de John Carpenter. 1982. U.S.A. 1h49. Avec Kurt Russel, Wilford Brimley, David Clennon, Keith David, T.K Carter, Richard A. Dysart.
Sortie en salles en France le 3 Novembre 1982. U.S: 25 Juin 1982
FILMOGRAPHIE: John Howard Carpenter est un réalisateur, acteur, scénariste, monteur, compositeur et producteur de film américain né le 16 janvier 1948 à Carthage (État de New York, États-Unis). 1974 : Dark Star 1976 : Assaut 1978 : Halloween, la nuit des masques 1980 : Fog 1981 : New York 1997 1982 : The Thing 1983 : Christine 1984 : Starman 1986 : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin 1987 : Prince des ténèbres 1988 : Invasion Los Angeles 1992 : Les Aventures d'un homme invisible 1995 : L'Antre de la folie 1995 : Le Village des damnés 1996 : Los Angeles 2013 1998 : Vampires 2001 : Ghosts of Mars 2010 : The Ward

Un an après le crĂ©pusculaire New York 1997, John Carpenter enrĂ´le Ă nouveau son acteur fĂ©tiche, Kurt Russell, pour orchestrer un remake de La Chose d’un autre monde. Le terme "remake" paraĂ®t presque galvaudĂ© tant cette version rĂ©actualisĂ©e s’avère ĂŞtre la plus fidèle au court rĂ©cit originel de John W. Campbell (Who Goes There ?). Échec public lors de sa sortie discrète en 1982, The Thing s’est taillĂ©, au fil des dĂ©cennies, une rĂ©putation de chef-d’Ĺ“uvre du fantastique moderne, Ă l’Ă©gal des Alien, Shining ou Carrie. Ĺ’uvre avant-gardiste (son bide commercial en dit long !), elle amorce la trilogie de l’Apocalypse, dont Prince des TĂ©nèbres et L’Antre de la Folie seront les futurs hĂ©ritiers.
Le Pitch: Antarctique, 1982. Dans une station de recherche habitĂ©e par des scientifiques amĂ©ricains, un chien de traĂ®neau surgit, traquĂ© par des NorvĂ©giens hystĂ©riques. Après une confrontation mortelle entre les deux Ă©quipes, deux membres du camp US explorent la base ennemie abandonnĂ©e. Ils y dĂ©couvrent un cadavre gelĂ©, qu’ils ramènent pour autopsie. Pendant ce temps, le chien, enfermĂ© parmi d’autres bĂŞtes, laisse bientĂ´t Ă©chapper une crĂ©ature informe, qui prend possession des autres corps vivants.

Sommet de terreur aussi palpable que souterraine, The Thing est un huis clos implacable oĂą un groupe de scientifiques Ă©puisĂ©s s’Ă©chine Ă dĂ©couvrir lequel d’entre eux est dĂ©sormais l’hĂ´te d’une entitĂ© extraterrestre. Dès le prĂ©ambule — ces vastes Ă©tendues enneigĂ©es transpercĂ©es par des coups de feu venus du nĂ©ant —, l’inquiĂ©tude s’infiltre, rampante, presque organique. Carpenter distille Ă la goutte un malaise lancinant, nourri de visions de cadavres gelĂ©s, tordus par la peur ou la mutation. Le thème d'Ennio Morricone, grave et minimal, accompagne cette montĂ©e de tension d’une noirceur suffocante.
La première agression, surgie du corps du chien, sidère. Et ce qui foudroie littĂ©ralement le spectateur, c’est l’excellence absolue des effets spĂ©ciaux signĂ©s Rob Bottin. Pas d’esbroufe ni de carnaval sanglant : ces scènes de mĂ©tamorphoses, d’une intensitĂ© quasi insoutenable, sont tournĂ©es en temps rĂ©el, avec des trucages mĂ©caniques d’un rĂ©alisme stupĂ©fiant. Du jamais vu Ă l’Ă©poque.
Tous les comĂ©diens, d’une sobriĂ©tĂ© glaçante, distillent un doute constant. Kurt Russell mène la danse, non comme un hĂ©ros viril mais comme un survivant hantĂ©, rongĂ© par la culpabilitĂ© d’avoir causĂ© la mort d’un des siens. Barbe hirsute, parka givrĂ©e, il avance, portĂ© par une angoisse sèche, un flegme de justesse paranoĂŻde, jusqu’Ă l’ultime confrontation.
Ne faites confiance Ă personne !
Jeu de massacre viscĂ©ral, Ă©preuve de survie insolente infligĂ©e Ă une poignĂ©e d’ĂŞtres perdus, The Thing Ă©rige la paranoĂŻa en art majeur. Ce sommet d’angoisse glaciaire ausculte l’homme, confrontĂ© Ă son pire ennemi : lui-mĂŞme. Pour parachever cette Ĺ“uvre de cauchemar, les FX visionnaires de Rob Bottin entrent Ă jamais dans la lĂ©gende : visions cauchemardesques, tangibles, hallucinĂ©es — le cinĂ©ma n’a plus jamais Ă©tĂ© tout Ă fait le mĂŞme après ça.
* Bruno
P.S: Toute personne avide de redécouvrir ce monument se doit de posséder la magnifique édition Blu-ray sortie il y a quelques années chez Universal ! L'image immaculée s'avérant proprement fastueuse ! Une expérience viscérale qui laisse pantois et qui permet de savourer le film comme au premier visionnage !
20.09.11. 4



Oh la , il y a du lourd ce soir ..
RépondreSupprimerJe prie pour que ce soit une version Blu-ray remasterisée digne de ce monument .
Tiens bon, de plus c'est Carpenter, cela devrait couler de source pour toi.
ET un p'ti mot Gentil pour l'ambiance sonore....LOL
Vive l'animatronic dans toute sa splendeur.
@lirandel
RépondreSupprimerIl me semble que le blu-ray existant est déjà excellent : http://www.ecranlarge.com/dvd_review-list-6286.php
Sinon The Thing est l'exemple même (très rare) qu'un remake peut surpasser son modèle et devenir culte !
Tout à fait d'accord , J'avais matté l'original avec mon fils et nous avions passés certaines scènes au ralenti en étant à trois Bars de pression de rire.
RépondreSupprimerLe blu-ray existe ( époustoufflant) je le savais et je bave pour me le procurer.
c'est par rapport à la raie bleue que j'éspère que la critique se basera.
@Lirandel
RépondreSupprimerAutant pour moi ^^
S'il y a un film à retenir dans l'histoire du cinéma d'horreur, c'est bien celui-ci !!!
RépondreSupprimerCarpenter touche au nirvana...
Des défauts je n'en vois aucun, comme dirait un certain Yoda !!!
Que dire de plus sinon que le remake est un chef d'oeuvre absolu et fait oublier illico l'original au demeurant correct de Christian Nyby !
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