jeudi 1 mars 2012

BREAKING POINT


de Bo Arne Vibenius (pseudo: Ron Silberman Jr). 1975. 1h35. Suède. Avec Andreas Bellis, Irena Billing, Barbara Scott, Per-Axel Arosenius, Susanne Audrian.

FILMOGRAPHIE: Bo Arne Vibenius est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur suédois, né le 29 Mars 1943. 1969: Hur Marie Traffade Fredrik. 1974: Thriller. Crime à froid (sous le pseudo Alex Fridolinski). 1975: Breaking Point


            Avertissement: Film Ă  caractère pornographique interdit au moins de 18 ans.
Un an après le cultissime Thriller (Crime Ă  Froid), le franc-tireur Bo Arne Vibenius renoue avec la dĂ©viance pornographique et ses climats blafards rĂ©solument glauques et malsains. Sauf qu'en l'occurrence, Breaking Point se distingue par une ironie caustique Ă  la limite de la loufoquerie. Cynique et immoral, son trip schizo jalonnĂ© de sĂ©quences X pourrait mĂŞme se voir taxĂ© d'apologie au viol par quelques ligues fĂ©ministes (pisse-froids) s'ils n'avaient perçu (ou encaissĂ©) son caractère aussi sarcastique que risible. Bob Bellings est un comptable timorĂ© et introverti travaillant autour de l'assemblĂ©e d'une gente fĂ©minine condescendante. CĂ©libataire inflexible, il vit reclus dans son appartement parmi sa passion ludique des locomotives Ă©lectriques. A la tombĂ©e de la nuit, il se laisse guider par ses fantasmes sexuels. Autant avertir les âmes prudes, Breaking Point rivalise d'audace putanesque Ă  travers ses rĂŞveries hardcores retranscrites avec verdeur auprès du profil refoulĂ© d'un bureaucrate impassible. L'oeuvre incongrue ne ressemblant Ă  aucune autre de par la personnalitĂ© au vitriol du cinĂ©aste marginal adepte du politiquement incorrect.


Un alchimiste inspirĂ© d'expĂ©rimentations visuelles et d'idĂ©es saugrenues afin d'amplifier un climat effrontĂ© Ă©ludĂ© de morale. Son atmosphère acrimonieuse exacerbĂ©e d'une photo terne nous plongeant dans une ambiance aussi feutrĂ©e qu'hallucinĂ©e, quand bien mĂŞme les frasques meurtrières et libidineuses de notre sociopathe nous dĂ©sarçonne par ses mesquineries machistes (son sperme versĂ© dans la tasse Ă  cafĂ© d'une secrĂ©taire en guise de rancoeur !). L'originalitĂ© est de mise donc au sein de ce mĂ©lange judicieux de genres hĂ©tĂ©roclites. Si bien que l'on passe constamment de la comĂ©die Ă  la pornographie en passant par le polar et la violence parfois sordide (le prĂ©ambule expĂ©rimental convergeant Ă  l'assassinat crapuleux). Si Breaking Point se rĂ©vèle si hors normes et extravagant, c'est Ă©galement grâce Ă  son score musical en demi-teinte composĂ© par Ralph Lundsten, puisque oscillant le dĂ©calage entre une mĂ©lodie enjouĂ©e et les Ă©chos interlopes. Enfin, la silhouette photogĂ©nique de l'acteur grec Andreas Bellis doit notamment beaucoup au caractère rĂ©aliste de cette dĂ©rive frĂ©nĂ©tique. Tant pour ces talents d'hardeur (non simulĂ©) lors de ces galipettes impromptues que de son inquiĂ©tante physionomie en pervers Ă  la fois studieux et fĂ©brile. Tour Ă  tour nĂ©vrosĂ© et introverti par sa morne existence de comptable apatride, car tributaire d'une hiĂ©rarchie fĂ©ministe, il parvient pour autant Ă  s'affranchir lors de fantasmes nocturnes sitĂ´t rĂ©fugiĂ© dans la solitude de son appartement Ă©triquĂ©.


Vilain p'tit canard hardcore, cynique et dĂ©bridĂ©, Breaking Point constitue une expĂ©rience extrĂŞme insoluble Ă  Ă©vacuer de la mĂ©moire tant elle marque de son aura malsaine un dĂ©lire assumĂ© Ă  ne pas prendre au premier degrĂ©. L'originalitĂ© de sa mise en scène assumĂ©e, le ton dĂ©calĂ© des genres disparates et l'interprĂ©tation maladive d'Andreas Bellis convergeant Ă  l'ovni versatile, Ă  cĂ´toyer toutefois prudemment chez les non initiĂ©s. En tous cas une perle marginale atypique pour un public adepte de dĂ©viance jusqu'au-boutiste. 

* Bruno
02.03.12

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