de Shane Meadows. 2004. 1h30. Grande Bretagne. Avec Paddy Considine, Gary Strecth, Tony Kebbel, Jo Hartley, Seamus O'Neill.
FILMOGRAPHIE: Shane Meadows est un cinéaste anglais né à Uttoxeter, dans le Staffordshire, le 26 décembre 1972. 1996: Small Time, Where's the Money, Ronnie ? 1997: 24 heures sur 24. 1999: A room for Romeo Brass. 2002: Once Upon a Time in the Midlands. 2004: Dead Man's Shoes. Northern Soul. 2005: The Stairwell. 2006: This is England. 2008: Somers Town
Sortie en salles en France le 8 Octobre 2004. Royaume Uni: 1er Octobre 2004. Canada: 14 Septembre 2004.
Le sujet: Richard revient Ă Midlands, son village natal, Ă la fin de son service militaire. Il n'a plus qu'une chose Ă l'esprit : prendre une revanche sur un acte impardonnable.
Sixième long mĂ©trage du Britannique Shane Meadows, Dead Man’s Shoes s’impose comme un drame psychologique âpre, greffĂ© Ă un vigilante movie bucolique et dĂ©saxĂ©. Par une mise en scène Ă la fois inspirĂ©e et dĂ©routante, le cinĂ©aste renouvelle avec une singularitĂ© rare le thème de la vengeance, pourtant maintes fois labourĂ© par le cinĂ©ma.
C’est l’histoire implacable d’un châtiment aveugle, celui d’un homme ravagĂ© par la perte d’un ĂŞtre cher. Son frère Anthony, attardĂ© mental et souffre-douleur permanent, a Ă©tĂ© livrĂ© Ă la cruautĂ© ordinaire d’une bande de petites frappes minables : des dealers de bas Ă©tage, planquĂ©s dans une contrĂ©e reculĂ©e des Midlands anglais. Dès le prologue, Meadows dresse le portrait de ces malfrats vĂ©reux, figures criantes de vĂ©ritĂ©, trognes familières d’authentiques fripouilles Ă la petite semaine.
Le retour de Richard, frère meurtri et ancien militaire, marque l’irruption de la menace. Magnifiquement incarnĂ© par un Paddy Considine ombrageux et dĂ©rangĂ©, il pose d’emblĂ©e ses conditions : il les tuera, un par un, sans la moindre hĂ©sitation. L’homme, impassible, s’extĂ©riorise alors comme un ĂŞtre dĂ©shumanisĂ©, prĂŞt Ă tout pour exterminer ceux qu’il qualifiera lui-mĂŞme de « monstres ». Pour mieux incarner cette colère rentrĂ©e, il s’affuble d’un masque Ă gaz et d’une combinaison grise de travail, panoplie grotesque et dĂ©risoire qui matĂ©rialise la montĂ©e inexorable de sa haine. Une justice expĂ©ditive, sans appel, nourrie par une adrĂ©naline vengeresse. Son objectif est dĂ©sormais limpide : faire subir aux tortionnaires une sanction punitive et dĂ©finitive.
S’ensuit une succession de scènes dĂ©concertantes, oscillant entre humour noir poisseux, rires nerveux et violence consumĂ©e. Comme cette sĂ©quence hallucinĂ©e oĂą la bande dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e se retrouve accidentellement droguĂ©e après que Richard, tel un spectre masquĂ©, a frelatĂ© leur cafĂ© Ă la faveur d’un moment d’inattention. Une parenthèse psychĂ©dĂ©lique, flottante et dĂ©sincarnĂ©e, d’une force Ă©motionnelle troublante, oĂą ces marionnettes sous acide sombrent dans un cauchemar surrĂ©aliste. La violence Ă©clate alors avec une rigueur glaçante, jusqu’Ă ce qu’une balle vienne sceller, net, le destin de l’un des condamnĂ©s. Une scène sèche, cinglante, qui laisse sans voix et impose un rĂ©alisme brut, sans fioriture.
Durant sa première heure, Dead Man’s Shoes accumule des situations en apparence anodines, ancrĂ©es dans le quotidien misĂ©rable de ces dealers de province. Entre flash-back ravageurs rĂ©vĂ©lant les sĂ©vices infligĂ©s Ă Anthony et la mission vengeresse de Richard, filmĂ©e dans une veine presque baroque, Meadows tisse une trajectoire implacable. Sa mise en scène, constamment surprenante, nous conduit insidieusement vers une issue irrĂ©versible : une cĂ©rĂ©monie funèbre, une impasse tragique.
Le film navigue alors Ă la lisière de plusieurs territoires : le rĂ©alisme social Ă la Ken Loach, avec ses personnages plus vrais que nature, et le cinĂ©ma des frères Coen, dans son dĂ©tachement absurde et sa violence dĂ©calĂ©e. Entre grotesque assumĂ©, situations saugrenues, humour incontrĂ´lĂ©, cynisme et causticitĂ© latente. La dernière demi-heure bascule vers un registre plus grave, opaque, vĂ©ritable chemin de croix empreint de rĂ©demption. Un chant mortuaire aux accents presque religieux, oĂą victimes et bourreau finissent par se confondre, la mort devenant l’unique Ă©chappatoire Ă cette spirale de misère et de rancĹ“ur.
InterprĂ©tĂ© par des comĂ©diens d’un naturalisme austère, portĂ© par une bande-son nonchalante et mis en scène sans la moindre outrance spectaculaire, Dead Man’s Shoes est une Ĺ“uvre sèche et puissante, qui laisse des sĂ©quelles durables. Un rĂ©quisitoire bouleversant contre la vengeance, la haine et l’illusion d’une justice rĂ©paratrice.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
Récompenses:
2004 : Golden Hitchcock au Festival du film britannique de Dinard
2005 : Prix de la meilleure réalisation au Directors Guild of Great Britain
2005 : Empire Award du meilleur acteur dans un film britannique
2005 : Evening Standard British Film Awards du meilleur acteur
27.03.10





pour ma part, un fiml radical et sans concession, d'une noirceur abyssale. j'ai adoré le style de la mise en scène, les acteurs et la fin dur et magnifique de d'audace.
RépondreSupprimersinon, bruno merci pour tes commentaires pour "demain les momes", tu as remercié la horrorteam, mais un ptit merci envers moi aurait ete également sympa, vu que c'est mon post, bref pas grave car on m'a beaucoup sollicité pour mettre ce film. bye bruno et merci pour tes critiques
pour ma part, un film radical et sans concession, d'une noirceur abyssale. j'ai adoré le style de la mise en scène, les acteurs et la fin dur et magnifique de d'audace.
RépondreSupprimersinon, bruno merci pour tes commentaires pour "demain les momes", tu as remercié la horrorteam, mais un ptit merci envers moi aurait ete également sympa, vu que c'est mon post, bref pas grave car on m'a beaucoup sollicité pour mettre ce film. bye bruno et merci pour tes critiques
Excuse moi Atreyu, je vais réparer cette erreur sur le champs !
RépondreSupprimerMerci ^^
Merci a toi bruno. Ce serait cool que tu fasses une critique de "demain les mĂ´mes " sur ton blog . Je serai content de la lire, quelquesoit ton opinion dessus. Pour ma part tu connais la mienne, sur HVC. Elle est plutĂ´t positive !
RépondreSupprimerAtreyu
Aucun problème Atreyu pour rendre hommage à Demain les mômes, c'était prévu de toute façon !
RépondreSupprimerEt mon opinion sera positive !
Dès qu'il est posté sur le site, je le regarde et je ferais une critique juste après visionnage. ^^
Tiens pendant que je suis lĂ , content que tu es pu faire un petit coucou que je te renvoie Atreyu..mille gĂ©nuflexions cela va sans dire…
RĂ©pondreSupprimerattend c'est pas fini….j'en profite pour implorer aux noms de tous les français qui n'entrave que le mot hamburger de la langue de Shakspeare..( c'est pas un nom ça).
Un repack de " the slayer " 1982 de J.s Cardone .
Si Bruno et d'autres pouvait voir ce film ce serait une bouteille dans la mer des immortels.
bon , permet moi de rĂŞver tout de mĂŞme , en mĂŞme temps on s'habitue aussi , t"es marrant toi…lol..
allez bon taf et à bientôt sur TF1 bien sûr.