantile, King-Kong en personne se permettra d'ailleurs en guise de geste railleur de nous adresser un doigt d'honneur face camĂ©ra Ă  mi-parcours du rĂ©cit. Et nous de lui balancer des cacahuètes via notre lucarne TV après tant d'âneries tolĂ©rĂ©es sans remord !

* Bruno

samedi 16 juin 2018

HEREDITE

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de Ari Aster. 2018. U.S.A. 2h06. Avec Toni Collette, Gabriel Byrne, Alex Wolff, Milly Shapiro, Ann Dowd.

Sortie salles France: 13 Juin 2018. U.S: 8 Juin 2018.

FILMOGRAPHIEAri Aster est un réalisateur, acteur et scénariste américain. Hérédité est sa première réalisation.


PrĂ©cĂ©dĂ© d'une rĂ©putation Ă©logieuse (notamment auprès du festival de Sundance) et d'un trailer aussi bien percutant que bougrement efficace (dans son habile manière de ne rien dĂ©voiler quant aux tenants et aboutissants de l'intrigue), HĂ©rĂ©ditĂ© renouvelle brillamment peur et malaise sur grand Ă©cran alors qu'il s'agit du premier essai de Ari Aster derrière la camĂ©ra. Abordant le genre au 1er degrĂ©  avec un souci de persuasion infaillible dans l'enchaĂ®nement des situations surnaturelles hyper maĂ®trisĂ©es (exit le grand-guignol de comptoir !) et d'une intensitĂ© parfois rigoureuse (pour ne pas dire insupportable), HĂ©rĂ©ditĂ© retrace avec souci d'humanisme "prĂ©caire" le parcours de rĂ©silience d'une famille dysfonctionnelle en proie Ă  des Ă©vènements irrationnels passĂ© le deuil inĂ©quitable de deux de leurs dĂ©funts. Prenant son temps Ă  planter son intrigue et Ă  dĂ©peindre ses personnages psychologiquement Ă©branlĂ©s par la perte d'ĂŞtres chers, HĂ©rĂ©ditĂ© est entièrement vouĂ© Ă  leur caractĂ©risation fĂ©brile que Tony Colette monopolise avec un dĂ©sarroi maternel parfois bouleversant. Celle-ci se livrant corps et âme face camĂ©ra Ă  travers une palette d'Ă©motions nĂ©vralgiques que le spectateur endure Ă  l'instar de coups de poignard Ă©motionnels. L'intrigue parcimonieuse dans son refus de dĂ©voiler tout indice Ă©tant Ă©tabli de son point de vue paranoĂŻaque eu Ă©gard des tĂ©moignages de son Ă©poux et de son fils davantage perplexes, suspicieux face Ă  sa posture versatile.


Sur ce point, la première partie riche en intensitĂ© dramatique et donc rigoureusement Ă©thĂ©rĂ©e dans son refus de l'esbroufe se surpasse, notamment afin de dĂ©fricher une atmosphère Ă  la fois fĂ©tide, mortifère, malsaine sous l'impulsion d'un score dissonant (prioritairement un simple bourdonnement permanent) n'ayant rien Ă  envier au climat oppressant de Shining de Kubrick avec qui il entretient quelques points communs (notamment dans la manière d'ausculter les regards hagards des protagonistes les plus vulnĂ©rables et dans sa façon de distiller l'interrogation auprès de personnages Ă©quivoques). VĂ©ritable coup de maĂ®tre de la part d'Ari Aster (nouveau talent surdouĂ© Ă  surveiller, pour ne pas dire maĂ®tre Ă  venir de la trempe d'un Carpenter ou d'un Polanski - on songe d'ailleurs Ă  Rosemary's Bay pour le portrait binaire de l'hĂ©roĂŻne Ă©voluant autour d'un thème occulte -), ce dernier maĂ®trise l'outil horrifique grâce en prioritĂ© Ă  l'Ă©tude avisĂ©e de ses personnages confrontĂ©s Ă  une Ă©nigme nonsensique si bien que le spectateur aussi dĂ©sorientĂ©, affaibli et accablĂ© qu'eux observe leurs fragilitĂ© nĂ©vrosĂ©e avec une empathie mĂŞlĂ©e de dĂ©sagrĂ©ment. Notamment lorsque le fils de la mère, l'Ă©lĂ©ment le plus fragile car rongĂ© de culpabilitĂ©, s'enfonce dans un mutisme dĂ©pressif avant de se laisser chavirer vers la terreur de l'inconnu face Ă  une hostilitĂ© d'autant plus fourbe. Ari Aster exploitant intelligemment les codes du genre avec comme ressort la ferme conviction des comĂ©diens compromis par leur foi cartĂ©sienne et/ou spirituelle. Quant Ă  sa seconde partie drastique, car plus intense, Ă©prouvante et radicale, elle cède Ă  des sĂ©quences de pure terreur (les 2 hantises de spiritisme diffusant une tension de malaise Ă  couper au rasoir, l'agression durant le cours lycĂ©en alternant authentique frayeur et malaise viscĂ©ral, morceau d'anthologie traumatique inĂ©galĂ© !) sous le pivot d'une descente aux enfers oĂą les coups les plus couards seront tolĂ©rĂ©s. Et le spectateur de sortir abattu de la projo (du moins c'Ă©tait personnellement mon cas) avec une amertume aussi blĂŞme qu'anxiogène (pour ne pas dire dĂ©pressive chez les plus sensibles).


Apocalypse Now.
Malsain et mĂ©phitique de par la vigueur de son climat inquiĂ©tant ne lâchant pas d'une semelle les Ă©tats d'âme vĂ©reux des protagonistes, et la montĂ©e graduelle d'une violence horrifique semĂ©e de visions hyper dĂ©rangeantes (alors que le gore s'y fait si discret !), HĂ©rĂ©ditĂ© rĂ©interprète l'horreur la plus vicelarde derrière un drame psychologique d'une rare acuitĂ© dramatique. La rĂ©ussite probante de ce premier mĂ©trage Ă©manant avant tout de sa vibrante rĂ©flexion sur l'acceptation du deuil inĂ©quitable avant de bifurquer vers une directive contrairement dĂ©moniale. MaĂ®trisant sur le bout des ongles (fourchus) sa bande-son magnĂ©tique, sa mise en scène au cordeau et sa direction d'acteurs hors-pair (notamment auprès de l'Ă©trangement patibulaire Milly Shapiro dans un second-rĂ´le concis mais pour autant proĂ©minent), Ari Aster accomplit le prodige de susciter la frousse et la commotion (Ă  l'instar de la MalĂ©diction ou plutĂ´t de l'Exorciste dans l'art et la manière de nous transmettre un malaise trop tangible) Ă  travers le thème sempiternel du Mal le plus accompli. Une rĂ©fĂ©rence donc en bonne et due forme d'une Ă©pouvante sĂ©culaire (dans son sens le plus Ă©minent et mature) que les ados acnĂ©ens fans d'Annabelle auront sans doute peine Ă  acclimater.   

* Bruno

La chronique de Gilles Rolland : http://www.onrembobine.fr/critiques/critique-heredite/

Florian Veysselier:
Film d'horreur dont tout le monde parle, Hérédité pourrait bien être le renouveau de l'horreur. Premier film pour Ari Aster, phénomène à Sundance, se targuant d'une belle réputation, Hérédité vaut-il le coup? Oui! Il s'agit d'un vrai film d'ambiance qui met terriblement mal à l'aise, et cela dès le début, naviguant perpétuellement entre réalité complexe et cauchemar éthéré, afin de glisser une histoire bourrée de symboliques et de métaphores. C'est glauque au possible et cela est en partie dû au travail incroyable de la mise en scène, très lente, très contemplative, avec de lents mouvements, empruntant aussi bien à James Wan qu'à John Carpenter. Rien n'est laissé au hasard dans ce rêve éveillé, que ce soit l'image, le son, les symboles ou encore la prestation incroyable de Toni Collette. On pourra petu-être même y retrouver quelques références à Lovecraft, à Dante ou encore à Barker. Par contre, le film est très difficile d'accès, car il est très lent, très long et il peut laisser pas mal de monde sur le carreau. Mais bon Dieu que ça fait du bien de voir un film au cinéma qui a autant de parti pris et de couilles, dans tous les domaines.
5,5/6

Jean-marc Micciche:
Après l'énorme bonne surprise de sans bruit, voilà venir Hérédité et de tenir la dragée haute des œuvres qui viennent de nulle part et qui à la sortie de la projection donne le sentiment d'avoir assisté à une étrange expérience. Assurément, le film va divisé tant son partis pris se positionne aux antipodes du cinéma fantastique et à l'instar de The Witch et de Mother, il y a de grande chance pour que le film fasse son effet. Le plus curieux, c'est de constater à quel point le film est très éloigné de sa bande annonce ou alors de sa taglines 'un choc comme l'exorciste'. Pourtant, si je devais chercher une influence souterraine au film, c'est plus rosemary's baby en fait, tant le film noie franchement le poisson durant la première heure du film au point où on s'interroge sur la nature du film. Incroyable tension porté par une réal incroyablement immersive et des visions chocs qui se succèdent comme une inexorable descente aux enfers. Bourrés d'embardés étranges et poétiques, bourrés d'images inconfortables, le film explose dans ses dernières minutes dans toute son implacable horreur. La terre est en danger et un nouveau roi va régner !

Frederic Serbource:
J'ai surkiffé, je suis au bord du 5/5. Alors bien sûr, c'est l'antithèse des Annabelle ou autres Blumhouseries de seconde zone, c'est une proposition d'épouvante adulte et sujette à réflexion, les ados et le grand public vont détester. La mise en scène est juste virtuose, c'est beau, vraiment ! Quand tu crois que Toni Colette vient de livrer la performance de sa vie pendant une scène, il y en a une autre qui vient te prouver qu'elle en gardait sous la pédale. Et, niveau imagerie de l'épouvante, ça a réussi à me faire flipper, bordel (le nombre de fois ou j'ai fait "Whoo put*** !!" tout seul dans la salle -oui, j'avais la salle pour moi ^^ ).
Juste un petit bémol sur les ultimes secondes qui réexpliquent le pourquoi du comment, sûrement par peur de laisser une partie du public sur le carreau.
Sinon un sans-faute !
4,5/5

Ruffeet Nelly:
Je sors de la projection de 'Hérédité" et c'est prodigieux ! Ari Aster est un réalisateur à suivre qui a tout compris aux codes traditionnels du film d'épouvante. Il les réinvente dans ce film en nous emportant dans un drame familial putride et mortifère dont on ne sort pas indemne ! Mention spéciale à Tony Colette qui est incroyable en mère troublée par le deuil de sa mère puis de sa fille alors que dans la deuxième partie du film, on bascule dans tout autre chose. Elle est littéralement 'habitée" par le rôle et signe une très grande performance ! Les topos du film d'horreur sont là (bruits inquiétants, objets qui bougent, séances de spiritisme, personnages doubles etc) mais ils ont été digérés par le travail minutieux du réalisateur. La mise en scène de la première partie du film est très travaillée, le rythme est assez lent dans la première moitié afin de bien établir les caractères de chaque membre de la famille. La petite fille semble tout droit sortie de Freaks de par son allure et son regard qui semble en permanence habité par une autre dimension (d'ailleurs elle ne dort pas dans son lit). La deuxième partie, plus rythmée, enchaîne les retournements de situation et on ne cesse de se poser des questions sur la voisine, le pourquoi du comment du carnet de la petite fille, des hallucinations du fils, hallucinations très prenantes ! On se demande d'où vient cette répétition du scénario d'étranglement ( avec la fille puis le fils), les raisons de l'ensorcellement de la mère lors de la séance de spiritisme etc Questions la plupart du temps sans réponse jusqu'au feu d'artifice final, abrupt, qui nous laisse sur le cul ! c'est à la fois mon bémol et ce qui fait aussi que la fin est réussie: le mutisme final nous laisse dans un état très particulier de mal-être qui aurait peut-être pu être encore + développé. La photographie est sublimement neutre et sombre à la fois, la mise en scène est irréprochable en alternant les scènes avec chacun des membres de la famille jusqu'à petit à petit se resserrer et atteindre l'origine de ces dysfonctionnements familiaux ! Digne de "La malédiction" ou de "Rosemary's baby, ce film restera dans les annales ! <3 p="">

vendredi 15 juin 2018

TIMERIDER

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site scifi-movies.com

"Timerider: The Adventure of Lyle Swann" de William Dear. 1982. U.S.A. 1h36. Avec Fred Ward, Belinda Bauer, Peter Coyote, Richard Masur, Tracey Walter.

Sortie salle France: 28 Mars 1984. U.S: 11 Décembre 1982

FILMOGRAPHIE: William Dear est un rĂ©alisateur, acteur, scĂ©nariste et producteur canadien nĂ© le 30 novembre 1943 Ă  Toronto (Canada).1975 : Nymph. 1976 : Northville Cemetery Massacre. 1981 : Elephant Parts (vidĂ©o). 1981 : An Evening with Sir William Martin (vidĂ©o). 1982 : Timerider. 1983 : Nick Danger in The Case of the Missing Yolk (vidĂ©o). 1984 : Garry Shandling: Alone in Vegas (TV). 1985 : Doctor Duck's Super Secret All-Purpose Sauce. 1985 : Histoires fantastiques (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e, Ă©pisode Papa, momie). 1987 : Bigfoot et les Henderson. 1991 : Espion junior. 1993 : Journey to the Center of the Earth (TV). 1994 : Une Ă©quipe aux anges. 1997 : BeautĂ©s sauvages. 1999 : La Ferme aux ballons (TV). 2000 : Le Père NoĂ«l a disparu (TV). 2005 : School of Life (TV). 2006: Evil Twins. 2008: The Perfect Game. 2013: Angel et moi.


SĂ©lectionnĂ© Ă  Avoriaz 2 ans après sa sortie, Timerider aurait bien mĂ©ritĂ© un Prix du Public tant cette sĂ©rie B rondement menĂ©e fleure bon le divertissement de samedi soir de par son charme sĂ©millant ! Et si son intrigue linĂ©aire (un champion de moto-cross se retrouve incidemment projetĂ© en 1877 dans un village mexicain oĂą se disputeront 2 bandes rivales) laisser craindre une sĂ©rie Z de pacotille, William Dear s'extirpe honorablement du ridicule et de la trivialitĂ© avec un savoir-faire constamment convaincant. Tant auprès des gunfights et poursuites en règle plutĂ´t lisibles et bien gĂ©rĂ©es d'un montage dynamique, de l'exploitation des panoramas naturels pleins d'oxygène que d'une direction d'acteur oĂą ces derniers sont Ă  la fĂŞte dans la peau de cow-boys hĂ©bĂ©tĂ©s Ă  tĂ©moigner de l'intrusion d'un motard issu du futur. Parmi cet Ă©lĂ©ment perturbateur, Fred Ward, l'interprète de l'inoubliable  RĂ©mo, sans arme et dangereux, se prĂŞte sobrement au jeu du hĂ©ros venu de nulle part avec une bonhomie bonnard dans sa dĂ©froque rutilante (il est affublĂ© d'une combinaison rouge afin de contraster avec l'environnement westernien), quand bien mĂŞme sa ravissante partenaire Belinda Bauer lui partage une tendre romance tout en jouant la rebelle vaillante Ă  s'opposer aux maraudeurs en quĂŞte de la machine sur 2 roues.


Ce qui nous vaut à travers leurs combines offensives des séquences parfois hilarantes lorsque deux hors-la-loi vont tenter de conduire l'engin avec une maladresse impayable. Bourré d'aimables seconds-rôles si familiers de la série B, Timerider est en prime rehaussé du charisme séducteur de Peter Coyote en bandit borderline si obsédé à dérober coûte que coûte la machine du futur. L'acteur se prêtant au jeu de la caricature indocile avec une dérision souvent irrésistible à courser sans relâche le motard avide de retrouver son bercail. Et si les séquences d'action ont tendance à se répéter au sein d'un schéma sans surprises (attaques, contre-attaques et vice versa), William Dear parvient miraculeusement à relancer l'action parmi le dépaysement des décors où se confondent futur et passé d'un contexte temporel (l'homme moderne des années 80 transplanté dans le cadre du western afin de côtoyer des cow-boys anachroniques !), et parmi la complicité fringante des acteurs jouant au jeu du gendarme et du voleur avec autant d'humour que de panache héroïque.


Le Chevalier des temps perdus. 
PĂ©pite de sĂ©rie B bourrĂ©e de charme et de sympathie (Ă  l'instar de son score pop-Ă©lectro irriguant toute l'intrigue), Timerider transpire la modeste sincĂ©ritĂ© Ă  immerger le spectateur dans une action dĂ©lirante (pour ne pas dire improbable) si bien que western et anticipation se chevauchent avec une homogĂ©nĂ©itĂ© inopinĂ©ment crĂ©dible. A revoir avec Ă©motion ! 

* Bruno 
3èx

jeudi 14 juin 2018

LE MASQUE DE FU-MANCHU

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

"The Face of Fu Manchu" de Don Sharp. 1965. Angleterre/Allemagne. 1h32. Avec Christopher Lee, Nigel Green, Joachim Fuchsberger, Karin Dor, James Robertson Justice, Howard Marion-Crawford, Tsai Chin.

Sortie salles France: 2 Février 1966. U.S: 24 Octobre 1965

FILMOGRAPHIE: Don Sharp est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et producteur britannique, d'origine australienne, nĂ© le 19 avril 1921 Ă  Hobart (Australie), dĂ©cĂ©dĂ© le 14 dĂ©cembre 2011.
1955 : The Stolen Airliner. 1958 : The Adventures of Hal 5. 1958 : The Golden Disc. 1959 : The Professionals. 1960 : Linda. 1962 : Two Guys Abroad. 1963 : It's All Happening. 1963 : Le Baiser du vampire. 1964 : Les Pirates du diable. 1964 : Witchcraft. 1965 : La Malédiction de la mouche. 1965 : Le Masque de Fu-Manchu. 1966 : Raspoutine, le moine fou. 1966 : Opération Marrakech. 1966 : Les Treize Fiancées de Fu Manchu. 1967 : Le Grand Départ vers la Lune. 1968 : The Violent Enemy. 1969 : Taste of Excitement. 1971 : Psychomania. 1973 : Le Manoir des fantasmes. 1974 : Callan. 1975 : Hennessy. 1978 : Les 39 Marches. 1979 : Le Secret de la banquise. 1980 : Guardian of the Abyss. 1985 : What Waits Below.


Premier opus d'une sĂ©rie de 5 films d'après un roman de Sax Rohmer, le Masque de Fu-Manchu fleure bon l'aventure exotique mâtinĂ©e d'horreur sous l'autoritĂ© de l'habile artisan Don Sharp (le Baiser du Vampire, Raspoutine, le Manoir des Fantasmes). Servi par une solide distribution que Christopher Lee monopolise avec un machiavĂ©lisme presque aussi probant que l'illustre Dr Phibes  (rĂ©alisĂ© 6 ans plus tard !), Le Masque de Fu-Manchi tire parti de son charme (rĂ©tro) grâce Ă  l'attrait palpitant de son intrigue fertile en actions, poursuites et pĂ©ripĂ©ties rocambolesques. Et ce Ă  travers la topographie Ă©clectique d'une Angleterre rurale et du Tibet soigneusement photographiĂ©s d'après une nuance sĂ©pia. Parmi l'endurance d'un jeu de cache-cache de longue haleine entre mĂ©chants et gentils doublĂ©e d'une course contre la montre pour retrouver un professeur et sa fille puis prĂ©server la vie de 10 000 habitants, l'inspecteur Smith (Nigel Greenet prĂŞtant ses traits de fin limier avec un charisme si familier que l'on pourrait le confondre avec Peter Cushing !) et ses comparses traquent sans relâche un baron du crime (accompagnĂ© de sa fille sadique !) adepte de l'hypnose, du camouflage et du subterfuge pour parfaire son dessein criminel.


Car planquĂ© sous les tunnels de la ville, Fu-Manchu est sur le point de rĂ©genter le monde grâce Ă  l'Ă©laboration d'un gaz mortel entrepris avec un otage scientifique et d'une graine de pavot qui pourrait lui apporter la vie Ă©ternelle. Bougrement inspirĂ© Ă  mettre en image son aventure singulière tantĂ´t pimentĂ©e d'humour noir dans ses gadgets dĂ©lĂ©tères et rebondissements cruels, le Masque de Fu-manchu fait preuve d'une efficacitĂ© endiablĂ©e Ă  cumuler les affrontements physiques (notamment auprès des sbires chinois de Fu-Manchu davantage nombreux pour protĂ©ger leur maĂ®tre) et poursuites en pagaille au fil d'un cheminement aventureux dĂ©paysant. Don Sharp soignant Ă©galement le cadre inquiĂ©tant de certains dĂ©cors caverneux (la nĂ©cropole gothique, le repère technologique de Fu-Manchu et tous les sous-terrains qu'il arpente pour dĂ©jouer la police) avec un savoir-faire formel (aussi limitĂ© soit son budget). D'ailleurs, sur ce point artisanal, Le Masque de Fu-Manchu tire avantage de son cĂ´tĂ© bricolĂ© avec un sens infaillible du travail soignĂ© assorti d'une grande gĂ©nĂ©rositĂ© par son rythme en roue libre. Et Christopher Lee d'y parfaire son jeu d'exubĂ©rance dans sa carrure hiĂ©ratique de docteur mĂ©galo se brocardant du corps policier avec une modestie pernicieuse.


A travers les composants hybrides de l'aventure, de l'horreur et de l'action dĂ©complexĂ©es, Le Masque de Fu-Manchu y extrait une saveur de perle culte Ă  trĂ´ner Ă  proximitĂ© de l'Abominable Dr Phibes, de Fantomas ou encore de Théâtre de sang

* Bruno
3èx