lundi 19 mars 2012

Bellflower


de Evan Glodell. 2011. U.S.A. 1h46. Avec Evan Glodell, Jessie Wiseman, Tyler Dawson, Rebekah Brandes, Vincent Gradshaw, Zack Kraus, Keghan Hurst, Alexandra Boylan, Bradshaw Pruitt, Brian Thomas Evans.

Sortie salles France: 21 Mars 2012. U.S: 5 AoĂ»t 2011

FILMOGRAPHIE: Evan Glodell est un réalisateur, acteur, monteur, producteur, directeur de la photographie, scénariste américain. 2005: La Forme à l'amour (Court-métrage. Co-directeur). 2011: Bellflower
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Avec un budget de 17 000 dollars, le nĂ©ophyte Evan Glodell entreprend pour son premier long l'argument autobiographique d'une love story traitĂ©e de manière peu commune dans sa mise en scène hybride afin de mieux bousculer les attentes du spectateur. Le PitchDeux acolytes entreprennent de façonner un lance-flamme et un vĂ©hicule motorisĂ© en guise d'ennui. Mais l'arrivĂ©e alĂ©atoire d'une blonde aguicheuse compromet leurs ambitions pour faire sombrer l'un d'eux dans une dĂ©chĂ©ance suicidaire. Autant avertir de suite les amateurs d'esbroufe avides de pyrotechnie et donc sĂ©duits par son affiche prometteuse, Bellflower constitue l'antinomie du spectacle explosif conçu pour rassasier son public lambda. Si bien que cette production indĂ©pendante rĂ©alisĂ©e avec peu de moyens fait figure d'ovni intimiste dans sa douloureuse introspection d'un quidam noyĂ© d'amertume suite Ă  dĂ©boire amoureux. TraitĂ© de manière insolite auprès d'une rĂ©alisation anti conformiste oscillant les ruptures de ton, et formellement criard (saturation de teintes ocres et jaunes fluos), Evan Glodell nous oriente vers une fragile odyssĂ©e humaine sur fond d'Ă©loignement existentiel. De prime abord, on se croit embarquer dans une comĂ©die tendre et futile avec les flâneries rĂ©currentes de deux amants communĂ©ment Ă©pris d'amour. A l'instar d'un documentaire pris sur le vif, le rĂ©alisateur s'attachant Ă  nous dĂ©crire avec humanitĂ© le destin aigri de ces deux comparses juvĂ©niles en quĂŞte de reconnaissance.


Or, Woodrow et Aiden, chĂ´meurs passionnĂ©s par la saga post-nuke de Mad-Max, en particulier du personnage asocial Humungus, fuient l'ennui de l'existence avec la construction d'un lance-flamme et d'une voiture vrombissante. En soirĂ©e festive, après une rencontre impromptue dans un bar, l'amour frappe Ă  la porte de Woodrow. Depuis, l'homme ne jure que par la probitĂ© de son idylle naissante jusqu'au jour oĂą toutes les meilleures choses ont une fin. Ainsi, durant une majeure partie du rĂ©cit, on se demande alors oĂą le rĂ©alisateur souhaite en venir avec cette idylle romanesque finalement mise en exergue sur le fiasco. Puis, de manière latente et avec l'originalitĂ© d'une mise en scène expĂ©rimentale, c'est le profil dĂ©semparĂ© d'un quidam dĂ©chu trahi par l'adultère qui nous ait illustrĂ© dans une ambiance dĂ©lĂ©tère davantage en chute libre. Et plus la dĂ©chĂ©ance dĂ©shumanisĂ©e de Woodrow se chemine vers la rĂ©gression, plus le film s'aventure vers les sentiers ombrageux d'une errance nocturne vindicative. Il en ressort au final une oeuvre chĂ©tive, le sentiment peu commun d'avoir assister Ă  une tragĂ©die sentimentale profondĂ©ment touchante Ă  travers cette fuite dĂ©sespĂ©rĂ©e. La quĂŞte existentielle de deux camarades fuyant la monotonie de leur rĂ©alitĂ© par l'utopie parce que songeurs d'horizons clairsemĂ©es.

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L'achèvement d'Humungus
A travers cette errance urbaine chancelante, le rĂ©alisateur Evan Glodell se rĂ©approprie des conventions du genre pour transcender la love story Ă©culĂ©e dans une mise en scène hĂ©tĂ©rodoxe. Avec une humanitĂ© vulnĂ©rable, Bellflower traite donc du deuil dĂ©licat, difficilement surmontable d'une rupture amoureuse, mais Ă©galement des valeurs de l'amitiĂ© entre la fraternitĂ© de deux hĂ©ros dĂ©pitĂ©s et de leur quĂŞte autoritaire Ă  retrouver une certaine virilitĂ© (d'oĂą leur affection partagĂ©e avec le personnage redoutĂ© d'Humungus). L'intelligence et l'originalitĂ© de sa structure narrative, la bonhomie naturelle des personnages et l'esprit libertaire qui y Ă©mane en font une oeuvre forte oĂą la rancoeur intrinsèque s'extĂ©riorise finalement parmi l'essence candide d'une rĂ©demption. 

*Bruno
19.03.12

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